
Grendel est une formation d’origine française qui pratique un métal sauvage, totalement destructeur et ravageur. Ça tabasse fort et en français s’il vous plait. Le genre de groupe et de style qui me conforte dans le fait que le chant français est parfais pour ça et non pas pour le métal progressif ou le heavy métal (oui, les groupes des années 80 de Heavy m’ont semble-t-il dégoûté pour toujours, j’en suis désolé), mais à chaque fois que j’écoute Lofofora ou Mass Hysteria, je trip.
Je découvre ce groupe avec cet album, je ne connais nullement les disques passés du groupe, ce qui va me permettre de juger en ayant le cœur pur et sans influence.
Je dois dire que la pochette de ce Diable en Personne m’a, au début, inquiétée, elle me fait plus penser à un disque d’Electro-Indus qu’à un groupe de métal. Je ne vous dis pas la surprise à l’écoute du premier titre « Grass Power 2 » qui débute en fanfare toutes guitares dehors. C’est un coup de massue. Certes je ne soutiens pas les textes sur la légalisation de l’herbe, mais je dois dire que la violence globale du titre, fait oublier tout préjugé. Riffs massifs, rythmiques percutantes et chant hurlé signé Sam Giot de toute beauté, font de cette composition une entrée en matière dingue de chez dingue. Une sorte de Pantera croisé à Lofofora, ça ne peut de toute façon qu’être bien. « Génération NRV » laisse place à un peu plus mélodie. Grendel propose une musique qui se rapproche plus de Lofofora dans le chant et dans le riff. La rythmique se fait plus groove. C’est sur ce titre, si on ne l’a pas capté auparavant, que l’on s’aperçoit de la puissance de la production. La voix claire de Sam qui vient se greffer à la composition est digne du génie. Elle apporte un souffle supplémentaire à un titre déjà incroyable. La suite s’annonce délectable, et je vous rassure, elle l’est. « Un Rêve Brisé » fait place à une guitare moins incisive, mais nettement plus Hard Core. Heureusement le chant ne l’est pas. Quoi qu’il en soit ça tabasse encore. Je vais ressortir de l’écoute de ce disque recouvert de bleue et avec des douleurs aux cervicales je ne vous raconte pas. « Plus de Sexe » me rappel le grand « Macho Blues » de Lofofora en plus sale et surtout en plus violent. « La Machine » est un titre qui laisse plus de place à la voix claire de Sam. Je me dis que parfois que Innerchaos devrait mettre un peu plus de voix gutturale dans ces compositions, cela pourrait faire ressortir un peu plus le chant de Bertrand Drécourt, comme c’est le cas ici. En tout cas les apparitions de Sam font beaucoup de bien. « Sans Horizons », comme « AT » fait parler la poudre. Grendel version Thrash à la Machine Head, c’est tout simplement jouissif ! Quel coup de pied au cul !
« Le Diable en Personne », le titre éponyme, raconte une prise d’otage violente, aux paroles résolument expressives. Les meuglements de Sam sont époustouflants, je me demande s’il pourra chanter ce titre lors des concerts. En tout cas, ça dépote grave.
Après ce que l’on vient d’entendre, il est clair qu’il n’est pas question d’imaginer une seule seconde un slow pour conclure l’album. C’est que Grendel n’est pas un groupe qui cherche à faire vendre. Pas de doute les Français font leur musique, la musique, le son qu’ils aiment. « Adieu » donc est plutôt un final démoniaque avec juste un petit passage doux, sur le final.
Enorme surprise donc que ce Diable en Personne, qui m’a laissé sans voix du début à la fin.
Me voilà avec des bleues partout et des douleurs lombaires, mais bon, j’ai sans doute dû le mériter. Grendel est-il le Machine Head français, en tout cas la formation vient de frapper un très grand coup et en attendant que les nouveaux Lofofora et Watcha me tombent entre les mains, Grendel reste le meilleur groupe français de Thrash de cette fin d’année!
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