Magic Fire Music : Pour ceux qui ne vous connaissent pas, pourriez-vous faire une présentation assez exhaustive de votre histoire, ainsi qu’une présentation de chacun des membres qui compose Dreamcatcher.
Chris : J’ai monté Dreamcatcher avec l’aide d’un guitariste qui m’avait été présenté par un ami commun. Il s’agissait en quelque sorte d’un projet studio. Cette collaboration a débouché sur l’enregistrement un EP 4 titres, sorti en 2006 qui a reçu un bon accueil de la part des médias spécialisés dans notre pays et en dehors de nos frontières. Nous avons ensuite recruté des musiciens pour le défendre sur scène. Après une série de concerts sur Paris et en province ainsi qu’une date au mythique Ruskin Arms à Londres, les musiciens avec lesquels je jouais ont décidé de quitter le navire mi-2007. Alors que j’avais déjà à l’époque le projet d’enregistrer un album, je me suis donc retrouvé sans groupe. J’aurais pu décider de tout laisser tomber, mais comme je suis quelqu’un de particulièrement obstiné, j’ai pris la décision de remonter Dreamcatcher avec de nouveaux partenaires. Ce fut chose faite courant 2008. Nous avons pris le temps d’apprendre à nous connaître en temps qu’êtres humains et artistes. Ensemble, nous avons réarrangé les compositions et nous les avons jouées en concert afin de leur donner une légitimité « live » et de souder cette nouvelle équipe. Nous nous sommes ensuite lancés dans la lourde tâche de l’enregistrement de l’album qui a finalement atterri dans les bacs en Avril 2012. Lorsque j’ai constitué cette nouvelle équipe, j’ai pris le soin de m’entourer de personnes qui ont comme moi un goût prononcé pour le heavy et le thrash metal. Nous avons tous en commun un gros faible pour la musique d’Iron Maiden. Denver, l’un des deux guitaristes est également un grand fan de Randy Rhoads et de Saxon. Geoff l’autre guitariste, en plus de ses influences heavy, apprécie des groupes plus extrêmes tels qu’Arch Enemy. Rado le bassiste adore Queensrÿche. Nico, le plus jeune d’entre nous, est également sensible à des sonorités plus modernes et notamment Fear Factory.
Magic Fire Music : Pourquoi avoir choisi le patronyme de Dreamcatcher ? Y a-t-il une véritable histoire derrière ce nom ?
Chris : J’ai toujours été très intéressé par la culture des amérindiens, quand il s’est agi de choisir un nom pour ce projet, celui de Dreamcatcher s’est imposé de lui-même
Magic Fire Music : Quand on écoute la musique de Dreamcatcher, on identifie tout de suite le style. C’est du bon heavy mélodique mid quatre-vingt ? Un style que j’affectionne particulièrement dans sa branche américaine. Est-ce que Armored Saint, Flotsam and Jetsam ou encore Hades ont été des influences marquantes du groupe ?
Chris : Tout à fait. D’ailleurs, je dois t’avouer que je voue un culte sans borne à l’album « Delirious Nomad » d’Armored Saint qui figure dans mon top 10 de tous les temps.
Magic Fire Music : En ce qui concerne les guitares et les riffs, on pense beaucoup au Maiden du début des quatre-vingts.
Chris : Ceux qui me connaissent savent que je suis un grand fan d’Iron Maiden. C’est le groupe qui m’a donné envie de faire de la musique, lorsque j’ai commencé à en jouer en 1981. Cette influences, qui se ressent forcément dans nos compositions est totalement assumée.
Magic Fire Music : Par moment le chant de Chris Garrel, notamment dans la première moitié de « Emerging from the shadows », me fait penser au Geoff Tate des débuts de Queensrÿche. C’est très flagrant sur « How much I miss you », dans ses deux versions d’ailleurs. Est-ce également une influence importante ?
Chris : Bien que nos timbres et tessitures diffèrent, c’est indéniablement Bruce Dickinson qui constitue ma principale influence. Il est vrai que quand le premier EP de Queenrÿche est sorti en 1983, j’ai tout de suite accroché. J’ai beaucoup aimé ce qu’ils ont fait jusqu’à « Empire », la suite un peu moins.
Magic Fire Music : Etrangement « Emerging from the shadows » est un album très orienté guitare, alors que les compositions sont l’œuvre exclusive de votre chanteur. Comment compose-t-il ? L’ensemble du groupe participe-t-il à la réalisation des arrangements ?
Chris : A la base, j’ai une formation de guitariste rythmique. Même si je suis aujourd’hui bien plus à l’aise avec un micro qu’une guitare, c’est pour et avec cet instrument que je compose et ça se sent inévitablement dans ma façon d’écrire. En revanche, le travail d’arrangements est, en effet, un effort commun effectué par l’ensemble des membres du groupe.
Magic Fire Music : Pourquoi faire du heavy mélodique en 2012 ?
Chris : Tout simplement parce que c’est la musique que nous aimons et que c’est comme ça que nous le ressentons. Même si notre style est parfois qualifié de heavy metal traditionnel, notre démarche n’est pas passéiste et notre son me semble suffisamment moderne pour répondre aux critères d’un auditeur du 21ème siècle. Je suis fermement persuadé que de nos jours il existe un public pour Dreamcatcher.
Magic Fire Music : Sortir uniquement quarante-deux minutes de musique est-ce un choix délibéré de votre part ? Est-ce pour coller à votre côté heavy solide vintage ?
Chris : Oui, notre volonté était de gagner en efficacité, comme à l’époque où le format vinyl déterminait la durée d’un disque. Nous ne voulions pas céder à la tentation d’écrire un de ces albums qui s’étire en longueur où on à l’impression que certaines compositions moins abouties que d’autres n’ont pas leur place.
Magic Fire Music : Pour l’instant, avez-vous un bon retour sur le disque ? En tout cas la chronique pour Magic Fire Music sera plutôt bonne, car j’ai apprécié ce disque.
Chris : Merci pour ta chronique, on sent que tu as vraiment compris le sens de notre démarche, ça fait plaisir. Les avis sur l’album sont globalement bons. Des réserves se sont toutefois portées sur ma voix qui semble en avoir surpris certains. C’est à mon sens lié à notre volonté de proposer un album qui nous ressemble, fidèle à la manière dont nous sonnons en « live », tant pour les instruments que pour la voix. Ce choix peut paraître éloigné des standards actuels mais c’est le nôtre. Je considère que de nos jours, certains albums sont surproduits. Des tonnes de guitares, des voix doublées, des batteries triggées… Je suis parfois nostalgique des productions comme celles de « Powerslave » ou « The Number Of The Beast ».
Magic Fire Music : Quelles sont vos attentes par rapport à la sortie de ce nouvel album ?
Chris : Nous souhaitons que « Emerging From The Shadows » bénéficie de l’exposition qu’il mérite afin de susciter l’intérêt du public. Nous espérons qu’avec ce nouvel album à notre actif, les opportunités de jouer sur scène se feront plus nombreuses.
Magic Fire Music : Des dates de concert sont prévues ? Des dates en première partie ?
Chris : Oui, un concert à Bologne dans la Marne le 23/06, puis une date au Klub, à Paris le 08/07. D’autres dates françaises sont en cours de négociation en Normandie, dans l’Est et dans le Sud. On travaille également sur une date sur Paris à la rentrée, si ça se fait, tu en entendras forcément parler…
Et Dreamcatcher vient juste d'être confirmé en première partie de Freedom Call au Divan du Monde le 16/10.
Magic Fire Music : Merci beaucoup, l’éternel mot de la fin est pour vous.
Chris : Merci à toi pour cet entretien. On ne peut que conseiller aux fans de heavy de jeter une oreille attentive à « Emerging From The Shadows » car cet album est fait pour eux !