Helloween + Gamma Ray + Axxis

05 Janvier 2008

Elysée Montmartre - Paris








Auteur :

Groleg



Ce soir nous sommes samedi et l’Elysée Montmartre est blindée pour cette affiche cent pour cent heavy speed allemand. Les artistes proposés augurent du meilleur. Helloween et Gamma Ray, faux frères ennemis, se sont réconciliés pour cette tournée commune et on attendait cela depuis une bonne quinzaine d’années. Ces fers de lance ont embarqué dans leurs bagages les vétérans d’Axxis, dont il s’agissait du premier passage en France.



Tout démarre donc avec Axxis dont j’attendais beaucoup notamment comme me prendre une pleine rasade de heavy charpenté comme le laissait entrevoir le sympathique Doom of Destiny. Hélas, je suis vraiment resté sur ma faim malgré un titre éponyme bien envoyé même si le chant de Bernie Weiss ne semblait pas au top, sans doute en raison du rendu sonore réglé avec des moufles. Anna, la chanteuse de Magica, est malheureusement souvent inaudible, pourtant je me trouvais à une place stratégique : à proximité de la table de mixage. Le soliste Mark Wriedt a beau se démener, ses soli sont sous mixés, couverts par la basse et la batterie de l’excellent André Hilgers. Rage a sans doute fait le bon choix en le recrutant.


Axxis


Le groupe est très enthousiaste et se démène pour nous faire plaisir mais la sauce ne prend pas. Il faut dire que le set est axé sur pas mal de titres du début de la carrière du groupe où les synthés sont plus qu’envahissants. Bernie a préparé un petit speech en français pour s’adresser à nous et ce moment est fort apprécié par l'assistance. Le groupe est heureux d’être à Paris et nous le fait bien sentir sans aucune démagogie. « Take my Hand » me fait sortir un peu de ma torpeur grâce à un duel de chant assez prenant. Les deux derniers titres offerts, dont le final « Kingdom of the Night », au son trop typé heavy FM de deuxième division me laisse dans la bouche un goût amer. Là, où j’attendais beaucoup, j’ai eu peu. Une première visite chez nous assez décevante, la set-list n’étant pas adaptée au propos de ce soir. Bernie et sa bande quittent la scène sous les applaudissements d’une salle qui m’a semblée conquise.


Axxis


Le boss et moi-même attendions Gamma Ray comme le messie et finalement ce ne fut pas la révélation attendue. Le concert fut sympa sans plus. Il manque un grain de folie dans cette machine trop bien huilée qui ne prend pas de risque en enfilant les tubes comme certaines jeunes filles les perles. Kai Hansen et sa Flying rose attirent tous les regards à tel point que le jeu de Henjo Richter semble quasiment absent du mixe.
On s’en rend compte d’entrée de jeu sur « Heaven Can Wait ». Kai, qui n’est pas un chanteur, pêche encore sur certaines notes. Il faut dire que chanter et enfiler les solos, demande beaucoup de concentration et on ne peut lui en vouloir, car il reste un frontman de premier ordre.


Gamma Ray


Deux garçons impressionnent. Tout d’abord, Dan Zimmermann qui est sans doute un des meilleurs batteurs de heavy speed de la planète. Il allie puissance et finesse à merveille. Quant à Dirk Schlächter, son jeu de basse tout en slap et sans médiator est aussi rare dans le speed qu’une rivière dans le désert du Sahara. De plus, ses chœurs sont un soutien important de la musique de Gamma Ray. Le groupe enchaîne ensuite sur le priestien « New World Order » mais la magie a du mal à opérer même si nous nous éclatons à reprendre à tue-tête les lignes mélodiques accrocheuses. Depuis l’entame, il semble manquer quelque chose. « Land of the Free », qui fait la part belle aux parties de manches, nous apporte un peu de bonheur. Henjo, est salué par le public lors du dynamique « Fight » de sa composition, du sous estimé Majestic. Seule sa guitare semble aux abonnés absents. Le groupe me réveille enfin avec le très bon « Real World » et le tellurique « Into the Storm », tous deux issus de l’excellent Land of the Free Part II. C’est vrai que les chansons de Gamma Ray sont optimistes ! Il faut dire que « Valley of the Kings » dans une version très speed m’avait un peu refroidi.


Gamma Ray


Le prévisible « Heavy Metal Universe », digne d’un Manowar en petite forme, ne brille que par un public qui répond bruyamment aux ordres de Kai Hansen. Mon moment préféré a sans doute été, le volcanisme provoqué sous mon crâne déplumé par un « Ride the Sky » des familles. Je vous rappelle que c’est une soirée Helloween et que tout cela fait plaisir à entendre même si le concert n’est pas exceptionnel. « Somewhere out in Space » est le moment privilégié pour entendre de belles mélodies à la tierce et il faut dire que tout comme Iron Maiden, où Judas Priest, Kai et Henjo sont de véritables orfèvres. Au bout d’une heure, nous avons droit à un rappel, là pour faire chanter le public, avec le direct « Send me a Sign ». Gamma Ray a assuré une prestation très honnête mais pas transcendante faute à une set-list trop best of et un groupe qui semble davantage dérouler qu’auparavant. Dommage.


Gamma Ray


Comme c’est désormais de coutume, c’est « For those About to Rock » qui annonce l’arrivée d’Helloween. D’entrée de jeux, le groupe nous envoie un « Halloween » presque rituel qui me procure toujours autant de plaisir. Sacha Gestner et Weiki y sont flamboyants. Ils forment véritablement le meilleur duo que n’ait jamais eu le quintette. Le public chante toutes les paroles, ce qui sera une constante tout au long du concert. Pour ma part, je me suis offert un karaoké géant de deux heures. Andi Deris est assez en voix et la maintient grâce à du Bordeaux qu’il boit dans un gobelet en plastique. Inutile de vous dire qu’après douze minutes, l’ovation de l’Elysée est incroyable. Le groupe semble scotché par cet accueil. Ce dernier remet le couvert avec le dynamique « Soul Survivor » et son refrain imparable. Ma gorge s’en souvient encore !


Helloween


Les hostilités se poursuivent avec l’inattendu « March of Time », plus entendu depuis des lustres. Helloween est là pour promouvoir Gambling with the Devil, d’ailleurs le décor de scène lui est dédié. Il fallait donc que l’inévitable excellent single « As long as I Fall » vienne nous chatouiller les esgourdes. Andi Deris fait des miracles d’émotion sur « The Tale that What wasn’t Right ». Le solo de batterie est encore un moment privilégié pour la déconne car sur le côté droit de la scène se dresse un petit théâtre où trois nains barbus se lancent dans un « Smoke on the Water » délirant, qui s’achève par un massacre au pistolet mitrailleur asséné par le débonnaire et pince sans rire Weiki. Il faut noter au passage qu’il n’a pas fumé une seule clope sur scène. Respect ! Dani Löble réussit comme toujours l’exercice du solo et sa frappe métronomique est véritablement une des clés du son Helloween des années 2000.


Helloween


Sacha sort la double manche afin de nous offrir l’épique « King of 1000 Years » qui fait déjà figure de classique auprès des fans. Markus a un son de basse impressionnant et son sourire en dit long sur son état d’esprit. Les vieux croûtons comme votre serviteur apprécient la prestation d’Andi sur le légendaire « Eagle Fly Free ». Le moderne « The Bell of the 7 Hells » prend toute sa dimension en concert. C'est vraiment un très grand titre ! Sacha y est redoutable d’efficacité. Quel guitariste ! C’est le moment privilégié pour faire chanter le public. Andi dira d’ailleurs à plusieurs reprises qu’il peut rentrer chez lui, car il y a une salle pleine qui chante à sa place. « If I Could Fly » reste un tube indémodable. « Doctor Stein » et son texte rigolo finissent d’achever les vieilles branches. Au bout d’une heure et demi, c’est déjà les rappels et Andi revient, un haut de forme sur la tête et une magnifique veste rouge sur les épaules. Il s’appuie aussi fièrement sur une canne de gambler. Le groupe qui a des tonnes de titres en réserve nous offre un superbe medley qui enchaîne « I Can / Where the Rain Grows / Perfect Gentleman / Power et Keeper of the Seven Keys ». En deuxième rappel, on savait le cadeau immanquable, c’est-à-dire l’interprétation des tubes « Future World » et « I Want Out » avec Gamma Ray où Andi et Kai Hansen se sont partagés le chant. Un grand moment ! Seul bémol, Dan Zimmermann était étrangement absent de cette orgie finale.


Helloween


Si combat, il y a eu c’est Helloween qui sort grand vainqueur. A chaque passage, une énorme claque. Pour tout cela, on ne remerciera jamais assez l’équipe de Base Production et son meneur d’hommes, le sympathique Roger Wessier, qui ont encore organisé une belle soirée.


Helloween + Gamma Ray


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