Crudy [Guillaume Deconinck]

13 Mars 2011



Propos recueillis par :

The Keeper


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Magic Fire Music : Salut Guillaume, comment vas-tu ?
Guillaume : Bonjour, je vais plutôt bien. C'est amusant de parler ainsi, surtout lorsque cela vient d'un alcoolique dépressif et névrosé tel que moi. Je préfère en rire. Pour une fois. Plus sérieusement, il y a toujours des hauts et des bas. Il faut savoir vivre avec. Ces dernières semaines étaient assez compliquées pour moi. Pour un tas de raison. J'avais besoin de faire le vide. J'ai essayé en tout cas.

Magic Fire Music : C'est notre première interview. Je vais te laisser te présenter à nos lecteurs.
Guillaume : Bonjour à tous ! Je m'appelle Guillaume Deconinck, j'ai 22 ans. Je suis musicien.
Après avoir publié une démo fin 2008 intitulé OUT OF TIME, je me suis récemment décidé à sortir mon album THE BEAUTY IN DECAY.

Magic Fire Music : Comment définirais-tu ta musique ?
Guillaume : Atypique. Elle reflète vraiment mes états d'âmes. Elle est très personnelle.
Je pense que peu de personnes arriveront à l'apprécier car il faut avouer que mes compositions sont quand même particulières, toutefois, ma musique a le mérite d'être sincère.
C'est bien l'une des seules qualités que je lui trouve. A titre de comparaison, écouter cet album serait un peu comme lire le journal intime d'une personne que l'on ne connait pas.
Et ce journal, je souhaitais le confier à quelqu'un que plus jamais je ne pourrai revoir.
Ma musique est pleine de défauts, néanmoins, les rares personnes qui ont eu le malheur d'entrer de près comme de loin dans ma vie reconnaîtront certains épisodes plutôt marquants de celle-ci.
A travers cet album, je tente de mettre en avant tout ce que je n'arrive pas à faire comprendre autrement qu'en musique et poésie.

Magic Fire Music : C'est un projet solo. Ce n'est pas difficile de tout gérer seul ?
Guillaume : Oui, c'est un projet solo. Il est vrai que cela représente beaucoup de travail. Composer, enregistrer, s'occuper du graphisme et des représentations. Il faut être très patient...

Magic Fire Music : Les textes sont très personnels. C'est souvent sombre et triste. As-tu besoin de la musique pour te libérer et te sentir épanoui ?
Guillaume : Epanoui, je ne peux définitivement pas le devenir.
Oui, c'est vrai, la plupart de mes textes sont plutôt sombres et tristes mais derrière tout cela se cache un bonheur immense. J'ai besoin de la musique.
C'est le seul moyen qu'il me reste pour tenter de retrouver une personne qui a beaucoup compté pour moi. L'un dans l'autre, c'est un combat perdu d'avance mais je m'accroche. Peu importe où elle est désormais, je me dis qu'un jour peut-être, elle lira mes poèmes et pourra comprendre à quel point sont absence me tue à petit feu.

Magic Fire Music : Comment composes-tu ? Y-a-t-il des périodes de la journée où tu préfères écrire ?
Guillaume : Je dors très peu, je n'ai jamais sommeil et lorsqu'il m'arrive de fermer les yeux, c'est pour penser une fois encore à des souvenirs qui me rongent de plus en plus. Depuis trop longtemps d'ailleurs et j'en suis fatigué. Je suis vraiment fatigué de tout ça. J'aimerais pouvoir rêver à nouveau. Retrouver le sourire, mais, j'ai l'impression que c'est impossible, c'est un cauchemar. Quoi qu'il en soit, je ne suis pas à plaindre, il y a bien pire.
Du coup, je dois avouer qu'il m'arrive de composer pendant la nuit, souvent d'ailleurs.
Il m'est arrivé de terminer ivre, à pleurer devant le micro ou pendant les enregistrements.
J'ai gardé le côté authentique de ma musique. J'ai préféré chanter lorsque je pleurais, lorsque j'avais la gorge nouée. Même si cela procure aux parties vocales un aspect parfois faux au niveau des notes, je peux clairement dire que j'ai vécu ma musique.

Magic Fire Music : Comment es-tu venu à la musique ?
Guillaume : Lorsque j'avais six ou sept ans, j'ai commencé à découvrir des groupes de la scène grunge comme Alice In Chains par exemple. J'écoutais déjà Pink Floyd et cela m'a donné envie d'apprendre à jouer de la guitare. Un peu plus tard, j'ai pu découvrir des groupes comme Type O Negative. Du coup, j'ai laissé de côté mon style de jeu plutôt glam-rock pour essayer de me consacrer à la composition.
Petit à petit, c'est devenu une partie de moi, mais c'est un apprentissage vraiment long.

Magic Fire Music : Est-ce que les commentaires concernant tes albums te font changer ta façon de voir ta musique ?
Guillaume : Oui, absolument, je trouve cela merveilleux d'avoir des retours sur ma musique.
Qu'ils soient positifs ou négatifs, je prête une attention particulière aux commentaires que l'on peut me faire à propos de mes compositions. Constater que sa musique ne laisse pas indifférent est une très belle récompense. Il est important d'avoir différents points de vue sur son travail.
D'ailleurs, en parlant de cela, je pense réellement continuer à jouer dans le style de la chanson Lola's burning alive. Je dois avouer que je suis plutôt fier du solo de guitare. J'ai du mettre une heure à l'enregistrer correctement !

Magic Fire Music : Si je te dis téléchargements illégaux et musique gratuite que me réponds-tu ?
Guillaume : J'ai une anecdote à ce sujet.
Il y a deux ans, j'ai écouté par hasard un groupe de glam-rock chez une amie.
Par la suite, j'avais tellement accroché que j'ai téléchargé les albums chez moi.
J'ai écouté toute la discographie de ce groupe qui était totalement inconnu pour moi : Vain.
Il faut admettre que l'album No respect est vraiment un chef d'oeuvre !
Un peu plus tard, j'ai eu la chance de pouvoir parler à Davy Vain et Jamie Scott, me demandant si ils accepteraient de me vendre cet album que je n'arrivais pas à trouver en France.
Il se trouve qu'il était en rupture de production.
Quoi qu'il en soit, j'ai beaucoup parlé de Vain dans mon entourage alors je pense que, légale ou non, la diffusion de musique sur internet peut avoir du bon dans le sens ou elle accroît tout de même la notoriété de certains groupes, qui deviennent donc abordables pour tout un chacun.

Magic Fire Music : Pourra-t-on un jour te voir en concert entouré de musiciens ?
Guillaume : C'est déjà arrivé mais je dois admettre que je n'ai pas eu beaucoup de temps à consacrer à la scène ces derniers mois toutefois, j'ai quelques idées en tête pour les semaines qui arrivent. Mais je ne vais pas en dire plus pour le moment, ce sera une belle surprise. Si tout se passe bien et que j'arrive à reprendre petit à petit la musique.

Magic Fire Music : Que pense ton entourage de ta musique ?
Guillaume : Pour être franc, je ne sais pas vraiment.
Il faut avouer que je ne suis pas toujours d'humeur à parler de mes sentiments, je suis plutôt introverti alors, lorsque je suis sobre, parler de ma musique devient un peu tabou.
Rares sont les personnes qui découvriront ce qui se cache derrière cet album.
A part peut-être mes amis de chez Anthology of sound, qui ont toujours été là pour me soutenir, même dans les moments les plus durs.

Magic Fire Music : Je te laisse le mot de la fin.
Guillaume : Une fois encore, je tiens à remercier toute l'équipe ainsi que les nombreux lecteurs de Magic Fire Music, les encourageant à écouter ma musique, disponible sur mon site et pourquoi pas, me retrouver prochainement pour un troisième album. Merci, du fond du coeur.

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