Flower Kings

16 Avril 2006

La Locomotive (Paris)








Auteur :

Groleg


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Même si le ciel est gris sur Paris en ce dimanche de Pâques, le soleil est présent à la Loco pour la venue des Rois des Fleurs. On aurait pu penser cependant que l’affluence aurait été conséquente. Et bien non ! Deux cents personnes avaient fait le déplacement et une fois de plus les absents ont eu encore tort.

La grosse interrogation de ce soir était de savoir si Roine Stolt allait pouvoir être d’attaque car un méchant virus l’avait cloué au lit toute la journée. Il n’a pas pu d’ailleurs assuré les interviews du matin. (Une interview de Tomas Bodin sera bientôt mise en ligne sur notre site).
Mais revenons plutôt à ce qui nous intéresse, c’est-à-dire à cette soirée qui allait se révéler lumineuse et fort plaisante. Une ambiance printanière en somme. Le groupe était d’une humeur assez joyeuse. Une joie qui a sans doute contaminé toute la salle.
Une heure d’attente, après l’ouverture des portes ( Nous avons patienté en écoutant Be et c’est ce qui a fait regretter à certains l’absence de Daniel Gildenlow, qui a quitté le groupe pour des raisons éthiques : il refuse le passeport biométrique demandé pour l’entrée sur le territoire des Etats-Unis) et le show démarre avec le très rock’n’roll «Paradox Hotel ». Ce soir c’est Hasse Fröberg qui assure le spectacle. Quel show man ! Avec sa voix rock et soul à la fois. Il est sans conteste le Glenn Hughes du prog. Il est de surcroît un excellent guitariste et assure les percussions, puisque Hasse Bruniusson n’est pas de la fête parisienne.
Le light show est doux même si à l’entame après, l’intro ping-pong « Check-in » des lumières bleues nous aveuglent. Le son est bon et la mise en place des musiciens parfaite. Tomas Bodin headbangue derrière ses claviers rouges. Si la musique est sérieuse, le fun règne en maître au sein de la formation. Le show de ce soir va être principalement axé sur le dernier album : tournée de promotion oblige. Ce qui va sans doute me contraindre à réviser mon jugement un peu sévère, fait à cet album. Les compos passent merveilleusement l’épreuve de la scène. Marcus Lillequist a un groove incroyable derrière ses fûts bleu azur. Un des atouts majeurs de ce groupe est d’avoir deux excellents chanteurs et des choristes hors pairs. Le deuxième titre est tout simplement d’une grande fluidité, les percussions répondent à la batterie et la basse du géant Jonas Reingold, bob vissé sur la tête, est funky en diable. Roine est impérial comme d’habitude. Ces soli sont bourrés de feeling et sont d’une limpidité cristalline. Le groupe fait un retour dans le passé, pas si lointain en fait, avec le titre sans doute le plus évident de Adam et Eve : « Last minute on Earth » et son refrain magnifique.
Roine est un peu à la peine et c’est bien normal car son rhume a l’air plus que carabiné. J’avoue que j’étais quelque peu inquiet avant le démarrage des hostilités.

Deux écrans géants nous diffusent des images psychédéliques comme au bon vieux temps de Yes. Un passage heavy se glisse au cœur de cette jovialité, ce qui n’empêche pas Hasse de sortir les maracas. « The eyes of the World » suscite de belles réactions du public qui comme en à l’habitude a été exemplaire tout au long de la soirée, laissant les musiciens développer leur architecture dans un silence quasi religieux, pour enfin applaudir à tout rompre en fin d’exercice. « Jealousy » est introduite par Roine qui détendra l’atmosphère en nous invitant à écouter ce titre chanté avec l’organe de Bob Dylan. Un morceau simplement beau en raison de sa grande simplicité mélodique. « Monsters and Men » a été comme on pouvait s’y attendre beau et dantesque. C’est l’exacte traduction de ce que le progressif signifie. Un morceau tout en nuance, pour une explosion jouissive finale. « Pioneers of Aviation » va être le moment privilégié pour mettre en avant toute la richesse technique et mélodique des individualités présentes ce soir. Tomas se prend pour Rick Wakeman sans se prendre au sérieux. La batterie et les percus se répondent. On pourrait qualifier ce passage d’intermède tribal. La basse venant se greffer sur le reste pour produire une orgie jazz-rock de premier choix. Hasse passe à la guitare acoustique pour faire un détour par le remarquable Unfold the Future à travers deux morceaux longue durée, dont l’entraînant titre éponyme. Ce passage nous rappelle au combien cet album est un incontournable de la discographie de nos funny guys.
L’ambiance est décidemment très rock’n’roll avec le puissant « Touch my Heaven ». Tomas Bodin introduit Jonas Reingold comme étant un personnage, qui durant cette soirée va apprendre à devenir un véritable bassiste de rock progressif. Pour cela, il arbore une guitare double manche. Sur la partie haute, une douze cordes, qu’il mettra un certain temps à accorder, s’attirant les quolibets de ces camarades de jeu et sur la partie inférieure, une basse quatre cordes. Jonas, qui n’est pas dénué d’humour, se qualifiera lui-même de Lord of the Strings. Tout cela pour vous dire que tout cet attirail était nécessaire à l’interprétation impeccable de « End of the Night Note ».
Retour au rock’n’roll avec « Life will Kill You », une compo de Hasse d’une grande efficacité scénique et sonique. Un morceau taillé pour la scène.

Malheureusement, c’est déjà la fin même si Tomas nous fait un énorme clin d’œil en nous signifiant qu’en fait que, comme le veut la tradition il y aura un rappel. En fait, deux morceaux dont une reprise termineront d’excellente manière ces deux heures trente de show.
Roine est satisfait et ovationné, comme ses comparses d’ailleurs. Une bien belle soirée placée sous le signe de la bonne humeur, de la bonne musique et de la chemisette à fleurs. L’assistance est ravie et espère les revoir très bientôt.


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