
Crippled Black Phoenix. Voilà un nom qui doit vous parler de près ou de loin. Venant d'Angleterre ce groupe renferme des membres ayant déjà officié dans des groupes tels qu' Electric Wizard, Iron Monkey, Gonga, Mogwai et d'autres, c'est vous dire s'ils ont déjà de l'expérience, expérience renforcée par le fait qu'ils nous proposent là leur 5ème album sur fond très rock progressif.
« Get Down And Live With It » démarre sur une rythmique tribale et les mélodies accompagnées de cuivres sont d'une originalité certaine. Chant féminin et choeurs rendent l'ensemble de cet album encore plus varié. Les titres sont tellement bien faits qu'ils sont catchy et déjà à la première écoute de ce titre par exemple, il est quasiment impossible de se défaire de la mélodie. Un véritable envoûtement. Certains breaks semble montrer des signes d'apaisement de cet envoûtement avant de venir rattaquer le cerveau par de petites séquences progressives.
Un interlude empli de distorsions psychédéliquement planantes et lugubres découle sur le morceau qui suit introduit par un très bon chant clair suave à l'ambiance 70s toujours dessinée avec le retour de l'orgue Hammond. La mélancolie et le côté lancinant sont toujours de mise. Crippled Black Phoenix a la force de ne composer que des « hits ». La preuve supplémentaire avec ce titre là. Juste excellent du début à la fin. Chaque morceau a une âme et c'est avec cette âme que le combo construit les bases solides de cet album superbe.
« The Brain / Poznan » poursuit avec quelque chose à la Archive dans l'ambiance qui s'en émane. Le chant colle parfaitement à la musique. Un certain tourbillon dans ce titre se plaît à vous entraîner de plus en plus vite vers d'autres galaxies de par son côté atmosphérique et hypnotique de la musique. Le lead piano ici apporte un horizon différent encore.
Retour à une batterie tant tribale que lourde et une rythmique plus rapide avec ce « Laying Traps ». Un petit air bien 80s limite batcave se dégage de ce morceau. Je pense à Joy Division ou même Bauhaus avec ce côté glacial qui les caractérise.
Rythmique pachydermique et cuivres introduisent ce titre et ce post-rock guidé par le chant et les mélodies de grattes. Les breaks de « Born In A Hurricane » sont efficaces et l'on se plaît à poursuivre le trajet barré proposé par Crippled Black Phoenix.
« Release The Clowns » a été mon coup de coeur ici. Le côté horror punk voire à la Danzig m'a plu directement ainsi que ce chant qui vient être alterné avec un chant féminin...et Grand Joie ! Ces deux chants se complètent parfaitement l'un l'autre. Le solo de ce titre est digne d'un bon vieux groupe de southern rock/blues. « Release The Clowns » s'est avéré m'être le titre qui a été le plus accrocheur de cet album terrible et pour certains, il sera peut être le plus 'accessible'.
Une fin jazzy digne d'un bon vieux film de la mafia des années 20 vient conclure le premier cd de cet album.
Et l'aventure se poursuit sur un ton bluesy bien planant en guise d'ouverture du second cd de cet album. Des chants et des choeurs ornent le tout, pouvons nous ici parler de 'post-blues' ?
« (Dig, Bury, Deny) » continue avec une bonne grosse touche à la New Orleans voire redneck avec l'utilisation d'un banjo qui vient se voir compléter originalement par un violoncelle. Une véritable bande son digne d'une scène de lever de soleil en plein désert américain.
On continue à planer avec « Operation Mincemeat » qui s'avère monstrueux à souhait. Une balade où s'entremêlent chant masculin, féminin, cuivres, violoncelles, le tout opérant à la perfection. Cette balade possède son propre côté orchestral très peu expérimenté par d'autres formations.
Une instru suit au piano/orgue, le tout digne d'un croisement entre Nine Inch Nails et Anathema (je pense au titre « Sentient » sur l'album Eternity).
Et l'aventure se termine déjà avec le très long morceau « Faced With Complete Failure, Utter Defiance Is The Only Response ». Un nom aussi long que le titre (14:47). Nous y retrouvons le côté progressif ambiant. Crippled Black Phoenix,on peut le dire au travers de ce titre n'est pas qu'un simple groupe. C'est toute une entité orchestrale tant les différents instruments utilisés sont nombreux. Le côté symphonique apporte la véritable image de marque propre au combo anglais.
Entre cordes, cuivres, guitares électriques, arrangements électroniques, banjo, orgues, piano, le groupe n'a rien à envier à qui que ce soit en matière d'innovation. Ils osent et parviennent haut la main à tirer leur épingle du jeu et maîtrisent la capture de l'attention tout au long d'un long titre comme celui-ci, puis parviennent à peindre des paysages tous aussi variés les uns que les autres et ce avec une force tout simplement bluffante.
Ce titre, à l'instar de l'album est un véritable voyage dont il nous est bon de profiter de son départ à son arrivée. L'hypnotisme contagieux défilant de titre en titre est à son apogée au cours de « Faced with complete failure... ».
Un album tout simplement magique de par son effet captivant où Crippled Black Phoenix fait partie de ces groupes qui n'ont aucune oeillère, n'hésitant pas à tenter de nouvelles choses et se démarquent de cette manière de la masse.
Crippled Black Phoenix est tout simplement inétiquetable et parvient avec son art à exploiter plusieurs horizons différents. Entre le psychédélisme 70s, le côté froid des 80s, les accents bluesy et la lourdeur et le son actuel, tout y passe.
Alors je ne peux que vous conseiller cet album qui ravira les amateurs d'art, à noter que les fans de rock progressif auront grand plaisir à écouter cet opus. Vraiment excellent !!!
Copyright MagicFireMusic - 2007 - Tous droits réservés