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interview

the_losts

JCR, GGV, DGC, YGC font partie du peuple des Égarés, peuple isolé, abandonné, sans loi, sans visage. Ce peuple cherche à se rapprocher de la civilisation et de l’humanité, mais ils ne captent malheureusement que le côté sombre de l’Homme, la noirceur de la société. Afin ne pas tomber dans l’oubli ces quatre Égarés décidèrent de prendre les armes sous forme d’instruments de musique pour nous narrer leurs histoires et quoi mieux que du Dark Heavy Metal pour cela. Pas de Dieu, pas de Diable pour les guider, sous la croix sans tête, ce sont les égarés ….. THE LOSTS.

JCR : Belle intro l’ami ! Digne d’une quatrième couverture d’un futur Best Seller.

Bonjour à vous, Voici quelques mois que votre album « …. Of Shades & Deadlands » est sorti, les chroniques ont globalement été bonnes voir très bonnes, êtes-vous pleinement satisfaits de cet opus (de la compo à la pochette et la promo) ? Aviez-vous le sentiment qu’il serait aussi bien reçu ? Y a-t-il eu des retours de l’étranger notamment de la Belgique voisine où vous vous êtes déjà produit ?

JCR : Globalement nous sommes très satisfaits de cet opus. Évidemment, au sein même du groupe, chacun a sa façon de voir les choses. Les plus perfectionnistes regretteront de ne pas avoir fait telle ou telle chose tandis que d’autres considéreront plus cet album comme le reflet du groupe à un instant «T» et que d’autres évolutions arriveront par la suite.
YGC : Nous sommes d’autant plus satisfaits que nous avons réussi à lui donner la couleur que nous lui souhaitions : un rendu organique, reflétant bien qui nous sommes en live, et ancré dans un esprit de prod Old-School et Underground.
JCR : Nous étions quand même loin de nous douter d’un tel accueil. Certaines chroniques nous ont donné des frissons à la lecture. C’est un exercice délicat de se frotter aux avis des auditeurs qu’ils soient musiciens, passionnés ou véritables critiques mais c’est le jeu et on peut dire qu’on s’en sort extrêmement bien ! Concernant la diffusion à l’étranger, il y a eu forcément la Belgique même s’il faut bien avouer que sur la scène locale Metal, la frontière entre nos 2 pays n’existe pas vraiment. Après une bonne période de promo en France/Belgique grâce au gros travail de notre attachée presse Ellie Promotion, on voit d’autres horizons : des interviews et des chroniques au Royaume-Uni, en Indonésie, d’autres en prévision en Norvège, en Argentine, aux Pays-Bas, au Japon, la vidéo de «My Devil’s Rising» est diffusée en Allemagne, un titre doit apparaître sur la compilation d’un magazine portugais, des ventes et autres envois ont pris la direction de la Grèce, de la Hongrie, de l’Espagne, du Danemark et du Brésil.
YGC : Sans compter un bon nombre de sites proposant l’album en téléchargement illégal dans des langues toutes aussi incompréhensibles les unes que les autres ! Ah ces pirates, ils sont incroyables… cela dit, à notre niveau, ils nous font tout de même un peu de pub !

Qu’est-ce qu’on ressent au moment de livrer, comme ça, un projet sur lequel on a passé énormément de temps que ce soit dans l’écriture, l’enregistrement, les arrangements, … Du stress, un certain soulagement ? Qu’est-ce qui est le plus dur justement : travailler sur un album ou l’attente de sa sortie ?

JCR : Pas vraiment de stress car on a produit l’album que l’on avait en tête mais plutôt un mélange de soulagement, de fierté et d’envie de le faire découvrir. Le processus a été long entre l’enregistrement de la batterie en studio, celui des guitares et des voix dans notre propre studio, les échanges avec le studio pour le mixage et mastering ainsi que ceux avec Stan W. Decker sur la pochette, les choix dans l’ordre du tracklisting, les photos, le design du livret. Si à cela on ajoute nos vies de famille et nos vies professionnelles, ce fût assez éprouvant surtout sur la fin où tu te dois d’écouter les pistes encore et encore, à l’affût du moindre détail. Certains jours tu détestes ton album et tu ne peux plus l’écouter pendant une semaine !
YGC : C’est peut-être à ce moment où il y a tout de même un peu de stress, parce que tu en as tellement bouffé que tu ne sais plus si tu as fait l’album de tes rêves ou si tu as fait une bonne grosse bouse ! Tu te demandes si tu as fait les bons choix alors tu attends l’avis de l’extérieur avec un peu d’excitation et un peu de sueurs froides. Au delà de cela, il restera toujours la fierté d’avoir créé une œuvre complète et de contribuer, même si ce n’est que pour une infime place, à cette grande histoire qu’est la musique !

Comment s’est passé la composition de l’album, tout le monde a amené des idées, les titres étaient-ils prêt depuis longtemps au moment d’entrer en studio ? Et au niveau des textes, qui est le « Dark poète » ?

JCR : Le «dark pouet pouet» c’est YGC. Le concept des «Égarés» ainsi que les textes sont issus de son imagination à la fois débordante et torturée. C’est également le principal compositeur du groupe avec des idées de mélodies, de riffs, de structure… ensuite chaque musicien apporte ses propres lignes et les morceaux naissent dans leur version définitive en répétition. Les titres de l’album ont, pour la plupart, de la bouteille puisque certains datent des mêmes sessions de composition que les morceaux de notre EP sorti en 2013. En tout cas, ils ont tous été largement martyrisés en live avant d’être immortalisés sur galette. Un des avantages d’avoir fait le choix du studio personnel c’est qu’on a le temps d’expérimenter des choses. Le plus bel exemple est le travail qui a été effectué sur les chœurs que l’on retrouve tout au long de l’album.

À travers votre musique on retrouve des influences assez Old-School (MERCYFUL FATE, JUDAS, MEGADETH, …) sans pour autant que cela sonne 80’s. Le Metal post-2000 vous inspire-t-il aussi ? Si oui quels sont les groupes actuels qui vous font frissonner et qui pourraient éventuellement laisser quelques traces dans la zik de THE LOSTS ?

JCR : Ce qui fait la force du groupe, à notre sens, c’est la diversité des influences et des artistes qui nous font frissonner, comme tu le dis si bien. En plus des groupes que tu cites, on pourrait ajouter des grands noms du Heavy Metal teuton, des guitar heroes américains ou des mecs venus du Grand Nord avec des maquillages qui font peur et des moule-bites en vinyle.
YGC : On est assez ouvert d’esprit, même si personnellement j’ai un peu de mal avec l’approche du Metal moderne autant dans le son employé, que dans l’interprétation. Il y a beaucoup de groupes post-2000 que nous aimons comme MORTIIS Era 2 et 3, VULTURE INDUSTRIES, WATAIN, UNISONIC, TRIBULATION, ANAAL NATHRAKH, OPERA DIABOLICUS, EVIL INVADERS, SANCTUAIRE, GHOST (pour ma part) ou bon nombre de sorties Undergrounds. Mais il est vrai que ce sont souvent des groupes qui gardent un certain esprit à l’ancienne.

Comment en êtes-vous tous arrivé à faire de la musique, qu’est-ce qui vous a attiré les uns vers la guitare, les autres vers la basse ou la batterie, voire la mandoline ?

JCR : Les gonzesses évidemment ! Si on veut être célèbre «c’est pour niquer les gonzesses» comme le dit si bien Steven dans La Classe Américaine. Ça et la coupe de cheveux des frères Hanson à l’époque… mais bon, là il faudra se faire une raison… Sinon pourquoi choisir tel ou tel instrument ? Comme les gens choisissent de devenir prof, ingénieur, geek ou de glander à la maison… Une question de feeling, de vocation, de dextérité, d’influence des parents… un mélange de tout ça.
YGC : Moi je n’ai pas choisi, c’est mon frère qui m’a filé sa première gratte ! Sinon j’aurais fait du bugle ! GGV et moi sommes issus de la voie classique puisque, petits, il a appris la clarinette et le piano, et moi le cor d’harmonie. Et puis à un moment donné, il a bien fallu se rendre à l’évidence que c’était pas ce qui nous rendrait célèbre («Quand je serai célèbre, je m’ferai des meufs, je ferai des folies talalalala»)! C’est d’ailleurs en ne me faisant pas n’importe quelle demoiselle que j’ai eu cette mandoline, c’était au départ un cadeau et l’instrument a pris tout son sens avec notre souhait d’ouvrir notre musique à d’autres horizons !

Sur quel matos jouez-vous, avez-vous une marque de référence ? Qu’est-ce qui vous plaît chez cette marque ?

JCR : Concernant la batterie, c’est très récemment qu’on a troqué la Pearl pour une Tama. Le son est plus claquant, plus net par rapport au son bluesy de la Pearl.
GGV : Moi, je suis fan de l’ampli Hartke HA3500 + cab 410XL. J’utilise une basse Ibanez SR200, sachant qu’en cas de succès mondial je partirai certainement chez ESP !
YGC : Je joue sur plusieurs marques de guitares mais clairement on me voit essentiellement sur scène avec ma BC Rich Mocking Bird Acrylic Series et ma Reverend Volcano, qui est une marque US pas encore très répandue et pourtant incroyable ! Je pencherais pour celle-ci si je devais choisir ma marque de référence. Elle a le son et l’équilibre que je recherchais, elle est durable, travaillée dans l’essence de Korina qui a fait la gloire de Gibson et montée de composants qui ont fait leurs preuves, elle est hyper maniable et en plus, elle a de la gueule ! Côté ampli, j’aime coupler le préamp de mon Line 6 Spidervalve à un cabinet Framus Dragon. Pour le chant, j’ai toujours mon Shure beta 58 et notre Rhode NT2 pour le studio. Quant à ma mandoline, il s’agit d’une Fender électro-acoustique.
DGC : Je joue principalement sur ma Ibanez Universe 7 Cordes de 1997. Il m’a fallu 6 mois pour trouver cette gratte qui est n’a été fabriquée qu’une seule année. La lutherie est digne de la réputation de la Team J-Craft et c’est la seule Universe qui n’arbore pas d’éléments flashy si chers à Mr Vai. Je joue sur une tête EVH5150III branchée dans le même cab Framus que YGC. Mon signal suit son petit bonhomme de chemin au travers d’un système HF Samson, d’une Whammy Digitech, d’une Wah CryBaby 95Q (qui a l’avantage de s’enclencher par le simple fait de poser le pied sur la pédale, très utile sur un morceau comme «Lema Sabachthani»), d’une ISP Decimator (obligé vu le niveau de gain de la tête EVH). J’utilise également un petit pédalier Hotone Ravo qui fait bien le job pour ajouter un peu de delay ou de chorus sur mes parties lead ainsi qu’une Mooer ModFactory pour les effets tout bizarres. Enfin, j’ai une BOSS RC2 qui me permet de lancer des samples pendant les lives…. Dire que j’ai rationalisé mon pedalboard il n’y a pas longtemps…

On peut dire que vous avez un concept depuis vos débuts avec l’histoire des Égarés, concept musical, mais aussi visuel. Je suppose que vous pouvez encore développer le sujet, mais n’avez-vous pas peur que cette story ne soit pas éternelle et qu’un jour vous en ayez fait le tour ? Que pensez-vous qu’il se passera quand cela arrivera ?

JCR : Le concept est riche et a la chance d’être à la fois concret et abstrait. On a encore quelques idées derrière la tête pour l’étoffer, le faire vivre. On peut imaginer par exemple que dans leur quête d’humanité les Égarés se rendent à la foire aux disques du patelin d’à côté et tombent sur une compil des meilleures chansons de Carlos et décident de l’adapter à leur sauce.
YGC : Le concept illustre une satire de la société… la source d’inspiration est donc inépuisable ! Cependant, nous avons déjà relaté un grand pan d’histoire avec l’EP et l’album, peut-être que l’envie nous prendra prochainement d’aborder d’autres sujets et ce n’est pas, je pense, ce qui remettra en cause notre manière de concevoir le groupe…

D’où vient cette idée des Égarés, dans quel esprit a-t-elle germé ? Vous fallait-il impérativement un concept pour former votre groupe ? Est-ce le concept qui a donné vie au groupe ou le groupe qui a donné vie au concept ?

YGC : «Kingdom Of The Losts», chanson apparaissant sur l’EP, est un peu à l’origine de tout. C’est une chanson que j’avais écrite en amont de la naissance du groupe et qui a été naturellement la première présentée aux autres membres lorsqu’il a fallu se créer un contenu. C’est elle qui a donné son nom au groupe ainsi que son état d’esprit. Le texte traite d’émotions fortes et destructrices, personnifiées par cette notion d’«Égarés», dont l’Homme est capable. Lorsque nous avons pris le nom de THE LOSTS, il est devenu clair dans mon esprit que j’avais là une idée que je souhaitais développer, en donnant vie à ces personnages au travers d’autres textes. Le concept s’est donc ensuite construit au fur et à mesure que notre répertoire s’est étoffé.

Un album de THE LOSTS avec des sujets positifs, des paroles optimistes seraient-ils envisageables ? Ou alors, étant originaire de Dunkerque, un album de Pirate Metal avec l’histoire de Jean Bart par exemple, ce qui en fait en ferait du Corsaire Metal ?

JCR : En fait la plupart des membres du groupe sont basés sur la métropole lilloise donc pour être plus juste il faudrait que l’on envisage le concept de «Péniche Metal». C’est YGC qui est basé à Dunkerque et figure-toi que son voisin Babass s’est déjà attaqué au Corsaire Metal avec son propre groupe BLACKBART, ode à l’autre Bart, celui un peu plus Black que Jean !

C’est d’ailleurs marrant ce côté sombre de THE LOSTS car connaissant un peu YGC, par exemple, c’est plus un gai luron qu’un triste sire, non?

YGC : C’est clair que les autres ne s’ennuient pas avec moi ! Ils ont de la chance, je les envie ! L’humour a tout de même sa place dans notre musique, écoute «Dr Punkelstein «The Maximator»», par exemple. Mais pour ma part, j’ai toujours préféré la musique qui fait peur à celle qui fait rire. Et puis, n’oublions pas que l’Homme est un être de contraste !

Aimeriez-vous développer, sur vos futurs morceaux, ce côté folklorique comme pour le titre (très réussi) «Lema Sabachthani» et sa mandoline ? J’ai lu dans une ITW que vous étiez passé à côté d’un label justement à cause de votre ‘ouverture d’esprit’.

YGC : Nous avons un autre titre, «Pharaoh’s Curse», non publié encore et à caractère oriental, bien que celui-ci n’emploie pas la mandoline. On nous a déjà demandé si nous comptions retravailler avec cet instrument. Il est clair que nous ne sommes pas fermés à l’idée et je pense que si la mandoline doit refaire son entrée, ça se fera naturellement. On verra où nous entraînent nos nouvelles compositions. Quant au deal avec le label, c’est exact, notre musique était un peu trop multidirectionnelle pour rentrer dans ses besoins. Nous en avons pris notre parti et nous considérons cela comme une reconnaissance d’une certaine originalité que nous essayons de développer.

Vous pensez vraiment que le côté sombre de l’homme est le plus représentatif de celui-ci, qu’il y ait peu d’espoir que les Égarés chopent le positif qu’il y a en chacun de nous, ce qui pourrait les faire évoluer davantage ?

YGC : C’est dangereux, ça risquerait d’être chiant comme un disque de Christophe Maé !!! Nous croyons en l’Homme et sa valeur positive cependant, nous appartenons à une espèce complexe, très influençable dans ses interactions et ses émotions. Le problème vient surtout du monde tel que nous l’avons construit. Bien sûr qu’il n’y a pas qu’une part d’ombre, les Égarés restent avant tout une satire mais écrire sur la joie et les bisous, ça me fait tout de suite moins rêver !

Quand vous vous apprêtez à monter sur scène et suite à tous les événements malheureux et désastreux qui nous entourent depuis plusieurs mois, craignez-vous qu’il puisse se passer quelque chose pendant votre show, cela vous traverse-t-il l’esprit ?

YGC : Nous avons eu les événements à l’esprit, bien sûr, mais dans une optique d’hommage, pas de crainte. Voilà encore un autre exemple de ce que la part de violence chez l’Homme est capable de produire. Et puis que ce soit cela ou non, s’il doit nous arriver quelque chose, nous ne pourrons pas l’éviter alors profitons de ce que nous pouvons vivre les uns avec les autres et de ce que nous savons produire de plus juste et beau dans ce monde !

Il y a malheureusement pas mal de petites salles, ou de bar-concerts qui ferment leurs portes, comme la Péniche à Lille ou le Blue Devils à Arras dernièrement, au fil du temps, comment voyez-vous l’avenir live pour des groupes comme THE LOSTS ?

JCR : Vaste question qui mériterait de s’y pencher plus longuement. En toute honnêteté l’avenir live pour les groupes comme le nôtre n’est pas radieux. Il y a d’une part les contraintes que connaissent ce genre d’endroits, comme à Lille où la culture Metal et Underground en général n’est pas dans les petits papiers des dirigeants de la ville. D’autre part il y a aussi les comportements des fans vis-à-vis de la musique et la façon de la consommer qui entrent en ligne de compte également. Quand on voit la multitude de «petits» concerts dans des bar-concerts et la difficulté à faire bouger les foules ça fait mal au cœur. Évidemment en tant que spectateur on ne peut pas être partout et aller voir un groupe pro dans une super salle pour 30 ou 40€ c’est largement compréhensible. Malheureusement cela se fait au détriment des concerts Underground à 3 ou 5€ l’entrée. Des choix s’imposent pour les groupes, comme tourner massivement tous les week-ends dans tous les endroits du coin ou alors être à l’affût de la bonne opportunité quitte à jouer moins souvent mais devant plus de spectateurs. Des endroits tirent leur épingle du jeu, d’autres non…

Il faut quand même être sacrément passionné car l’enregistrement d’un CD, sa sortie, sa promo, les décors de scène, backdrop et autres, les instruments …. Enfin bref tout ceci demande une grosse dépense d’énergie et surtout d’argent, choses auxquelles ne pense pas forcément le fan.

JCR : Les choses se font petit à petit et les idées viennent les unes après les autres. C’est surtout à notre DGC que l’on doit la plupart de nos innovations scéniques : le logo, les masques, les récents kakemonos… C’est sûr que ça coûte du pognon et que l’on met de l’argent de notre poche pour se faire plaisir et pour pouvoir faire vivre le groupe. Mais bon, on parle bien là de passion alors dépenser de l’argent pour tuner sa Twingo, voyager au 4 coins du globe ou se payer un studio pour sortir un CD, c’est une question d’envie.
YGC : Un album tel que celui-ci, même s’il ne sort pas du studio le plus équipé de Scandinavie, est effectivement un véritable budget. Cependant, pouvoir conserver cette trace d’une période importante de nos vies, apporter sa contribution à la musique, ça n’a pas de prix… enfin si, un gros… mais c’est un accomplissement qui n’arrive que quelques fois dans une vie (ne nous leurrons pas, nous ne serons jamais Lemmy!).

Êtes-vous amateurs de lecture, de cinéma, de peinture, … et est-ce pour vous, également, une source d’inspiration ? Si oui quels sont les écrivains, réalisateurs, peintres ou autres qui vous ont influencés à un moment ou à un autre et qu’est-ce qui vous a attiré chez cet, ou ces artistes ?

YGC : Houlà, je vais essayer de ne pas m’éparpiller ! Tout acte de création m’inspire. Pour donner quelques exemples concrets, je suis fortement touché par certaines œuvres d’Anish Kapoor dont le très torturé «Internal Object in Three Parts» est visible au Rijskmuseum d’Amsterdam. Il y a tant de tension et de vision brute dans ses réalisations ! J’aime aussi l’humilité qu’on retrouve dans les sculptures de Martin Hirst ou le Street Art de Slinkachu. Côté lecture, je suis un grand fan de haïkus. Bien sûr, je lis aussi des choses plus légères comme les désopilantes bandes dessinées d’Anouk Ricard, des romans pourris ou les autobiographies de musiciens comme on trouve chez Camions Blanc. Niveau Cinéma, je citerais la filmographie de Wes Anderson qui sait soigner la consistance de ses personnages et des situations. Et puis, personne n’a un regard plus aiguisé sur les relations que le jeune réalisateur Xavier Dolan, son œuvre est une pure merveille contemporaine !
JCR : Musique, films, romans… la liste serait trop longue. Côté peinture, je vous invite toi et lecteurs à jeter un œil sur les œuvres de Beksinski : peintre de tableaux plus qu’étranges. En plus je le soupçonne d’être un membre de la famille des «gais lurons» Losts car il affirmait que ses œuvres n’avait rien de glauque mais tout d’humoristique.

Qu’y a-t-il de prévue pour THE LOSTS en cette fin 2016 ? Déjà des projets pour 2017 ?

YGC : Cette fin 2016 nous terminons la série de concerts entamée depuis mars pour la promotion de l’album. Après le Firefest en Belgique au mois de septembre, nous jouerons le 15 octobre aux Pays-Bas en compagnie de THE GUARDIAN et SOUL COLLECTOR. Nous ouvrirons pour LONEWOLF et les Allemands de WIZARD au El Diablo à Lille le 03 novembre et terminerons par une date locale, le 18 novembre au Barabao à Bailleul, lieu de nos débuts, pour dire au revoir à son gérant ! Ensuite, à moins qu’une belle occasion se présente à nous, nous aimerions débuter 2017 par de nouvelles sessions de composition afin de préparer ce qui devrait être le futur album ! Il y a déjà quelques titres dans les tiroirs, ça ne devrait pas déroger à notre style !

Quelles sont, pour vous, les plus grosses difficultés pour THE LOSTS et la scène underground afin de perdurer, continuer à sortir des albums et à monter sur scène ? Qu’est-ce qui pourrait être envisagé pour faciliter certaines choses ?

YGC : le flouze et le public par milliers ! Donc faîtes-nous des dons et venez en meutes à nos concerts, nous serons les plus heureux des musicos !

Question subsidiaire : A quand le rasage de crâne du bassiste ? Après ‘The Big 4’ il y aurait ‘The Bald 4’.

JCR : Personne n’a encore inventé la tondeuse capable de raser la masse capillaire de notre bassiste préféré !
YGC : On lui a déjà dit : «Tu te rases ou tu te casses, c’est pas un dépotoir ici !»… Mais il tape plus fort que nous….
GGV : C’est pas moi qui suis chevelu, c’est vous qui êtes chauves !!! Jaloux !!!

J’aimerais maintenant vous demander de me faire une playlist des morceaux qui vous ont le plus marqué, dont vous ne pouvez vous passer, ce sera votre «Magic Playlist Of Fire».

GGV : Allez, je commence mais c’est dur de trancher !

  • ANGRA : “Carolina IV”
  • HELLOWEEN : “Eagle Fly Free”
  • MANOWAR : “Battle Hymn”
  • THERION : “To Mega Therion”
  • YNGWIE MALMSTEEN : “Far Beyond The Sun”
  • GAMMA RAY : “Heading For Tomorrow”
  • ICED EARTH : “Blessed Are You”

DGC :

  • GUNS’N’ROSES : “Sweet Child O’mine” (… obligé !)
  • METALLICA : “For Whom The Bell Tolls” (le premier morceau joué en groupe)
  • ALICE IN CHAINS : “We Die Young” (je l’ai réécouté ce weekend et ça m’a fait dresser les poils !)
  • JOE SATRIANI : “Surfing With The Alien”
  • FISHBONE : “Black Flowers”
  • PARADISE LOST : “So Much Is Lost”
  • MEGADETH : “Hangar 18”

YGC :

  • MEGADETH : “99 Ways To Die” (c’est par là que tout a commencé pour moi. Et Musty a toujours été mon chouchou depuis !)
  • ANGRA : “Nothing To Say” (l’album entier a toujours été mon préféré d’entre tous)
  • MERCYFUL FATE : “Come To The Sabbath”
  • NOTRE DAME : “Le Nostradamus De Notre Epoqué”
  • IMMORTAL : “Battles In The North” (c’est crade, pas carré, le must quoi !)
  • SANCTUAIRE : “Une Messe Pour l’Enfer” (excellent représentant de l’underground français)
  • GHOST : “Elizabeth” (rien que la polémique qui l’accompagne en fait un excellent groupe !)

GGV : S’il reste une place on peut mettre LES MUSCLES !!! Le 1er groupe de Blague Metal

JCR : Et bien en parlant de Blague Metal, voici ma Magic Playlist of Fire :

  • CRADLE OF FILTH : “Hallowed Be Thy Name” (Maiden Cover)
  • MARDUK : “Deme Quaden Thyrane”
  • BALSAGOTH : “A Tale From The Deep Woods”
  • BLIND GUARDIAN : “And Then There Was Silence”
  • ABSU : “Vorago (Spell 182)”
  • LIMBONIC ART : “A Venomous Kiss Of Profane Grace”
  • MELECHESH : “Genies, Sorcerers And Mesopotamian Nights”
  • OLD MAN’S CHILD : “God Of Impiety”

Comment ça y a 8 titres? Non, non, recompte bien, y en a pas 8…

Merci beaucoup d’avoir consacré un peu de votre temps pour répondre à mes questions. J’encourage tous les Metalheads à jeter une oreille sur «…. Of Shades & Deadlands», mais aussi sur votre EP «No God, No Devil» sorti en 2013, si ce n’est déjà fait et bien sûr ne les loupez pas s’ils passent près de chez vous (Bon ils ne sont pas très beau surtout le p’tit chanteur, d’où les masques je pense, mais leur zik est vraiment excellente). Certains que nous entendrons encore parler d’eux dans le futur.

Un mot pour finir, messieurs !

JCR : L’inévitable « merci » pour ton soutien et ton travail de l’ombre.
YGC : Vas-y hé ! Je te permets pas de me trouver moche !

Itw_Eros

Bienvenue dans le Bordelais, pays du bon pinard, mais pas que ! Hé non ! Je ne vais pas vous parler du vin qui fait la fierté de la région, mais du groupe de Metal EROS. EROS voit le jour en 2012 sous l’impulsion de Sophie (chant) et Sebastien (Guitare). Ils seront rejoints par la suite par Quentin (batterie), Thibault (basse) et enfin Paul comme second guitariste. Après avoir pas mal bossé et fait moult concerts, le groupe décide en 2015 qu’il est temps de passer aux choses sérieuses et d’enregistrer leur 1er album. C’est ainsi que sort en décembre, The Damage Is Done, excellent 1er opus du combo que j’ai beaucoup apprécié (chronique ici). J’ai donc décidé de leur donner la parole au travers de cet ITW afin que le monde entier sache qu’EROS n’est pas que le Dieu de l’amour.

Bonjour, comment allez-vous ? Pour commencer, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

EROS est un groupe de Groove Metal, très influencé par PANTERA et MACHINE HEAD, chanté en anglais et composé de 5 musiciens :
– Quentin (batterie)
– Thibault (basse)
– Paul (guitare)
– Sébastien (guitare)
– Sophie (chant)
Sinon ça va super bien.

Racontez-nous un peu la genèse du groupe ?

EROS est né d’un ancien groupe avec Sébastien et Sophie, qui côtoyaient déjà Quentin à cette époque-là. Sébastien possédait beaucoup de compositions, le groupe est né à trois, Thibault s’est rapidement joint à l’ensemble, puis il a été décidé de recruter un deuxième guitariste, Adrien, qui nous a apporté sa fougue et son approche plus directe et nerveuse de la musique. Paul est avec nous depuis maintenant un an et demi.

Quels ont été, depuis la formation du combo en 2012, les moments forts, les moments clés d’EROS ?

Le premier gros moment pour nous a été la composition du titre « Rotten Hero », élaboré en intégralité par Sébastien et Adrien, à partir duquel nous avons commencé à bâtir notre signature musicale. Ce morceau est un beau résumé de notre identité.
Début 2014, nous avons fait venir le groupe BUKOWSKI à Bordeaux pour une date qui reste inoubliable pour nous tous. S’est vite ensuivi le départ d’Adrien, pour études, qui a été un gros coup d’arrêt. Nous avons néanmoins rapidement pallié à son départ.
Puis fin 2015 la sortie notre album bien entendu avec un concert excellent dans notre repaire, le bar « Les Runes » à Bordeaux en compagnie de nos potes de BURY ALL DREAMS. Une soirée vraiment cool où nous avons pu sentir l’attente qu’avait généré notre enregistrement.

Qui compose et comment se passe l’élaboration d’un nouveau morceau ? Tout se fait-il en répète ?

En règle générale, tout part d’un riff venant d’un de nos deux guitaristes en répétition. On Jam dessus pendant un bon quart d’heure s’il tourne bien et qu’il plait à tout le monde. Puis chacun propose ses suggestions et comment il, ou elle, voit la structure à partir des éléments qui sont ressortis. Au bout de deux répétitions, on arrive à avoir un morceau de quatre ou cinq minutes sur lequel viendra se greffer le chant de Sophie, qui commence par trouver l’air et ensuite les paroles qui lui sont inspirées par ses ressentis.

The Damage Is Done est sorti il y a maintenant un peu plus de 3 mois. Que vous ont apporté l’enregistrement et la sortie du premier album ?

Après deux ans de concerts sur Bordeaux et proches alentours, nous avons pu nouer de sérieux liens avec toute la sphère Rock et Metal en Gironde, ce qui nous a permis, comme je le disais précédemment, de créer de l’attente, de la demande pour ce nouvel album qui a vraiment bien été reçu à sa sortie. De plus, avec un support CD, cela nous permet de mieux nous vendre car nous possédons maintenant un produit fini.
Concernant l’enregistrement, c’est un processus toujours particulier car il ne faut rien laisser au hasard, le moindre détail compte. L’exigence est donc de mise, tout le monde n’a pas le même avis sur telle ou telle chose, sur quels morceaux choisir. C’est un gros consensus à cinq, et les débats sont régulièrement agités, mais le résultat vaut la peine et le groupe n’en ressort que plus uni et grandi.

Comment a été l’accueil du public et des chroniqueurs ?

Des deux côtés c’est un succès. Notre public est ravi du travail accompli, qui correspond à ce que nous produisons sur scène, donc pas de surprise à ce niveau. La production est propre, le son massif. Côté chroniques, les retours sont très positifs pour le moment, mettant en avant la performance vocale qui reste notre atout premier. Nous avons un son assez accessible, une signature musicale et une voix qui marque, il n’y avait donc aucune raison que ce produit fini ne plaise pas au final et comme les compliments pleuvent, nous redoublons d’efforts pour nous faire connaître plus loin qu’autour de Bordeaux.

L’enregistrement s’est déroulé au « Bud Studio » avec Mathieu Pascal (GOROD), combien de temps y êtes-vous resté et comment cela s’est-il passé ? Vous deviez être satisfait de Mathieu sur les 2 titres enregistré en 2013 pour refaire appel à lui ?

Il faut savoir que Mathieu est avant tout musicien, et quel musicien… Il gère son groupe de Tech-Death GOROD de A à Z au niveau de la composition. Il a une belle vision de la musique, et c’est quelqu’un qui ne va pas se limiter à appuyer sur le bouton « record ». Il te donne son avis, te pousse à te donner à fond lors de l’enregistrement, même s’il faut faire 20 fois la prise. C’est de plus une personne adorable, donc tous les voyants étaient au vert pour à nouveau enregistrer en sa compagnie.
L’enregistrement s’est déroulé sur environ 50 jours, à un rythme très décontracté. La batterie et la basse ont été faites très rapidement, les guitares sont venus se greffer ensuite avec un travail beaucoup plus méticuleux, puis le chant et les arrangements. Sachant qu’entre chaque étape se place un envoi de fichiers pour écoute et analyse de l’ensemble pour éviter de laisser passer les défauts. Donc cela prend du temps, et ensuite vient la phase d’équilibrage et de mix qui a bien pris 3 mois pour que tout nous convienne. Mais le résultat en vaut la peine.

Est-ce que l’album correspond à votre attente au niveau du son, de l’artwork, des titres choisis ?

Il est très dur de prendre du recul sur un produit qu’on a finalisé il y a si peu de temps. Cela représente des dizaines d’heures d’écoute à la recherche du moindre détail sur des morceaux que nous jouons déjà depuis plus de deux ans pour certains. Au niveau du son, nous avons décidé de travailler avec Mathieu pour avoir un son de qualité et une belle production, nous sommes très satisfaits car le contrat est rempli. Pour les morceaux choisis, nous avons suffisamment délibéré sur la question pour ne pas être satisfait. L’artwork a été une partie qui nous a donné du mal car nous avions décidé à la base d’utiliser un dessin, mais nous n’étions pas sur la même longueur d’onde que la personne à qui nous avions fait appel. C’était l’été, difficile de joindre les gens, de faire des demandes particulières, donc nous avons accusé pas mal de retard à ce niveau. En septembre nous avons enfin vu le bout du tunnel avec Vincent Sanroma, un de nos fans de la première heure qui a réalisé l’artwork complet de l’album. L’ensemble nous correspond parfaitement et les différents retours que nous avons, nous confortent dans cette idée.

D’ailleurs comment avez-vous choisi les 10 titres qui figurent sur l’album, je suppose que vous en aviez un peu plus en réserve, non ?

Nous avions effectivement une quinzaine de compositions parmi lesquelles choisir. Huit morceaux étaient évidents, tandis que « Fuck Me » et « Child In Flames » l’étaient moins dans un premier temps, car nous avions un ou deux morceaux plus anciens en stock, et il a fallu trancher. Au final, « Fuck Me », qui est notre dernière composition en date, a été choisi pour sa rythmique ternaire et son impact au refrain, et « Child In Flames » pour son côté Crossover entre Heavy Metal et Hardcore à la finition. Mais que le choix n’a pas été facile et les débats s’enflamment vite quand on est cinq à parler.

Sophie, est-ce toi qui écris les textes ? Si oui, pourquoi tant de haine 🙂 ? Tu as quand même, au niveau des paroles, un regard très sombre sur le sexe et sur la vie ? N’y a-t-il que la souffrance qui t’inspire ? Le sexe ne peut-il pas être quelque chose de beau, fait avec douceur et passion (Attention, ITW interdit au moins de 18 ans) ?

C’est en effet moi qui écrit les paroles, certains de mes textes sont très sombres et témoignent du passé d’autres sont bien plus fun où je parle aussi de sexe : je mentionnerai « Sex’n Roll » et « Fuck me ». J’ai un regard sombre sur la vie, pourtant je suis très heureuse et épanouie actuellement, mais ça n’a pas toujours été le cas. La souffrance m’inspire beaucoup et me touche profondément, je ne me vois pas parler de la pluie et du beau temps ou même de la nature ou de la Terre qu’on exploite. Je veux faire passer des sentiments forts, pénibles ou heureux et cela passe souvent par la souffrance, la musique qui est composée, influe beaucoup sur mes textes, si les morceaux sont enjoués, les paroles seront funs, si les morceaux sont brutaux les paroles le seront aussi.

Justement pourquoi avoir choisi d’appeler le groupe EROS, car je ne pense pas que le Dieu Grec voyait l’amour comme ça, vous êtes plus proche du « Marquis de Sade » que d’ »Eros » tout de même ?

« Eros » est dieu d’amour et de la puissance. Puissance nous avons, amour, pas toujours rose, mais nous avons aussi. EROS vient surtout du groupe DEFTONES, dont Quentin est un énorme fan, c’est le nom de l’album qu’ils devaient sortir avec leur bassiste avant qu’il ait son accident et décède plus tard. MINERVA (toujours en rapport à DEFTONES) a été longtemps envisagé, mais l’ensemble du groupe n’était pas satisfait donc nous nous sommes orienté sur EROS.
Je rajouterai qu’on est quand même loin du « Marquis de Sade », on ne s’appelle pas DEFEAT THE EARTH !

Parlez-moi de vos influences, j’évoque dans ma chronique de The Damage Is Done une influence d’OTEP, mais Sophie n’avait pas l’air trop d’accord avec moi (la vilaine) !

Nous avons tous des styles très différents, mais nous nous retrouvons tous sur PANTERA, MACHINE HEAD, GOJIRA ou encore METALLICA. Thibault écoute peu de Metal dans l’absolu et est bien branché Electro, Sebastien est très Death Mélo à la suédoise, Paul est plutôt Thrash et Hardcore, Quentin, lui, est le plus éclectique et va de Selah Sue à STRAPPING YOUNG LAD, Sophie écoute beaucoup de Soul (Aretha Franklin, Selah Sue aussi), mais aussiu beaucoup de Metal, fan incontestable de BLACK LABEL SOCIETY, DORO, MACHINE HEAD, en passant par le Black et le Death Metal. Il y a énormément d’influence dans la musique d’EROS, nous essayons de les faire varier entre nos morceaux où on retrouve de-ci de-là des petites références à des groupes qui nous tiennent à cœur.

Parlons un peu de la scène Metal Bordelaise, Comment se porte t-elle, que ce soit au niveau des groupes, des orgas, des salles ? Est-ce un bon endroit pour un groupe jouant la ‘music of the Devil’ ?

Il y a de très nombreuses choses au niveau du Metal à Bordeaux. A notre niveau, il y a 4 structures permettant à n’importe quel type de groupe de répéter dans de bonnes conditions, réparties de belle façon autour de la ville, ce qui créé une belle émulation créative. Au niveau au-dessus, 4 salles de plus ou moins grosse capacité permettent d’accueillir des artistes nationaux et internationaux, avec ces deux dernières années de belles programmations Metal. La scène locale est menée par les groupes GOROD, OTARGOS et BREAKDUST, qui sont vraiment au-dessus de tous les autres. Concernant les orgas, une seule association réellement Metal existe et elle est plus portée sur le Black et le Death, ce qui ne nous correspond pas. A Bordeaux, si tu te bouges, tu peux faire au moins deux concerts par semaine. Ce qui est aussi un problème parce que le public ne se déplace que peu, et pas en grand nombre, ce qui fait qu’on peut globalement dire que la scène Metal est saturée sur Bordeaux. Les gens ici se déplacent plus pour des concerts pop-rock, avec le fantôme de NOIR DESIR dans tous les esprits.

Quels sont vos projets dans les semaines et/ou les mois à venir ?

Les projets pour les mois à venir sont simples. Il s’agit de continuer à envoyer de nos CD pour avoir des chroniques et interviews, essayer de choper des dates dans d’autres villes et si possible signer avec un label et/ou un tourneur.

Je vais vous demander, maintenant, de me faire une playlist, votre «Magic Playlist Of Fire», donnez-nous les morceaux qui vous ont le plus marqué, que vous écoutez toujours avec plaisirs, ou que vous chantez sous la douche ?

Quentin :

  • DEVIN TOWNSEND PROJECT : Deadhead”
  • GOJIRA : “Ocean Planet”
  • ARTHUR H : “Cosmonautes Père et Fils”
  • MACHINE HEAD : “Halo”
  • KLONE : “The Dreamer’s Hideway”

Thibault :

  • X-RAY DOG : “Dethroned”
  • PUSS IN BOOTS : “The Puss Suite”
  • THE PRODIGY : “Voodoo People Pandulum Remix”
  • MASTODON : “Blood and Thunder”
  • THE SUPERMAN lOVERS : “Starlight”

Paul :

  • THROWDOWN : “No Love”
  • MISERY SIGNALS : “Coma”
  • NEWTON FAULKNER : “Clouds”
  • GORE ELOHIM : “Lord Of Plagues”
  • DRY KILL LOGIC : “Paper Tiger”

Sophie :

  • BLACK LABEL SOCIETY : “In this River”
  • IN THIS MOMENT : “Burn”
  • HEBOÏDOPHRENIE : “Héboïdophrénie”
  • DORO : “Revenge”
  • ENSLAVED : “Forsaken”
  • MACHINE HEAD : “Descend the Shades of Night”

Sébastien :

  • MACHINE HEAD : “Aestethics of Hate”
  • GOJIRA : “Born in Winter”
  • NORDIC UNION : “Point of No Return”
  • STRAPPING YOUNG LAD : “Aftermath”
  • PINK FLOYD : “High Hopes”

Je vous laisse le mot de la fin, si vous avez un message à faire passer, une annonce, un coucou, allez-y c’est à vous ! Et merci d’avoir pris de votre temps pour répondre à cet ITW.

On cherche des concerts et un label bordel de diiiieeeeeeuuuu du Sexe !!!!
STAY SEX STAY METAL

voice of ruin

Magic Fire Music : Bien le bonjour à vous Voice Of Ruin, et chapeau pour ce bel album Morning Wood, chroniqué dans nos pages il y a peu. Et ce n’était pas la première fois par ailleurs. Pour autant nous n’avons jamais souligné votre provenance, vos origines et vos intentions. Comment expliqueriez-vous Voice Of Ruin ?

Olivier: Voice Of Ruin est formé de 5 agriculteurs de houblon de la région genevoise (Suisse) c’est à dire: Randy Bull au chant, Erwin van Fox à la basse, Tony Cock et Nils Bag aux guitares et Oli Dick à la batterie.
Randy:
On s’est formé en 2008 et on a commencé les lives en 2009. Depuis on a plus d’une centaine de shows à notre actif, dont deux tournées (Japon et Russie) et on est en pleine tournée promotionnelle de ce nouvel album qui est sorti en avril 2014 sur Tenacity Music!

Magic Fire Music : En 2011 j’avais eu l’occasion de chroniquer votre précédente livraison éponyme, et en ce temps là les influences que je percevais chez vous étaient plutôt à chercher du côté du hardcore, du brutal death, enfin ça baffait sèchement quoi. Avec Morning Wood même si l’agressivité ne manque pas on sent comme un décalage vers le death mélodique, avec de vraies pauses aériennes, du chant clair, des sons éthérés etc… Pourquoi cette légère réorientation ?

Nils : Après avoir enregistré notre premier album, nous avions déjà dans l’idée de partir vers quelque chose de plus mélodique, et c’est d’ailleurs pour cette raison que nous avions commencé à chercher un deuxième guitariste direct après la sortie de notre éponyme. Cela faisait un moment que nous voulions évoluer vers un style plus death mélodique/metalcore et la présence de deux guitares était devenue indispensable. Le premier album était un condensé de violence brute qui représentait bien le style à une gratte de l’époque, mais il nous faillait une deuxième guitare pour pouvoir progresser. Le style s’est donc affiné et on n’a pas cherché à sonner comme tel ou tel, c’est venu naturellement. Cependant, je pense que le principal changement par rapport à avant est que nous avons gagné en vitesse et en mélodie, et j’espère que c’est ce que les gens vont retenir.
Erwin :
On écoute beaucoup de styles différents et on a l’avantage de tous s’impliquer dans le processus de création : Chacun apporte ses idées. C’est pour ça que les compos sont plus variées. On essaye de se voir le plus possible entre guitariste/bassiste pour travailler les arrangements d’abord dans ma bergerie et tout mettre en place ensuite avec notre batteur Oli Dick.

Magic Fire Music : Comment s’est passé cet enregistrement et pourquoi le choix du Boss Hog Studio ?

Randy: Alors ça s’est super bien passé, même si on a eu les boules le premier jour quand Oli Coc est tombé dans les escaliers (rires) et en plus il n’avait encore rien bu. On avait deux semaines pour tout enregistrer et on a fini dans les délais sans se presser, c’était donc un bon enregistrement. Mais le plus dur dans le Nord, c’était de surmonter les gueules de bois atroces qu’on attrape régulièrement avec ces satanés bières belges…malheureusement on se fait toujours avoir.
Nils :
Et oui, c’est loin le Nord, mais les frites sont incomparables et la bière excellente. Mis à part cet attrait sans pareil, la principale raison est que notre guitariste lead (Tony) y avait enregistré un album avec son autre groupe (Nevercold), et qu’il nous a fortement recommandé cet endroit. Après un premier essai convaincant durant l’été 2013 pour enregistrer notre single « Cock’n’Bulls », nous nous sommes jeté à l’huile de friture pour ce deuxième album. Ce qui n’a évidemment pas été de tout repos…encore une fois à cause de la bière. De plus il s’agit du premier album enregistré à deux guitares, et avec un style nettement plus travaillé que sur l’éponyme. Au final il me semble que tout c’est bien passé et nous sommes tous très contents du résultat.

Magic Fire Music : Si musicalement vous vous décalez vers quelque chose de plus « poétique » si l’on peut dire, les lyrics et thèmes de vos titres sont toujours aussi décalés et rentre-dedans. Dans ce qui forge Voice Of Ruin il y a aussi cet esprit déjanté. Le Farmer Metal ? Pourquoi ?

Randy: Le Farmer est plutôt un état d’esprit, mais aussi une marque de bière très bon marché et bien répandue en Suisse. C’est la bière avec laquelle nous composons et répétons à défaut de ne pas gagner assez d’argent en labourant des champs, des marques comme Heineken sont donc trop chères pour nous (rires). Mais cette dénomination est aussi née du fait que beaucoup de personnes nous reprochaient par le passé de nous qualifier de thrash alors que nous ne faisions pas du pure thrash ou alors de deathcore alors que notre musique sonnait plutôt death pour certains…bref la fameuse guerre de la qualification du style d’un groupe. Comme nous avions depuis longtemps une idée assez fun de clip (« Cock’n Bulls ») qui mettait en scène le groupe en train de jouer dans une étable avec des vaches, on s’est dit qu’on pouvait se lancer dans un album concept et se qualifier de Farmer Metal et point. Au moins, personne ne pourrait nous reprocher de ne pas être assez rapide pour du thrash ou trop violent pour du metalcore. Maintenant à voir si nous allons continuer dans ce délire pour le prochain disque, car nous avons beaucoup d’imagination et c’est toujours contraignant d’être bloqué dans un univers. Je pense que parfois le chanteur d’Amon Amarth doit regretter son viking metal, surtout lorsqu’il doit écrire ses nouveaux textes (rires). Mais on va garder le côté déjanté dans nos textes et notre imagerie, ça c’est clair.
Nils
: En Suisse, nous aimons nos paysans. C’est pourquoi nous voulions avec cet album leur témoigner notre reconnaissance pour tous les bons produits qu’ils nous fournissent jour après jour. L’idée du « farmer metal » est aussi un moyen pour nous de donner un nom à notre musique sans se prendre la tête, même si nous avons une préférence pour le death mélodique et le groove metal.

Magic Fire Music : Parmi les morceaux présents sur Morning Wood, on note Through The Eyes Of Machete. Et votre merch propose quant à lui un t-shirt Voice Of Ruin super classe avec un de Danny Trejo pas content. Voilà qui m’inspire une drôle de question. Et si Voice Of Ruin organisait son festival de cinéma, on y passerait quoi ?

Randy: Hahaha pas mal cette question. Je pense qu’on y verrait plein de films super différents. Mais ce qui est sûr c’est qu’on profiterait de mettre en avant les films de la boîte de prod de Tony (« Braquemar Prod ») qui fait dans le porno français. Ensuite il y aurait quelques films d’amour choisis par Nils, deux-trois Snuff movies sélectionnés par Olivier, une poignée de films d’horreur et tous les épisodes du Bois de Quat’Sous. Et bien sûr des bons films d’action bien bêtes comme Machete.

Magic Fire Music : J’ai lu que vous seriez bientôt de passage en France et ailleurs en Europe pour défendre ce Morning Wood. Vous pouvez nous en dire plus sur les plans à venir ?

Randy: Alors on vient de commencer cette tournée promotionnelle. On a déjà joué à Montpellier, St-Etienne, Colmar, Flémalle (Bel) et Charleroi (Bel). On a encore une dizaine de shows en Suisse et en France jusqu’à la fin de l’année. Ensuite on a déjà une bonne poignée de dates bookées pour 2015 et on annoncera aussi une ou deux tournées, dont une est en cours de booking. Début 2015 on va aussi sortir deux nouveaux titres et un nouveau clip, peut-être avec un nouveau concept…mais ça vous le découvrirez bientôt.

Magic Fire Music : Merci à vous d’avoir répondu à ces quelques questions. Je vous souhaite bien du plaisir sur les routes pour défendre votre brillant album « Morning Wood » dispo chez Tenacity Music ! Traditionnelle non-question de fin : l’occasion pour vous de passer un coucou, de recommander un sextoy, de placer un big up, nous raconter une histoire ? Bon vent les gars !

Randy: Tout d’abord un grand merci à toi et toute l’équipe de Magic Fire Music pour le soutien. Big up aux fans et au public qui viennent nous voir en concert, qui achètent notre merch ou qui passent tout simplement boire une (ou plusieurs) bières avec nous après les shows. C’est avant tout pour ça qu’on fait de la musique, pour le contact humain (et la bière). Sinon pour la recommandation de sextoy, je vous recommande le site de Tony: Braquemar Prod!