Marillion
- Less is more
Par Groleg, le 17/01/2010 || 0 commentaires
Marillion, tout d'abord, sort ce Less is More par le biais d'un label. Ça c'est nouveau ! En effet, l'absence de soutien d'une maison de disque afin de mettre des skeuds dans les magasins a quelque peu pénalisé les ventes de l'excellent Happiness is the Road. Et oui même les fans veulent acheter leurs rondelles en magasin. Vous voyez bien qu'il n'y a pas que moi ! Alors contraint et forcé, le groupe a du de nouveau se compromettre avec un label. Le verbe est peut-être un peu fort, je vous l'accorde. Revenir chez un label d'accord: la cause est entendue. Mais Marillion ne se facilite pas la tâche avec un disque entièrement acoustique réalisé en studio et qui couvre vingt ans de collaboration et de composition avec Steve Hogarth. Une fois de plus, le magicien Michael Hunter a fait des merveilles en permettant aux cinq d'Aylesbury d'expérimenter et de revisiter leur répertoire, le moins évident, de manière minimaliste. Pour dire, "Out of this World" se retrouve totalement dépouillé et n'existe qu'à travers une guitare et les vocalises angéliques de H, amputant toute la partie centrale qui faisait la beauté du titre et en transformant le rythme final. Pour les fans comme moi, il manque quand même un petit quelque chose. Pourquoi avoir voulu dépouiller "The Space" qui finalement est une traduction des grands espaces, même si cette adaptation jazzy est intéressante.
Le disque débute avec un "Go" réduit à sa simple mélodie, tandis que "Interior Loulou" se révèle plus efficace et plus beau que son pendant éléctrique issu du controversé Marillion.com. "Hard as Love" est intéressante car basée sur un refrain imparable et un rythme plus rond. Evidemment, on sent que les gaillards sont des instrumentistes de génie. On peut enfin apprécier totalement le toucher de Peter Trevawas. Une constante sur la totalité des morceaux. Quant à H, il est toujours aussi magique pour transmettre des émotions. Les acoustiques font finalement plus passer d'emphase par moment. Toute l'étendue du talent de soliste de Steve Rothery, éclate sur un "Wrapped Up in Time" aux sonorités très années cinquante. Mark Kelly s'est éclaté à sortir de ses claviers des sonorités d'un autre âge, rendant la musique parfois presque désuette.
On se rend compte finalement que quand la mélodie est bonne, on peut triturer le morceau dans tous les sens,au final il restera beau. Par exemple, "Quartz" essentiellement basé sur le rythme est ainsi réinterprété avec l'accent volontairement mis sur les percussions et la grosse basse. Et bien ça fonctionne. "It's Not Your Fault" est une nouvelle composition collective étrangement interprétée seule par Hogarth. Pas franchement indispensable. Evidemment, "Memory of Water" reste belle tandis que le titre bonus caché, "Cannibal Surf Babe", façon bossanova, est délicieux et amusant. Marillion s'est réinventé de belle fçon même si tout n'est pas réussi.
En tout cas, Marillion demeure un groupe majeur qui mériterait d'exploser à la face du monde.