SCD [Avec Seb]

22 Mai 2012



Propos recueillis par :

Angel


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Magic Fire Music : Salut les gars, c'est avec beaucoup de retard que je vous propose cette interview ! Mais vous savez ce que c'est que la vie de working woman... non ?
Seb : J’aime à imaginer que ça doit se rapprocher, de plus en plus, de la vie de working man.
Certaines égalités ont été, étrangement, durement acquises. Le boulot reste souvent l’enfer, et pourtant, il a fallut que certaines se battent pour l’obtenir, car d’autres ne voulaient pas le partager (à se demander si le boulot, ça a toujours été comme aujourd’hui …).


Magic Fire Music : Bon commençons par le commencement. Comme chez Jacques Martin à l'époque je vais vous laisser vous présenter ! Qui, quoi, ou comment... !!
Seb : Sublime Cadaveric Décomposition est un groupe Français (Parisien), qui a représenté la scène métal extrême de ces quinze dernières années, partout dans le monde.
Dans un premier temps dans la scène grind gore (plutôt underground), puis a évolué depuis 2003 vers un style plus marqué des autres influences du groupe (death, crust ou même rock).


Magic Fire Music : Sublime Cadaveric Décomposition s'est transformé en SCD. Pourquoi ?
Seb : Le tournant dans l’évolution musicale du groupe (évoquée ci-dessus), s’est fait lors du troisième album (Inventory of Fixtures), et s’est concrétisé aujourd’hui avec notre nouvel album (Sheep ‘N’ Guns).
L’évolution du logo du groupe vers SCD, marque à la fois les 15 ans du groupe, et l’évolution musicale des dernières années.
L’ancien logo était très connoté grind gore et l’évolution du nom et du logo nous a semblé mieux correspondre à l’identité actuelle du groupe.


Magic Fire Music : Comment définiriez-vous votre son ? A-t-il évolué depuis vos débuts ? Paraît que vous faites partis des pionniers, vous me confirmez ?
Seb : Le son de nos premiers albums, correspondait à la fois aux méthodes d’enregistrement de l’époque, et à la fois à notre style de musique, notre expérience, notre technique et nos budgets du moment : Nous étions il y a 15 ans, un groupe débutant, sans budget, dans un style ultra violent et undergroud.
L’évolution des techniques d’enregistrements, de nos budgets, de notre style musical, de notre expérience, et de nos capacités techniques, a évidemment engendré une importante évolution de notre son, au fil des albums et des années.
Nous avons fait partie, dès le milieu des années 90, d’une scène grind gore qui existait avant nous, mais qui était toujours restée très confidentielle.
Le trash, le death, et le black, avaient chacun, successivement, connu une période de « mode » relative (chacun de ces styles à leurs échelles respectives), mais le grind était resté encore complètement underground (en particulier en France).
Je crois que personne n’est pionnier à partir de rien. SCD a été créé à cette époque et dans ce contexte, sans autre but que d’apporter notre pierre à la scène que nous écoutions.
On a eu la chance, dans un premier temps, d’être considérés comme de bons représentants de cette nouvelle scène, puis on a duré dans le temps, en réussissant à s’améliorer, et à évoluer même au-delà de notre style de départ.
C’est l’ensemble de ces éléments, qui nous a donné une légitimité dès nos débuts, et qui nous permet d’étendre notre notoriété, au fur et à mesure des années.


Magic Fire Music : J'imagine que comme tout groupe vous avez eu des soucis de line up. Est-il difficile de garder des membres ? Est-il difficile d'en recruter ?
Seb : Le line-up est resté stable les 7 premières années, mais a connu des changements importants, après une tournée aux Etats-Unis en 2003.
C’est probablement ce tournant qui a permis au groupe de renouveler son style, et de réorienter son évolution vers le style qui est le sien aujourd’hui.
Ces soucis sont parfois aussi positifs au final, que difficiles sur le moment.
Les changements de line-up marquent l’histoire d’un groupe, car c’est avant tout une aventure entre amis, sur des années, et ça marque les vies de chaque membre du groupe individuellement.
Garder un line-up stable dans le temps, quand l’aventure dure de nombreuses années, est très compliqué.
Etre membre d’un groupe, fait partie de l’identité de chacun, mais ce n’est pas la seule chose qui nous défini, et le reste de nos vies peut parfois ne plus être compatible avec l’investissement individuel que demande un groupe comme SCD.
Pratiquement tout notre temps libre est consacré au groupe, et c’est parfois compliqué avec le travail, la famille, l’usure du temps, ou les goûts et évolutions individuels, de maintenir les motivations de chacun en cohérence avec les besoins du groupe.
C’est probablement aussi difficile de garder les membres d’un groupe, que de s’en séparer, que d’en recruter, parce que ça touche aussi bien, à des liens affectifs, qu’à des objectifs artistiques et de compatibilités de personnalités (et qu’il faut que ce soit durable).


Magic Fire Music : 15 ans d’existences. Je pense que beaucoup de groupes ont du mal à durer comme ça. Quelle est votre recette ?
Seb : L’envie de faire la musique qu’on aime, sans aucune pression de résultat ou besoin de reconnaissance !
Le goût de faire les choses soi-même, pour ne pas être dépendant de la volonté de qui que ce soit autre que le groupe.
La ténacité, pour ne pas abandonner dans les moments plus difficiles, et rester focalisés vers l’objectif qu’on se fixe.
Bref, prendre plaisir en chemin quelle que soit la destination.


Magic Fire Music : Quel regard portez-vous sur cette longue carrière ? Quels conseils pourriez-vous donner à des jeunes groupes qui veulent en découdre autant que vous ?
Seb :
-Que l’on ne peut pas imaginer lorsqu’on commence jusqu’où ça va nous mener. Tout est possible, et le monde est plus petit et moins fermé que l’on ne croit.
-Que beaucoup de choses prennent du temps, et qu’on doit travailler pour s’améliorer et finalement faire les choses bien.
-Que pour prendre plaisir et espérer que ça marche, il faut être sincère, et que les choix que l’on fait, ne doivent être motivés que par ses goûts personnels et pas essayer de faire ce que d’autres attendent.
-Que des groupes superstars c’est tellement rare (en particulier dans le métal), qu’il vaut mieux considérer que ça n’existe pas, et que ça ne doit pas être la motivation. Il faut mieux prendre plaisir à faire sa musique comme loisir, sans en espérer plus (et si ça devient plus gros, c’est tant mieux).


Magic Fire Music : Sheep'N'Guns est votre quatrième album. Parlez-nous de lui. Quel regard avez vous dessus que nous autres chroniqueurs n'avons pas ? D'ailleurs il est autoproduit ! Pourquoi ?
Seb : Chaque album du groupe marque pour moi une période de ma vie, il me rappel qui j’étais à l’époque. C’est notre dernier album et c’est donc logiquement pour moi l’album le plus abouti et le plus proche de mes goûts aujourd’hui.
Pourtant, il est peut-être celui le plus marqué par mes diverses influences originelles, car il m’a fallut plus de temps pour toutes les digérer et pouvoir toutes les intégrer à notre musique.
Cet album est autoproduit, car après nos nombreuses expériences passées, nous nous estimions capables de le faire aussi bien qu’en passant par un label, en maîtrisant les choix artistiques d’enregistrement et de fabrication (avec des coûts parfois supérieurs à ceux qu’on nous auraient éventuellement accordés), comme des délais de sortie de l’album qui devaient être compatibles avec l’anniversaire des 15 ans d’existence du groupe.
Cependant, une collaboration avec un ou plusieurs labels pour la distribution de cet album reste possible, et rien n’est figé pour l’avenir et nos prochains albums.


Magic Fire Music : Vos textes parlent généralement de sujets d'actualité. En cette période de campagne présidentielle, et si vous étiez des portes paroles, quels souhaits aimeriez-vous soumettre aux candidats ?
Seb : Les grandes crises économiques, sont généralement à l’origine des plus grands dérapages de l’histoire. Espérons que quelque soit le candidat élu, il parvienne, avec les autres Etats, à inverser la crise qui s’est installée durablement ces dernières années.


Magic Fire Music : Qu'est ce que ça fait de savoir que vous arrivez à convertir des personnes comme moi, qui en général ne sont pas fans du genre, à votre musique ?
Seb : Ça fait vraiment plaisir.
Car si j’ai dis précédemment, dans cette interview, que c’est important pour pouvoir durer, de faire sa musique pour soi-même, le retour positif du public est un bonus qui reste une énorme motivation à chaque fois.
Et le fait, de toucher des personnes au-delà des fans de notre scène d’origine, nous laisse espérer, que la qualité de ce que proposons aujourd’hui, permet de faire oublier les limites du genre musical lui-même.


Magic Fire Music : Vous avez déjà pas mal bourlingué à travers le monde. Quelle est pour vous la meilleure scène sur laquelle il vous a été donné de jouer ? Quelle est celle qui vous a le moins botté ? Et quelle est celle que vous rêvez de conquérir ?
Seb : J’ai commencé à aller voir des concerts à Paris, à la fin des années 80 (bien avant de penser à jouer dans un groupe), et j’ai toujours considéré qu’on avait en France l’un des meilleurs public métal. Une ambiance incroyable, avec un public partageant un super état d’esprit.
On n’avait pas de gros festivals à l’époque et pas toutes les tournées (en particulier des groupes underground, pour lesquels on allait parfois en Belgique, en Hollande ou en Allemagne), et aujourd’hui encore, on a toujours en France un public très actif, qui n’hésite pas à voyager pour suivre les groupes partout dans le monde (je suis certain qu’on retrouvera, une nouvelle fois, une communauté française très présente au Obscène festival, en république tchèque). Alors, c’est l’occasion de saluer l’ensemble de notre scène française.
Mais on a des super souvenirs dans la plupart des pays où on a joué, et c’est pour ça qu’on prend autant de plaisir à continuer à faire des concerts et des tournées à travers le monde.
On a maintenant en France, des festivals métal parmi les meilleurs du monde, comme le Hellfest où l’on va jouer pour la première fois cette année (dans quelques semaines).
Alors forcément, c’est ça la prochaine scène que l’on rêve de conquérir.


Magic Fire Music : Quelle est votre actualité maintenant que l'album est sortit, et vos projets à courts et longs termes ?
Seb : Notre actualité, à court et moyen terme, c’est les nombreux concerts et festivals que nous faisons pour ce nouvel album (Hellfest, Obscène fest, Motocultor fest, Sylak …), et à long terme c’est les compositions des morceaux pour notre prochain album (compositions, qui ont déjà débutées).


Magic Fire Music : Merci pour le temps que vous nous avez accordé et je vous laisse le mot de la fin !
Seb : Merci pour cette interview, et merci à ceux qui ont pris le temps de la lire.
On espère tous vous retrouver lors de nos prochains concerts, Merci !!!

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