L'Elysée Montmartre est pleine comme un oeuf ce soir pour accueillir Edguy en tournée pour promouvoir l'excellent Rocket Ride. Un très bon album de hard rock comme on entend fort peu ces temps-ci. Il est dix-huit heures trente et comme d'habitude ça traîne pour entrer et je rate les deux premiers morceaux de Sabaton, le temps de récupérer le pass et de discuter trente secondes chrono avec Roger Wessier, sans qui rien ne serait possible.
J'en ai assez que le premier groupe systématiquement assure devant une salle à moitié pleine.
Le set de ce groupe qui m'était inconnu pratique un heavy metal de facture germanique ou la double est à la fête. Tour à tour, on pense à Running Wild ou encore Manowar. Le show est dynamique et le son très correct. C'est efficace en live mais il faudra voir sur disque. La chanteur est assez charismatique et son accent slave prononcé se révèle fort agréable. Le groupe s'amuse, nous aussi. C'est bien là l'essentiel. Le batteur assure les backing vocals, fait assez rare pour être souligné. Le public semble avoir apprécié la prestation des ouvreurs de la soirée.
Un set de trente minutes assez énergique.
On patiente au son du "Majestic" de Gamma Ray le temps que les roadies changent le matériel.
Si l'Elysée affiche complet ce soir c'est parce que beaucoup de Kids ont fait le déplacement pour assister au tour de force de Dragonforce. Sur album, la vitesse frôle la démesure et l'assistance semble curieuse de se rendre compte si les Anglais sont capables de retranscrire leur déluge de notes sur scène. La réponse est oui et ça déménage sévère. De plus le groupe est servi par une très bonne sonorisation. Le bonheur est complet. Décidément ces derniers temps à chaque que j’assiste à un concert, Frédéric Leclerc est sur scène. Cette fois-ci il semble beaucoup plus s’amuser avec ses amis Londoniens qu’avec les membres de Jaded Heart. Dès le premier morceau ça saute dans tout les sens. Sam Totman boit une boisson à la paille, le récipient étant attaché au pied du micro. Vadin Headbangue comme un damné. Herman Li sort des sons d’une autre planète. Il faut que le vibrato soit solide ; D’ailleurs Herman n’hésite pas à tenir sa gratte au-dessus de sa tête via ce seul vibrato, produisant ainsi des sons sur-aiguë. Z.P. Threat, chanteur puissant est sans doute le beau gosse de la soirée. Torse bronzé et Stetson vissé sur le chef. Il n’arretera pas d’haranguer la foule durant la totalité de la prestation survitaminée ou bodybuldée, c’est comme vous voulez. Ce soir Inhuman Rampage est à l’honneur, avec entre autre « Storming the Burning Fields » où Vadim viendra assurer un solo de clavier portable. Les deux gratteux rivalisent de virtuosité et d’humour, passent leur temps juchés sur les retours, à noter qu’ils s’en servent comme d’un appui pour effectuer des sauts sur scène. La scène étant assez restreinte, c’est un miracle qu’il n’y ai pas eu un blessé. « Through the Fire and Flames » est atomique et Z.P. fait chanter le public et en profite pour l’arroser allègrement. C’est vrai qu’il fait très chaud aux premiers rangs. Le grand professionnalisme du groupe ne fait aucun doute contrairement aux ‘on dit’ de certaines personnes. Sur le dernier titre chacun des quatre instrumentistes tient le manche de l’autre. Le show s’achève sur une outro tirée sans doute d’un jeu vidéo. Remarquable et inattendu. Dave Mackintosh n'est pas un batteur mais une machine, c'est sûr ! Nous avons donc assisté à quarante minutes de show de folie pure. Il n'est pas facile d'adhérer à la musique du groupe mais il faut reconnaître qu'ils sont foncièrement originaux. Ce sera ma petite gifle de la soirée. J'espère les revoir en tête d'affiche car ils ont quand même trois albums à leur actif. Le public fait une ovation à ce groupe qui en a scotché plus d'un. Les remarques autour de moi étaient assez dithyrambiques.
Dragonforce:
Intro
My Spirit Will Go On
Fury Of The Storm
Operation Ground And Pound
Through The Fire And Flames
Valley Of The Damned
Il faut maintenant patienter une petite demi-heure pour assister au gig des héros de ce soir. D'ailleurs pour moi l'attente fut agréable, la sono a passé "It's my Life" de Bon Jovi, "Eyes of a Tiger" de Survivor, "Give me All your Lovin" des barbus texans et un peu de Midnight Oil. Dans le public, on peut voir un clone de Tobias, chapeau et chemise rose ainsi qu'un fan venu avec son énorme tigre en peluche.
Les lumières s'éteignent et c'est au son du cri de ralliement "Welcome to the Freak Show" que débute le set d'Edguy, la scène est magnifique, en son centre derrière la batterie trône un bouffon démoniaque. Les lights sont magnifiques, l'entame superbe avec "Catch of the Century". Tobias a rafraîchi sa coupe est porte un pantalon noir constellé d'étoile, sa voix est magnifiquement en place, le son clair et puissant. Le groupe enchaîne tout de suite sur le magnifique mid-tempo "Sacrifice" morceau d'ouverture du dernier album. Tobias se prend pour Diamond Dave en jouant au gymnaste. Le groupe est très pro ce soir. Le public offre un accueil de folie au groupe. J'ai véritablement commencé à m'intéresser à Edguy par l'intermédiaire de Mandrake car les albums précédents ne m'avaient pas enthousiasmé. Ils ne faisaient qu'une relecture d'Helloween. Désormais, ils ont su trouver leur style qui moi me fait craquer. Un petit détour par un morceau de speed metal qui fait remuer les premiers rangs. Tobias tape sur les cymbales de Felix, batteur d'une grande rigueur métronomique. On a droit à un tiers de "The Trooper" repris en choeur par toute la salle. On apprécie aussi les Allemands pour leur sens de l'humour, ce qui fera dire à Tobias qu'ils ne sont gays car on assiste à une prestation d'Edguy et non d'Edgay. Il fallait faire taire les rumeurs selon lesquelles Tobias aurait changé de sexe. C'est au tour de "Lavatory love Machine" et l'essorage est sur 1400 tours sans aucun doutes. Sammet escalade les amplis. Vient ensuite l'hymne à l'amour où il est recommandé de faire l'amour avec des chandelles, "Fucking With Fire" qui mine de rien est un putain de titre. Lui qui n'était au départ qu'une blague. Edguy n'oublie pas sa face épique avec "Tears of the Mandrake". La pêche que le groupe affiche n'est sans doute pas étranger à la surconsommation de mandragore. Tobias demande à ce que le public supporte le heavy métal allemand en respectant trois recommandations: d'abord acheter quatre copies de Rocket Ride chacun, ensuite un tee shirt et enfin si vous êtes une fille de coucher avec quatre des musiciens car Felix semble casé. Le groupe s'arrête sur "Vain Glory Opera" avec "How Many Miles". Jens Ludwig sort la gratte sèche pour "Asylum". On a droit à un solo de batterie qui sort de l'ordinaire car Darth Vador prend les baguettes sur le thème de Star Wars. Il a toujours visiblement des problèmes de respiration mais the master rise. On enchaîne à cent à l'heure avec le single "Superheros". Dans un concert, il y a toujours une boring ballad, ce n'est pas moi qui le dit c'est Tobias et il a tort car "Save Us" est un bijou mélodique. Le gaillard le sait d'ailleurs. Le public est heureux et entonne la chanson des gendarmes. Tobias ira tâter la guitare de Jens pour riffer "Future World" et "Smoke on the Water". Le show tire à sa fin avec le tellurique "Mysteria". Une heure trente et le groupe quitte la scène. Je n'ai pas vu le temps passé. C'est l'heure des rappels avec un titre dont j'ai oublié le nom. "Avantasia" est désormais un incontournable. Le public est déchaîné. Le groupe sort et revient pour un dernier rappel par l'entremise de l'efficace "King of Fools". Et voilà c'est déjà fini. Que cela passe vite une heure cinquante de show. Edguy a su montrer qu'il est un groupe qui compte. Une prestation digne de Maiden, pas moins !!!!
Edguy
Catch of the century
Sacrifice
Titre de Vain glory opera
Un tiers de the Trooper
Lavatory love machine
Fucking with fire
Tears of a mandraque
How many miles
Asylum
Solo de batterie avec Darth Vador en guest
Superheroes
Save me
Mysteria
Rappel 1
Vain Glory opera
Avantasia
Rappel 2
King of fools.