
C’est déjà le douzième album studio d’Helloween qui sort deux ans jour pour jour après le très réussi Legacy. Comme le temps passe vite. Il n’a donc pas été question d’un Keeper 4. Ce disque pour la première fois composé collectivement, est-il possible qu’Helloween ait joué avec le feu ? Et bien pas exactement.
C’est le très heavy « Kill it » qui ouvre les hostilités et met avant un Andi Deris qui repousse ses limites vocales. Jamais, il n’avait été aussi criard. C’est une concession à la modernité assez bien venue. L’ouverture des concerts avec ce titre risque fort d’être inoubliable.
Dans son ensemble ce disque marque par sa production percutante, encore une fois réalisée par Charlie Bauerfiend et par ses soli de guitares qui sont un véritable travail d’orfèvre. Gestner et Weikath sont vraiment une belle paire de bretteurs. Il faut dire qu’Helloween a peut-être la formation la plus efficace qu’il n’ait jamais eu. La batterie sur « Kill it » vous atomise littéralement. « The Saints » est un titre dans la plus pure tradition des citrouilles avec une ligne mélodique facilement identifiable qui brille par sa recherche mélodique. Il faut dire que le groupe a été rarement égalé lorsqu’il s’agit de construire des hymnes heavy speed. Ce titre n’aurait pas dépareillé sur le premier opus du groupe. Ce n’est peut-être pas par hasard si une tournée commune avec Gamma Ray est prévue.
Le single « As long as I Fall » est une réussite grâce à sa petite touche FM dans le refrain et à son break surprenant. « Paint a new world » dans ses sonorités me fait beaucoup penser à la tonalité musicale de « Walls of Jericho ». Deris est impérial grâce à ses trouvailles vocales. Une véritable réussite heavy speed. Il faut évoquer la présence d’une suite faite de « The Bells of 7 Hells », « Fallen to Pieces » et « I.M.E » que l’on aura peu de chance d’entendre en live car trop longue. Ce qui est dommage car ce nœud de l’action est franchement indispensable. Un enchaînement digne de « King of 1000 years ». La première partie est carrément jouissive avec des trouvailles rythmiques assez entraînantes ; la composition collégiale a du bon. Andy est énervé plus que jamais et les chœurs sonnent justes. Dani Löble montre qu’il est vraiment un as de la double. Il est le batteur qu’Helloween attendait. Les acoustiques savamment dosées embellissent cette première partie pas dénuée de tragédie.
La deuxième partie laisse place à l’emphase et à la grandiloquence. Michael et Sacha s’entendent comme larrons en foire pour asséner des rythmiques très incisives. L’optimisme est de mise avec le joyeux « Can do It ».
Gambling with the Devil est une très bonne cuvée qui n’égale pas certes Legacy mais qui pourrait éventuellement arriver à son statut au fur et à mesure des écoutes. Seize titres ont été composés, il nous en reste douze à l’arrivée, il va falloir se jeter sur l’édition limitée qui risque de contenir quelques pépites.
Finalement, Helloween se renouvelle en optant pour une vision actuelle de sa musique et rien que pour ça chapeau !
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