Magic Fire Music : Salut Kalùm et merci de nous accorder cette interview. Pour débuter je vais te laisser faire les présentations !
Kalùm : Je suis le Kalùm, l’Invoquateur, celui par qui les prières sont entendues, et les Dieux m’ont oint du miel, de la bière sacrée, et m’ont investit de leur parole pure comme la pluie du ciel, inspirée comme le feu de la foudre. Dans ma substance terrestre, je commande à la Voix perçante et profonde, aux Guitares, au xylophone, chalémie, flutes.
Le fier Nash Patrî a été invoqué pour composer et exécuter les parties de batterie. Il est le Sacrificateur, devant lui tombe les victimes dont les parfums de viandes grillées atteindront les Dieux.
Le Sha Îlùm poète purifie ce qu’il touche. Là où il a versé les extraits de ses percussions iraniennes, la musique se fait plus éthérée. Il donne source de toute rêverie et appuie la rythmique pour communier l’offrande du Nash Patrî.
Le puissant Ashipù a le rôle d’exorciser. Il a donc fait abjuration de tous les maux contenus dans nos titres. Il a posé les lignes de basse pour que la clameur soit entendue jusqu’à Sippar, Nippur, et Babylone.
Le Ramkum Pashishùm, est notre scribe. Connaissant les arts sacrés des images, il a donné vie au visuel de l’album. En invoquant son maître Ea le Lumineux, il a donné une image et une figure à notre musique. Il est partie intégrante du projet depuis le début, par ses fonctions de scribe. Il a aussi chanté sur la deuxième chanson.
Le Barù est un officiant invité, qui a pratiqué une divination sur un titre. En auscultant les auspices, il a rendu gloire à Enki et à Mardouk le Grand.
Le SÂR Mérodach Naram-Ea, « l’aimé de Ea La Sagesse », a été mon protecteur avant ma naissance, et le sera longtemps après ma mort. C’est mon Père, qui connaît la sagesse de mes ancêtres, et m’a donné sa force. Sur cet album, au début et à la fin, il actionne une crécelle pour chasser les mauvais esprits, les Utukkus.
Autrement dit, c’est le plus vieux métalleux existant ! Et le plus sage, certainement.
Magic Fire Music : Ê, est un nom plutôt spécial pour un groupe. Pourquoi un tel choix ? Quelle substance illicite aviez vous pris lors du choix du nom du groupe ?
Kalùm : Le nom du groupe est écrit en cunéiformes sur l’album et partout où nous pouvons le faire figurer.
Ce sont les premiers termes d’un poème ancien. Nous le résumons pour internet et entre nous sous les termes « Ê », « projet Ê », « Kherubîm ». Je crois que je n’ai du prononcer le vrai nom que trois ou quatre fois dans ma vie, presque toujours en le murmurant.
Il y a toujours une gêne lorsque nous devons parler de ce groupe. Comme un silence pesant que ne recouvre aucun vocable. Ce groupe se contente d’exister avec cette aura de silence concernant son appellation. C’est tout à fait ce que je veux. Il est. Il Ê. Ah Ah !
Peu de personnes connaissent la véritable puissance de cette écriture en forme de clous (cunos, le clou). En réalité c’est l’écriture du ciel ! Ce sont comme les points des étoiles d’où viennent les Dieux, et la queue des comètes, leurs chars de feu.
Magic Fire Music : Votre premier album, Kherubîm est sortit chez Antiq Records. Sais tu que vous êtes des petits chanceux ? Peu de groupes ont, de nos jours la chance d'être signé dès le début. Comment avez vous fait ? Comment se passe votre collaboration ?
Kalùm : En réalité, c’est vrai que le Ashipù et moi sommes des chanceux, puisque nous avons la chance de faire la musique que nous voulons avec Kherubîm, et qu’en même temps nous faisons fonctionner notre label Antiq. C’est vrai que peu de groupes ont cette chance, mais j’avais tout de même écrit un premier album cassette, Igigis, que je n’avais pas sorti sur le label mais en quelques exemplaires seulement.
Il nous a suffit de constater que de loin, Kherubîm était ce que nous avions produit de plus propre jusque là pour nous dire que nous pourrions en faire l’étrave du label.
Notre collaboration avec le label se passe très bien, le label s’occupe très bien de nous, puisque nous prenons le maximum de temps pour nous consacrer aux groupes signés.
Magic Fire Music : Kherubîm est un concept album si je ne me trompe pas ! Il y a des références archéologiques, des références à des dieux il me semble ? Est-ce que je me trompe ou que j'oublie quelque chose ?
Kalùm : Absolument. Kherubîm n’est pas un album où les textes ont été écrits sur un coin de table. Certaines de nos paroles furent écrites à l’aube des temps, quand l’esprit brumeux de l’homme contemplait l’immensité du monde. Je veux dire par là que nous chantons des textes en akkadien, mais toujours, qui correspondent au concept archéologique de cet album.
Il a fallut plus d’un an d’études en assyriologie, de recherches sur Sumer pour comprendre les origines, sur la Mésopotamie pour comprendre les relations des royaumes.
Ce n’est pas un disque où on a brodé des petites légendes à partir de trois pages wiki, en faisant un joyeux mélange de ce qu’on a pu trouver. Tu comprends que quand je vois ça chez d’autres groupes, je me dis qu’en instrumental ça serait aussi bien.
Excuse moi, mais ça me fait sortir de mes gonds. Il se dit tellement de conneries sur les Sumériens, sur la Mésopotamie. Nous collons avec authenticité avec les poèmes anciens, les écritures sacrées, avec également l’Histoire et bien sûr avec la vérité archéologique.
Kherubîm est le pluriel de Kheruba, et vient de la racine shamito-sémitique « Kh-R-B » soit « bénir ». ça a donné Chérubin.
Les Bénisseurs dont nous parlons, ce sont depuis Sumer jusqu’à Babylone de grands génies, protecteurs du genre humain. On voit leur caractère protecteur marqué dans les stèles lorsqu’ils sont dôtés d’ailes. Lorsqu’ils gardent une porte, ou lorsqu’il tienne des fleurs de pavot ou des pommes de pin, le doute n’est plus possible.
Kherubîm est le deuxième album d’une triade d’albums. Le premier, Igigis, parlait des petits dieux, des divinités secondaires rebellés.
Ces Bénisseurs là, ce sont les protecteurs des Têtes Noires. Ils veillent à assurer la protection des hommes contre les mauvais sorts, contre les maléfices, les sorciers.
Ce ne sont pas des Dieux à proprement parler, même s’ils honorent les Dieux, et sont les intermédiaires entre les hommes et les divinités supérieures.
Les deux personnages sur la pochette sont appelés Lamassùs ou Shedùs. Ce sont des taureaux androcéphales ailés qu’on trouve aux entrées des grands palais, notamment celui de Sargon II. Ces génies ont un caractère bénéfique et un côté négatif également. Ils peuvent être « retournés », devenir mauvais à cause d’un sort ou de leur propre chef.
Magic Fire Music : Quelles sont vos références musicales ? Quels sont les groupes qui vous ont donné envie de faire de la musique ? Avez vous tous les mêmes influences ?
Kalùm : Et bien nous avons un socle commun de vieux thrash et de death première époque. Après les uns tirent vers le heavy (moi, le Ashipù) et le Nash Patrî vers le hard. Le death nous a à peu près tous réunis, mais nous ne nous doutions certainement pas que le caractère pesant donnerait une âme un peu doom à tout ça !
Après, je vais pas partir dans le name dropping, c’est inutile. Je citerai juste concernant Ê, ce que tous pourront reconnaître : Portal pour sa vision ambient’ du death, et Borgia pour le caractère historique pensé dans ses moindres détails. Je n’essaye pas d’y copier ma version du death, mais je leur rends hommage.
Magic Fire Music : Quelle est votre façon de composer ?
Kalùm : Au départ les Dieux m’inspirent des thèmes qui correspondent à la direction que je donne à l’album. Ainsi dans Kherubîm, il y a le thème général de la bénédiction, de la malédiction. On trouve donc des chansons traitant de fierté, d’accomplissement, et de glorifications personnelles mais aussi de solitude, d’isolement, de sentiment de culpabilité.
Je compose ensuite des riffs de guitare pour coller à ces émotions.
Le Nash Patri compose les parties de batterie.
Le Ashipù compose seule les parties de basse en harmonie (pas un simple copié collé)
Enfin je réalise les ambiances, aidé du Sha’Ilùm pour les percussions.
J’intercale les ambiances dans les moments où la musique peut avoir besoin qu’on la relance.
Magic Fire Music : Je dirais que votre musique est expérimentale. Et vous comment la définissez vous ? Certains reproche à votre musique de n'avoir ni queue, ni tête, d'avoir un manque de construction évident, de proposer de grands blancs entre chaque titres, une production pas top... Bref, qu'as tu à dire pour la défense du groupe ?
Kalùm : Je dirais que c’est du death ambient. C’est construit assez basiquement, donc je vois pas en quoi ça n’a ni queue ni tête, en réalité c’est plutôt simple. Enfin c’est pas parce qu’on met plus de trois riffs qu’il faut voir ça comme déconstruit… Ce que t’appelles les grands blancs, ça doit être les interludes d’ambient au milieu des titres, plutôt que de faire un CD avec 20 pistes, ça s’imposait. Sinon personne ne les écoute ces ambient.
Pour la défense de ces compos ? Je dirai que c’est le style de doom death ambient qui veut ça. On demande pas à Immortal de jouer lentement ou à Morbid Angel de faire de la techno. Pareil pour le son, je n’imagine pas autre chose que le son ultra old school, t’imagine une sorte de modern metal ? Mais ça serait totalement grotesque ! Si on réécoute Kherubîm on verra toute la substantifique moelle de « Beneath the remains » refaire surface par notre son.
Pour tout te dire, et pour avoir lu, vu, et entendu beaucoup d’âneries dans le folklore du metal, j’aimerai bien ajouter que beaucoup de gens imaginent qu’un groupe est écoutable quand il a un super son, des chansons de 4 minutes, et des compos bien faciles à retenir. Ces gens là s’imaginent que le metal est une marque qu’on doit apposer par consensus au nom de ceux qui l’ont enregistré, produit…
Mais on est pas Therion, on est pas Dimmu, on est simplement des passionnés qui faisons le son que nous voulons entendre. Je refuse de verser dans la facilité de se cacher derrière le travail d’un ingé son qui est plus une marque qu’on achète. Le jour où j’y aurai recours, je le mentionnerai, mais je n’en ferai pas un argument de vente : « Enregistré par machin au bidule studio ».
Bon sang. Que les gens oublient que ça fait 10 ans qu’on leur sert des productions aseptisées et
mainstream même dans le metal. Qu’ils en écoutent comme un son nouveau et neuf ! Qu’ils n’aillent pas faire leurs courses en se faisant servir la facilité sur un plateau de consensuel !
Magic Fire Music : D'après-toi quels sont vos points forts ? Qu'est ce qui dans votre musique va permettre d'accrocher l'auditeur ?
Kalùm : Notre honnêteté, notre intégrité dans notre démarche. Tu sais, après avoir étudié les racines de Sumer en long et en large, ça me révulse de voir des auteurs de science fiction donner de la pseudo science (les extra terrestres seraient les anciens dieux, etc… l’homme est un descendant des dieux).
Mais quel fatras !!! Ce serait juste de la mauvaise science fiction si un tas d’habiles menteurs n’avaient pas voulu en faire une pseudo théorie scientifique.
Voir chaque semaine de nouvelles théories fumeuses me fait chaque jour plonger plus au cœur de la vraie histoire, écrite par les vrais historiens.
Donc, pas encore un groupe sur la Mésopotamie, mais un groupe intègre et avec de sérieuses bases sur Sumer et Akkad, Babylone pourquoi pas, les Hammurabis pourquoi pas mais c’est tout. Les séparations sont quand même assez claires au Louvre et au Pergamon ? C’est agaçant cette façon qu’ont certains groupes d’user de superficialité pour écorner à peine un sujet et ensuite bondir sur un thème vaguement voisin.
Kherubîm c’est simplement un album de death / doom aux ambiences d’Iran / Irak ancien, réalisé totalement en dehors de tout code artistique établi, si ce n’est dans le respect formel de la continuité historique, des limites géographiques.
Ce n’est en tout cas pas le pot pourri qu’on peut voir habituellement : viking-celte-pagan-jupes écossaises metal.
C’est pas du metal en costume Fantasy World of Warcraft, c’est l’immersion totale d’étudiants en histoire de l’art dans une des civilisations du Proche Orient Antique. D’ailleurs qu’est ce d’autre l’archéologie ?
Magic Fire Music : Je suppose que vous êtes satisfaits de l'album. Mais y a t-il quelques points que vous aimeriez changer ?
Kalùm : Et bien, il a souvent été évoqué la répétition des riffs. Il me semble que ça contribue pourtant à l’aspect rituel du groupe, sur un album qui se veut lancinant. Je ne changerai pas ça. Ils créent une atmosphère pesante de labeurs répétés et de tâches réitérées.
Non, si je devais changer un truc, je foutrais les paroles dans le livret, car pas une seule personne ne s’est bougée pour se procurer les bouquins qui recensent ces écritures sacrées. Personne ne m’a écrit pour me demander les paroles (à part un bon ami, qui joue dans Ilbeltz).
Si je devais changer un truc je répéterai plusieurs fois avec les gars pour bien caler le truc et expurger les chansons.
Magic Fire Music : En tout cas bel artwork. Qui l'a créé ? Penses-tu que cette image retranscrive votre musique comme il se doit ?
Kalùm : Camille Roudier a créé l’artwork. http://camille-roudier.blogspot.com/
J’avais déjà l’idée de deux Lamassùs qui garderaient le soleil Shamash. J’avais envie que l’on représente ces deux bêtes mythologiques comme des êtres vivants, en pierre. CR a été hyper patient, et on a travaillé jusqu’au bout pour obtenir un résultat hyper chaud, oppressant de puissance et de domination absolue.
J’ai également eu l’idée des stèles nous représentant gravés dans la pierre. Nos positions, gestes, attributs sont tout à fait réfléchies et ont une signification.
Magic Fire Music : Kherubîm est sorti en décembre. Je suppose que vous avez toute sorte de retours, des bons comme des mauvais. Quel est pour le moment le retour qui te fait le plus plaisir ? Et le moins ?
Kalùm : On nous a dit que Kherubîm était comme un hôtel, j’y devine : « où l’auditeur était invité à poser ses valises et se divertir ». Je dirai même un putain de grand palais ! Un énorme, un gigantesque palais, où il suffit de se promener et de goûter à l’hospitalité des maîtres de cet Eanna. En vérité, il y aura toujours une main pour vous guider et vous faire admirer les secrets que nous avons scellés dans cette bâtisse immense. Exegi Monumentum !
On nous a dit : « Some of the riffs are OK ». Quoi ? c’est quoi ça ? c’est une putain de douane maintenant ? J’ai l’air d’un routier avec une gueule louche pour qu’on me soupçonne de convoyer des riffs pas réglementaires ? Depuis quand un chroniqueur est un agent du bon goût qui passe au crible du métalement correct des airs de guitare ? Bon t’as compris inutile de donner plus de crédit à ça. Un mec qui en 30 de « métalisme » a tenu un micro 4 ans dans les années 2000 et se prétend rouillé c’est un sacré foutu poseur pour gothopouffes, un collectionneur de disques et rien d’autres.
Donc si des musiciens me lisent, n’envoyer pas vos disques à Metalcrypt.com, ça ne sert à rien, ce site n’encense que le mainstream que tout le monde aime et parfois l’underground que leurs potes leur filent d’un air gêné. Aller. J’en ai plus qu’assez de parlé de ce jean-foutre de Paul Batteiger de Tulsa, Oklahoma, USA.
Magic Fire Music : Je suis sûre que nous (les chroniqueurs) passons à côté de pas mal de choses tant l'album est complexe. Qu'en penses-tu ? Crois-tu que certains n'ont écouté votre musique que d'une oreille ? Quel est l'élément moteur du concept autour duquel tourne l'album et nous avons oublié de mentionner ?
Kalùm : J’en pense qu’il vous faudra trois fois plus de temps à décrypter le code que je n’en ai mis à le fabriquer, haha ! Certains cherchent, comme toi, et trouvent. D’autres passent tant de temps à relever des détails qu’ils trouvent des pièces qui leurs manquaient pour comprendre.
Par exemple, pour rendre honneur aux enfants que nous fûmes, on a inséré dans Kherubîm des références aux jeux vidéos de notre prime jeunesse, Age of Empires, Diablo, Total Annihilation. Et il y a plein de références à d’autres choses encore dans cet album, visuellement ou dans le son. Des arcanes, des portes ouvertes vers la compréhension totale de cette œuvre d’art totale.
Oui certains chroniqueurs, notamment des américains, hollandais, sont passés loin au dessus de l’essentiel en proposant même de ne chroniquer que des MP3… (bel exemple).
L’élément moteur de cet album, est que tous les hommes furent créés par les Dieux dans le Bien, dans le but de les servir en mettant leurs qualités au service du Bien et des Dieux. Pour les aider, chaque homme possède un Protecteur, un Bénisseur, un Kheruba, qui est l’origine de la fameuse Bonne Étoile.
Et bien ce génie de bienfaisance, chacun peut le détruire et le tuer à jamais.
N’oublions pas que nous sommes fait de la tâche originelle du mal, le sang de Kingu.
Ce génie que nous avons tous, ça peut être une personne, une idée, un concept, un objet, un animal, ou tout simplement un Idéal que vous vous faites de vous. Et si vous le trahissez ne serait ce qu’une fois, alors les Dieux pourraient bien vous abandonner à jamais. Car si tu fais le Mal une fois, pourquoi ne pourrais-tu pas recommencer un jour ? Si tu goutes un poison une fois, qui te garantit
que tu ne l’absorberas pas un jour encore une fois ?
Si les Hommes étaient plus honnêtes envers eux-mêmes, s’ils savaient plus souvent tourner la tête et voir au dessus de leurs épaules, flotter les deux ailes puissantes de leur Génie. Alors bien souvent ils trouveraient dans leur cœur la force de se détourner du Mal.
Magic Fire Music : La scène pour vous, rêve ou réalité ?
Kalùm : Un jour les habitants des villes verront les murs se couvrir des cunéiformes sacrées.
Ils viendront alors vers un lieu de grandes clameurs, en nous apportant les offrandes de miel, de lait et de bière, qu’ils partageront avec nous.
Nous descendrons alors faire entendre la Voix des Dieux, le terrible AN KA, la Bouche de Feu par laquelle Enlil et Marduk le Plus Grand parleront.
Nous sommes ce qui Commence, là haut.
Magic Fire Music : Quels sont les projets du groupe à courts et longs termes ?
Kalùm : Bientôt nous allons entamer la composition du nouvel album, ANUNNAKU. Nous rendrons hommage aux Dieux de sagesse et de bonté en accomplissant notre metal plus rapidement, et en recherchant plus loin encore le caractère de Sumer et d’Akkad.
Entre temps, je réaliserai un split ambient avec un groupe de dark ambient / noise reconnu, de Norvège.
Tout cela prendra du temps. TTT.
Magic Fire Music : Y' a t-il une question que j'ai oublié de poser et à laquelle tu aurais souhaité répondre ?
Kalùm : Non… Peut être tes questions reflètent t’elles ton esprit à l’heure qu’il est. Peut être faut il te laisser te poser à toi-même d’autres questions qui te viendront en lisant cette intie, en réécoutant l’album, en en parlant avec d’autres.
Magic Fire Music : Minute publicité : A toi de donner envie à nos lecteurs de se jeter sur votre galette (pas celle d'après avoir trop bu) !!
Kalùm : Que celui qui sans arrêt marche s’arrête et contemple la grandeur du monde qu’a bâti Mardouk sur le corps de Tiamat. Qu’il sente battre en ses veines Kingu.
Que celui qui parle sans cesse avec sa bouche se taise et écoute ce que son cœur veut dire. Il apprendra.
Que celui-ci, qui fait courir fébrilement le calame sur l’argile, retienne sa main, et ne grave que l’essentiel qui doit être consigné. Puis, qu’il vive !
Que celui qui agite les bras calme son agitation, qu’il se taise, et que ses gestes soient mesurés, que sa pensée soit vie.
Magic Fire Music : Un dernier mot ?
Oh! que de temps où nous ne serons plus et où le monde sera encore!
Il ne restera de nous ni renommée, ni trace.
Le monde n'était pas incomplet avant que nous y vinssions;
il n'y sera rien changé non plus quand nous en serons partis.
Omar Khayyam, (Roubaïate 75).