P5ycho 5hop

27 Juillet 2008



Propos recueillis par :

Angel


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Magic Fire Music : Salut et merci de vous prêter au jeu de l’interview. Je vais commencer par vous adresser mes félicitations pour votre album. Ensuite je vais vous demander de nous parler un peu du groupe, de nous le présenter.
GX : Tout d’abord, merci pour tes remerciements et de l'opportunité que tu nous offres de nous exprimer pleinement. Parlons un peu de Psycho shop alors... J'ai rencontré Jessy lors d'un festival, nos 2 groupes métal jouaient ensemble ce soir là, Tymeless (métal atmo) et Edge Caress (pop core). J'ai quitté Edge Caress pour me consacrer à mon projet électro, où à la base j'étais seul. Jessy cherchait de son côté une récréation artistique dans un groupe d'électro, et moi une chanteuse, nos annonces se sont croisées et quand on s'est contacté, nous nous étions rendu compte que nous nous connaissions. Je lui ai présenté mes compos, avons travaillé le chant, le graphisme, les textes et la production ensemble. Jessy voulait faire du live, donc nous avons eu l'idée de contacter mon ancien batteur, Vincent, pour qu'il nous rejoigne.


Magic Fire Music : Et dans la vie de tous les jours qui êtes vous ?
GX : J'organise des combats de vieux dans les maisons de retraite (rires). Non je suis Webdesigner et à côté j'ai beaucoup d'activités artistiques.
Vince : Pour ma part je suis médecin dans les maisons de retraites où travail GX, (rires), et le reste du temps, je suis designer indépendant, je travail aussi bien sur du mobilier que sur des objets high tech et comme GX, je m’adonne à de nombreuses activités artistiques.
Jessy : Je suis étudiante en gérontologie… ou en Master de musicologie. En activité artistique, je développe comme je peux mon répertoire classique (en chant), une vraie passion pour moi.

Magic Fire Music : Le fait d’insérer un batteur ne va pas faire prendre une nouvelle direction à la formation ?
GX : Si tout à fait... En fait nous voulons nous écarter du côté Electro goth pour revenir à quelque chose de plus métal. Mais je te rassure, les mélodies seront toujours bien présentes. Puis, nous arrivons à faire sonner les synthés comme des guitares maintenant, donc il va falloir s'attendre à un sacré changement.
Vince : Bah oui je compte bien me faire entendre ! Plus sérieusement, je pense que le son d’une batterie analogique change beaucoup de choses, à commencer par la présence scénique. Ensuite, çà permet de donner une couleur et une sonorité bien plus rock. Et à trois c’est toujours plus sympa, non ? Bon, il est sûr qu’on sentira clairement ce changement, mais finalement c’est peut être pour ça que je suis là ...
Jessy : En fait je regrette qu’il soit arrivé. (Rires) Mais je m’y fais doucement…


Magic Fire Music : Pourquoi créer un album sans ajout de guitare ? Pour pencher vers une originalité certaine, où est ce parce que vous n’aimez pas les sonorités de cet instrument ?
GX : Si on adore la guitare... Mais dans le cadre de « My Sweet Holocaust » ça ne fonctionnait pas, on a essayé mais il y avait tellement de pistes de synthés qui déjà formaient un mur, que rajouter des guitares relevait de la cacophonie. Puis on s'est rendu compte que la puissance était là de toute manière et que justement cela rajoutait de l'originalité. Il faut savoir qu'à la base, cet album était plus destiné à un public Goth que Métal, on a été surpris de voir que c'est ce dernier qui est devenu fan de Psycho.
Vince : Quand GX m’a proposé de rentrer dans Psycho, je pense que c’est essentiellement ce petit détail, qui m’a donné envie de faire partie du groupe. J’apprécie beaucoup l’originalité de ses compos, et de manière générale j’aime ce qui sort des sentiers battus, même si je suis persuadé que pour réussir dans le milieu de la musique ce n’est pas la route la plus simple à prendre.
Jessy : En fait j’étais la meilleure guitariste du groupe mais ils ne supportaient pas qu’une femme, qui était déjà affilié au chant squate cette place « majeure ». Alors pour l’harmonie du groupe… Nous avons voté l’abolition de la guitare, Fléau du Metal...


Magic Fire Music : Pouvez vous nous conter l’évolution de l’un de vos travaux ? J’entends par là nous raconter la vie et l’aboutissement d’une composition, comment l’idée vous viens, comment vous commencez à créer, l’évolution, le temps que vous y mettez…. Bref on veux tout savoir.
GX : Je travaille toujours de la même façon, je me constitue une liste de titres de morceaux qui sonnent bien, je compose les instrumentaux sur Cubase avec mes synthés et mes samples, puis quand je dois nommer le morceau lors de l'enregistrement, je pioche dans ma liste de titres et prends celui qui colle le mieux à la musique. Pour « My sweet Holocaust », j'ai cherché des textes qui pouvaient fonctionner avec le titre, j'essayais de trouver des liens, des symboles ou des thèmes qui puissent s'accommoder avec lui.
Jessy : Parfois ce titre est resté car il caractérisait bien le morceau (avec son texte) parfois il a changé. GX me présentait ses morceaux que l’on a plus ou moins remaniés, de même pour les textes et j’ai pu travailler sur les mélodies. Aujourd’hui, cette façon de procéder, a laissé la place à une autre car nous sommes un groupe avant tout. GX nous propose une base que l’on fait évoluer avec nos ressentis et attentes. Ensuite en répète, nous travaillons avec cette base numérique déjà un peu « fixe » et Vince et moi nous travaillons sur nos parties. Parfois j’ai un texte sur lequel je recherche une mélodie, parfois c’est la mélodie d’abord qui me vient, à laquelle je trouverai les mots. GX donne généralement des titres aux instrus, mais je préfère écrire selon ce que le morceau m’inspire plutôt que le titre.


Magic Fire Music : Pas de conflits ou de mésentente entre vous ?
GX : Nous avons traversé une petite période délicate du à des problèmes personnels mais qui a aucun moment n'a ébranlé Psycho Shop. Hormis cet épisode humain, nous nous entendons à merveille et partageons un univers et un état d'esprit très fort qui nous unit. Nous avons décidés de véhiculer notre électro le plus loin et longtemps possible, car elle a un caractère qui ne mérite pas de pourrir au fond d'un disque dur. Dans mon ancien groupe, on m'appelait le « dictateur », aujourd'hui dans Psycho, on m'appelle juste « Raph » (mon vrai prénom) et ça fait du bien car cela prouve que pour qu'un groupe soit stable, il s'agit juste de trouver les bonnes personnes, et de les mettre ensemble.
Vince : Je connaîs Raph (GX) depuis un bail maintenant, et il faut avouer que dans le domaine du travail il n’est pas toujours facile, cela dit c’est aussi ce qui fait sa force. Et finalement, quand on regarde aujourd’hui je crois que ça fait partie de l’ordre logique des choses d’être chiant quand on est « artiste », demandez aux musiciens de Trent Reznor, dont je suis un grand fan, si il est gentil tout plein quand il bosse ! Quant à Jessy que je connais un peu moins, ça a été facile les filles aux cheveux rouges me font craquer (rires). Globalement, le groupe est un trio très soudé et vraiment en phase.
Jessy : Des conflits ? Des conflits de canards ça c’est bon avec des patates… (Se cache) Je suis toujours de bonne humeur et d’une nature vraiment très aimable alors je ne dérange jamais personne. GX râle souvent et Vince se casse tout le temps la main. Autrement… ça roule !


Magic Fire Music : Pourquoi toutes vos compositions sont en anglais ? Pas envie de vous tourner vers quelques morceaux en français ?
Jessy : Nous avons choisi d’écrire uniquement en Anglais pour ce premier album de façon très naturelle. Il est vrai que l’on voulait toucher un large public et ne pas se limiter à l’hexagone. Personnellement j’aime que ma musique voyage. L’Anglais est une langue particulièrement habile, je trouve, pour chanter et transmettre des messages clairs et forts. Mais j’aime beaucoup écrire en français et pour ce prochain album, oui je souhaite que certains morceaux trouvent leur chemin dans notre belle langue.


Magic Fire Music : Quelles sont vos sources d’inspiration ?
GX : Pour ma part, je m'inspire pas mal du fantastique, que cela soit dans la littérature ou le cinéma et également des rencontres que je fais, le type « humain » m'interpelle au plus au point, il y a tellement de choses à découvrir, des solutions à apporter à cette quête pas aussi utopique que cela d'être heureux. Pour la musique je te dirais que c'est trop vague, mais dernièrement il y a un petit « Fair to midland » qui passe en boucle dans mon Archos, et ça fait longtemps que je n'ai pas écouté un groupe aussi parfait. J'aime les groupes surprenants (Tv on the radio, Johnny Hollow, Celldweller, Mindless self indulgence...)
Vince : Dit donc, où qu’il est parti Nine Inch Nails dans tes influences monsieur GX ?
GX : Ha, oui mais ce sont d'anciennes influences, il y a NIN mais aussi Type o negative, Fear factory, Paradise Lost, Moby, Dimmu borgir et biensur The Prodigy.
Vince : Effectivement l’univers onirique est quelque chose qui nous passionne tous les trois, cela dit celui qui m’intéresse le plus est celui du quotidien, ce que GX appelle le type « Humain ». Sinon, en ce qui me concerne j’essaye de rajouter mes influences funk et jazz dans mon jeu pour créer des ambiances étranges particulières et dissonantes.
Jessy : Sources d’inspirations…Est-ce qu’on s’inspire de tout ce que l’on aime ? Parce que j’aime énormément de choses, dont on ne retrouvera pas d’échos chez Psycho… Pour ce que l’on peut entrevoir via psycho : Tracy Bonham, Johnny Hollow, The Prodigy, Massive Attack, Madonna, Fiona Apple, Melissa Auf Der Maur, Lacuna Coil… Pour ce que l’on entend pas : Anoushka Shankar, Shubert, Glück, Mozart, Black Eyed Peas…

Magic Fire Music : Parlons un peu graphisme. Pourquoi une prise électrique sur la pochette ? Et pourquoi avoir remplacé les « S » par des « 5 » ?
GX : Ha, c'est tellement une question pour moi que je vais la laisser à Vincent...
Vince : Je vois c’est donc moi qui m’y colle. En fait ce choix vient marquer de manière métaphorique notre rapport à la musique électro et notre vocation à apporter aux autres de l’énergie. Cette prise fusionne avec la nature de la même manière que l’homme s’imbrique de plus en plus avec la machine. La fluidité de la plante renvoie au côté mélodieux et naturel de la voix de Jessy, quant à la partie électrique vous l’aurez compris marque le travail instrumentale. En fait toute la pochette est pensée comme une symbiose entre la nature et l’artifice, entre l’analogique et le numérique ; c’est pourquoi, nous avons choisis des 5 à la place des S. Le numérique entre dans notre monde, il est partout, téléphones appareils photos, écrans, etc. Ainsi petit à petit nous allons dans ce que l’on appelle « l’ère du tout numérique », et sans doute droit dans un mur. Nous pensons, que cet équilibre entre les deux est nécessaire et qu’il ne faut pas le perdre, et nous cherchons à le véhiculer à travers notre musique et notre philosophie artistique.
GX : Whouaaaa, c'est beau Vince, je crois que je vais chialer (rire)...
Jessy : Pas mal pas mal…



Magic Fire Music : Quel bilan pouvez vous faire de votre jeune carrière ?
GX : On apprend le métier, on est tout neuf. Cependant on a eu de nombreux groupes et de nombreuses expériences où les rencontres pouvaient être aussi formidables que les plans foireux démotivant. On sait où aller et avec qui maintenant. Nous connaissons notre public, et allons leur en mettre plein les oreilles. Soyez patients, le meilleur arrive...
Vince : On parle de moi, ok je suis là (rires)… Non, je suis trop jeune pour répondre.
Jessy : Non on parlait du nouveau batteur… (Rires) C’est une toute jeune carrière oui, et j’espère que nous n’avons encore rien vu ! Un bilan tout de même : La musique est une passion qui coute chère ! Et ça me fait de la peine de voir que des gens ne réalisent pas que « non » on ne tente pas notre chance, on la construit. On investit dans un album, un enregistrement, un mastering, une promotion, et qu’on s’offre encore le fait de devoir jouer sur des scènes.. Ce n’est pas un coup de gueule : c’est un bilan.


Magic Fire Music : Des nouveaux projets en tête ? Des premières parties, des concerts, des rassemblements ?
GX : Oui, principalement le 2ème album, qui s'appelera « Deva ». Nous sommes en mode composition. Nous avons des propositions de signature également sur des labels. Nous commençons à bosser sur le booking, nous allons tourner un peu partout où on pourra. Puis pour ma part, j'ai un projet métal/indus sur le feu, avec un grogneur.
Jessy : Pleins de petites choses à faire effectivement. De mon côté, je me ressource un peu, travaille mon classique. Mais je pense prochainement, me pencher sur un projet solo plus personnel.


Magic Fire Music : Merci de nous avoir accordés cette interview. Je vous laisse le mot de la fin pour les lecteurs de MFM et vous souhaite une bonne continuation…
GX : N'ayez pas peur d'aller sur notre Myspace si le mot « électro » vous fait mal à la tête, vous pouvez être surpris.
Vince : Faite gaffe à votre ordinateur un jour il vous mangera…
Jessy : Tsoon tsoon ! (pour le public massivement féminin)


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