Héléna - Domino Media

Par Angel, le 18/08/2010


Bonjour Héléna. Pour débuter cette interview je vais commencer par te remercier de ta participation et je te laisse faire une présentation de ta personne !! 

Tout d’abord merci à toi Angélique de nous laisser la parole sur Magic Fire Music.

Comme tu l’as précisé au début de l’interview ici Héléna qui vous parle, 24 ans et directrice associée de Domino Media Group créé officiellement en décembre dernier avec Aurélien, également mon compagnon à la ville. Amatrice de bons concerts en live qui envoient, compétente dans le domaine de l’évènementiel et du relationnel, mais aussi à la recherche de groupes qui souhaitent exporter et dynamiser leur projet avec une poigne d’enfer. 


Le but de cette interview est de présenter un peu les hommes et les femmes de l’ombre, c’est-à-dire toute personne aidant à promouvoir les groupes. Bah oui on parle toujours d’eux et nous alors ? Que penses-tu de cette initiative ?

Je trouve que c’est une excellente initiative de nous exposer un peu à la lumière, pas par prétention égocentrique, mais tout simplement pour montrer aux lecteurs, ainsi qu’aux groupes et labels, qu’il peut y avoir des structures compétentes et performantes qui peuvent contribuer à « booster » la scène rock et metal, surtout dans une époque où il est difficile de mettre de nouveaux groupes sous les feux des projecteurs. 
Je trouve qu’il est important d’inciter les gens à la curiosité musicale, de découvrir de nouvelles choses et ne pas rester enfermer dans un système commercial verrouillé où l’on ne vous vend que du « gros ». 


Domino Media, c’est quoi ? Qui l’a créé ? Quand ? Où ? Comment ?

Domino Media est une agence de communication – marketing – promotion indépendante qui se veut sans frontières et ne travaille uniquement qu’avec des personnes et structures sur-motivées d’origines géographiques diverses mais avec une constante : la qualité (notion évidemment très subjective puisque c’est nous qui jugeons).  
L’idée directrice est d’être entre l’attaché de presse, l’agent (comme chez les sportifs), le conseiller marketing et management, tout ça en limitant les intermédiaires, tout en accroissant les synergies pour booster l’aura média des groupes et label, faire découvrir leur musique un peu partout où l’on peut trouver une connexion web, l’électricité et l’eau courante.

Quand ? Donc en décembre 2009. Où ? Près d’Aix-en-Provence, à la campagne, dans notre terrier. 
Comment ? On va dire, comme toute société répondant aux normes légales en vigueur dans ce pays.


Parle-nous un peu du rôle que tu joues dans cette structure ?

En dehors de la gestion administrative et comptable de la société, de l’élaboration des stratégies de communication, je m’occupe en grande partie de tout ce qui touche au relationnel avec les médias de tous bords. 
Mais comme on travaille en binôme, je participe également au choix des projets, aux discussions/négociations/réunions avec nos interlocuteurs/clients etc, aux envois promos…


Quelles sont les actions que vous mettez en œuvre pour aider les groupes et impulser la scène metal ? 

Déjà, il est très important de noter que nous ne nous limitons pas à la sphère dite « metal », bien au contraire, mais rock au sens très large (donc metal également) et de manière plus simple : alternative. 

Les actions, c’est assez long et parfois complexe à décrire, mais disons que sans une stratégie un tant soit peu intelligente et une communication appropriée, un groupe ne peut décemment pas faire évoluer sa trajectoire dans le bon sens. Où alors, c’est très très rare. Mais les réseaux, le marketing viral, les nouveaux médias, le travail sur la durée, le web, sont des éléments indispensables de notre réflexion sur chaque projet. 


Comment ressens-tu le fait de travailler à deux ? Est-ce facile tous les jours ou pas ?

Pour répondre à cela je ne verrais que le mot : complicité. Nous avons la chance d’être souvent sur la même longueur d’onde et assez passionnés dans tout ce que nous entreprenons. Lorsqu’on se lance à deux ou à plusieurs dans ce type de projet, il faut être prêt à travailler en équipe, s’écouter et échanger.


Héléna et Aurélien, Aurélien et Héléna… Vous êtes unis par l’amour dans la vie, et chez Domino Media par le travail. Est-ce une situation difficile ? Parle nous d’Aurélien, qui est-il ?

C’est une situation qui se gère parfaitement bien. Nous échangeons beaucoup sur nos idées, notre méthode de fonctionnement, bref on se donne à 100%. Au début on apprend à séparer vie professionnelle et vie privée, à se familiariser avec la méthode de travail de chacun, puis petit à petit, nous prenons nos marques, on s’adapte, on arrive à former un beau duo professionnel. J
En ce qui concerne Aurélien, je ne vais pas tout vous dévoiler (spoilers !), mais c’est quelqu’un qui aime faire les choses à fond et très exigent avec lui-même. Souvent je dois le freiner un peu sinon il pourrait passer une nuit blanche à travailler sur des projets. C’est quelqu’un qui ne mâche pas ses mots mais adorable lorsqu’on le connaît personnellement. Il essaie toujours d’être juste dans son jugement professionnel pour essayer d’avoir le résultat le plus parfait possible. Pour le reste, je garde ça pour moi. 


Quels sont les groupes que tu adores ? Quels sont ceux qui t’ont fait découvrir le metal ? 

Sur ce point de vue, j’avoue avoir une préférence au niveau rock (post-rock, rock inde, trip-rock… la liste est longue) mais j’aime écouter certain groupe de métal. En ce moment j’ai du iBurn dans la voiture et j’ai adoré casser les pieds de mes anciens collègues avec du Gojira.
Sinon, j’aime plutôt Thot, Rhesus, Holophonics, Drowning Pool, Cocoon, Apocalyptica, The Dead Weather, Sigur Ros, Team Sleep, Emily Haines (Metric), les Deftones…


Penses-tu que la multiplication des webzines soit une bonne chose ? Quel est ton point de vue sur le sujet ? Est-ce que trop d’informations venant de ces structures ne tuent pas l’information ?

La question est délicate je pense car elle est à double tranchant…
Dans un premier temps je dirais que cette multiplication des webzines n’est pas une mauvaise chose car elle permet de communiquer toujours plus. Question de volume.
Pour la qualité par contre, c’est plus compliqué, notamment du fait de certains webzines, souvent français d’ailleurs, trop « gourmands »  (je ne citerais pas de nom…) qui oublient leur premier devoir de tout passionné de musique, à savoir donner un avis critique sans être influencé par un « dessous de table » ou tout autre avantage en nature. 
Parce que le délire du genre « si vous prenez un encart publicitaire payant chez nous, on vous lâche une chronique », chez nous, c’est « no way ». Après chacun est libre de faire ce qu’il veut… Heureusement, je rassure tout le monde, en majorité les webzines ne sont pas tous comme cela. 
Mais, il est vrai qu’on se retrouve parfois avec le souci de savoir si ces nouveaux webzines sont là en tant que passionnés ayant des avis (semi) professionnels ou comme simples amateurs de musique qui montent leur site pour recevoir du matériel promo et agrandir leur collection.


La plupart des labels envoient désormais les nouveaux albums via I-Pool plutôt que d'envoyer des cd. Que penses-tu de cette plate-forme ? A ton avis est-ce que le fait d'avoir moins de matériel promo à gérer s'avère être quelque chose d'appréciable ? Pensez-vous chez Domino Media arriver à cela vous aussi ?

Il est vrai que c’est une forme de promotion parfois utilisée par les labels/groupes indépendants. Je pense qu’il ne faut pas prendre ce nouvel outil, souvent mal vu chez certains médias, comme un outil à diaboliser. Surtout auprès de petits groupes cherchant à se faire connaître. Il faut savoir que pour un groupe, la réalisation de cds promo, c’est un budget, comme l’enregistrement, le pressage etc…, surtout lorsqu’ils sont sans labels et sans distributeurs. Par contre lorsqu’un label ne propose que du digital… j’ai un peu du mal à comprendre leur fonctionnement. Généralement le budget doit être prévu pour ce genre de chose... sinon quel intérêt de monter un label ?
Après, nous travaillons avec des médias qui ne travaillent que via I-Pool. Cela peut étonner, mais il nous est arrivé de fonctionner de la sorte avec plusieurs médias étrangers. Bien que chez Domino Media, nous préférons travailler avec du support matériel car il reste un objet tangible, suscitant une envie, un désir de passionné. Le tout est de s’adapter aux exigences des chroniqueurs tant qu’il n’y a pas d’abus comme vouloir uniquement des CDs définitifs pour envisager une chronique…. C’est arrivé aussi. Et là encore, ce genre de petite exigence, c’est « no way » chez nous. 


Le Hellfest à fait pas mal d’émules cette année. Christine Boutin y a quand même été un peu fort envers nous. Es-tu une sataniste, parce qu’à l’entendre parler nous le sommes tous, même le Père Culat et Patrick Roy qui sont de fervents défenseurs du metal. Penses-tu que leurs actions vont aboutir à quelque chose et permettre de donner une image nouvelle du métalleux autre que le sataniste buveur de bière à gros ventre, puant la sueur et crado, préférant profaner des tombes et décapiter de petits enfants en faisant des rituels noirs ?

Hum… Christine Boutin… je pense déjà qu’il faudrait, comme d’autres, qu’elle apprenne à mettre sa langue dans sa poche surtout qu’elle n’a aucune compétence dans ce domaine. Faire des clichés selon la musique que l’on écoute, les lieux que l’on fréquente ou la religion que l’on pratique c’est très facile, mais c’est hyper sectaire. En attendant je ne pense pas que le métal soit aussi dangereux que ce qu’elle décrit, ça se saurait. On pourrait dresser les mêmes parallèles avec le rap parfois non ? 
Lorsqu’on s’aperçoit que les politiciens veulent à tout prix censurer certaines choses ou imposer une loi intrusive et liberticide comme Hadopi, on se demande ce que l’avenir nous réserve. 
Mais non, nous ne sommes pas des satanistes, puisque ce sont souvent des gens très « normaux » qui écoutent ce genre de musique (et puis on n’a pas tous l’équipement des colliers et bracelets à pointes)… un jean, basket fait très bien l’affaire dans mon armoire.


2010 est encore une année prolifique en matière d’albums. Y’a t-il des groupes que tu attends de pied ferme avant la fin de l’année ? Certaines sorties t’on déjà t-elles touchés ?

J’ai beaucoup aimé le nouvel album des Deftones, celui de Jonsi aussi (le chanteur de Sigur Ros). En pas connu, iBurn, Novels (qui arrive bientôt) aussi… et ceux dont nous nous occupons évidemment. Sinon que j’attends de pied ferme… je ne sais pas trop, j’ai déjà du retard dans les sorties passées…


Pourrais-tu vivre sans musique ?

Honnêtement…non. On a tous besoin de jolies mélodies (du gros son aussi me souffle Aurélien) car elles sont souvent associées à des moments de notre vie. Si dès demain Christine Boutin et sa clique censurent tout… on s’expatrie illico.


Y a t-il quelque chose que tu souhaites rajouter ? 

Un grand merci encore pour cette interview. J’ai été ravie de donner ma perspective des choses. Sachez qu’on est plusieurs à vouloir défendre cette scène musicale pour qu’un jour, pourquoi pas… elle devienne numéro un en France comme dans les pays Scandinaves.


Encore merci de ton travail, de ta gentillesse, de ta patience envers nous. Continue comme ça !! Aller, le mot de la fin est pour toi !!!
 
Kowabunga









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