
Ceux qui suivent mes pérégrinations chronistiques savent que je voue un culte immodéré à Neal Morse au moins égal à la dévotion que je porte à Rob Halford. Après un live consacré à la tournée Question Mark, Neal nous offre ici les images d’une date glorifiant son excellent dernier album solo Sola Scriptura. Le génie ne s’est d’ailleurs pas moqué de nous car nous avons droit à pratiquement 6 heures de musique réparties sur deux disques versatiles. Tout d’abord, tout ici est superbement filmé dans cette salle de Zotermeer, en ce 26 mai 2007 où le lendemain Spock’s Beard jouait. D’ailleurs, le dernier live des anciens compères de Neal a été aussi saisi sur le vif sur les planches mises en feu par le passage incandescent de Monsieur Morse et de sa troupe de fous furieux, la veille. Car si le son est impeccable, c’est le band qui impressionne. Le plus éclatant d’entre tous c’est Collin Leijenaar, qui derrière ses fûts joue à la perfection des parties réalisées à l’origine par Mike Portnoy. Les roulements et la précision qu’il aligne sur « The Creation » mettent tout le monde d’accord. Paul Bielatowicz enchaîne durant plus de deux heures des soli de folie. Henk Does se révèle un claviériste qui a plusieurs reprises nous enchante avec ses sonorités vintages. Jessica Koomen, Madame Morse et professeur de chant, met superbement en valeur les mélodies vocales enfantées par son mari . C’est particulièrement vrai sur l’extrait de « Snow » qui clôt le show (Wind at my Back) ou encore sur le tube de Transatlantic qu’est « We all Need Some Light ». La section rythmique n’a jamais rendu aussi puissante cette musique qui glorifie Jésus. En effet, la « Testimedley » est bien souvent très heavy sous l’impulsion des jeunes loups auc dents longues. Les titres principaux de Sola Scriptura passent merveilleusement la scène notamment avec l’apothéose que forment « The Conflit/The Conclusion ». Neal Morse demeure impeccablement au chant qui est souvent basé sur l’émotion et cette dernière va parfois jusqu’aux larmes. Certains diront sans doute qu’il en fait trop ! Impossible de vous parler du « Question Mark Medley » car la lecture de l’exemplaire promo sur cette plage est impossible. Dommage, j’ai sans doute perdu 30 minutes de bonheur. En tous cas, la cohésion du groupe est parfaite et il faut espérer que Neal lui fasse confiance lors du prochain enregistrement, à moins que Portnoy et Georges fassent vendre plus ! Sur le premier disque Neal nous donne un concert de damné de 2h50 en tout point exceptionnel.
Le deuxième disque s’ouvre sur un documentaire d’1h40 qui porte sur la tournée de 2007, entrecoupé de soundchecks mais aussi d’interprétation en intégralité avec notamment l’apparition de Elisa Krijgsman en deuxième guitariste soliste. Il apparaît d’ailleurs sur l’intégralité des bonus tirés de la tournée ?. Le bémol de ce doc est qu’il n’est pas sous-titré et cela handicape comme dab les non anglophones. Neal, qui a fait une tournée acoustique des églises, se lance derrière son piano Yamaha et immortalise « Bridge Across Forever » des regrettés Transatlantic. Le reste du DVD offre des images en complément du live Question Mark où encore une fois le groupe allonge un boulot de folie, qui atteint son paroxysme sur « Reunion » où Elisa se révèle également chanteur, ainsi que sur le medley final qui rend hommage à Snow.
Neal Morse montre avec ce double DVD qu’il est un artiste majeur de la scène progressive malgré son prosélytisme parfois agaçant. Musicalement, ce gars est une Rolls qui a su s’entourer d’une Dream Team, qui je l’espère en studio, va tout exploser.
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