Caractéristiques

  • Groupe : Holding Sand
  • Album : Some Things Are Better Left Unsaid
  • Sortie : Janvier 2012
  • Label : M&O Music
  • Style : Metal / Rock / Post-Hardcore
  • Site Web : www

16/20


Tracklist

    01. Only the infants shall live
    02. Bound to go wrong
    03. Happy endings
    04. Lidocaïne
    05. An early grave
    06. It's all gone to nothing
    07. Float
    08. The future belongs to heartless whores
    09. As from brazen trumpets
    10. On spleepless nights
    11. Superman (remix)


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Holding Sand

- Some Things Are Better Left Unsaid

Par Acolyte, le 06/05/2012 || 0 commentaires


En Juillet 2010 vous pouviez lire sous ma plume qu’un jeune groupe du nom de Holding Sand méritait d’être remarqué par les bonnes personnes afin d’être signés et de nous proposer une nouvelle galette du niveau voir mieux que leur Ep On Sleepless Nights  (chroniqué ici). Et bien que dire si ce n’est que ces sympathiques gens ont fait ce qu’il fallait. Aujourd’hui représentés par M&O Music ils nous reviennent avec un premier album de très bonne facture.


En Juillet 2010 je parlais également de la classification de ce groupe et de son apparente filiation au monde hardcore qui me paraissait un tantinet exagérée, et de nouveau je réitère, je sais c’pas drôle de rabaisser leur touche disto qui ne se fait pourtant pas discrète ; les influences du groupe sont toujours aussi audibles, avec en tête de liste selon moi les english de Devil Sold His Soul et surtout un riche crew de potes qui livrent tous un son plus ou moins violent, en réalité très mélodique et parfois à la limite du rock « émotif ». Mais finalement, les gens de Holding Sand ne parlent que peu de hardcore dans leurs différentes bios et publications, on parle bien de Post-Hardcore ce qui change pas mal de choses.


Car Clément qui encore une fois prouve son habileté au chant ne réfreine pas ses parties de chant clair, à l’écoute du titre « Lidocaïne » c’est même très rock un peu grunge dans l’esprit, le côté désabusé se fait ressentir, oui, nous parlons de Post-Hardcore, et le Post-Hardcore parle souvent d’émotion. Mais malgré le talent indiscutable du mister, je reste légèrement sceptique vis-à-vis de son accent anglais qui sur les parties les plus rythmées ne pose par tellement de problème, le mec hurle comme un gros cinglé et le fait très bien ; mais reste que sur certaines parties plus posées la mâchoire de frenchie semble avoir une légère difficulté à se faire oublier au profit d’une prononciation qu’on ne saurait identifier ; pour le coup on se doute bien qu’ils nous viennent de France les pas contents du moment.


« An Early Grave » prouve une nouvelle fois que le groupe maîtrise la recette façon « tube ». Structure hyper carrée et organisée, patate de bout en bout sans oublier l’émotion indispensable, gros son qui nous parvenait déjà en autoprod et qui bien entendu n’est que magnifié par la progression d’un groupe qui a pas mal parcouru les routes en deux ans ; non, rien à dire, tout est propre, tout est bon. Et pourtant je dois confesser ma crainte ; lorsque j’ai découvert il y a quelques semaines le premier clip pour « Bound to go Wrong », je craignais une accalmie presque exagérée, le titre jouant de lourdeur, le refrain de chant clair, le clip qui me repoussait un peu (amours adolescents etc)… J’avais peur de m’emmerder fermement à l’écoute de ce skeud, alors que je les aime bien moi ces gens là, j’avais donc peur de leur en mettre plein les dents.

Mais non, il s’avère simplement qu’ils assument réellement, en tous cas du point de vue sonore, une orientation très accessible, je pense qu’on ne pourrait pas identifier avec précision le public qui suivra le groupe puisque si d’apparence sur certains titres on imagine aisément un public très adolescent ils n’en oublient pas de faire du gros son quand il le faut, deplacer quelques phases résolument « breakantes » par-ci par-là, à la façon du groupe de rosbeefs évoqué plus haut. 

Alors out les regrets sur une facette un peu trop « émotion » à mon goût, je trouve finalement que Holding Sand développe une identité de plus en plus solide qui leur permet d’ouvrir pour du gros groupe bien violent comme de fermer après des formations plus soft et rock. De plus évoquons leur évolution « promotionnelle » si l’on peut dire puisque déjà en 2010 je m’amusais de voir avec quel professionnalisme ils organisaient les reportages maison, les interview en masse, comme ils parvenaient à proposer une identité visuelle de qualité. Et bien ça continue, rien à dire. La fan base semble de plus en plus importante et surtout les affiches sont de plus en plus prestigieuses, ils tournent et tournent encore, et font face à d’occasionnelles annulations avec le sourire, les retours de la part du public visibles sur les réseaux sociaux sont très positifs, bref, le groupe est réellement lancé.


On reconnaitra « The Future Belongs to Heartless Whores », titre issu de l’Ep de 2010 ; alors petite flemme de la part du groupe pressé par son label ou volonté de ne pas faire oublier le taff accompli sur On Sleepless Nights (titre de l’Ep mais aussi d’une track de ce dernier, elle aussi reprise sur cet album). En tous cas ça fait plaisir de se remettre ces titres dans les oreilles et de mesurer le chemin accompli puisque de légères différences de mix se font entendre (en particulier sur le kick qui piquait un peu plus à l’époque). Il faut dire aussi que ces titres font un peu office de « singles » (sans offense) pour le groupe qui misait gros dessus avec des clips. Le remix de « Superman » en fin d’album suit le même principe puisqu’un clip articulé autour d’images live faisait déjà la promotion de leur musique quand sortait Ebb&Flow Ep sorti en 2009.


En bref Holding Sand avance à pas de géants dans le monde musical. Si sur le plan purement sonore l’évolution est très légère (même texture, esprit globalement inchangé…) on peut dire qu’ils maîtrisent totalement l’art de faire de la promo et de s’imposer sur la scène nationale, de faire parler d’eux. C’est sans doute sur ce plan que je salue cette sortie qui astucieusement vient clore tout un pan de leur histoire en piochant dans les deux Eps quelques morceaux qui rappellent que non, ils ne viennent pas de nulle part, ils ont déjà de précieuses années à leur actif, et ils le font valoir, c’est louable, et c’était même logique.


Un bon album en somme, les nouveaux titres sont très propres ; mon côté vraiment coreux regrette que ça ne s’énerve pas un peu plus, ce qui me semble t-il vient plus naturellement sur leurs lives, mais je pense que si cet album symbolise réellement l’arrivée sur la scène des grands, le prochain que j’attends d’ores et déjà sera sans doute celui de leur maturité (au sens artistique, pictural du terme comme au sens « fini l’adolescence »).


A découvrir donc d’urgence pour tous les amateurs de très bon metal, de post-hardcore pas totalement débridé, et pour tous les curieux qui tiennent à connaître la scène émergente dont Holding Sand font office avec quelques autres de représentants affirmés. Du bon. Vraiment.

« Paye ta chatte » comme ils diraient.



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