
Que peut-on attendre aujourd'hui dans l'univers Rock Progressif concernant un projet solo ? Et bien, du grand bien forcément. The Arkitecht ou bien Devin Townsend le prouve. Il faudra désormais rajouter à la liste le multi-instrumentiste français Julien Gaulier. C'est sous le nom de Spleen Arcana et simplement entouré de David Perron (batterie) et Marie Guillaumet (chœurs / voix) que ce musicien français nous dévoile un univers atmosphérique et globalement mélancolique.
The Field Where She Died est une ode à la sensualité, aux émotions. Des sentiments retranscrits dans chacun des titres qui s'écoulent paisiblement.
Si l'entame du disque est plutôt puissante (avec le titre "Trample On Me"), un savant mélange de Porcupine Tree et de Anathema, le reste de l'album se fait nettement plus doux.
Sur "Trample On Me" les riffs sont lourds et retranscrivent une idée noire, alors que les claviers sont très aériens, légers et distillent comme une sorte de lumière vive et attirante. Le chant de Julien, très doux, est très agréable et cela dans toute les situations. Le petit passage calme au milieu du titre est un peu comme une plongée en eau profonde, dont on ressort à l'aide d'une guitare Floydienne du plus bel effet.
L'acoustique "The Missing Piece" qui sert en quelque sorte d'intermède est un régal au niveau du clavier. Le chant posé de Julien pourra ici en rebuter plus d'un, ce qui n'est pas mon cas. Je trouve que cette voix convient parfaitement à tout ce qui se retranscrit et se ressent à l'écoute de ce petit morceau. Si je parle d'intermède, un peu plus haut, c'est dû au fait que j'ai trouvé la suite de l'album bien plus Atmosphérique, comme si "Trample On Me" avait été composé différemment ou peut-être à une autre période.
Cela semble être très flagrant lorsque l'on compare cette pièce à "A Picture Of Two Lovers In The Mist" par exemple. Si la longueur est quasi équivalente, il n'en est pas du tout de même pour l'ambiance ressentie. Ici en effet on plane, on se laisse porter par les mélodies (claviers ou guitares) mais aussi par le chant de Julien. "A Picture Of Two Lovers In The Mist" apparait comme étant plus proche du Post-Rock que du Rock Progressif, malgré quelques incursions à la Riverside (vers les 6 minutes -avec le chant growlé et des sonorités proches du groupe Polonais-).
La structure des compositions est assez classique avec des périodes calmes qui succèdent à des passages plus musclés. Pourtant la musique de Spleen Arcana ne suis pas une ligne droite toute tracée et arrive à surprendre. En effet écoute après écoute on découvre des subtilités cachés, comme des break atmosphériques disséminés ici où là, où bien encore de beaux soli de grattes pas forcement illuminés mais toujours aux bons endroits.
Julien use de la séduction avec des harmonies hypnotiques et des sonorités vintages notamment sur "A Kind Of Heaven". On flirte ici avec le Arena de The Visitor.
Sur les cinq morceaux qui composent l'album la basse est autant claquante que clinquante, elle impose et s'impose. Le reste est sans faute. Quant à la voix de Marie Guillaumet, elle est discrète mais n'est pas masquée par les instruments. Il est ici important de signaler que The Field Where She Died est une auto-production. Julien est en effet le chef d'orchestre du début à la fin. Enregistrement, mixage, production et mastering sont tous à son crédit et je dois avouer que c'est impressionnant de maîtrise et de professionnalisme.
Tout comme Overhead, Spleen Arcana m'évoque des formations telles que Genesis, Pink Floyd, ou bien encore King Crimson.
En conclusion, The Field Where She Died se trouve être une délectation musicale de très haut niveau.
Si vous êtes sceptique (il y en aura -il y en a toujours!!-) vous pouvez télécharger gratuitement (toutefois dans une qualité médiocre) les titres de l’album via http://www.spleenarcana.com/
Un grand moment de musique !! Les émotions sont au rendez-vous, la douceur est de mise.
Un régal !!
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