Quantum Sphere

16 Avril 2012



Propos recueillis par :

The Keeper


Traduit par :

Elfe Melwynn


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Version française : [English below]

Magic Fire Music : Salut les gars et merci de prendre un peu de votre temps pour répondre à mes questions.
Tout d’abord, je vais vous demander de vous présenter.

Quantum Sphere : Salut Cédric. Quantum Sphere c’est Joe Pearson à la guitare, Greg Knox à la basse, Mark Smith à la batterie. On vient tous d’Angleterre, du Sud de Londres.



Magic Fire Music : Quelle est la genèse de Quantum Sphere ?
Joe : Quantum Sphere ça a commencé quand Greg a pris des cours de batterie chez Mark. Greg me connaissait parce que pendant des années il a joué de la basse dans des groupes où je jouais et il savait que j’étais à fond dans le métal prog à cette période là. Il m’a dit que Mark voulait monter un groupe de prog. Donc après quelques coups de fil et emails, Mark et moi nous sommes découvert des goûts communs et on a voulu continuer, tout comme Greg. Après quelques mois passés à essayer de jouer des reprises, on a commencé à écrire notre propre musique, et voilà ! Quantum Sphere est né !
Greg : J’ai eu cette idée farfelue : je pensais que je pourrais m’entraîner à jouer de la batterie pour mon ancien groupe, et Mark était le seul prof de batterie que je connaissais qui enseignait le métal. On s’y est donc mis, et quelques mois plus tard il m’a dit qu’il avait l’idée de monter un groupe qui serait un mix entre Meshuggah et Cynic. Il m’a demandé si je connaissais un guitariste. Je connaissais Joe depuis 10 ans pour avoir joué dans des groupes avec lui. Non seulement il était talentueux, mais il était également un grand fan de Cynic. Je lui ai donc fait part de cette idée et il était intéressé. Mark et lui ont commencé à discuter et la machine était lancée.
Mark : J’enseignais la batterie à Greg depuis quelques mois. Je pense qu’il voulait apprendre pour en jouer sur un autre projet sur lequel il travaillait. Il y avait des similitudes dans la musique qu’on aimait, en particulier un amour partagé pour Tool et Meshuggah. Je venais de quitter un groupe qui s’appelait Anchorhead qui faisait des reprises de musiques de Star Wars dans le style de Meshuggah. Ce style me manquait déjà et j’avais envie de continuer dans cette voie. Ca a été mon rêve pendant plusieurs années de monter un trio de métal prog (3 c’est un bon chiffre pour les membres du groupe, facile à gérer) et pendant un cours un jour, j’ai dit à Greg que je voudrais bien trouver un guitariste pour un projet dans le style Meshuggah. Greg m’a présenté Joe, et il s’est avéré que Joe était le frère d’un de mes anciens élèves, qui avait fait découvrir à Joe Planet X dans un contexte assez bizarre ! Bref, j’ai parlé avec Joe et on avait tous les deux déjà composé des trucs. On aimait le même genre de musique et les mêmes groupes, donc on a vite commencé à composer ensemble. Greg a rejoint le navire au même moment pour jouer de la basse et Quantum Sphere est né ! Sous forme de trio, c’est parfait pour nous parce qu’on est tous les trois vraiment à fond dans ce qu’on fait, et, le plus important, on aime vraiment jouer de la musique. Les répèt’ sont vraiment un plaisir, pas du tout une corvée, et donc les choses se passent relativement bien depuis. On a fait l’expérience de rajouter un claviériste dans le groupe pendant un temps mais ça n’a pas vraiment marché. On est donc resté à 3. On utilise des samples et des vidéos sur scène du coup.

Magic Fire Music : Est-ce que vous vous définissez comme un groupe de Metal Progressif ? Et pourquoi ?
Joe : Je préfère le terme “Fusion” parce qu’on utilise différents styles et on les fusionne. Mais pour parler du genre, le progressif est ce qui semble être le plus approprié et le plus juste je suppose. Mais ce n’est qu’une étiquette qui sert à identifier notre son. La meilleure chose à faire est simplement d’écouter et de t’en faire ton propre avis.
Greg : Je ne considère pas le terme “progressif” comme quelque chose de négatif. Il faut un genre, dans ce cas là « métal », et on y ajoute des éléments divers et variés pour le rendre plus intéressant. Donc dans ce cas, oui je dirais que je nous considère comme un groupe de métal prog.
Mark : Je dirais qu’on fait du métal progressif oui. Fusion est aussi un terme adapté, mais on n’est pas non plus ce que je considère comme du jazz fusion. Je ne suis pas fan non plus des groupes qui ont un million de termes pour décrire leur musique. On fait du métal prog !

Magic Fire Music : Qu’est-ce qui vous a poussé tous les 3 à faire ce genre de musique plutôt qu’un autre ?
Joe : Hé bien, on a commencé par vouloir mélanger Planet X avec Meshuggah, ou bien vouloir jouer du style Meshuggah mais avec plus de solos, grosso modo. Et on a fini par faire « The Space Adventures of Pyjama Boy » après avoir trouvé notre façon d’écrire. Ca a pris forme puis ça a progressé tout seul. Personnellement j’adore les bandes sons de jeux PC, les BO de films et ce genre de choses, donc j’ai apporté un peu cette influence au groupe, mélangé à des riffs métal plus modernes et des mélodies d’un style plus progressif. Mais oui, comme je l’ai dit, une fois qu’on a trouvé notre style d’écriture, les choses se sont faites naturellement, et c’est devenu Quantum Sphere.
Greg : Certains de mes groupes préférés sont des groupes de prog : Tool, Opeth, Emperor, Enslaved, Meshuggah. Donc ça me paraît évident qu’on ait voulu faire des choses similaires. C’est un challenge de jouer ce genre de musique, et c’est fun. La récompense est grande aussi, parce qu’on a un sentiment de satisfaction personnelle d'avoir réussi à jouer à la perfection (note pour note) de la musique technique.
Mark : C’est tout simplement parce que j’aime le style! J’aime les musiques qui ont des couches et une forte créativité. J’aime aussi faire des couches, superposer différentes signatures rythmiques, comme Meshuggah. Le sentiment qui en découle est génial ! Je joue aussi une musique qui me permet de m’améliorer en tant que musicien. La musique qui ne me fait pas progresser ne m’intéresse pas. La musique de Quantum Sphere est très difficile à jouer, et je savoure le challenge de devoir la jouer sur scène note pour note (la plupart du temps…). En tant que groupe, on parle souvent du fait que cette musique nous fait devenir de meilleurs musiciens, et à quel point on aime cet aspect de la chose. Le fait d’être un groupe instrumental nous permet aussi de laisser plus de place à l’expérimentation, particulièrement en ce qui concerne les orchestrations instrumentales. Rien n’est trop bizarre pour nous !

Magic Fire Music : D’après Wikipedia : Quantum représente la plus petite mesure indivisible, que ce soit celle de l'énergie, de la quantité de mouvement ou de la masse. Cette notion est centrale en théorie des quanta, laquelle donnera naissance à la mécanique quantique. Avez-vous quelque chose à rajouter à cette définition ?
Joe : Non
Mark : Pas vraiment. Je m’intéresse à la physique, mais pas au point de pouvoir rajouter quelque chose à cette superbe définition.



Magic Fire Music : Et là forcement, je vous pose la question : Pourquoi Quantum Sphere ? Qui a trouvé ce nom et pourquoi ?
Joe : Mark voulait mélanger les titres de deux de ses albums préférés. Pour en revenir avec ce que je disais avant sur notre but initial de mélanger Planet X et Meshuggah : Mark a pris « Quantum » de Planet X et « Chaosphere » de Meshuggah et les a dit à haute voix le plus rapidement possible à la suite, et cela est devenu Quantum Sphere. Personne n’a eu de meilleure idée, donc on a gardé ça.

Magic Fire Music : Le nom de l’album est des plus étranges. Quelle est la signification de ce titre ?
Joe : J’ai eu l’idée du nom de la deuxième chanson qu’on a écrite “The Space Adventures of Pyjama Boy” mais sans vraiment m’attendre à ce que ça colle, parce qu’on avait pour habitude de mettre un nom à tout ce qu’on écrivait, pour ne pas se retrouver avec des trucs du style « chanson 1 », « idée 23 ». L’idée m’est venue quand ma mère est rentrée à la maison avec de nouveaux DVD, dont l’un était intitulé « The Boy in the striped pyjamas ». Je me suis dit que ça serait cool d’être envoyé dans l’espace, parce que tout ce qui est envoyé dans l’espace c’est cool ! Et peu de temps après j’ai sorti ce nom, et ça a collé, du coup maintenant il faut faire avec !
Mark : On met toujours un titre sur nos chansons pendant qu’on est en train de les écrire, pour éviter de devoir dire « chanson 1 » ou je ne sais quoi (ce qui peut amener à confusion). J’ai vu que Joe avait intitulé une chanson « The Space Adventures of Pyjama Boy » et je me suis dit que c’est tellement un nom terrible et prétentieux de musique prog, qu’on est obligés de l’utiliser. Quand Maxine (Fillipe, la responsable du design de la pochette) a su le titre, elle est entrée dans le jeu, et a créé le personnage « Pyjama Boy ». Si tu regardes bien, sur la pochette tu peux aussi voir « Pyjama Cat » (le chat), une autre création de Maxine. Je pense qu’un jour on écrira une chanson sur lui aussi…



Magic Fire Music : La pochette me fait penser au livre Le Petit Prince de Saint Exupéry. Qu’en pensez-vous ?
Joe : Ah bon ? Je n’ai jamais lu ni entendu parler de ce livre, mais je pense que je vois le lien ! L’artiste qui a fait la couverture est Française après tout, donc peut-être qu’elle s’est inspirée de cela…
Greg : Je n’en ai jamais entendu parler, mais en voyant la couverture, je suis d’accord avec toi. Je ne suis pas sûr que ce soit un choix délibéré, je ne sais pas. Il faudrait demander à Maxine.
Mark : La couverture a été réalisée par notre amie Maxine Fillipe. Elle est super ! Elle est illustratrice et dessine des effets spéciaux. On lui a envoyé l’album, on lui a fait confiance pour le concept de l’artwork et elle a eu une super idée. Je préfère travailler avec des gens comme ça, qui n’ont pas besoin de beaucoup d’indications et en qui j’ai confiance, je sais qu’ils font du bon boulot. Je ne vois pas l’intérêt d’embaucher un artiste pour ensuite lui dicter son travail. L’artwork de la couverture a apporté sa contribution à l’album et le résultat est génial. On retravaillera très certainement avec Maxine à l’avenir.

Magic Fire Music : Est-ce un concept album ? De quoi parle The Space Adventures Of Pyjama Boy ?
Joe : J’aimerais pouvoir dire qu’il y a une histoire derrière tout ceci, mais non. C’est surtout nos expérimentations avec un nouveau style de musique que personne d’entre nous n’avait eu l’occasion d’écrire avant ça, parce qu’on vient tous d’un milieu Death Métal à la base, personnellement j’ai joué dans Fleshrot pendant 6-7 ans. Donc la plupart des chansons sont uniquement le résultat de ceci : on joue quelque chose de nouveau. Par exemple avec la chanson « Error », j’ai volontairement fait en sorte qu’elle soit bizarre, j’ai essayé de faire de mélanger des parties en 7/8 et 7/16, ça a donné ça !
Mark :. Il n’y a pas de concept derrière cet album dans le sens où il ne raconte pas une histoire en tant que telle. On a plutôt essayé de créer un certain sentiment avec la musique. Quand on a commencé le groupe on voulait créer un mélange hybride entre Meshuggah et Planet X. D’après moi il y a une distinction claire entre les chansons du début et les plus récentes. Des chansons comme « Perplexia » et « Tachyon » par exemple comportent des aspects très Djent et sont assurément influencées par Meshuggah. Je pense qu’on a atteint notre propre style quand on a composé « The Fornax Void ». Cette chanson est celle qui a vraiment figé notre son. Des morceaux comme « Attack Ships… » et « Interplanetary Probe » ont été écrites après « Fornax… » et je pense que ça s’entend. A ce moment là on a essayé d’étendre notre panel et d’utiliser des accords plus longs et plus complexes. Ces chansons plus récentes reflètent bien la direction musicale que va prendre le groupe. L’autre technique qu’on utilise beaucoup est la superposition de plusieurs signatures rythmiques pour que ça sonne plus groove. Par exemple « Perplexia » est en 19/16 avec du 4/4 superposé. La chanson est plus fluide comme ceci.

Magic Fire Music : Quelles sont vos influences ?
Joe : J’aime les jeux videos, les vieux comme les récents, les films de science-fiction et la science-fiction en général, l’espace et l’astrologie. Je tire beaucoup d’inspiration de tout ceci. Musicalement j’aime les musiques de jeux, les BO de films et quelques musiques classiques. Les groupes que j’aime et qui m’influencent sont : Planet X, Tony Macalpine, Paul Wardingham, Meshuggah, Cynic, Morbid Angel et plein d’autres que j’écoute depuis des années. Je ne suis pas trop du genre à écouter beaucoup de musique et à suivre l’actualité. Je préfère la musique orchestrale et instrumentale. Donc quand il s’agit de Quantum Sphere je mélange un peu tout ce que j’aime écouter.
Greg : Mon influence musicale principale est Justin Chancellor de Tool. Il est la raison pour laquelle j’utilise beaucoup de pédales pour former mon son. Je suis aussi fan de Steve DiGiorgio. Je pense qu’il apporte quelque chose de vraiment unique et intangible aux albums auxquels il a participé. Quelque chose que j’essaye de reproduire dans ma carrière musicale. Les musiques de films m’influencent aussi pas mal. En ce moment je suis à fond sur Clint Mansell et Goblin.
Mark : Musicalement parlant, je suis tout d’abord influencé par Slayer et Dave Lombardo. C’est le premier groupe que j’ai écouté et je les aime toujours aujourd’hui. Son jeu est tellement parfait et puissant, et il a tellement l’air de prendre son pied (et après tout la musique est faite pour ça !). J’essaye de faire comme lui et j’emprunter certains éléments de son style de jeu pour qu’on ressente cette énergie dans la musique de Quantum Sphere. On ne veut pas être chiants à regarder ! Comme batteurs, j’adore Donati, Thomas Lang, Mike Mangini, tous les grands batteurs modernes du prog. Comme groupes j’adore Planet X, Morbid Angel, Cannibal Corpse, Cynic, Paul Wardingham, Meshuggah. J’aime la musique lourde et agressive, mais la musique lourde et agressive bien composée !

Magic Fire Music : Vous venez de milieux musicaux différents, comment avez-vous réussi à devenir aussi complémentaires ?
Joe : C’est plus une question de compréhension mutuelle. On a posé quelques règles de base au départ. Grosso modo on ne met pas trop de notre égo dans la musique qu’on écrit. On écrit, et si personne n’a pensé à quelque chose de mieux, on garde. Mark écrit beaucoup de parties de guitare et j’écris souvent les parties de batterie. On a trouvé que c’était une bonne idée d’avoir un batteur qui écrit les parties de guitare et un guitariste qui écrit les parties de batterie, c’est différent et intéressant. On aime aussi le challenge d’apprendre quelque chose qu’on n’aurait pas pensé à apprendre autrement.
Greg : Personnellement je ne pense pas que les milieux musicaux d’où l'on vient sont si différents. On a tous démarré en jouant du métal extrême, et on a tous développé un intérêt pour des aspects plus progressifs, avec le temps. La mort (humaine pour Mark, symbolique pour moi) a représenté un tournant dans nos vies. C’est le groupe le plus facile que je connaisse en ce qui concerne les relations professionnelles et l’égo. Personnellement, avec le temps j’ai appris à cerner ce qu’il ne faut pas faire dans certaines situations, et cette expérience est un plus.
Mark : Je suis très chanceux de travailler avec Joe et Greg. Depuis le début on a posé des règles de base pour que le groupe fonctionne bien. La plus importante de toutes étant qu’il ne faut pas considérer que notre musique est la meilleure du monde. Si quelqu’un arrive avec une meilleure idée, on l’utilise. La musique avant l’égo !



Magic Fire Music : Dans ma chronique je parle de groupes tels que Cynic, Meshuggah, Zero Hour ou bien encore de Magellan. C’est assez difficile de s’imaginer un groupe pouvant jouer (ou être proche musicalement) de toutes ces formations à la fois. Et pourtant vous le faites. Comment composez-vous ? Est-ce à base de jam ou bien chacun arrive avec ses propres compositions ?
Joe : En général c’est soit je trouve quelques notes ou accords que j’aime bien, ensuite je réfléchis à un rythme cool et une fois que j’ai ces deux éléments, le reste va en découler. Soit Mark écrit toutes la structure de la chanson, que je récupère et modifie puis j’ajoute ma touche de guitariste pour compléter sa façon de voir les choses en tant que batteur et vice-versa. Ou bien l’un de nous écrit la totalité de la chanson. Je termine ensuite par ajouter les couches supplémentaires et les parties de basse. Et aussi tous les solos. Et à la fin je peaufine le tout. Greg écoute le produit fini et l’arrange d’une manière convenable. Parce que parfois on se concentre tellement sur un riff ou un solo et on en oublie de vérifier que la chanson sonne bien dans sa globalité, c’est là que Greg intervient !
Greg : Ouais, je laisse à Mark et Joe la créativité parce que ça marche très bien comme ça. Je me plais à penser que j’ai de bonnes oreilles pour la structure de la chanson et pour discerner si ça fonctionne ou pas. C’est ma contribution au processus d’écriture.
Mark : On s’efforce de faire la meilleure musique possible qui respecte les plus hauts standards qu’on puisse se fixer. On a évolué vers une façon d’écrire et des méthodes de répétition très efficaces et créatives. Nos forces se complètent. Par exemple je suis bon pour étoffer les idées, riffs et structures initiales, Joe est excellent pour affiner les structures d’accords et pour rendre le tout fluide et mélodique. Greg a une oreille extraordinaire pour les arrangements. Donc on a tendance à se passer le travail jusqu’à ce que tout le monde soit satisfait. Souvent c’est Joe qui va écrire la plupart de mes parties de batterie, et je vais écrire pas mal de ses riffs et solos. De même pour Greg. J’aime bien le challenge de jouer des parties que d’autres ont écrit pour moi. Ca me fait réfléchir différemment et ça étend mon panel de compétences. Les guitaristes sont très bons pour écrire des parties de batterie intéressantes parce qu’ils ne réfléchissent pas comme un batteur. Il en est de même pour les batteurs qui écrivent des parties de guitare. Si tu veux créer quelque chose de différent, alors il faut avoir une approche différente !

Magic Fire Music : Votre musique est assez complexe. Et il n’y a pas de chanteur. Ce n’est pas une musique très facile d’accès. N’avez-vous pas peur de faire une musique trop élitiste ?
Greg : Personnellement, je n’y ai jamais prêté attention. Je n’ai jamais été dans un groupe pour que ça fasse bien ou pour être célèbre. C’est plus facile de faire la musique qui nous passionne, et si les gens aiment ce qu’on fait, super !
Mark : Pas vraiment. On aime jouer de la musique et pour être honnête c’est la seule chose qui nous importe. Ce n’est pas possible de contenter tout le monde. Mais au moins les gens qui nous suivent aiment VRAIMENT ce qu’on fait ! Et je préfère cela. Un noyau solide de die-hard fans est le secret d’une longue carrière.

Magic Fire Music : Pourquoi avoir fait le choix de ne pas avoir de chanteur ?
Greg : Je pense qu’au début on n’en voulait pas parce qu’il est parfois difficile de travailler avec eux. Personnellement, je pense que la musique parle suffisamment d’elle-même sans avoir besoin de paroles dessus qui pourrait parfois la salir. Et puis franchement, la plupart des chanteurs ne sont même pas très bons et dévalorisent le groupe dans lequel ils chantent. Avec nous il n’y a pas ce problème.
Mark : Quand il y a un chanteur dans le groupe, la musique tourne souvent autour de cette personne. D’après nous, c’est restrictif. On veut créer quelque chose qui n’est pas fait pour un chanteur. Il y a déjà plein de groupes avec des chanteurs. Chez nous en live, l’élément qu’on doit regarder c’est la vidéo qui accompagne le show.

Magic Fire Music : La production est excellente. Qui s’est chargé d’elle et du mixage ? Ça sonne aussi bien qu’un groupe pro, bravo !!
Mark : Merci ! C’est Joe qui s’est occupé de tout ce qui est production. On est vraiment très contents du résultat.

Magic Fire Music : Est-ce que vous faites souvent des concerts tous les trois ? Je pense qu’il doit y avoir beaucoup d’improvisations, ou bien préférez-vous interpréter vos chansons dans leur version ‘normale’ ?
Greg : On doit jouer la musique telle qu’elle a été enregistrée, c’est dû à la nature de la musique qu’on joue et à la logistique aussi. Mark improvise certaines choses et ça peut sonner super bien !
Mark : Cette musique est écrite dans le but de la jouer note pour note. C’est ça le challenge dans Quantum Sphere. Cependant je vais quand même modifier certaines choses de temps à autre. Mais en général on joue le plus proche possible de l’album à chaque fois.

Magic Fire Music : A part la musique, qu’est-ce qui vous passionne ?
Greg : Je suis un grand cinéphile. Je prends ça très au sérieux en fait. J’ai surement vu plus d’un millier de films ces deux dernières années. Mes goûts ont évolué au cours du temps et aujourd’hui je préfère le cinéma indépendant Américain ou International au cinéma populaire. Ceci fait écho sur mes goûts musicaux également. Mes réalisateurs contemporains préférés sont Christopher Nolan, The Coen Brothers, Darren Aronofsky, Paul Thomas Anderson et David Fincher. En ce moment j’écris aussi un scénario et j’espère qu’un jour je pourrais le transformer en film.
Mark : En plus d’être batteur, je suis également hypno-thérapeute, donc ça occupe une bonne partie de mon temps. J’écris un livre sur les comportements humains et l’anxiété. J’aime l’Airsoft (un jeu de guerre similaire au paintball), les jeux de guerre sur PC et aussi regarder des documentaires militaires sur Discovery. J’ai de la chance dans le sens où mes boulots sont également mes hobbies.

Magic Fire Music : Qu’est-ce qui vous énerve le plus aujourd’hui dans le monde musical ?
Greg : La transparence des médias en ce qui concerne les magazines métal ici. J’ai eu quelques expériences avec mon ancien groupe qui ont prouvé à quel point ils sont faux et faciles à manipuler. Le magazine Zero Tolerance semble avoir dans son équipe tous les stéréotypes bien clichés de Londres, ce qui n’aide pas ! D’ailleurs tu as mentionné tout à l’heure l’élitisme, c’est intéressant parce que ça a toujours été un sujet sensible pour moi. Par exemple ici en ce qui concerne la scène black métal en particulier, ils semblent être un rassemblement de personnes qui, si ton groupe ne correspond pas à leur vision (et ils sont peu ouverts d’esprit) du black métal, ils considèrent automatiquement que tu n’en vaux pas la peine. Ces gens là ont vraiment une estime d’eux-mêmes surévaluée et c’est amusant quand tu prends du recul et que tu regardes ça globalement. C’est vraiment dommage parce que j’ai l’impression que ce n’est pas comme ça dans le reste de l’Europe. Ils ont l’air de se soutenir un peu plus mutuellement, alors qu’ici il y a beaucoup de luttes internes et de politique.
Mark : Pour être honnête, rien ne m’énerve vraiment. Si je devais choisir, je pense que je dirais que les groupes qui manquent de professionnalisme m’énervent. Particulièrement en Angleterre il y a une tendance générale au non-professionnalisme (se pointer en retard ou sans matos etc.). Ok on a le droit d’être détendu, mais ce n’est pas l’éthique de tout le monde. En plus les soit disant promoteurs peuvent parfois rendre la vie difficile aux groupes. Etre payés pour jouer ça devient vraiment dur ces derniers temps.

Magic Fire Music : Je trouve dommage que votre album ne soit pas sorti en cd physique. Est-ce un choix ?
Greg : C’était un choix de faire ça jusqu’à ce qu’on ait assez de demandes pour nous faire sortir un support physique. C’est le cas aujourd’hui.
Mark : Cette dernière décennie, le téléchargement a atteint un point où on s’attend à ce que la musique soit gratuite. A cause de cela, vendre des CD est devenu de plus en plus difficile, parce que les gens se contentent de télécharger une copie gratuitement. Produire des CD de bonne qualité ça coûte cher, donc on a pris la décision de rester en digital principalement pour réduire les coûts. Le CD n’est tout simplement plus viable. On a produit quelques CD physiques récemment, mais ce n’est pas quelque chose qu’on refera à l’avenir, à moins que la majorité des gens le demande. Mais je ne pense pas que ça arrivera dans un futur proche.

Magic Fire Music : Etes-vous pour ou contre le téléchargement illégal ?
Greg : Je ne suis pas contre le téléchargement à proprement parler. Mon choix personnel consiste à télécharger un album qui, je pense, pourrait m’intéresser, l’écouter quelques fois, et si je l’aime bien, alors je vais acheter la copie physique. Cela me permet de récompenser l’artiste pour le bon travail qu’il a fait. Certains groupes que j’apprécie sont assez underground, donc la somme d’argent va leur revenir directement dans la poche, au lieu d’être gobée par un label. Et puis je suis également un collectionneur, j’ai environ 450 CD chez moi. J’aime posséder physiquement un album, pouvoir le tenir dans mes mains, lire les paroles etc. En plus la qualité est meilleure qu’un MP3. Cela dit, il y a une attitude générale chez les gens de nos jours, qui consiste à croire, à raison ou à tord, qu’ils ont le droit d’accéder gratuitement à ces médias. Pour les films c’est encore pire. Et dans la musique, iTunes a ouvert la voie à une génération de personnes qui consomme des chansons à l’unité et n’écoutent plus les albums en entier, et je pense que c’est fondamentalement néfaste.
Mark : Oui le téléchargement illegal a effectivement détruit la base des revenus des artistes et pas seulement des plus connus, aussi des petits groupes. Cela dit, il faut voir le bon côté des choses, j’ai reçu plus de royalties pour Quantum lors de notre courte période d’auto production que durant tout le reste de ma carrière où j’étais signé sur un label (qui ne payait rien !). Mais ça a toujours été difficile de faire de la musique et de gagner sa vie avec. Je pense que le plus gros changement qu’on va voir se dérouler est le passage des shows live à internet. Partir en tournée devient de plus en plus cher et le modèle « donner sa musique gratuitement et gagner sa vie avec les tournées » ne se concrétise pas, sauf peut-être pour les plus célèbres (Prince par exemple). Cependant, essayer de faire de l’argent dans ce genre de musique est presque impossible, donc on n’essaye même pas. Ce travail est notre amour, et tant que ça ne nous coûte rien, on est contents.

Magic Fire Music : Voilà, l’interview est terminée. Je vous laisse le mot de la fin !!
Mark : Ok ! Merci pour ces questions intéressantes. Achetez notre album !






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Magic Fire Music : Hi guys. Thank you for your time to answer my questions.
First of all I’m going to ask you to introduce the band.

Quantum Sphere : Hi Cedric. Quantum Sphere is: Joe Pearson: Guitars Greg Knox: Bass Mark Smith: Drums We are all from South London, England.

Magic Fire Music : Can you tell us more about Quantum Sphere’s story?
Joe : Quantum Sphere started out when Greg was getting drum lessons from Mark. I heard from Greg that Mark wanted to start a prog band and Greg knew of me from playing bass in bands with me for years and knew I was dabbling in progressive metal at the time. So after a few phone calls and emails, we discovered that Mark and Myself had a very similar taste and wanted to pursue that, as did Greg. Within a few months of trying to play some covers, we decided to just start writing our own stuff and then BAM! Quantum Sphere was born.
Greg : I had this wacky idea that I could train myself up to drum for my old band, and Mark was the only drum teacher I knew that taught metal drums. We got on and a few months later, he told me that he had this idea for a band that was Meshuggah meets Cynic, and did I know any guitarists. I’d known Joe for ten years from being in bands and that not only was he talented but he was a big Cynic fan. So I approached him with the idea and he was interested. Him and Mark starting chatting and things snowballed from there.
Mark : I was teaching Greg drums for a few months. I think he wanted to learn to play in another project that he was working on. We had some commonalities in the music we liked, particularly a mutual love for tool and meshuggah. I had just finished with a band called anchorhead who played Star Wars cover music in the style of Meshuggah. I really missed the style and wanted to do more of it!. It had been my dream for a few years to have a prog metal trio (3 is a good number for band members. Very easy to deal with) and during a lesson one day I mentioned to Greg that I would like to find a guitarist for a meshuggah style project. Greg put me in touch with Joe. It turned out that Joe was the brother of one of my former students, who had introduced Joe to Planet X in a weird circular influence! So anyway, I spoke with Joe and we both had some material written and were into the same sorts of music and bands so we began writing. Greg came on board at the same time to do bass and Quantum Sphere was born. The trio format is perfect for us because all three band members are really into what we do, and most importantly, we really love playing music. Band rehearsal is a pleasure, not a chore, and so things have run pretty smoothly so far. We tried out a keyboard player for a while but it didn’t really work out so we stuck with just the three of us. We use backing tracks and videos live and play to a click.

Magic Fire Music : Do you consider yourself as a Progressive Metal band? Why?
Joe : I prefer the term 'Fusion' as we take different styles and fuse them together, but in terms of genres progressive seems to be the most appropriate and more correct I suppose, but its just a label to help identify our sound. Best thing to do is listen to it and make up your own mind.
Greg : I don’t consider the term ‘progressive’ to be a dirty word. It’s taking a genre, in this case metal, and adding disparate elements into it to make it more interesting. So in that case, yes I would consider us to be a progressive metal band
Mark : I would call us progressive metal, yes. I think fusion is also a valid tag, but we are not really what I would consider jazz fusion. I’m not really a fan of bands who have a million descriptions for their music. We are progressive metal.

Magic Fire Music : Why did you decide to play that kind of music rather than another?
Joe : Well we started out wanting to mix Planet X with Meshuggah, or to play Meshuggah style stuff with more solos basically, and ended up with 'The Space Adventures of Pyjama Boy' after we found our way of writing. It just took form then fed itself really. I personally really like computer game soundtracks, movie soundtracks and soundscape-y stuff, so I brought a lot of that and blended it with modern metal riffs and progressive style leads and melodies. But yes, as I said once we found our way of writing, we just went with that and it became Quantum Sphere.
Greg : Some of my favourite bands are progressive – Tool, Opeth, Emperor, Enslaved, Meshuggah – so it’s obvious to try and do something similar to that. It’s challenging music to play, and it’s fun. The rewards are greater too because of the sense of personal achievement that comes from playing technical music and playing it note for note perfectly
Mark : Quite simply because I love the style. I like music that has layers and deep creativity. I also love layering (superimposing one time signature over another, like Meshuggah). The sliding feeling that creates is amazing! I also play music that improves me as a musician. I have no interest in music that I feel will not improve me. Quantum Sphere’s music is very difficult to play, and I relish the challenge of playing it note for note live (most of the time….)As a band we often talk about how this music makes you a better player and how much we all love that aspect of it. Also, being an instrumental band gives us a great scope for experimentation particularly with regard to instrumental orchestration. Nothing is too weird for us!

Magic Fire Music : Wikipedia says: “In physics, a quantum is the minimum indivisible amount of any physical entity involved in an interaction, whether it is energy, linear momentum or mass. It is a major notion in quantum theory which is the basis of quantum mechanics”. Do you have something to add to this definition?
Joe : No
Mark : Not really. I am interested in physics, but not to the extent that I can add to a great definition.

Magic Fire Music : And then of course I’m going to ask you: why Quantum Sphere? Who found this name and why?
Joe : Mark thought of mixing two of his favorite album titles together. Going back to what I said previously about our initial goals of mixing Planet X with Meshuggah, Mark took 'Quantum' By Planet X and 'Chaosphere' by Meshuggah and threw them together as fast as he could and the result was 'Quantum Sphere". We couldn't think of anything better so we went with that.

Magic Fire Music : The title of the album is pretty strange. What does it mean?
Joe : I came up with the name for the second song we wrote ' The Space Adventures of Pyjama Boy' not expecting it to stick, as we got in the habit of naming everything we done so we didn’t end up with 100 songs called 'SONG 1' or 'Idea 23'. I got the idea when my mother came home with some new DVD's, one of them being 'The boy in the striped pyjamas". I thought that would be awesome if it was set in space, because anything set in space generally is awesome! And not too long after that I came up with the name, and it stuck and we now have to live with it.
Mark : We always name the songs while we are writing them so as to save everyone referring to “song 1” or whatever (which gets confusing). I saw that Joe had titled a song “The Space Adventures of Pyjama Boy” and thought it was such an awesomely pretentious prog name that we had to use it. Whe Maxine (Fillipe, cover designer) came into the picture, she ran with the idea and actually created the “Pyjama Boy”character. If you look on the cover you will also see “Pyjama Cat”, one of Maxine’s creations. I think there wll be a song named after him too one day…

Magic Fire Music : When I look at the cover, it reminds me of the book “The Little Prince” (“Le Petit Prince” in French) from Antoine de Saint Exupéry. What do you think about that?
Joe : *Googles* I have never read or heard of the book but I see the similarities! The artist who made the cover is French after all, so maybe that’s where she got some inspiration from...
Greg : I’ve never heard of it, but having seen the cover, I agree with you. Not sure if that was a deliberate choice or not though. You’d have to ask Maxine about that
Mark : The cover art was drawn by our good friend Maxine Fillipe. She is an amazing special effects designer and illustrator. We sent her the album and trusted her to come up with some awesome concepts for the artwork, which I think she has done. I certainly prefer to work with people who don’t require much guidance, and whom I trust to do a great job! I don’t see the point of hiring an artist and then dictating to them. I think the cover artwork has contributed greatly to the overall feel of the album and we will certainly work with Maxine again.

Magic Fire Music : Is this a concept-album? What is The Space Adventures of Pyjama Boy about?
Joe : I wish I could say there is a story behind it but there is not. It’s mostly us experimenting with a new style of music neither of us had previously written before, all of us coming from a death metal back ground, myself having been in Fleshrot for 6 - 7 years. So most of the songs were a result of us doing something new. For example with the song Error, I set out to be purposely weird and experimented with 7/8 and 7/16 phrases and then that song happened.
Mark : There is no concept behind the album in the sense that it doesn’t tella story as such. Rather we looked to create a certain feel with the music. When we started the band we wanted to create a hybrid of Meshuggah and Planet X. For me there is a clear distinction sound wise between the earlier material and the later material. Tunes like Perplexia and Tachyon for example have a much stronger Djent feel to them, and are more obviously Meshuggah influenced. I think we hit our stride when we composed “The Fornax Void”. That tune was the one that really solidified our sound. Tunes like “Attack Ships…” and “Interplanetary Probe” were written after “Fornax…” and I think this shows. By that stage we had begun to expand our melodic pallete and use longer more complex chords and progressions. These later tunes are reflective of the direction I think we will continue on sound wise. The other technique we use a lot is overriding. We often superimpose a ride pattern over a native time signature to help it groove more. For example, Perplexia is 19/16 with a 4/4 ride pattern superimposed. It helps the song flow much better.

Magic Fire Music : What are your influences?
Joe : I love computer games, old and new, sci-fi movies and sci-fi in general, space and astrology, so take a lot of influence from those. Musically I like computer game music, sound tracks and sound scape and some classical. Bands I like and take influence from are Planet X, Tony Macalpine, Paul Wardingham, Meshuggah, Cynic, Morbid Angel and many other bands who I have listened to over the years. I'm not a big band follower/listener and like more instrumental and orchestrated music, so when it came to Quantum Sphere, I wrote a mix of what I like to listen to.
Greg : My main musical influence is Justin Chancellor from Tool. He’s the reason that I use a lot of pedals to shape my sound. I’m also a fan of Steve DiGiorgio. I think what he’s added on the albums he’s played on is very unique and intangible, something that I’ve tried to follow throughout my musical career. I’m influenced a lot by film scores too. At the moment, I’m really into Clint Mansell and Goblin
Mark : Musically I am primarily influenced by Slayer and Dave Lombardo. They were the first band I got into and I still love them today. His playing is so seamless and powerful and he looks like he is having fun (and after all music os supposed to be fun!). I try and borrow from his style of playing so that Quantum Sphere projects that sort of energy live. We don’t want to be boring to watch! Drummer wise I love Virgil Donati, Thomas Lang, Mike Mangini, all the great progressive modern drummers. Band wise, Planet X, Morbid Angel, Cannibal Corpse, Cynic, Paul Wardingham, Meshuggah. I like heavy aggressive music, but well written heavy aggressive music.

Magic Fire Music : You all have different musical backgrounds, how did you manage to become so perfectly complementary?
Joe : It was more a mutual understanding. We laid a few ground rules at the start: basically we didn't get personal over the music we wrote too much; we just did it and if no one thought of anything better we moved on. Mark would write a lot of guitar parts and I would write a lot of drum parts. We found having a drummer write guitar parts, and a guitarist writing drum parts very fresh, different and interesting. Also we liked the challenge of learning something we would have never thought of in the first place!
Greg : I personally don’t think our musical backgrounds are that different. We all started out playing extreme metal but we developed an interest in the more progressive side of that as we went along. Death is a common turning point for us: for Mark it was ‘Human’; for me it was ‘Symbolic’. This is the easiest band I’ve ever been in as far as ego and working relationships go. For me personally, over the years I’ve learnt what not to do in different situations as much as anything else, so I’ve brought that experience with me.
Mark : I feel very lucky to work with Joe and Greg. From day one we laid out some simple ground rules so that the band would function well. The most important of these I believe is that no one is to be precious about their music. If someone has a better idea, then we use that. Music before ego.

Magic Fire Music : In my review of this album I made a comparison with bands like Cynic, Meshuggah, Zero Hour and Magellan. It is pretty hard to imagine that a band can be close (musically speaking) to all those bands at the same time. But you are! How do you compose? Are you jamming or is each one of you coming with his own compositions?
Joe : I would come up with some notes or chords I liked a lot, then thought of a cool rhythm, then once I had those two ingredients the rest of the song would just pour out. Mark would write out a whole foundation for a song, then I would take it, refine it, and add a guitarist’s touch to his drummers way of thinking and vice-versa, or one of us would have written the whole thing. Then I would end up adding the extra layers and bass part and most of the solos and doing some general tweaking. Greg would listen over to the finished product and arrange it in a way that made sense, as its very easy to think too much about certain sections or riffs and forget about the song as a whole, that was were Greg would come in.
Greg : Yeah, I just let Joe and Mark concentrate on the creative side because that works for us. I like to think I have a good ear for structure and to be able to sense if something’s working or not, so that’s what my input to the writing process is
Mark : We are all striving to make the best music we can to the highest standard we can achieve. It has evolved into a very efficient and creative writing and rehearsing method. Our strengths compliment one another, for example I am good at fleshing out initial ideas and riffs and structures, Joe is excellent at refining chord structures and making things flow and make melodic sense. Greg has an amazing ear for arrangement, so we tend to bounce stuff around until everyone is happy. Often, Joe will write many of my drum parts, and I will write many of his riffs and solos. Same for Greg. I love the challenge of playing parts someone has written for me. It makes me think differently and expands me technical palette. Guitarists are very good at writing interesting drum parts because they do not think in a “drummy” way. Same goes for drummers writing guitar parts. F you wish to create something different, then you must approach it differently.

Magic Fire Music : Your music is pretty complicated. And there is no singer. It is not easily accessible for everyone. Aren’t you afraid to make a too much elitist music?
Greg : Personally, I’ve never cared about that. I’ve never been in a band to “make it” or to be famous. It’s easier to just make music that you’re passionate about and if people like what we do, then great
Mark : Not really. We love playing this music and to be honest that is all that we really worry about. It’s not possible to please everyone. So far the people who are into it are REALLY into it. And I prefer that. A hardcore fan base translates into a longer career.

Magic Fire Music : Why did you choose to have no singer?
Greg : I think in the beginning we didn’t want one because they can be difficult to work with. Personally, I think the music speaks for itself enough without needing vocals on top of it to potentially muddy things. A lot of it as well is that, frankly, most singers aren’t actually very good and detract from the bands they’re in. With us, that problem doesn’t exist
Mark : When a singer is present the music must revolve around them. And to us, that is restrictive. We wanted to create something that does not suit a singer. There are already plenty of bands with singers. For us the “watchable” element live is the video show that we have accompanying our set.

Magic Fire Music : This album has an excellent production. Who did the job? It sounds very professional, congratulations!
Mark: Thanks! The production duties were handled by Joe. We are really pleased with the result.

Magic Fire Music : Are the three of you playing a lot of gigs together? Is there a lot of improvisation or do you prefer to play your songs the normal way?
Greg : We have to play the music as recorded due to the nature of the music we play and the logistics of it. Mark does improvise different things in practice though, which can sound awesome
Mark : This music is written with the intent of playing it note for note. That is the challenge of Quantum Sphere. Whilst I will alter some fills from time to time generally we play it as close to the record as we can get it on any given night.

Magic Fire Music : Besides music, what are you passionate about?
Greg : I’m a massive film buff. I take it very seriously indeed. I’ve probably seen over a thousand films in the last 2 years. My taste has evolved over time to the point where I prefer independent American or World cinema to mainstream cinema – which echoes my taste in music too. My favourite contemporary directors are Christopher Nolan, The Coen Brothers, Darren Aronofsky, Paul Thomas Anderson and David Fincher. I’m also writing a screenplay at the moment that I hope will one day be turned into a film
Mark : In addition to being a drummer I am also a hypnotherapist so that occupies a lot of my time. I’m writing a book about human behavior and anxiety. I like Airsoft (war games similar to paintball), and war games on the PC as well as watching lots of military documentaries on discovery. I am fortunate in that my jobs are also my hobbies.

Magic Fire Music : What is making you angry the most today in the musical world?
Greg : How transparent the mainstream metal magazines are over here, for one. I had a couple of experiences in my last band that showed me how fake everything is and how easy to manipulate they are. Zero Tolerance seem to have every scenester in London on their staff too, which doesn’t help things In relation to this, it’s interesting you mentioned elitism earlier because that’s always been a sore spot for me. In the black metal scene in particular over here, there seems to me a small group of people who, if your band doesn’t fit in with their narrow view of what black metal should be, then you’re automatically seen as unworthy. The people who are like this have a hugely overinflated opinion of their own self-importance, which is amusing if you take a step back and look at the bigger picture. It’s a shame really because the impression that I get is that it’s not like this in the rest of Europe. They seem to support each other a lot more, whereas here there’s a lot of infighting and politics
Mark : To be honest, nothing really makes me angry. I guess if I had to pick something, I would pick bands lack of professionalism. Particularly in the UK there is a real tendency for bands to act unprofessional (turning up late, turning up without gear etc). It’s seen as ok to be slack and that’s not my ethos at all. In addition, so called “promoters” can make life extremely challenging for bands. Getting paid for playing is really hard these days.

Magic Fire Music : I think it is a pity that your album was not released on a physical CD version. Is this a choice?
Greg : It was our choice to do that until there was enough demand for us to bring out physical copies, which we now have
Mark : Over the last decade or so downloading has reached a point where now music is expected to be free. As a result, selling CDs has become harder than ever, as people will simply download a copy for free. Producing high quality CDs is an expensive undertaking, and we made the decision to go mainly digital to keep costs down. CD’s are simply not viable anymore. We have produced a short run of physical CD’s recently but it’s not something we will be doing unless the demand is there. Which I don’t see happening anytime soon.

Magic Fire Music : Are you against illegal downloading or is it no problem for you?
Greg : I’m not against downloading per se. My own personal choice is to download an album that I think I’ll be interested in, listen to it a few times, and if I like it then I’ll buy a physical copy. That way I’m “rewarding” the artist for the good work that they’ve done. A few bands that I like are very underground so the money will go directly to them as opposed to being swallowed by a label. Also, I’m a collector – I have about 450 CDs currently. I like physically owning albums, being able to hold it in my hands, read the lyrics etc. Plus the quality is better than mp3.
That being said, I think there’s an attitude now where people believe, rightly or wrongly, that they’re entitled to free media. With movies, it’s worse, but as far as music goes, iTunes has created a “shuffle” generation of people who cherry pick songs and don’t listen to whole albums any more, which fundamentally I believe is wrong
Mark : Yes. Illegal downloading has effectively destroyed the income base of not only mainstream acts but smaller bands too. That said, it is here to stay. And looking on the bright side, I have received more in royalties for Quantum in our short time self publishing than I ever did in my time on a record label (who paid nothing). On balance, it has always been hard to play music and make money. I think the biggest change we will see unfolding is the shift to the internet and away from live shows. Touring is becoming more and more expensive and the “give your music away free and make money touring” model has not materialized except for the already huge acts (Prince for example). However , trying to make money in this genre is pretty much impossible, so we don’t try. This is a labour of love for us, and as long as it doesn’t cost us, we are happy.

Magic Fire Music : Ok, the interview is over. I let you conclude.
Mark: Ok! Thanks for some great questions and everyone buy our album!!

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