
Cinquième album de la formation allemande, Posthumous Silence est le premier concept-album de Sylvan. Prise de risque audacieuse il est vrai, un concept album n’étant jamais facile à réaliser, d’autant que le thème choisi semble surréaliste et vraiment difficile à retranscrire un peu comme l’avait fait il y a quelques années Orphan Project.
Le thème de ce disque raconte l’histoire d’un père ayant perdu sa fille après un suicide. Le père découvrant par la suite le journal intime de son enfant. Au fil de l’album il cherche à en savoir plus, à comprendre le pourquoi de la catastrophe. Il va alors réaliser qu’il est responsable de ce tragique événement. Désormais il porte sur lui le fardeau, n’ayant pas entendu les appels aux secours de sa fille. Mais c’est le pardon qui l’emportera, le père comprenant enfin le désespoir de sa fille.
Posthumous Silence débute doucement, nous rentrons dans la conscience du père, dans ses souvenirs. Des cris, des bruits nous accueillent. Des chœurs d’églises aussi, puis un piano aux notes dramatiques et sombres. Enfin la voix de Marco Gluhmann, déchirante. Le violon et les rires ensuite, donnent des frissons. « In Chains » débute véritablement les hostilités. La musique de Sylvan’s navigue entre rock nerveux et intimiste, c’est d’ailleurs ce qui fait le charme de la musique du groupe Allemand, un peu comme Riverside ou Porcupine Tree. Les mélodies sont superbes. Tous les instruments ont leur place, aucune n’empiétant sur l’autre. L’attaque des guitares est puissante, mais elles savent aussi se faire discrètes. Le clavier est léger. Les huit minutes de « In Chains » sont intenses et laissent présager de très bons moments pour la suite. « Pane of Truth », avec son clavier et son violon sont gorgés d’émotion. La voix de Marco fait hérisser les poils sur le corps. En mot, c’est beau. Une composition résolument progressive qui fait penser à Pendragon avec cette ambiance magique et mélancolique qui s’en dégage. Les dialogues que l’on peut entendre durant les morceaux donnent encore plus de vie au concept. Tout nous pousse à rentrer dans l’histoire, à ressentir le mal-être du père. « Forgotten Virtue » est une composition plus complexe, très travaillé avec beaucoup d’arrangements. Le son du clavier est moderne. « The Collor Changed » est un autre titre intense avec pas mal de variations. La voix de Marco est encore irréprochable. La fin du titre est un bijou de mélodie et d’harmonie. « Questions » garde cette ambiance douce. C’est triste, mélancolique. Les dialogues aident à rendre la composition plus émotive, cela en est presque violent. Une fois encore, c’est beau.
Plus loin sur l’album, « A Kind of Eden » fait vibrer l’âme. Le titre est d’ailleurs étonnamment plus joyeux que le reste du disque. Il est cependant toujours basé sur des mélodies mélancoliques. Enfin le titre éponyme qui vient conclure le concept est à pleurer tellement il est beau à tout point de vu et que ceux qui pensent le contraire aillent au diable. Les mélodies sont merveilleuses et les musiciens démontrent leurs talents au grand jour et prouvent leur volonté à retranscrire leur passion et les sentiments qui peuvent se dégager d’une telle histoire.
La mission que c’était donné Sylvan avec ce concept album est donc un succès, c’est un must dans le genre. Sylvan après un X-Rayed excellent, vient de passer à un stade supérieur, celui des très grands. Ce concept aux tonalités différentes ce fait plus beau jour après jour, contrairement à Be de Pain of Salvation par exemple.
Posthumous silence est à posséder d’urgence et est à ranger parmi vos meilleurs cd.
Vous savez ce qu’il vous reste à faire…
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