PPM Fest 2012 - Dimanche

08 Avril 2012

Mons, Belgique








Auteur :

Elfe Melwynn


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Après une nuit relativement calme au camping des festihuts (étonnamment calme pour un festoche métal), nous entamons la dernière journée. Tout d’abord un petit tour dans Mons s’impose, histoire de visiter un peu le coin. Hé bien c’est assez moche et à part un Beffroi en travaux, un hôtel de ville avec un chouette jardin et une place avec quelques bars et restaurants, il n’y a vraiment pas grand-chose à voir et on en a vite fait le tour à pieds. Le festival démarre avec Nereids un groupe Français de Marseille qui officie dans un style assez classique en chant féminin aux allures un peu gothique (surtout le guitariste qui est habillé comme pour une soirée électro-goth). La chanteuse a une voix agréable mais un peu trop effacée par rapport au reste (le mauvais réglage du son n’aidant pas) et on n'entend quasiment pas la violoniste, c'est très dommage. Mais le rendu était pas mal du tout. Ils ont dédié une chanson aux victimes de l’accident de car survenu en Suisse il y a quelques temps. Stonegoats enchaîne sur la scène Oméga, il s’agit d’un bon vieux groupe de Stoner-Rock’N’Roll. Rien de bien original, c’est simple et efficace. Evidemment ils font un peu bucherons après la délicatesse du groupe précédent, sans compter qu’ils ont le charisme d’un poulpe, mais c’était plaisant à écouter. Beyond the Labyrinth a un peu ralenti le rythme avec un Rock qui tire sur le Prog, un peu oldschool, ils ont un certain âge et pas trop la pêche, le genre de musique qui passerait mieux sur CD. Lonewolf arrangera cela, avec leur Power de warriors, les rythmes sont bons et ça réveille le public. Ensuite j’ai eu la possibilité d’aller écouter en avant-première à l’espace presse le nouvel album des Français de Nightmare, The Burden of God. Yves Campion et Matt Asselberghs (leur nouveau guitariste) étaient présents pour répondre aux questions de la presse. Le son est propre, la production impeccable, l’album est puissant et comporte des riffs bien agressifs, mais m’a semblé un peu répétitif. Je retourne ensuite au festival pour assister à Stormwarrior, groupe que j’apprécie bien sur CD (en ayant écouté après coup), mais qui, ici, a bénéficié du son médiocre, c’était donc très brouillon, indiscernable, en ne connaissant pas les chansons il était difficile d’apprécier leur performance, c’est bien dommage.


Nereids



Lonewolf


Powerwolf (à ne pas confondre avec Lonewolf, rien à voir !) est également une bonne surprise du festival. Les musiciens du groupe Allemand de Heavy/Power sont, comme ceux de Hell, maquillés et ont un concept très proche de la religion, mais plus dans le sens parodie de chants religieux. Pareil, ils ont un aspect très théâtral et le chanteur, Attila, est charismatique. Ils ont des chansons qui sont plus enjouées que Hell et qui font sourire, comme « In Blood We Trust », « Resurrection By Erection », « Sanctified with Dynamite »… A découvrir si vous ne connaissez pas ! Et ils ne sont que le début d’un très bon enchainement de groupes en ce dimanche de Pâques. Freak Kitchen ont été très bons comme à leur habitude et aussi très drôles. Et le truc bien avec ces Suédois de Göteborg menés par le fameux Mattias IA Eklundh, c’est qu’il y a beaucoup d’improvisation et ils sont très communicatifs avec le public. Ce soir là ça sera sans arrêt que Mattias nous dira « tiptop tiptop tiptop » pour nous remercier, et le mot d’ordre du concert sera « goodygoody ». Ne comprendront que ceux qui étaient présents ;). Il n’y a pas que Mattias qui fait son show et le pitre, Christer le bassiste sait aussi se mettre en avant et montrer qu’il fait tout autant partie du groupe. Il en profitera d’ailleurs pour faire faire des choses ridicules au public qui obéit sur le champ. Toujours avec son casque sur la tête et son costume de flic, il est assez hilarant. Il prend aussi le micro pour chanter de temps en temps. Musicalement on aime ou on n’aime pas, c’est tout de même des chansons assez simplistes mais pas moins efficaces et pleines d’humour. « Porno Daddy », « Speak When Spoken To », « My New Haircut », « Propaganda Pie » ont été des moments forts du concert.


Powerwolf



Freak Kitchen


Les Hollandais d’Epica suivent et ne sont plus à présenter, la belle Simone Simons et son collègue Mark Jansen sont venus présenter leur nouvel album Requiem For The Indifferent. La jolie rousse semblait un peu perdue au début du set (étonnée du son médiocre peut-être…) et chantait de manière très différente par rapport à la version studio, décalée, c’était assez perturbant et dérangeant. Elle a toutefois l’habitude de faire ceci sur les vieux morceaux du groupe. Les quelques nouvelles chansons jouées (« Monopoly On Truth », « Deter the Tyrant »…) passaient relativement bien, surtout « Storm the Sorrow » que j’adore et qui a passé haut la main l’épreuve de la scène. Les parties calmes étaient superbes, tandis que les parties plus violentes étaient affectées par le son de cette fameuse scène Alpha. Nous avons bien sûr aussi eu droit aux grands classiques du groupe : « Cry For The Moon », « Sensorium », « The Obsessive Devotion », « Consign to Oblivion »… pour un show malheureusement limité à 1h10. Heureusement que je vais les revoir vendredi à Lyon avec un son, j’espère, meilleur, où on entendra plus distinctement la voix de Simone. On s’approche doucement de la fin du PPM Fest, avec le clou du spectacle et très objectivement meilleur concert du festival, j’ai nommé le groupe de Power Métal, Blind Guardian. Je n’avais jamais eu l’occasion de voir les Allemands auparavant, mais je dois bien avouer que c’est GENIAL ! Malgré un début hésitant, la voix de Hansi Kürsch n’était pas franchement audible sur la première chanson, le tir a vite été corrigé pour un fabuleux « Welcome to Dying » qui annonçait un concert plus que parfait pour la suite. Hansi a une voix incroyable, puissante et extrêmement carrée, elle sonne vraiment pareil que sur les albums, c’est merveilleux. Il n’a l’air de rien comme ça, pas du tout typé métalleux avec ses cheveux courts et son look très classique et simple, mais alors qu’est-ce qu’il envoie sur scène ! Ils ont enchaîné les tubes du groupe, notamment les sublimes « Nightfall » et « Lord of the Rings » qui m’ont beaucoup émue, mais aussi « Valhalla » dont le public a chanté en chœur le refrain sans s’arrêter, même une fois le morceau fini, au point d’en étonner Hansi qui a dû leur demander de s’arrêter pour continuer le set. Il ne se passe pas grand-chose sur scène, mais émotionnellement c’est très fort et le groupe est proche de son public et heureux d’être là. Malheureusement ils doivent s’en aller rapidement pour rentrer chez eux, donc après 1h30 de show intense et un superbe « Mirror Mirror » ils quittent la scène et ne reviendront pas pour un rappel (petite déception, c’est rare qu’un groupe parte sans rappel). Mais malgré cela, ils resteront le meilleur concert du festival, très judicieusement placés en dernier pour bien clôturer cette édition 2012 du PPM Fest.


Epica



Blind Guardian


En conclusion, je dirais que ce petit festival Belge (qui est tout de même l’un des plus grands festivals indoor d’Europe) mérite bien qu’on y retourne l’année prochaine. L’organisation était impeccable même si les bénévoles avaient souvent l’air de bien se marrer et de profiter autant que nous du festival (ce sont eux qui slammaient le plus et ne surveillaient pas grand-chose). Mais il n’y a eu aucun incident (à ma connaissance du moins) et même au camping Festihut les toilettes étaient toujours approvisionnées en papier WC et tout s’est très bien passé. Une ambiance vraiment hyper familiale sur ce festival en général, appareils photos autorisés tout du long, aucune fouille à l’entrée, certains ont même pu rentrer avec des bouteilles d’alcool. Manque de sécurité ou festival à la cool, je ne sais pas, mais en tout cas ça apportait un réel plus dans le sens où tout le monde était détendu. Les bénévoles ne râlaient pas pour récupérer les gens qui surfaient sur le public et les récupéraient au contraire le sourire aux lèvres et ça fait très plaisir. Au niveau points négatifs je citerais les toilettes payantes sur le festival (2€ par jour c’est légèrement abusé !), le manque de variété au niveau nourriture, le froid et les courants d’air dans la salle liés aux portes ouvertes en permanence, le son globalement trop fort (sans bouchons je ne sais pas comment certaines oreilles ont survécu) et très médiocre sur la scène Alpha et le fait qu’apparemment les Belges ont le droit de fumer dans leurs lieux publics, même en intérieur !!! C’était assez désagréable de sentir la clope quand on est habitué aux salles françaises où généralement plus personne ne fume (sauf quelques fraudeurs). Mais on leur pardonnera ces quelques imperfections parce que la programmation était énorme et l’ambiance très bonne. Les groupes se sont enchaînés sans aucun retard et sans aucun problème technique si ce n’est ce fameux son de la scène Alpha. Une belle réussite, et je pense revenir avec plaisir en Belgique pour une nouvelle édition du festival.


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