
En Juillet 2010 vous pouviez lire sous ma plume qu’un jeune groupe du nom de Holding Sand méritait d’être remarqué par les bonnes personnes afin d’être signés et de nous proposer une nouvelle galette du niveau voir mieux que leur Ep On Sleepless Nights (chroniqué ici). Et bien que dire si ce n’est que ces sympathiques gens ont fait ce qu’il fallait. Aujourd’hui représentés par M&O Music ils nous reviennent avec un premier album de très bonne facture.
En Juillet 2010 je parlais également de la classification de ce groupe et de son apparente filiation au monde hardcore qui me paraissait un tantinet exagérée, et de nouveau je réitère, je sais c’pas drôle de rabaisser leur touche disto qui ne se fait pourtant pas discrète ; les influences du groupe sont toujours aussi audibles, avec en tête de liste selon moi les english de Devil Sold His Soul et surtout un riche crew de potes qui livrent tous un son plus ou moins violent, en réalité très mélodique et parfois à la limite du rock « émotif ». Mais finalement, les gens de Holding Sand ne parlent que peu de hardcore dans leurs différentes bios et publications, on parle bien de Post-Hardcore ce qui change pas mal de choses.
Car Clément qui encore une fois prouve son habileté au chant ne réfreine pas ses parties de chant clair, à l’écoute du titre « Lidocaïne » c’est même très rock un peu grunge dans l’esprit, le côté désabusé se fait ressentir, oui, nous parlons de Post-Hardcore, et le Post-Hardcore parle souvent d’émotion. Mais malgré le talent indiscutable du mister, je reste légèrement sceptique vis-à-vis de son accent anglais qui sur les parties les plus rythmées ne pose par tellement de problème, le mec hurle comme un gros cinglé et le fait très bien ; mais reste que sur certaines parties plus posées la mâchoire de frenchie semble avoir une légère difficulté à se faire oublier au profit d’une prononciation qu’on ne saurait identifier ; pour le coup on se doute bien qu’ils nous viennent de France les pas contents du moment.
On reconnaitra « The Future Belongs to Heartless Whores », titre issu de l’Ep de 2010 ; alors petite flemme de la part du groupe pressé par son label ou volonté de ne pas faire oublier le taff accompli sur On Sleepless Nights (titre de l’Ep mais aussi d’une track de ce dernier, elle aussi reprise sur cet album). En tous cas ça fait plaisir de se remettre ces titres dans les oreilles et de mesurer le chemin accompli puisque de légères différences de mix se font entendre (en particulier sur le kick qui piquait un peu plus à l’époque). Il faut dire aussi que ces titres font un peu office de « singles » (sans offense) pour le groupe qui misait gros dessus avec des clips. Le remix de « Superman » en fin d’album suit le même principe puisqu’un clip articulé autour d’images live faisait déjà la promotion de leur musique quand sortait Ebb&Flow Ep sorti en 2009.
En bref Holding Sand avance à pas de géants dans le monde musical. Si sur le plan purement sonore l’évolution est très légère (même texture, esprit globalement inchangé…) on peut dire qu’ils maîtrisent totalement l’art de faire de la promo et de s’imposer sur la scène nationale, de faire parler d’eux. C’est sans doute sur ce plan que je salue cette sortie qui astucieusement vient clore tout un pan de leur histoire en piochant dans les deux Eps quelques morceaux qui rappellent que non, ils ne viennent pas de nulle part, ils ont déjà de précieuses années à leur actif, et ils le font valoir, c’est louable, et c’était même logique.
Un bon album en somme, les nouveaux titres sont très propres ; mon côté vraiment coreux regrette que ça ne s’énerve pas un peu plus, ce qui me semble t-il vient plus naturellement sur leurs lives, mais je pense que si cet album symbolise réellement l’arrivée sur la scène des grands, le prochain que j’attends d’ores et déjà sera sans doute celui de leur maturité (au sens artistique, pictural du terme comme au sens « fini l’adolescence »).
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