En cette belle période riche en concerts, je me suis décidée à aller voir quelque chose d’un peu différent pour une fois, à savoir
Marcel et son Orchestre. C’est un groupe que j’ai écouté et apprécié au cours de mon adolescence, je les trouvais fun, mais j’avoue n’avoir pas trop suivi l’évolution de la bande par la suite. En tout cas, nous sommes très loin des concerts métal habituels, tant musicalement qu’au niveau de la population, aucune tête connue pour moi ce soir. Mais par nostalgie je me suis dit « pourquoi pas » !

Erwan Pinard
Le premier groupe, et seule première partie de la soirée, Ze Higgins ayant annulé, est
Erwan Pinard. Un trio Lyonnais un peu décalé qui officie dans la chanson à texte difficile à qualifier. Tantôt rock, tantôt chanson française teinté de sonorités bizarres, le tout avec des paroles sans queue ni tête, parfois vulgaires, mais dont le message est des fois cohérent (du moins pour eux) et engagé. Le chanteur-guitariste (
Erwan ?) est complètement dans son monde et il faut un temps d’adaptation pour se faire à son humour étrange. Pour ceux qui connaissent, on pourrait le comparer à un chanteur comme Toufo, mais en moins rigolo. Il faut dire aussi qu’on ne comprenait pas toujours bien les paroles (couvertes par les guitares et la batterie) donc ça n’aide pas à bien cerner le personnage. Ses acolytes sont
Jérôme à la guitare (électrique, alors qu’
Erwan est à la sèche, étonnant mélange) et au violon électrique, et
Lionel à la batterie et au pipeau (quand il s’agit de faire l’imbécile et de s’étouffer avec pour illustrer les paroles d’une chanson !). Chose étonnante il n’y a pas de bassiste !
Jérôme est plutôt bon à la guitare (même quand il s’amuse à frotter ses cordes avec une baguette à
Lionel ça sonne bien) et s’acharne sur son violon électrique comme sur une guitare, en frottant les cordes comme un malade au point que ça ne ressemble plus à rien (sait-il seulement vraiment en jouer ??), son solo de violon était du coup assez ignoble mais plutôt drôle. Le groupe assume totalement son côté OVNI de la scène musicale, quand un membre du public hurle « Rock N’Roll ou bien ? »,
Erwan répond « Ou bien ! ». Parfois les chansons donnaient un peu envie de dormir sur le début du set (alors que le public était à priori là pour faire la fête !), et du coup les gens étaient assez froids et distants, mais au fur et à mesure ils se sont réveillés et quand les chansons s’y prêtaient certains se sont mis à danser. Une ambiance assez folklo finalement. On retrouvait pas mal de personnes déguisées (des mecs en robe avec des couettes et des talons, des clowns…), beaucoup de perruques et de couleurs flashy. Malgré l’impatience de l’auditoire pressé de voir les
Marcels sur scène, le groupe a bien assuré sa fonction de première partie à savoir chauffer la salle.

Erwan Pinard
Quand enfin les guignols de
Marcel et son Orchestre montent sur scène ils sont habillés en costards et chemises flashy mais assez classe et se présentent sous le nom
Les Parasites en nous disant que les
Marcels auront une quarantaine de minutes de retard et qu’ils sont là pour meubler. En fait ce n’est qu’un prétexte pour partager leur set en deux parties. Comme vous le savez probablement déjà,
Marcel et son Orchestre est un groupe de Boulonnais qui font du rock-ska un peu déluré qui ont pour mot d’ordre les 3 « D » : Danse, Déconne, Dénonce. Du coup la première partie,
Les Parasites, a été composée de chansons plus sérieuses sous le signe de la Dénonce, avec des textes engagés qui parlent notamment de politique, des prochaines élections, du CO2, du chômage, etc. et la seconde de grosse Déconne avec la Danse qui va avec tout le long du concert. J’ai démarré le set tout devant au milieu, hé bien je peux vous dire que j’ai rapidement migré vers le côté tellement c’était violent dans la fosse. Et même là, l’ambiance était juste folle ! J’ai rarement vu autant d’enthousiasme et de pogos de ma vie ! Les métalleux vous pouvez aller vous rhabiller en fait ! Bon sauf qu’en fait les gens bougeaient tellement que ça m’a vite gonflé. Et j’avoue n’avoir pas trop accroché à leur côté Déconne très axée Ska/musique pour étudiants (qui passerait merveilleusement bien aux 24h de l’INSA par exemple) et finalement pas tellement Rock rigolo comme j’ai connu à l’époque où je les écoutais. La partie engagée du début de concert m’a bien bottée, les critiques indirectes sur Sarkozy étaient bien placées. Par contre il y a seulement deux petites chansons que j’ai adorées dans la seconde partie :
« Fil à Retordre » et
« Comme un Balai », sinon le reste m’a paru à mille lieux de ce que je m’imaginais du groupe. Et puis tous ces gens qui dansent comme des canards, qui sont bourrés comme des trous et qui t’abordent pour te dire n’importe quoi ça m’a rapidement refroidie et je n’ai pas réussi à entrer dans cette ambiance bon-enfant et festive qui n’est pas du tout mon délire à la base. Ici pas moyen de profiter du concert pépère dans un coin à prendre des photos sans se faire embêter, c’est vite devenu mission impossible. Pour faire une petite comparaison je trouve le public métalleux en général beaucoup plus respectueux et moins lourd que le public de groupes comme les
Marcels.

Marcel et son Orchestre
Mais pour rester un peu objective, bien sûr que ce concert était une belle réussite. Le groupe a décidé de se séparer et ce concert faisait donc partie de leur tournée d’adieu, moment toujours émouvant pour les musiciens comme pour le public. Forcément ils se sont donc donnés à fond pour profiter un maximum de ces derniers instants de scène, et du coup pour un set qui a démarré à 21h30, à minuit moins dix il n’était toujours pas fini. Métro oblige, j’ai dû partir avant la fin et je ne sais du coup pas à quelle heure ça s’est terminé, mais compte tenu de certains commentaires à propos d’autres dates, ils ont dû jouer en tout pas loin de 3h !!! Et j’ai envie de dire « les mecs si vous n’avez vraiment pas envie de partir, pourquoi arrêter ?? ». En tout cas ils ont sacrément la patate les
Marcels parce que pour tenir aussi longtemps avec tout ce qu’ils gigotent sur scène, c’est un sacré challenge. En plus déguisés (on a eu droit au bassiste,
Bouli, en un genre d’Amy Winehouse). Le groupe n’a pas pris la grosse tête depuis toutes ces années, il est toujours très proche du public et n’hésite pas à laisser monter n’importe qui sur scène pour faire la fête avec eux. On notera le petit délire (du déjà vu mais il faut l’oser) du bateau gonflable pour slammer dans le public et aussi la reprise Rock N’Roll de la chanson
« Les Singes » de Jacques Brel. Bon sinon mis à part le fait que je n’ai pas adhéré à l’ambiance globale et que j’ai trouvé ça horriblement long, il faut bien l’avouer ce concert a été une sacrée réussite. Le public n’a pas cessé de pogoter, de danser et de chanter tout le long du concert, le groupe avait l’air sacrément en forme et content de leur performance. Objectivement c’était je pense un excellent concert de Ska-Punk-Rock déjanté.

Marcel et son Orchestre
Mediatone a, une fois de plus, offert un excellent spectacle au public Lyonnais et on les remerciera bien fort. Tout le monde a semblé ravi de cette programmation décalée et farfelue. Je pense que pour le coup le slogan des
Marcels « Danse, Déconne, Dénonce » peut s’appliquer au concert dans sa globalité, c’était tout à fait l’état d’esprit de la soirée, avec une forte prédominance des deux derniers aspects, surtout dans le public.


Marcel et son Orchestre