
Encore un génie musical qui nous offre un superbe album en ce milieu d’année. Arjen laisse un peu en sommeil ses nombreux projets pour nous offrir son deuxième album en solo, qui est une totale réussite.
Les amateurs de Ayreon et de l’aspect le plus rock de Star One, ne seront pas dépaysés, bien au contraire. Car de tout cela, le géant Lucassen s’est inspiré pour un mélange fort réussi, qui est aussi un hommage à ses souvenirs musicaux.
Une fois de plus, c’est la science-fiction qui a inspiré le maître. Un homme cryogénisé se réveille des siècles plus tard et découvre un monde complétement nouveau pour lui. Chaque titre est entrecoupé par la narration de Rutger Hauer, acteur qui a joué dans Bladerunner, film préféré d’Arjen.
Le disque qui semble relativement linéaire ne l’est pas du tout et laisse la place à des titres qui sont chacun des incontournables. Lucassen flirte notamment avec la pop lumineuse au travers d’un joyeux « Pink Beatles in a Purple Zeppelin », hommage non feint à quatre groupes qu’il adore, le tout dans une ambiance électro-folklorique. Sur le cd 2, Arjen s’attaque d’ailleurs de belle façon au « Battle of Evermore » du Led. Lucassen a encore créé des riffs grandiloquents et quasiment heavy au clavier qui font toute la profondeur et l’impact de « The New Real » et du chaotique et terriblement puissant « Parental Procreation Permit », digne de figurer sur un album de Star One, avec ses envolées orientalisantes et ses voix façon vocoder. Ces titres ont également la teneur mécanique et robotique assez redoutable à laquelle on devait s’attendre. Les trouvailles y sont nombreuses notamment grâce à la flûte de Jeroen Goossens. Le cœur qui bat, c’est évidemment le fidèle Ed Warby, aidé dans sa tâche par le tribal mari d’Anneke, Rob Snijders (C’est pas pour me la jouer, mais j’ai ses baguettes : un cadeau de ma chère et tendre).
C’est Arjen qui chante sur tous les titres et mon Dieu qu’il le fait merveilleusement bien, s’adaptant au registre de chacune, growlant même à l’occasion. Arjen a un petit côté Bowie, plutôt sympathique par moment. Les chœurs sont superbes, on ne peut même pas imaginer le nombre de pistes qu’il a dû utilisées ! Les interventions à la guitare lead sont lumineuses. Arjen y est flamboyant tout simplement. « When I’m a Hundred Sixty Four » lorgne du côté du folk et des Corrs notamment. Un titre qui respire la joie notamment grâce à des cordes virevoltantes. « E-Police » est, quant à lui, un rock acoustique très dynamique. « Don’t Switch me Off » est résolument un titre à la teneur spatiale. Les claviers et les cordes rendent ce titre complétement aérien. C’est du côté des Beatles que se tourne le gentiment pop et folk, « Dr Slumber’s Eternity Home ». Le solo qu’il contient est presque un hymne ! « Yellowstone Memorial Day » est un titre qui prend la tournure typique de la Ayreon touch. D’ailleurs quand on creuse un peu, on y retrouve des thèmes chers au projet, avec toujours avec ces riffs heavy de clavier. « Where Pigs Fly » est sans doute la troubadour song du disque avec ce thème moyen-âgeux au violon. Comme si le Moyen-Age et ses musiciens avaient traversé l’espace-temps. A recommander, à ceux qui vénèrent l’œuvre actuelle de Lord Blackmore. Le titre éponyme qui achève le premier cd est une pièce à la teneur profonde et un peu inquiétante sur fond de machine, même si comme à chaque fois tout finit par s’illuminer et là les références à Ayreon sont nombreuses, ainsi qu’une version digitalisée de « Don’t Switch Me Off ».
Le deuxième cd regroupe des titres qu’il n’a pas pu intégrer, comme le spatial « Our Imperfect Race », ou encore, le mélodiquement redoutable « The Space Hotel », au concept ainsi que des hommages aux groupes qu’Arjen adore. « Welcome to the Machine » et son aspect robotique s’intègre au concept et nous rappelle le génie de Roger Waters. Blue Oyster Cult, groupe pour qui la science-fiction est le fonds de commerce, est honoré par son gargantuesque « Vetran of the Psychic Wars ». Le disque s’achevant de façon groovy et sexy grâce à la reprise du titre incontournablement rock funky de Frank Zappa, « I’me The Slime ». Un deuxième cd bonus, totalement indispensable.
Arjen Anthony Lucassen, nous offre une nouvelle fois un joyau, avec ce Lost In The New Real, en attendant le prochain Ayreon qui comprendra moins d’invités, crise du disque oblige ! Et c’est Arjen qui en est le premier attristé.
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