La météo s’annonçait belle pour les quatrièmes Metallurgicales et finalement c’est un temps maussade qui a accueilli le public, et oui, nous sommes dans le Nord.
Vis-à-vis de la configuration précédente, il y a eu un changement et pas des moindres, puisque en effet, la scène extérieure est désormais ouverte à tous. Assez difficile à croire, mais pourtant c’est bel est bien le cas. Belle initiative. Pour le reste tout est identique à l’année dernière.
Parlons de l’affiche, qui très orienté ‘thrash’ se voit modifier la veille. En effet,
Anthrax laisse sa place de headline à
Meshuggah… Il faudra faire avec. En tout cas, beaucoup seront déçu par ce choix et ça ce ressentira en fin de soirée… La faute aux Mooshers d’
Anthrax qui jouent le lendemain au festival de Donington. Excuse difficile à avaler, mais excuses acceptées.
Le début du fest se déroule à l’intérieur, avec
Collapse pour un tout petit set de 30 minutes. Pas le temps de laisser une quelconque impression. Il faut dire que le peu de public déjà présent est à l’extérieur à discuter ou à attendre d’autres festivaliers. Ce groupe Anglais pratique un Thrash plutôt moderne et ma fois efficace. Ça flirte parfois avec le Death, ce qui rend quelque peu l’écoute difficile pour certain.

Collapse
Duncan Wilkinson s’avère être un bon chanteur et l’équipe qui le soutient de bons zicos. Les 30 minutes de set m’ont tout de même donné envie de jeter une oreille sur leur musique. Et au final je préfère nettement
Collapse sur album. Je vous conseille d’aller voir sur leur myspace (si si ça existe encore) pour vous faire votre propre idée, mais sincèrement c’est plutôt très bien foutu.
Le public déjà présent à semble-t-il plutôt bien accueilli les Anglais, ce qui n’est déjà pas si mal.
Collapse est d’ailleurs en tournée avec
Anthrax sur les dates européennes en compagnie de
Revoker, dont nous reparlerons d’ici peu.

Collapse
Direction la scène extérieure, pour voir prestation de
SOH, formation française locale (Valencienne) de Thrash fortement inspiré par
Testament et autres
Metal Church. Le groupe qui est resté un petit moment en stand-by marque aujourd’hui un retour des plus sérieux. Nous aurons le droit à un nouveau titre
(disponible lui aussi sur Myspace –décidément) qui a j’avoue certaines prétentions.
« Blind Faith » possède en effet les qualités suffisantes pour ne passer comme ringard ou ‘à chier’ on tient là un vrai morceau de Thrash avec un chanteur qui a les capacités de tenir son rôle. Il le prouve d’ailleurs en direct live. La réaction du public est bonne et enthousiaste. J’espère que
SOH à bien profité du show et que les gars se sont fait plaisirs parce que moi, c’est mon cas. A revoir donc, en salle prochainement, avec un bel album dans les poches, du moins c’est ce que je leur souhaite.

SOH
La petite bière qui va bien et direction la scène intérieure cette fois-ci pour voir la surprise du fest. Surprise, je devrais dire découverte, car indéniablement, je suis passé à côté de
Revoker lors de la sortie de leur album. Ce groupe mérite une attention toute particulière de votre part. Sorte de
Down en plus light qui aurait forniqué avec le
Pantera de
Vulgar, ce combo possède un groove de feu. Limite Post Grunge aussi par moment,
Revoker flirte avec le feeling d’un
Alter Bridge en plus costaud. Le batteur était ce soir chaud comme la braise.
Le chanteur
Jamie Mathias possède un certain charisme, avec sa belle gueule et possède une voix qui fait mouche ! Les autres musiciens ? De belles gueules aussi, mais surtout une pêche d’enfer. Les titres s’enchaînent de façon rapide et sont très entrainants. Le problème c’est que le temps passe très vite (trop vite) et la demi-heure passe beaucoup trop rapidement. 6-7 titres seulement seront joués de quoi rester sur ma faim et nous (Pantarell, Jérémy et moi-même) aurions aimé que cela dur un peu plus longtemps. Lorsque l’on prend dans la gueule un morceau tel que
« Born To Be An Outlaw » (le premier single de leur nouvel album Revenge For The Ruthless) je vous avouerai qu’une demi-heure c’est bien peu. Résultat après que le guitariste nous ai filé un petit (tout petit) flyer direction Amazon pour choper l’album à 5€ des poussières.
Revoker était là pour se présenter, ainsi que leur album et je pense qu’ils ont réussi leur mission. Ça valait franchement le coup d’œil et d’oreilles. Chapeau les gars. Dommage qu’une bonne partie du public ne se soit pas plus intéressés, le groupe l’aurait mérité.

Revoker
Le temps se couvre sur la scène extérieure pour accueillir
Noise Emission Control, l’un des vainqueurs du tremplin, où l’on pouvait trouver les boxers de
Tyson Boogie. Dommage que les Tyson n’aient pu remporter le tremplin, parce que le Punk Metal ( ?) de
Noise Emission Control m’a bien cassé les oreilles. A défaut d’être intéressant à entendre, NEC était intéressant à voir. Le quatuor en veut. Les Nordistes venus présenter leur premier album se devait de faire le show et leur chanteur Fred ne loupera pas l’occasion. Ça saute de partout, c’est souriant, bref les gars sont motivés ! Tellement motivés qu’au final ont se retrouvera avec une corde de basse et une corde de gratte cassées. Musicalement peu technique, voir simpliste, on se trouve au final avec des chansons qui se ressemblent toutes. Toutes composées sur la même base, on a rapidement la sensation que le concert s’éternise. 45 minutes vous êtes sur ? Merde il me semble qu’ils ont joué au moins une heure…

Noise Emission Control
Place aux choses sérieuses.
Loudblast arrive sur la grande scène. Je n’avais pas vu ce groupe depuis leur présence au regretté Rotonde Fest à Hirson
(RIP petit Festival, qui a vu en son sein Saxon, Apocalyptica, The Gathering, Hypocrisy, Headline, Patrick Rondat, Paradise Lost, Within Temptation, After Forever, Sonata Arctica ou bien encore Stratovarius…) en 2004 venu alors nous présenter
Planet Pandemonium. Entre temps le groupe a fait une pause et moi aussi par la même occasion. J’avoue avoir lâché le groupe… on ne peut pas tout écouter n’est-ce pas.
Très heureux de retrouver
Stéphane Buriez sur scène. La coupe de cheveux a changé depuis 2004 et la musique du groupe aussi par la même occasion. Cette fois-ci
Loudblast marque son retour par un nouvel album
Frozen Moments Between Life and Death bien plus puissant que
Fragments (là où je me suis arrêté). Le public jusqu’à présent bien discret se dévoile enfin. Il est au service de
Loudblast, qui se soir n’aura jamais aussi bien porté son nom. Ils auront le temps de nous interpréter 13 compositions.

Loudblast
Etonnamment la nouvelle galette est plutôt peu représentée.
« Emptiness Crushes My Soul », « Neverending Blast » et
« Nosce Te Ipsum » seront les seuls morceaux de ladite galette. L’accent semble avoir était mis sur un large historique du combo français avec
"Cross the Threshold" issu de l’EP du même nom,
« Flesh » et
« Taste Me » qui proviennent du controversé
Fragments ou bien encore
« The Horror Within » paru sur l’album
Disincarnate. Résultat, une bonne petite claque et un bon petit concert. La prestation est sans faille et Stéphane sait chauffer les foules. Je garderai en mémoire la section rythmique qui a été un véritable rouleau compresseur tout le long du set. Le son est énorme, clair et sans bavure. Le public est en joie et il y a de quoi, car la prestation est vraiment excellente.
Loudblast s’impose ici comme l’un sinon le meilleur groupe de Thrash-Death de la scène française.
Setlist Loudblast:
"Shaped Images of Disincarnate Spirits"
"Flesh"
"Presumption"
"Wisdom... (Farther on)"
"Emptiness Crushes My Soul"
"Neverending Blast"
"No Tears to Share"
"Frozen Moments Between Life and Death"
"Nosce Te Ipsum"
"Taste Me"
"The Horror Within"
"Cross the Threshold"
"My Last Journey"
Après avoir pris un bon coup de pied aux fesses avec
Loudblast difficile pour le public de reprendre ses esprits. C’est donc finalement peu de monde qui regardera la prestation de
Pime Sinister sur la scène extérieure. Seuls quelques aficionados feront l’effort d’écouter le groupe le
Motorhead 'new generation'. Vous aimeriez découvrir à quoi pourrait bien ressembler une formation française jouant du Rock’N’Roll comme
Motorhead ? Et bien vous voilà servit. Pour couronner le tout,
Pills possède à s’y méprendre le même timbre vocal que ce cher
Lemmy jeune. Le résultat est correct, mais il manque à
Prime Sinister le petit truc qui fait que. La petite étincelle n’est pas encore là. Et pourtant
Pills est son jeu de guitare est dès plus intéressant. Ses soli sont carrément bien foutus et sont même parfois très inspirés. Il y a du talent dans ce jeune homme, que ça soit en tant que guitariste qu’en tant que chanteur. Le reste du trio, car c’est un power-trio n’a pas à se cacher face à son leader. Le batteur
Youri maîtrise lui aussi très bien son sujet, avec un certain groove bien Rock’N’Roll. La basse de 96 sait aussi se faire entendre.
Prime Sinister profitera de son heure quinze de jeu pour nous présenter 4 titres du prochain album
The Blackest Movie. Au passage le groupe interprétera sa reprise de
« Money for Nothing » de
Dire Strait, qui passe inaperçue pour pas mal de monde je pense, tant le titre original est ici dématérialisé, transformé et remodelé. Méconnaissable, mais très intéressant. On remarquera une fin de concert un peu plus tendu, le public n’écoutant plus trop le trio. Je dois dire que moi-même j’ai eu un peu de mal, n’attendant que les soli de
Pills toujours captivant. Le groupe quittera la scène sans aucun au revoir ou remerciement.

Prime Sinister
Voici donc les très attendu
Anthrax. Comme dit en début de report le groupe a gentiment laissé sa place à
Meshuggah et les thrasheurs Américains vont devoir faire très fort pour s’excuser.
Anthrax et votre serviteur c’est une longue histoire. Une histoire qui a débuté avec
Sound Of White Noise où chante l’incroyable
John Bush. Chemin faisant j’ai ensuite découvert leur passé avec
Belladonna derrière le micro et leur Thrash plus guilleret, moins sérieux et nettement plus Speed. Mais c’est surtout l’ère
John Bush qui m’a le plus touché chez
Anthrax, comment ne pas craquer en écoutant Stomp 442 ? Si les albums de la première époque ont je pense pris de l’âge, il n’en sera pas de même avec le triptyque
Sound Of White Noise, Stomp 442 et
Volume 8. Quoi qu’il en soit, les autres possèdent eux aussi leurs petits brûlots (tous ou presque joués ce soir). Après le patacaisse de
Scott Ian à la fin des années 2000,
Anthrax a finalement fait le choix de faire revenir
Joey Belladonna. Choix difficile à faire passer et je dois avouer que jusqu’à ce soir j’en voulais beaucoup au chanteur et au bassiste d’avoir éjecté John. C’était donc ce soir ou jamais. Et bien sachez que je suis réconcilier avec
Joey Belladonna car sa performance a été tout simplement excise.
C’est avec grand sourire que Joey débarque. Le très discret mais très performant
Charlie Benante est installé et va ce soir tout dévaster avec son kit.
Scott et
Robert Caggiano vont enchaîner les soli avec de grands sourires eux aussi, sans oublier ce bon vieux
Franck Bello excité comme une puce.

Anthrax
Les hostilités ouvrent sur
« Earth on Hell » tiré de
Worship Music dixième album des New yorkais. Le ton est donné, ça va aller vite. Le rouleau compresseur
Benante est en route. Ses accélérations sont à couper le souffle. Aidé par une sono d’enfer les thrasheurs vont mettre la foule à terre. Attention à ceux le long des barrières !
Belladonna est très souriant, très proche du public aussi, l’appelant et grimaçant avec lui.
« Fight 'em 'Til You Can't » et
« The Devil You Know » viendront compléter la tracklist concernant
Worship Music. Voilà pour le coté récent et fraîchement mis en vente par le groupe. Le reste n’est que gloire au passé, au passé de
Belladonna bien entendu, car il ne fallait pas espérer quoi que ce soit de l’époque
John Bush. C’est donc un voyage dans le temps que nous allons vivre ici et maintenant à Denain avec un bon gros retour dans les années 80 à l’époque où l’un des
Big 4 faisait encore des gros scores niveau vente.
« Caught in the Mosh », « Among the Living », « Medusa » ou bien encore
« Mad House » sont donc de la partie. Le public réagit bien, mais pas assez selon Joey qui essaie comme il le peut de raviver la flamme du public. Mosher que diable ! Le circle pit demandé est plutôt discret et peu suivit. Pas grave, un petit pogo sur le Speed
« Got the Time » et c’est reparti.
Belladonna possède une pêche incroyable, on se demande où il va chercher tout ça. En tout cas physiquement c’est bien lui qui a le plus vieilli. Regardez
Benante, il fait toujours ces 20 ans !
Le rappel de trois titres
« Be All End All » de
State of Euphoria, de
« Madhouse » et de
« I’m the Law » va mettre le feu. Une belle performance live sur
« I’m The Law », véritable défouloir musical. Du pur bonheur. J’ai franchement apprécié réentendre tous ces bons vieux morceaux qui ici prennent un sérieux coup de jeune. Les papis du Thrash en ont encore dans le ventre. Sans oublier que les Américains ont interprété
« Antisocial », l’un de leur morceau les plus connu -chez nous (et pour cause) repris en chœur par le public.

Anthrax
Setlist Anthrax:
"Earth on Hell"
"Fight 'Em Till You Can't"
"Caught in a Mosh"
"Antisocial" (Trust cover)
"The Devil You Know"
"Indians"
"Got the Time" (Joe Jackson cover)
"Medusa"
"Among the Living"
Encore:
"Be All, End All"
"Madhouse"
"I Am the Law"
Après un tel show, il va être dur pour
Sarah Jezebel Deva de rameuter les foules ! D’autant qu’avec son aire grognon et son charisme de perruche rose la mission risque d’être impossible. Son Metal pas trop Black, pas trop Goth a tellement le cul entre deux chaises qu’il lui faudrait un canapé. Trèves de bavardages,
Sarah Jezebel Deva propose une musique pauvre et sans grand intérêt. Son guitariste surjoue, les samples/orchestrations écrasent ce que les musiciens essaient de reproduire. C’est la catastrophe.
Sarah Jezebel Deva fait la gueule, ce qui rend encore plus agréable le concert. Je vous jure, c’est très agréable de voir un concert avec l’artiste qui fait une tronche de 2 mètres de long. A croire qu’elle ne croit même en ce qu’elle fait … totalement pathétique. Un gros raté qui va même s’amplifier jusqu’au bug du pc qui envoie les samples. Cool. Comme une bonne partie du public, c’est le moment d’aller voir ailleurs, de discuter d’
Anthrax, ou d’autres choses, voir même pourquoi pas d’aller jeter un œil sur les derniers réglages de
Meshuggah.

Sarah Jezebel Deva
Contrairement à l’an passé, Madame Le Maire ne viendra pas nous faire de beaux discours. Au moins cette fois-ci aucun nom ne sera écorché … imaginez on aurait pu entendre
Meshuwgum (merci Pantarell) au lieu de
Meshuggah, on n’aurait pu se fendre un peu la poire. C’est donc ce dernier qui clôt ce fest. Visiblement le public a déjà commencé à déserter le lieu.
Anthrax étant au départ le pourquoi les gens ont fait le déplacement, on peut comprendre leur choix de quitter les lieux.

Meshuggah
J’ai été surpris par la prestation des Suédois. Je m’attendais à brouhaha de son et à une musique prise de tête avec leur Metal Expérimental technique, mais finalement il n’en est rien. Malheureusement il est tard et il est clairement difficile d’apprécier au mieux toute cette technique mélangée aux sonorités extrêmes. Les Suédois vont jouer 12 compositions issues de leur discographie. Etonnamment
Koloss leur dernier album en date n’est pas trop mis en avant. Le groupe joue dans une ambiance assez sombre. Il fait noir sur scène et on ne discerne pas vraiment les zicos. Pour mettre dans l’ambiance c’est le top. Pour apprécier le spectacle un peu moins. En tout cas ce qui est certain c’est que
Meshuggah en live c’est spécial.
Je disais il est tard et pour une fois, je ne resterai pas jusqu’au bout du concert. Pas super emballé en fait par la prestation des Suédois. Je m’attendais à en prendre plein la gueule et finalement en live, il manque quelque chose, le petit truc, qui est pourtant bien présent sur album.
« Do Not Look Down » est hypnotique dans sa version studio, ici il est plat, ennuyeux. Même
« In Death Is Life/Death » qui est pourtant si complexe et barré sur
Catch 33 devient ici glacial et sans âme. Une grosse déception.

Meshuggah
Setlist Meshuggah:
"Demiurge"
"Combustion"
"Lethargica"
"Do Not Look Down"
"The Hurt That Finds You First"
"Mind's Mirrors"
"In Death - Is Life"
"In Death - Is Death"
"Bleed"
"Rational Gaze"
"New Millennium Cyanide Christ"
Encore:
"Future Breed Machine"
"Dancers To A Discordant System"
Pas mal de monde n’assistera pas à la fin du concert préférant se retrouver dehors histoire de prendre le frais et terminer la soirée.
La cuvée 2012 a été moins bonne que la 2011, la faute à une affiche nettement moins alléchante. Chapeau bas à Anthrax, Loudblast et à Revoker. Espérons que l’année prochaine le public soit tout de même au rendez-vous. Nul doute que l’affiche sera plus alléchante. Merci aux orga, à Roger et Fabienne. Rendez-vous l’année prochaine.