Magic Fire Music : Salut Ben, comment ça va ?
Ben : Salut ! Ca roule, merci !
Magic Fire Music : Alors New Days est sorti dans les bacs en ce début d’année, quels sont les retours concernant l’album, vente/critique ?
Ben : les premiers retours sont vraiment positifs, tant au niveau du public qu’au niveau des médias, qui nous ont gâtés d’une bonne douzaine de chroniques bien sympas. On n’est pas complètement surpris car le public avait pour le moment très bien accueilli notre musique en live. En ce qui concerne les médias, on ne savait pas trop, on attendait de lire les premières chroniques. Apparament nos origines et sonorités Néo-métal n’ont pas été boudées, et ont été accueillies comme un petit vent de fraîcheur du genre. Donc on est plutôt fiers et satisfaits. Ca nous booste d’autant plus pour la composition du deuxième opus qu’on a déjà débutée.
Magic Fire Music : Est-ce que tu peux nous parler de la conception de l’album ?
Ben : pour cet album, la presque totalité des morceaux avait déjà été un minimum digérée musicalement en répète avant de rentrer en studio. Pour l’ensemble des morceaux, c’est Joe qui nous a proposé les riffs de guitare, et parfois tout un morceau presque terminé. Puis en répétition, chacun a créé sa partie, mais on a laissé tout le monde participer et proposer. Certains riffs ont quand même été rajoutés ou des parties améliorées lors de l’enregistrement, sorte de fignolage pour la cohérence.
Au niveau du chant, les bases avaient été travaillées en amont, mais certaines deuxièmes voix ont été trouvées lors de l’enregistrement. J’ai pondu et enregistré certains passages de chant lead sans que les autres n’aient entendu quoique ce soit au préalable. Petits moments de cadeau surprise donc à l’écoute du mixage des voix. A l’opposé, dans certains cas il y a eu plusieurs propositions de chants, et le groupe a tranché.
On enregistre chez moi, pendant un temps c’est le branle-bas de combat dans mon appart, rires... Vu qu’on fait tout nous-même, c’est relativement cool et bonne ambiance, pour nous, être en studio c’est un peu être comme chez mémé. Depuis quelques années je me suis improvisé ingé son sur divers projets, donc effectivement le groupe m’a laissé prendre en charge la gestion de la production de l’EP et de ce premier album "New days". C’est donc du fait maison, un mélange d’un peu de savoir-faire et de pas mal de bricolage. C’est loin d’être le grandiose des gros studios à l’américaine, mais ce qui compte pour nous c’est que le résultat soit là.
L’artwork a été réalisé par Renaud Vignal-Ranz qui nous suit depuis longtemps pour tout ce qui est photo et vidéo. C’est quelqu’un de posé qui sait s’imprégner de l’univers du groupe, et qui nous aide beaucoup à le transcrire en image. Je le vois comme une force tranquille qui s’exprime par l’image. On lui fait sincèrement confiance.
Magic Fire Music : Cet album est disponible en version physique mis aussi en digital, pourquoi ce choix ?
Ben : Et bien en fait, l’album, nous l’avons sorti uniquement en téléchargement libre. Donc pas de sortie physique officielle dans les bacs. Ce choix est arrivé au dernier moment. On réfléchissait sur des stratégies de sorties liées au fait de « potentiellement » trouver un Label avec lequel coordonner cette sortie...mais vu la difficulté, on a fini par trouver un plus grand intérêt dans le fait de permettre aux gens de récupérer chez eux et à tout moment notre musique sans aucune contrainte financière ni pratique. Nous avons quand même produit une version physique mais en édition limitée, dédiée à la vente sur place lors des lives, aux audiophiles nous contactant pour avoir le « produit authentique » complet, et bien entendu à la prospection des médias et Labels pour des chroniques et articles, diffusion dans les sampleurs, radios et TV.
Magic Fire Music : Le cd est-il un objet voué à disparaitre ?
Ben : Hum, effectivement, c’est un peu la question. C’est vrai que les mœurs ont énormément changé depuis quelques années, la musique s’est digitalisée et passe désormais de supports en supports sans forcément faire intervenir le CD physique original. C’est bien plus souple d’avoir dans sa voiture un lecteur MP3 avec 40 gigas de musique que 15 CDs qui prennent de la place et qui limitent le choix d’écoute. Je pense qu’à terme le CD deviendra le produit des puristes, qui cherchent avant tout « l’œuvre authentique » fournie par un artiste. Pour ma part je garde toujours un plaisir particulier à écouter un album tout en parcourant la pochette physique.
Ceci étant, ça dépendra aussi de la tendance au niveau des producteurs, Labels, enfin, tous ceux qui génèrent la demande en production de CD. Car si le CD reste le vrai produit authentique, c’est clair que ça revient moins cher de distribuer en numérique puisqu’on se dispense des frais de pressage d’un CD physique...De plus, en numérique, la réponse à la demande est inépuisable, ce qui n’est pas le cas d’un stock de CD qui finit par s’écouler...
Magic Fire Music : Est-ce que vous pouvez nous faire un track by track de l’album ?
Ben : je l’avais déjà préparé anciennement, donc comme ça n’a pas bougé je te le ressers tel quel :
1. "New days"
Notre renaissance en tant que musicien au sein de ce nouveau projet.
2. "The soul army"
Trouver sa place dans un monde qui nous perd vite et qui nous forge comme autant d’âmes errantes.
3. "Requiem for your dreams"
Peu de gens arrivent à réaliser leurs rêves...mais faut-il pour autant se morfondre sur nos échecs et nos sentiments de non-achèvement ? A-t-on toujours les ressources pour continuer d’aller de l’avant ?
4. "My Ocean"
Le cœur a ses raisons que la raison ignore. Mon cœur m’a montré le chemin d’un océan dans lequel on plonge pour de bon.
5. "Black-Hearted"
Je ne suis pas la clé. Il ne s’agit pas de mon combat.
6. "Seen the sky"
Ces choses qui nous aident à aller là où on se sent mieux...
7. "Bring your life further"
Quand on conditionne trop un esprit qui ne saura plus faire la part des choses.
8. "Disruption"
Savoir lâcher prise lorsque ce n’est pas pour nous.
9. "Friendship cycles
Facebook mais dans la vraie vie.
10. "My Moonlight"
Après cette nuit, je me rend compte du prix de la vie.
11. "No substitute"
L’homme et ses addictions...pas de substitut, pas de compromis.
12. "Calm down"
Un pays, une guerre, un gamin livré à lui-même...survivre sans horizon...
1 Magic Fire Music : Avez-vous trouvé un label ou un distributeur pour soutenir la sortie de New Days ?
Ben : on avait eu une petite proposition modeste, mais on n’a pas vraiment pu être serein sur la mise en place et avoir un point de vue d’horizon, donc on a préféré ne pas s’y engager. Mais à noter qu’une éventuelle ré-édition pour nouvelle sortie physique en bac est en négociation via un soutient distributeur. Ce que je peux dire c’est que cette version devrait contenir un petit brin d’inédit.
Magic Fire Music : Est-ce difficile de se démarquer lorsque l’on est un groupe auto-produit ?
Ben : oui, c’est évident. Mais aujourd’hui, j’ai l’impression qu’à part si tu signes sur un très gros Label qui a de vrais gros moyens de promotion et de mise en vitrine, c’est tout aussi compliqué, auto-prod ou pas auto-prod...donc l’auto-prod ça ne nous complexe pas trop. Pour le moment on cherche juste à se faire plaisir et à faire les choses le mieux possible avec les moyens du bord. Mais on ne met pas de côté une ambition de plus grande envergure.
Magic Fire Music : Quels sont vos influences ?
Ben : on s’accorde à dire que notre musique fait passerelle entre le Rock et le Métal. Nos influences viennent effectivement beaucoup de la période Néo-Métal, s’il faut en citer, on peut parler des Deftones, Korn, RATM, Limp Bizkit, Alice In Chains, Incubus. Mais il y a toute une pluralité d’influences venant du rock, pop, trip-hop ou autres via lesquelles on s’est forgé en tant que musiciens.
Magic Fire Music : Vous êtes fan de Deftones, mais j’ai trouvé pas mal d’influences proches de Chevelle. A tort ou à raison, à vous de me le dire !
Ben : oui, je n’ai pas cité Chevelle. C’est une influence forte mais qui m’est propre. Donc on peut la retrouver peut-être dans le chant, et peut-être dans ma façon d’aborder le mixage du son de l’album. Les albums de Chevelle pour moi c’est la référence du son rock mais qui sonne sacrément métal en énergie. Des riffs simples, mais avec un son de guitare et de batterie incroyablement massif. Un régal pour les oreilles.
Magic Fire Music : De quoi parlent vos chansons ?
Ben : lol, je te renvoie vers le « track by track ». Mais pour développer un peu plus, ce sont principalement des textes évoquant des sentiments, des émotions, sur des histoires vécues personnellement ou en tant que simple spectateur. Un point de vue sur une situation, une mise en évidence d’un phénomène humain, des questions, parfois des bribes de réponses. La vie de tous les jours mélangée à la part dérangée ou d’exutoire de nos rêves et de nos tourments. Leaving Paris n’est pas un groupe aux textes engagés, si ce n’est sur la route des sentiments humains.
Magic Fire Music : Leaving Paris en live ça ressemble à quoi ?
Ben : je sais pas moi, je suis sur scène ! Nan, je dirai que c’est comme sur le CD avec un « Pan dans ta gueule » en +.
Magic Fire Music : Qu’est-ce qui manque à la scène Française pour émerger à l’étranger ?
Ben : et bien...pour être honnête, je dirai : l’Anglais...
Demandez à Gojira...
Mais pour pousser un peu plus loin, je pense que les talents sont là, il y en a un paquet, mais il manque un vrai engouement et une prise de risque de la part des gros Labels en France vis à vis de la scène Rock et Métal. La scène underground existe bien, mais le monde est ce qu’il est, à un moment donné les choses avancent plus vite lorsqu’on injecte de plus grosses ressources...les Américains ont pas mal à nous apprendre à ce sujet.
Magic Fire Music : Que fais-tu de votre dimanche ?
Ben : alors en ce moment, pour moi c’est...enregistrement studio...Sinon c’est grasse mat + inspecteur Derrick + Jardinage + couture et pour finir en beauté Scrabble.
Magic Fire Music : Un coup de gueule à passer ? Ou un coup de cœur ?
Ben : Coup de gueule : les femmes.
Coup de cœur : les femmes.
Magic Fire Music : Un message à faire passer ?
Ben : Un petit message aux audiophiles qui passeraient par là : continuez à écouter de la musique. Venez jeter une oreille sur notre site « www.leavingparis.fr », de télécharger notre album et de faire tourner un maximum autour d’eux via leur Facebook et autres réseaux sociaux. Le plus dur pour un groupe, c’est de faire savoir aux gens qu’il existe, et le réseau qu’offre Internet reste une aide super efficace pour ça.