Après avoir vu
Korpiklaani pour la 8ème fois au PPM Fest le weekend dernier, c’est sans hésiter que je suis rentrée de ma contrée du Nord-Est spécialement ce 11 Avril pour assister à mon 9ème concert du groupe au CCO. Ce concert me tenait à cœur car c’est précisément au même endroit en 2008 pour le Finnish Fire que j’ai vécu mon meilleur moment musical de toute ma vie. Cette salle permet une proximité et une intimité avec les groupes hors du commun, c’est extrêmement chaleureux et j’adore vraiment cette ambiance. Cette fois-ci les premières parties sont moins alléchantes qu’au Finnish Fire, il s’agit de
Himinbjorg et
Trollfest.

Himinbjorg
Himinbjorg s’y colle en premier, il s’agit d’un groupe de Black-Pagan originaire de Chambéry. Leur musique est très linéaire et monotone (un aspect du Black vous me direz, mais je n’aime pas trop ce genre de musique). Ils ne sont que trois sur scène, un chanteur-bassiste, un guitariste et le batteur. Il est difficile de trouver des informations sur internet, leur site officiel n’est plus mis à jour depuis 2010, leurs pages Facebook et Myspace se résument à leur discographie et quelques annonces de concerts. Apparemment il n’y a que
Zahaah qui fait partie du groupe et qui s’occupe entièrement de la composition, les autres musiciens ne devaient être là que pour le live. Il ne se passe absolument rien sur scène, le chanteur reste stoïque derrière son micro et ne s’en détache que pour headbanguer un petit peu. Le son est bon, pas trop fort (ça me change du PPM) mais je n’arrive vraiment pas à accrocher à ce groupe qui me donne plus envie de dormir qu’autre chose. D’autant plus qu’ils n’ont absolument rien à voir avec le reste de la programmation, à mille lieux de la musique de
Korpiklaani qui est festive et pleine de joie. Je ne comprends pas vraiment ce que ces messieurs sont venus faire dans ce concert. Mais ça en a ravi quelques uns tout de même et on ne peut pas dire que musicalement c’est mauvais, ils sont plutôt bons mais ce n’est pas ma tasse de thé.


Trollfest
Très rapidement c’est
Trollfest qui prend la relève. Je n’ai pas eu l’occasion d’assister au show des Norvégiens au PPM Fest la semaine dernière pour cause d’interview avec
Korpiklaani, mais je n’ai pas eu de bons échos à leur sujet. C’est avec curiosité que j’assiste donc à leur prestation. Ils arrivent sur scène dans leurs accoutrements étranges, le chanteur,
Trollmannen, vêtu d’un…. Comment appeler cela ? Un sac à patate ? Je ne sais pas… vous jugerez par vous-même ! En tout cas ça ne ressemble un peu à rien et c’est très moche. Les autres musiciens ressemblent à des bucherons avec leurs jeans (troués pour certains) et leurs marcels en résille crades. Ils sont 7 dans le groupe, dont un accordéoniste et un saxophoniste qui ne servent légèrement à rien puisqu’on ne les entend pas du tout. Musicalement il s’agit d’un gros bordel indescriptible. Ils se définissent comme du True Norvegian Balkan Metal, en fait il y a un peu de tout dans leur musique, du Folk festif (très peu audible sur scène), du Black/Death bourrin avec de bons gros riffs bien lourds (par moments, et ça j’ai bien apprécié), mais majoritairement c’est quand même très très brouillon et ça se rapproche plus du punk que d’autre chose. Souvent on ne discerne absolument rien, ils jouent n’importe quoi, dans une langue qui est un mélange de Norvégien et d’Allemand. La setlist n’est pas du tout suivie, et eux-mêmes ont l’air perdus parfois. Le but ultime de ce groupe est de s’amuser sur scène. Rien n’est propre, rien n’est carré, c’est ‘à l’arrache’ ! Le concept plaît beaucoup à la plupart des gens du public, mais personnellement j’ai du mal à accrocher, à part sur les riffs bien métal qui sont encore à peu près audibles. C’est assez fade, et leur façon de faire de la musique festive ne me touche pas du tout.


Korpiklaani
Les Finlandais de
Korpiklaani arrivent enfin avec leur Folk Métal des plus festifs. J’ai réussi à me placer au premier rang pour fêter dignement ce retour au CCO du groupe après le mythique Finnish Fire de 2008. L’ambiance est extra, le public a une grosse envie de faire la fête et ça se sent, les pogos démarrent dès le début du set. Leur show ne sera pas bien différent de celui du PPM (qui lui n’a duré qu’une heure) et des précédents non plus. Il y a toujours les grands classiques alcoolisés du groupe
« Beer Beer », « Vodka », et le plus récent
« Tequila », mais aussi
« Journey Man », « Juodaan Viinaa », « Happy Little Boozers » et
« Pellonpekko » entre autres. Pour changer un peu des concerts de la tournée de promotion du dernier album
Ukon Wacka, ils ont ajouté une paire de nouvelles chansons mais qui ne m’ont personnellement pas trop marqué, toujours un peu dans la même veine au niveau des sonorités, rien d’exceptionnel à première écoute. La grosse différence avec le PPM réside surtout dans la qualité du son, un vrai bonheur ! Enfin du
Korpiklaani digne de ce nom ! Et puis cette proximité avec le groupe, le fait de pouvoir être placés directement à leurs pieds sans être séparés par un fossé immense, ça apporte énormément à l’ambiance générale. En plus le groupe est extrêmement doué pour transmettre sa joie et sa bonne humeur au public, du coup ce contact direct avec eux est un réel plaisir.
Tuomas le nouveau violoniste du groupe (qui remplace
Hittavainen car ce dernier n’était vraiment pas aussi content d’être là que ses collègues et ça gâchait un peu la fête) offre un solo sympathique pour montrer ses talents au public (le même solo qu’au PPM) et on sent, même dans les chansons du groupe, qu’il apporte un réel plus à leur musique, il est très doué avec son instrument et ça donne une petite touche supplémentaire. Sinon comme à leur habitude, les musiciens sont toujours autant foufous sur scène,
Cane (guitare) et
Jonne (chant/guitare) se courent toujours après en dansant et amusent le public,
Jarkko (basse) est toujours pieds nus et souriant, l’accordéoniste
Juho est un peu en retrait comme d’habitude et le batteur Matson fidèle à son poste ne se fait jamais beaucoup remarqué.
Cane profitera de la scène du CCO pour faire des claquettes avec ses santiags au rythme de la musique (et ça s’entend étonnamment bien !). Et bien sûr comme d’habitude ils n’ont pas pu s’empêcher de ramener alcool et cigarettes sur scène.
Jonne la clope au bec,
Cane la bouteille de Vodka en main, et bien sûr les gens du premier rang côté gauche (où j’étais placée il y a 4 ans) n’ont pas échappé à la douche de bière sur
« Beer Beer ». Les quelques 45 minutes en plus par rapport au set du PPM auront été essentiellement meublées par du gratouillage de corde, des moments de fiesta à danser et peut être une ou deux chansons supplémentaire. C’était donc un show typiquement
Korpiklaani, toujours fidèles à eux-mêmes, c’est à chaque fois un intense moment de bonheur où on oublie tout le reste. C’est la 9ème fois que je les vois, mais je pense que je ne m’en laisserais jamais, malgré le fait que d’un concert à l’autre il n’y a que peu de changements. En attendant, vivement le nouvel album qui devrait sortir cet été.

Korpiklaani
Ce petit concert qui semblait un peu mou au démarrage, avec un
Himinbjorg pas très entrainant, a finalement pris une tournure sympathique avec le gros bordel qu’ont mis
Trollfest dans le public, et s’est terminé merveilleusement bien avec un
Korpiklaani au top de leur forme. Un grand merci à
My Reference Events pour l’organisation de la soirée et vivement le prochain concert !


Korpiklaani