
Enfin. Pourquoi dis-je enfin ? Car cette excellente rondelle va pouvoir bénéficier d’une sortie européenne grâce au flair des gens avisés de chez Nuclear Blast. Ce disque tourne déjà depuis deux mois sur ma platine, grâce à sa sortie chez DMG en 2010. Flotsam and Jetsam est sans doute le groupe de Heavy Thrash le moins reconnu de la planète et qui mériterait d’être en haut de l’affiche, tant sa musique demeure depuis plus de vingt-cinq ans, prenante et fine. Enorme bon point pour commencer : une production percutante, qui explose dans votre stéréo, œuvre de Ralph Patlan. Pour la musique, il s’agit de Heavy Thrash qui brille d’abord par des lignes mélodiques fabuleuses notamment grâce au gosier de feu de Eric A.K, chanteur puissant et rageur qui n’hésite pas à se faire émotionnel d’entrée de jeu sur les arpèges introductifs de « Hypocrite », morceau qui explose sous les coup de boutoir de guitares rageuses très techniques. Edward Carlson et Mark Simpson, pour qui c’est le dernier disque, n’hésitent pas à envoyer de manière régulière des soli ultra mélodiques, tandis que la rythmique en arrière plan est un mur. Mark Simpson tire ainsi sa révérence pour laisser la place à qui ? Je vous le donne en mille ! Michaël Gilbert, le guitariste mythique de groupe, qui fait son retour après de nombreuses années d’absence. « Better off Dead » est une ballade ultra heavy où dominent les acoustiques et un chant tout en émotion ainsi qu’en virtuosité, par un Eric A.K toujours aussi bluffant. « Black Cloud » s’inscrit dans la démarche des débuts où Thrash rime avec hymne et tellurisme. Ça joue vite et la double ne marque aucune faiblesse. Le solo, quant à lui, est complètement halluciné et hystérique. « Take » balaye tout sur son passage à coup de riffs architecturaux. « Cold » possède en son sein un refrain plus qu’efficace où Eric s’y prend pour un loup des steppes. Gros truc notamment grâce aux acoustiques de pré refrain. Le reste tabasse et va tout exploser sur scène. « Eyes Staring » a une intro proche du Death Metal tant cela va vite. Ensuite, comme souvent, c’est la rupture avec un rythme déconstruit qui éclate tout, avec un couplet en total décalage où Eric A.K se fait diva. Il est sans conteste le meilleur chanteur de Thrash à l’heure actuelle à l’image d’un James Rivera par exemple. Dans les aigus, il est imbattable. La force de Flotsam, depuis ses débuts, hormis des parties de basse de folies, ce sont ses guitares à la tierce et ses soli éruptifs. Le disque en est gorgé. « Falling Short » est un mollard dans lequel les nuances ne sont pas absentes, bien évidemment.
Contrairement à son patronyme, le groupe n’est pas une épave, tant il affiche une jeunesse constante et ne déroge pas à sa ligne de conduite depuis le milieu des années quatre-vingt. Ce n’est pas un hasard, si Hetfield and Co lui avait piqué son bassiste virtuose avant de le sous exploiter et de le laisser tomber comme une grosse merde ! Jason B Ward a su se faire depuis longtemps aussi fort que le Newsted et heureusement ! « KYA » est un titre back to the roots of bea area qui affiche une vitesse d’exécution vertigineuse et toujours ce chant qui ne faiblit pas. The Cold est un monument qui va ravir les amateurs du quintette de l’Arizona, qui claque le beignet à la concurrence pour la nouvelle année, en sortant le disque de thrash parfait. Maintenant, j’ai hâte de les voir sur nos planches et avec Gilbert en plus. J’espère que The Cold ne marquera pas le point final de la carrière des Flots, car ils ont encore de la terre à brûler.
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