Quoi de neuf ?
Archives
Calendrier
avril 2021
L M M J V S D
« Sep    
 1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  

Axelle Kotipelto

Salut ! Comment vous allez ?

Lucas : Très bien, contents d’être ici, grosse journée qui s’annonce, ça va être bien !

Thibault : Très bien !

Bon on va parler de votre nouvel album nommé Burning Skyfall, tout d’abord, pourquoi avoir choisi d’intituler l’album comme ça ?

Lucas : Alors en fait parce que ça représente un peu l’histoire de l’album. C’est-à-dire que les deux albums du groupe sont dans un univers médiéval fantastique, il y avait déjà une histoire sur le premier album et le deuxième continue cette histoire. Il revient sur les origines du premier album. Donc Burning Skyfall revient sur toute cette histoire de dragons, de combats pour l’humanité …

On voit bien ce que représente l’illustration mais est-ce qu’il y a un double sens, un sens caché ?

Lucas : Pas du tout, là encore c’est vraiment dans le même esprit que le premier album, on a voulu suivre cette même ligne. C’est-à-dire que la pochette représente une sorte de melting pot de plein d’éléments qui se passent dans l’histoire. Donc on a le village abandonné par les humains, le feu qui vient du ciel, un dragon caché dans un coin, une montagne où justement il se passe plein de choses, donc voilà c’est vraiment une sorte de flash de plein de moments clés de l’histoire de l’album.

Thibault : Oui puis on a voulu mettre un petit peu en avant aussi le côté plus « dark » de l’histoire, un peu moins coloré que le premier album qui était très coloré justement.

Et de quoi vous vous êtes inspirés pour cet album ?

Lucas : Alors ça va être très dur de répondre à cette question, mais en fait de base on vient vraiment du metal au sens large. Assez vite quand on a commencé à composer pour le groupe on a essayé de rajouter justement tous les éléments un peu folk, celtiques, du coup c’est dur de dire qu’on va être influencés par une chose en particulier. Ça peut être des groupes de metal, des mélodies celtiques, des musiques de films, ça peut être un peu tout. On n’a pas une source d’inspiration, on écoute chacun beaucoup de musique donc forcément on engrange des choses …

Thibault : Mais on essaye de garder une couleur quoi. Une couleur sur les compos mais tout en différenciant le tout du premier album, c’était le but, on ne voulait pas faire un copié-collé, c’était pas du tout l’objectif. On ne voulait pas non plus se poser de limites en termes de compo à vouloir faire exactement pareil, fallait que ça reste un minimum créatif aussi. Mais après pour les inspirations on est vraiment variés. Lucas écoute beaucoup plus de power et de heavy.

Oui je m’étais dit en écoutant que tu étais bien dans ce trip-là (rires).

Lucas : Oui voilà Helloween, Gamma Ray, les Rhapsody enfin un peu toute la clique (rires).

Thibault : Alors pour le coup moi dans l’idée je ne suis pas du tout bercé dans ces univers de metal la, bon il y a Maiden qui m’influence beaucoup, j’en ai beaucoup écouté, mais après moi je suis plus porté sur tout ce qui est Symphony X, Dream Theater, plus le metal prog en fait.

Lucas : C’est ça on a tous des influences différentes. Enfin toujours autour du metal mais on est tous dans nos trucs. Loris va être un peu plus sur ce qui est brutal, Clément plus sur le prog aussi, donc voilà on a chacun notre touche et c’est aussi pour ça par exemple que le deuxième album a un peu évolué par rapport à ça. Thibault du coup il a apporté des morceaux sur ce deuxième album donc même si on essaye toujours de garder cette touche, ça donne un côté varié, ça donne de l’ouverture.

Mais le groupe est plutôt porté sur le power pourtant, vous arrivez à mêler toutes ces influences si différentes de façon à ce que ça plaise à chacun de vous ?

Lucas : Ah complètement. Mais en fait on n’arrive jamais en répète par exemple en se disant qu’on va essayer de faire quelque chose ensemble, c’est-à-dire que le groupe on l’a créé en 2007 et même si ça s’est fait naturellement, le but a été de monter une certaine identité. Ce qui veut dire que c’est l’identité du groupe qui va primer avant tout. C’est-à-dire que quand Thibault a ramené des morceaux la première question ça a été est-ce que ça va coller au truc du groupe ? Quand moi je vais composer des morceaux c’est pareil, on se demande toujours si ça va coller. Le but n’est pas de rentrer dans un carcan non plus, mais si un jour on fait un morceau de black metal on ne le mettra jamais dans le groupe, l’objectif c’est vraiment de garder cet univers. En se mettant dans le groupe on se met dans cet univers-là.

Y-a-t-il une différence majeure entre cet album et les précédents ?

Thibault : Bah alors déjà pour la réalisation on ne s’est pas adressé au même studio, l’ingé son qui a géré le mixage et tout ça n’était pas du tout le même que sur le premier album, mais ça ça c’est fait naturellement en fait. Du coup ça a peut-être été pas plus compliqué mais il fallait qu’on garde un peu la couleur du coup vu que c’était pas fait par les mêmes personnes.

Lucas : Et malgré tout on savait peut-être plus ce qu’on voulait, on avait plus la main. Par exemple sur le premier album les gars avaient fait plus de boulot pour nous que là on a essayé de faire par nous-mêmes, l’écriture des cœurs, des samples par exemple. Là on a vraiment essayé de mener le projet encore plus loin et du coup de l’accompagner encore plus. On a essayé de le travailler sous tous ses aspects, de pousser le truc encore plus loin. Bon après on a tellement la tête dans le truc que c’est très dur de faire des différences. C’est juste qu’il est plus abouti quoi.

Est-ce qu’il y a un morceau qui représente particulièrement bien le groupe dans cet album selon vous ?

Thibault : Bah pour le panel de couleurs je dirai « Mother Firedrake » parce que il y a un peu toutes les couleurs du groupe réunies dedans. Alors le but n’était pas de faire un patchwork hein, en tout cas c’est Lucas qui l’a écrit et je pense pas qu’il l’ait fait dans ce but-là. Mais oui il y a pas mal d’instru qui sont présentes dans ce morceau et qui sont présentes dans d’autres, et vu la longueur du morceau ça permet aussi de représenter un peu tout l’univers. Donc oui je pense que c’est celui qui représente mieux le groupe.

Et toi ?

Lucas : (rires) Je ne sais pas du tout ! Tout l’album représente bien le groupe, c’est difficile comme question ! Mais si je devais en choisir un ce serait « My Shattering Burden », pour moi il va plus ressembler à ce que pouvait être un peu le premier album, quoi qu’il soit plus mélancolique quand même.

Et pour les paroles, est-ce qu’elles ont une signification particulière ?

Lucas : Alors là du coup on revient sur ce qu’on disait au début, c’est-à-dire que c’est vraiment une histoire en fait. Dans le premier album, pour faire simple, c’était un homme qui sortait d’une tyrannie et du coup qui avait une voix mystérieuse qui l’appelait pour sauver l’humanité. Pour faire très simple.

Thibault : Un schizophrène quoi.

Lucas : (rires). Donc l’idée était un peu de poursuivre cette histoire mais pas juste de faire une suite. On a réfléchi à comment avancer dans cet univers qu’on commençait un peu à créer, donc en fait l’histoire raconte justement d’où vient cette voix mystérieuse en fait. Qu’est-ce que c’est ? Qui est-ce ? Pourquoi elle fait ça maintenant ? Ça parle donc d’un dieu, qu’on présente justement dans cet album, et tout l’album parle de son histoire. De son rapport avec les autres dieux, qui sont les ennemis du premier album, leur relation etc. Et donc voilà, tout l’album est basé sur cette histoire, et va dire comment un dieu devient la voix sacrée.

Thibault : Après si par signification particulière tu entends connotations ou doubles sens, politique, engagement, société, il n’y a rien d’affiché en fait, on parle seulement de liberté, on parle de tout ça, après chacun comprend ce qu’il veut.

Lucas : C’est l’avantage de la fantasy en fait, chacun peut y voir un peu ce qu’il veut en fait, ça parle de liberté, de rébellion, de plein de choses mais c’est dans la fantaisie donc chacun pioche ce qu’il veut.

Pendant combien de temps vous avez travaillé dessus ?

Lucas : Le premier morceau on l’a composé un an après la sortie du premier album donc 2013. On a eu un an vraiment où après le premier album on s’est un peu posé. On a joué un petit peu mais on n’a pas commencé à composer. Et on a commencé donc en 2014 même, car le premier album est sorti en fin 2012, 2013 – 2014 on a commencé à bosser vraiment sur les nouveaux morceaux.

Appréhendez-vous les retours sur cet album ?

Lucas : Alors c’est sûr qu’on appréhende, on appréhende toujours, on attend toujours de savoir ce que les gens en pensent.

Thibault : C’est un peu pour ça qu’on le fait aussi, on ne fait pas de la musique que pour nous mais surtout pour les autres aussi.

Quel est votre morceau favori dans cet album ?

Lucas : Bah moi je reviendrai sur « Mother Firedrake », justement LE fameux morceau de 11 minutes où il se passe plein de choses, on passe par le planant, par l’épique, y a tout quoi. Ça n’a pas été fait pour ça mais du coup il se passe plein de choses. Et ouais c’est vraiment celui que je préfère actuellement. Mais ça se trouve dans deux mois je vais dire autre chose ! Mais pour l’instant c’est celui qui me marque le plus, et celui que j’aime le plus jouer en concert aussi.

Et toi ?

Thibault : Moi se serait « My Shattering Burden » en fait. Pour le jeu en live j’aime bien le côté mélancolique, c’est là que je suis le plus à l’aise au niveau du jeu guitaristique pour le solo et tout. Et je le trouve vraiment cool, il y a un côté très énergique dans le rythme et puis il y a le côté très posé sur l’intro, le pont au milieu, et oui j’aime beaucoup ce morceau-là.

Et par rapport aux tournées, vous avez des retours de l’étranger ? Vous prévoyez des concerts ailleurs qu’en France ?

Lucas : Pour l’instant non, du côté professionnel non on n’a rien de l’étranger. On aimerait bien, notamment l’Allemagne, c’est un pays qu’on adore, faut qu’on aille jouer là-bas, c’est juste indispensable ! Mais pour l’instant on n’a aucun retour à ce niveau-là. On a des retours de gens qui ont découvert l’album mais c’est tout. Mais en France on prévoit des petites dates quand même bien sûr. Là en fait avant l’album on a vraiment travaillé sur le local donc en Normandie, c’est-à-dire que là on a sorti l’album en janvier donc jusqu’à ce moment-là on a joué aux quatre coins de Normandie. Et là on commence à travailler vraiment au-delà, en dehors de notre région.

Thibault : Oui on va chercher sur Lyon en l’occurrence, la Bretagne, partout où on pourrait jouer en fait.

D’où vient l’idée du nom Hopes Of Freedom ?

Lucas : Alors ça vient vraiment du début du groupe en fait. A la base il y avait un autre petit groupe, quand on avait monté le groupe en 2007 en fait, juste avant il y avait un tout petit groupe avec Clément Simon à l’époque, donc l’ancien guitariste du groupe, ça s’appelait Dark Hopes, c’était juste un petit groupe du moment quand on était au lycée. Après en 2007 ça a vraiment évolué, c’est devenu Hopes Of Freedom parce qu’on a commencé a monter justement cette identité autour du power donc voulait quelque chose qui marque et qui soit tout de suite positif. Et du coup Hopes Of Freedom c’est très positif, très ouvert, ça peut soit ne rien connoter soit connoter beaucoup de choses.

Comment en êtes-vous venu à jouer ensemble ?

Lucas : Alors ça s’est vraiment fait par étapes en fait. Le line-up actuel du groupe n’a plus aucun membre des débuts à part moi. Loris est rentré dans le groupe juste six mois après, on s’est rencontrés au conservatoire où on prenait des cours ensemble. Avant l’album et après l’EP c’est Clément qui nous a rejoints, donc trois ans après le début du groupe quoi. Et avec Thibault on s’est également rencontrés au conservatoire, juste avant l’album, début 2012.

Thibault : Je suis le petit jeune du groupe. Le vieux mais le petit jeune.

Depuis combien de temps faites-vous de la musique du coup ?

Lucas : 14 ans ? L’année dernière ça m’a fait mal quand je me suis rendu compte que j’avais passé plus de la moitié de ma vie à faire de la musique.

Je trouve ça plutôt positif !

Lucas : Oui oui bien sûr ! Oui on a toujours fait ça, depuis qu’on a 12 / 13 ans et qu’on peut faire de la musique on ne s’est pas arrêtés.

Thibault : Oui c’est ça, moi j’ai commencé la gratte à l’âge de 12 ans. Je ne dirai pas combien de temps ça fait pour pas me …

Lucas : Les ¾ de ta vie ! (rires)

Et qu’est-ce qui vous a donné envie d’en faire en fait ?

Lucas : J’ai commencé la guitare à 13 ans lors d’un noël et dès ce moment j’ai su que c’était ce que je voulais faire de ma vie. Il n’y a rien de particulier, je pense que c’était juste trop bien et je ne savais pas ce que j’allais faire ni comment j’allais le faire ni combien de temps, juste que je voulais faire ça de ma vie. En fait j’ai toujours été baigné dans la musique. Mon père a fait partie de groupes, musique pour enfant, il a fait un peu de folk également, j’ai toujours été baigné là-dedans, dans des concerts, dans des répètes, dans des trucs comme ça et j’ai essayé deux trois petites choses avant comme la batterie, mais une fois que j’ai commencé la guitare électrique à 13 ans, j’ai su que c’était ça que je voulais.

Thibault : Et moi c’était un peu le même schéma en fait. Mon père joue un peu de gratte, j’ai toujours été baigné dans des musiques type Pink Floyd, Dire Straits, du rock des années 60 à maintenant, j’ai un oncle qui est professionnel et qui m’a pris en charge pour la formation, et j’ai commencé ça à 12 ans donc. Mais je ne me suis pas dit comme Lucas tout de suite que je ferai ça de ma vie, c’est venu plus tard en fait, mais je sais qu’à partir du moment où j’ai attrapé une gratte, quand je rentrais de l’école je n’avais qu’une envie c’était de jeter mon sac et d’en faire. J’ai commencé à lâcher un peu les jeux vidéo, bon pas complètement hein jamais, mais ma vie tournait autour de la gratte avant tout. Jouer avec des potes, en faire chez moi tout ça, c’était juste top.

Et pourquoi avoir choisi de faire du metal ?

Lucas : Ça s’est fait plutôt naturellement, j’ai pas toujours été baigné dedans plus que ça donc oui ça s’est fait très naturellement. Mais comme ¾ des gens qui sont dans le metal j’avais un pote au collège qui m’avait fait découvrir un best of d’Iron Maiden et puis là c’était foutu. (rires)

Thibault : Alors moi, paradoxalement, je n’étais pas du tout issu du metal à la base. Mais genre vraiment pas. C’est-à-dire que jusqu’à Hopes, à part au conservatoire pour des morceaux qu’on bossait et que je prenais plaisir à jouer je n’avais pas de problèmes du tout avec le metal, je n’étais pas du tout issu de ça. J’ai écoute beaucoup de Maiden quand j’étais ado, après j’ai un peu oublié Maiden et je suis tombé malheureusement dans la vague du néo-metal, ce qui m’a un peu finalement dégoûté du metal guitaristiquement parlant car quand j’écoutais Korn et tout, enfin c’est cool à écouter mais à part du power-cord à jouer je ne voyais pas trop d’intérêt. Et c’est finalement mon prof au conservatoire qui m’a réconcilié un peu avec le metal avec tout ce qui est néo-classique et tout. Mais je n’en jouais pas plus que ça, parce que les projets que j’avais à l’époque c’était plutôt blues, rock, consonance un peu jazzy même, et Lucas est arrivé et m’a dit écoute ça te tenterai de venir jouer un peu avec nous ? Je lui ai répondu que oui, pourquoi pas, on va voir, même si je n’étais pas sûr de pouvoir répondre à ses attentes en termes de metal. Mais à priori ça l’a fait puisqu’il ne m’a pas foutu à la porte ! (rires). Mais oui c’est marrant parce que je prends énormément de plaisir, je suis sûr que Hopes c’est le projet dans lequel je m’éclate le plus guitaristiquement parlant. Alors qu’un an avant de rentrer dans le groupe on m’aurait dit « tiens tu vas faire du metal » j’aurais répondu « mouais ». A ce moment-là disons que je n’aurai pas tout sacrifié, alors que maintenant oui clairement.

Votre meilleure expérience sur scène ?

Lucas : La sortie du premier album. Quand on a sorti le premier album en 2012 on a fait une soirée sortie vraiment à l’arcade donc vers Rouen, dans la salle où on répète depuis qu’on a commencé la musique donc c’est vraiment le lieu où on a toujours été, c’est un peu notre monde, et on a eu carte blanche pour cette soirée de sortie quoi. On avait du monde avec nous, on avait énormément de pub, y avait les potes, le projecteur de flammes, fin voilà c’était vraiment LA grosse soirée comme on aimerait faire tout le temps.

Thibault : Alors, moi, la sortie du premier album j’ai clairement adoré, voir la tronche des gens quand on a foutu les flammes en route c’était magique. Mais à ce moment-là les morceaux étaient encore un peu frais pour moi, j’étais rentré dans le groupe juste avant l’album donc même si j’ai pris beaucoup de plaisir, j’étais encore un peu sur le stress de la gestion des morceaux quoi. En fait pour moi la plus belle expérience serait la sortie du deuxième album plutôt parce que y avait l’intro avec la flûte et la cornemuse, nous on était en coulisses à ce moment-là, la salle était pleine, les gens étaient venus exprès car c’est nous qui organisions la soirée (c’était au même endroit que pour le premier album) et y avait quoi … 350 personnes. Et les gens étaient venus pour ça, donc ils attendaient ça précisément. Et quand on a posé le premier accord de gratte, les gens se sont mis à hurler, mais vraiment hein sans exagérer, et ce moment-là était vraiment le plus magique que j’ai vécu sur scène. Le gros partage avec le public et tout ça … Je sais que ce soir-là en plus j’avais plein de galères de son, ça aurait pu être un enfer en fait. Et finalement c’est resté génial parce que le public nous a vraiment portés.

Une anecdote de studio ou autre à raconter ?

Lucas : Ah on peut parler du tabouret ! (rires). En fait, en général les textes sont toujours écrits vers la fin. Ce qui veut dire que quand on compose les morceaux, ils restent en moyenne six mois sans textes. Donc il faut bien qu’on leur trouve des noms ! Donc là c’est toujours les anecdotes qui ressortent, par exemple le morceau « Hearts In Unison » qui est sur le deuxième album, on l’appelait tabouret. Et pourquoi ?!

Thibault : Parce qu’il y a une blague de répète en fait.

Lucas : C’est une blague de répète ! C’est-à-dire que y a un rythme un peu rapide que Clément à la batterie n’était pas habitué à faire. Et du coup, vu que ça speedait beaucoup, chaque fois qu’il le faisait en répète, il sautillait toujours sur son tabouret. Et comme on n’avait pas de titre de morceau, et ben on l’a appelé tabouret pendant six mois voire plus.

Thibault : Moi si on me demande de donner le nom du morceau j’en serai presque incapable, car pour moi c’est tabouret et c’est tout (rires).

Quel est votre groupe de prédilection à tous les deux ?

Thibault : Ah c’est pas le même, c’est sûr !

Lucas : Je ne pourrai pas t’en dire ! Non je n’ai vraiment pas de groupes en particulier.

Thibault : Moi j’en ai deux en fait. Pour rester dans le metal c’est Dream Theater, et l’autre c’est Toto. Ça n’a juste rien à voir ! Rien à voir avec le metal mais je suis tombé amoureux du guitariste (musicalement parlant j’entends) quand j’avais 14/15 ans je crois, et je n’ai jamais réussi à décrocher. Ce mec je crois que c’est ma plus grosse source d’inspiration guitaristique et même quand j’essaye de m’en détacher et de jouer un peu différemment, j’en reviens toujours à lui. Pour moi c’est dieu quoi !

Bon ça n’a rien à voir mais, comment vous avez vécu les attentats ? Ou l’actualité joyeuse de ces derniers temps ?

Lucas : Clairement ça a été horrible. Après, ce n’est pas le fait que la communauté musicale ait été touchée au Bataclan qui m’a rendu spécialement triste. Je veux dire, je n’ai pas été plus triste pour ça que pour Charlie Hebdo, les deux étaient horribles. Je ne sais pas si ces mecs-là visaient la musique. Ils visent tout je pense, d’une manière générale. Que ce soit les mecs au bar, ou n’importe qui d’autre. Oui on l’a très mal vécu, comme tout le monde je pense.

Thibault : Oui moi c’est pareil. C’était très bizarre en fait … Fin là je parle pour les attentats de Charlie Hebdo, j’étais dans ma caisse et d’un coup j’entends ça à la radio, j’ai pris une bonne grosse tarte dans la face. Et pour les autres attentats c’était vraiment bizarre la manière dont ça s’est passé. Enfin, pour moi. Le soir des attentats je me suis couché tôt, j’étais crevé je m’en rappelle. Donc je n’ai rien vu aux infos. Puis en règle générale je ne regarde pas trop la télé en fait. Et le lendemain matin je lis sur mon téléphone en allant bosser et je reçois un message d’un pote qui me demande où je suis. Du coup je me dis merde, je n’ai quand même pas oublié d’aller jouer hier soir, pas oublié une soirée, rien ! Bon je n’avais pas répondu de suite puis là, j’allume la radio et je tombe là-dessus. Comme je t’ai dit, j’ai vraiment pris une grosse tarte dans la gueule. Déjà de base en général je suis plutôt quelqu’un d’empathique, donc je ne me suis pas posé la question de savoir si ça aurait pu être moi, ou j’aurai pu y être, ça pourrait m’arriver etc. Parce que voilà finalement ça peut arriver à n’importe qui n’importe quand. Et quelle que soit la communauté à laquelle on appartient. C’est juste le fait qu’on puisse froidement buter des gens comme ça, ça m’a retourné, je n’arrive pas à comprendre. Je suis resté scotché aux infos pendant deux ou trois heures et après y a fallu que je coupe complètement parce que j’avais plus que ça en tête et c’était pas bon. Alors oui il fallait en entendre parler évidemment, mais si je ne m’étais pas coupé de ça je pense que j’aurai pas été dans un bel état. Donc c’est très compliqué. Puis j’ai deux gosses donc quand tu vois ça tu te dis merde, ils vont où quoi ? Donc je ne sais pas, je ne sais même pas s’il y aurait un mot pour caractériser ce que j’ai ressenti ou ce que je peux penser de tout ça.

Un petit message pour les fans ?

Lucas et Thibault : Merci ! (rires)

Lucas : Venez nous voir en concert !

Y a du feu et tout !

Lucas et Thibault : (rires)

Thibault : Moi ce que j’aurai tendance à dire aux gens c’est qu’on les encourage à écouter, et je leur dis merci bien évidemment. Sans ces gens-là qui achètent notre musique qui écoutent notre musique et qui viennent nous voir en concert, il n’y a pas de possibilité d’exister en fait. On fait de la musique et on essaye d’en faire d’entrée, mais s’il n’y a pas le public derrière ça marche pas. Donc le seul truc que j’ai à dire aux fans c’est : merci !

Quelle a été votre inspiration pour ce Concept Album ?

Andy : Il faut revenir en 2010 pour en comprendre l’origine. J’ai rencontré Wolfgang Hohlbein (un des auteurs les plus célèbres en Allemagne, il a vendu plus 40 millions de livres, aussi connu que Stephen King) à notre concert de comédie musicale Christ 0, à Munich, que nous avons nous-même écrit et joué. Étant lui-même un auteur attiré par la fantaisie et le mystique, il dit à son manager, Dieter Winkler, qu’il adorerait qu’un groupe comme Vanden Plas collabore avec lui pour créer un concept à mettre en scène, provenant d’un de ses romans. Il est venu nous voir pour en discuter, et comme je suis fan de Wolfgang depuis une vingtaine d’années, je n’arrivais pas à croire que LUI venait pour nous faire une telle proposition. On a passés du temps ensemble, à discuter de notre projet, puis lui est venu l’idée de créer une comédie musicale basée sur son roman Chronicles Of The Immortals (Die Chronik der Unsterblichen) qui se déroule en 15 tomes. Je lui ai répondu que c’est impossible d’adapter l’intégralité d’un roman en 15 tomes dans une comédie musicale de 2 heures et demie, donc nous devions créer notre propre histoire, basée sur les personnages les plus importants de ce roman mais indépendante de celui-ci. Il a adoré l’idée, donc on a écrit cette comédie musicale et elle a été un grand succès, on l’a joué 25 fois avec 800 entrées vendues par concerts, et en voyant que cette musique fonctionnait bien, on s’est dit qu’on pourrait en tirer un vrai album pour Vanden Plas. On a donc conclu un marché avec la maison de disque Frontiers Records, leur vendant la musique et son histoire. Ils ont trouvé cette idée géniale, mais ils voulaient la totalité de la comédie musicale dans cet album, alors qu’à la base nous voulions en extraire ce qui était d’après nous les meilleures parties. Nous devions donc choisir entre en faire un double album, ou séparer la comédie en deux albums. Il aurait été trop long d’en faire un double album à cause de la réalisation des morceaux de l’album, contenant beaucoup d’orchestration. On a donc séparé l’album en deux, Netherworld Path 1 et Netherworld Path 2, chaque album étant un acte de la comédie musicale.

Quelle est l’histoire de cet album ?

Andy : L’histoire prend place dans un monde fantastique peuplés de démons et se déroulant dans des lieux historiques tels que Rome et Londres et suit un vampire, condamné à l’immortalité et ce que celle-ci implique émotionnellement pour une personne, parce qu’on donnerait beaucoup pour l’immortalité, par crainte de la mort, mais il y a aussi les aspects négatifs comme perdre des proches encore et encore, et la façon dont cela affecte la personne.

Y-a-t-il une différence entre la première partie de l’album et la seconde ?

Andy : Après la première partie, nous savions exactement quelle direction prendre avec l’album, et je trouve celle-ci meilleure musicalement, mais elle se rapproche aussi plus des origines du rock progressif, je pense que c’est la principale différence entre les deux.

Cherchiez-vous à faire quelque chose de nouveau ou différent au travers de ces deux albums ?

Andy : Là où nous avons innové, c’est dans la narration de l’histoire que nous avons créée par la musique. Nous avons donné aux personnages et aux scènes de la cohérence, comme dans un film, et je pense que la musique elle-même est puissante pour la narration, et ce qui différencie cet album des autres, c’est l’utilisation d’ajouts et de mélodies orchestrales pour transporter l’histoire. Nous ne voulions pas perdre cet esprit, déjà présent dans la comédie musicale, pour que l’auditeur soit autant immergé dans l’histoire que le spectateur de la comédie musicale. Ce qui a été changé par rapport à la comédie musicale, c’est les parties instrumentales des morceaux, bien plus nombreuses, car dans une comédie musicale, tout le monde raconte une histoire sur scène, et un régisseur ne saurait pas quoi faire d’une minute et de demie de solo de guitare, ça n’a pas de sens. On a donc modifié ces parties là une fois qu’on a décidé de faire un album unique.

D’après toi, quel morceau de cet album représente le groupe ?

Andy : Rétrospectivement, j’aurais dit « Stone Roses Edge » mais avec un changement de direction du groupe, « Diabolica Comedia ». Ça ne veut pas dire pour autant que notre prochain album sera comme « Stone Roses Edge » ou « Diabolica Comedia », nous voyons Netherworld 1 et 2 comme des albums à part, nous voulions donner aux fans une vision différente de Vanden Plas, mais pour nous c’est un projet que nous avons terminé et que nous aimons, et nous nous ouvrirons à d’autres perspectives après la tournée. On verra bien, mais je pense que nos prochains albums seront un peu plus « purs », un retour aux sources, gothiques, comme dans « Far Off Grace », dans lequel on a utilisé moins d’orchestration, mais je pense que dans le prochain album nous utiliseront l’auto orchestration parce qu’on peut le faire et que l’on obtient un bon rendu, mais dans une moindre mesure, pour ensuite l’utiliser intensément au point culminant d’un morceau. L’objectif principal reste le retour à nos origines, un peu plus hard, à peu près entre God Thing et Beyond Daylight, c’est un peu le style que l’on vise, moins d’arrangements, on voulait utiliser des vrais synthétiseurs par exemple. On a une nouvelle idée derrière la tête et on aime la tournure qu’elle prend. On verra bien ce qui se passe.

Quel est ton morceau préféré de cet album ?

Andy : Mon morceau préféré … c’est compliqué. J’aime « Stone Roses », mais je les aime tous, ils s’emboîtent tous très bien, j’aime aussi le dernier, « Circle Of The Devil », c’est impossible de jouer celle-là sur scène, beaucoup d’orchestration et de chœurs. J’aime aussi énormément « Diabolica Comedia » parce qu’il est très unique, il y a aussi « Godmake Us Temptation » … je n’arrive pas à en choisir une, parce que les morceaux sont interdépendants.

Oui je comprends, l’ensemble des morceaux s’enchainent, il n’y a aucune coupure entre eux.

Andy : C’est exactement ça !
Personnellement, j’ai un morceau préféré, c’est Monster !
Andy : « Monster » ? Très bon choix !

Quel est votre prochain objectif ?

Andy : On a quelques projets de comédies musicales, on en a écrit une nouvelle appelée Every Man, on l’a déjà joué à Kaiserslautern, qui a aussi été un succès. On va aussi la jouer à Innsbruck, en Autriche, de Mars 2017 à Septembre. L’année prochaine est prévue pour les comédies musicales. Pendant notre tournée de cette année, nous prendrons une pause en mai, pour commencer à réfléchir à des idées de musiques, écrire des concepts. Puis en octobre, à la fin de la tournée, nous commencerons à composer avant de reprendre en mars 2017 à Innsbruck. Si tout se passe bien, tout sera prêt et quand nous auront fini à Innsbruck, nous retourneront au studio pour enregistrer l’album.

Et que pensez-vous du public français ?

Andy : On l’adore. On espère voir une grosse foule ce soir. Durant nos 3 premières années nous étions plus populaires en France, mais on a dû partir de notre société à l’époque et on a pas eu de chance avec la suivante, les gens pensaient que Vanden Plas était fini, et ce n’est pas facile de rester sur le marché si les fans pensent que vous n’existez plus, donc on a eu du mal à revenir et jouer des concerts pendant quelques années. Et maintenant on est de retour, il y a deux ans on a joué 5 concerts, et cette année 4 et nous reviendront en octobre pour jouer au Roussillon. Je pense que petit à petit nous regagnerons le public français, je l’espère, nous adorons la mentalité française et je pense que les français nous aiment réciproquement, de ce que je vois des réactions à chaque fois. Mais je ne veux pas trop m’avancer avant un concert, on en reparle après.

Je te laisse le mot de la fin, as-tu un message à faire passer ?

Andy : Je reviens sur le fait que j’aime beaucoup la France, je passe mes vacances ici, j’ai été durant les 5 dernières années en Ardèche, et près de Marseille. J’adore la mentalité française, le paysage, la nourriture et j’aime le vin. Le groupe est très heureux de revenir, on le sent bien et on espère que les gens aiment toujours ce qu’on fait et qu’on aura la chance de revenir les 5-6 prochaines années.

Merci à Steeven pour voir réalisé cette interview.

Salut à tous les deux ! J’ai quelques petites questions à vous poser sur le nouvel album, que vous avez intitulé L’Envers. Tout simplement, pourquoi avoir choisi ce titre ? Qu’est-ce qu’il signifie ?

Emmanuel : Alors déjà, c’est souvent un sujet délicat pour trouver le titre d’un album, surtout avec un album aussi flamboyant et baroque que celui-ci, donc il fallait trouver un titre qui soit percutant, avec une formule assez ramassée comme on a toujours fait avec nos précédents travaux, comme Posthume, France, Décade(nt), donc une formule courte. Et dans L’Envers, ce qui était intéressant c’était d’abord la notion d’envers du décor parce que le théâtre et le grand guignol c’est assez présent dans cet album, jusque dans l’artwork, donc il y a cette notion la mais il y a également la notion de par « envers » l’idée d’inversion, voire de perversion, puisque ça traite de sujets qui sont très sombres, ça met en scène des histoires et des personnages qui sont effectivement très tourmentés. Ensuite il y a le fait que le mot « envers » ressemble fortement au mot « enfer », et c’est aussi une plongée en enfer qu’on propose à l’auditeur avec ce disque, parce que c’est une descente dans les recoins les plus obscurs de la nature humaine. C’est un peu peinant dit comme ça mais c’est vrai, l’idée principale c’est cette descente aux enfers, ce voyage infernal. Et puis, enfin, dans « l’envers » il y avait un jeu de mot qu’on aimait bien, cette année c’est l’année du vert donc « an vert », et le fait que ce soit le premier album du groupe sous ce nouveau line-up, car c’est le premier disque que nous faisons tous ensemble depuis Posthume. Voilà !

Pendant combien de temps avez-vous travaillé sur cet album ?

Emmanuel : Ca fait tellement d’années … Je crois qu’on a commencé à travailler dessus en 2008.

Thomas : Je crois que la batterie a été enregistrée il y a deux ans et demi.

Emmanuel : Non peut être pas 2008 je dis des bêtises. Plutôt 2013.

Thomas : Mais avant il y a eu les esquisses de guitare …

Emmanuel : Oui ça a été long et un peu ingrat comme phase parce que évidemment c’est un temps où on ne se retrouve pas tous ensemble pour répéter, on a été un peu plus éparpillés, on a travaillé de façon très segmentée. J’ai d’abord proposé une base qui a été retranscrite et retravaillée par Renaud, le deuxième guitariste, ensuite on avait des échanges autour de ça, des structures, on améliorait les choses, Renaud proposait des parties solos, des arrangements de guitare et ensuite évidemment lui et Thomas sur la base de ces transcriptions ont travaillé ensemble pour établir la batterie. Vincent notre bassiste travaillait aussi pour écrire ses parties de basse, et une fois que tout cet ensemble était fixé sur notre démo / pré-démo qui allait servir de base pour l’enregistrement de l’album on avait aussi notre claviériste, Pierre Le Pape de Melted Space qui s’est mis au travail donc là on a travaillé ensemble pendant plusieurs jours sur les arrangements de l’album. Et une fois que tout ça est terminé, on rajoute encore une dernière étape, et non des moindres, c’est-à-dire l’écriture des paroles. J’écris toujours les textes après que les morceaux aient été composés et ça ça m’a pris au moins une année. Il m’a fallu une bonne année de travail, beaucoup de pages blanches, la peur de ne pas réussir à aller au bout et finir les morceaux. C’est un processus qui est plutôt douloureux, toujours peur de ne pas aller dans la bonne direction … Voilà tu vois ça a été assez consistant donc on a pris le temps, et en espérant que ça s’entende et que ça se ressente au final.

Ca s’entend ! […] Quels sont les thèmes principaux abordés dans cet album ?

Emmanuel : Aller tiens un peu à ton tour, pour voir si tu as écouté les morceaux !

Thomas : Euh bah alors les thèmes principaux … Bah déjà ça tourne beaucoup autour du théâtre et de la notion de la comédie. Il y aussi pas mal de petits clins d’œil sur des personnages qui sont sur les albums précédents, on essaye de restituer un peu tout ça dans le contexte actuel avec des petites références à d’autres époques. Ça s’entremêle, ça a l’air un peu décousu comme ça, mais bizarrement, c’est assez cohérent quand on l’écoute.

Emmanuel : Oui l’idée c’était aussi de reprendre des personnages qui sont apparu tout au long de la carrière du groupe. Et se dire voilà, en 2016, que sont-ils devenus ? Le vieux pédophile qu’on avait sur France par exemple, que sont devenus les libertins qu’on voyait sur France également, donc tous ces personnages reviennent aujourd’hui, évidemment le temps a passé et on est aussi beaucoup plus âgés et un petit peu plus sages … je l’espère. Du coup, ça donne quelque chose d’un peu amère. Autant au début du groupe, il y avait cette espèce « d’éjaculation musicale » (excuse-moi pour le terme), où vraiment on avait envie de tout dire avec plein d’enthousiasme, alors que là on est sur quelque chose de plus posé où on reprend ces personnages qui sont des loques, qui sont dans un monde en ruine etc. Et en même temps, le disque fait la synthèse de tout ça, à la fois de la noirceur et de la folie développées dans Posthume et le côté théâtral qu’on avait dans France.

Et justement, pourquoi ce côté théâtral est-il si présent dans L’Envers ? C’est une passion ?

Emmanuel : Oui tout à fait ! Moi à côté de la musique j’ai une activité d’acteur tout simplement, depuis une bonne dizaine d’années maintenant. Je fais de la voix off aussi donc j’aborde l’activité de chanteur en utilisant aussi cette compétence qui est d’interpréter des personnages, car je trouve ça très plaisant de donner une voix et une intonation à d’autres personnages, pour montrer certaines facettes de ma personnalité aussi. Voilà l’idée de base derrière ce côté théâtral.

Et sinon, quelles ont été vos principales influences pour cet album ?

Emmanuel : Alors dans les influences de Wormfood, dès le début je dirai que c’est une espèce de croisement : la rencontre de Type O Negative, Gainsbourg, Bashung, Notre Dame le groupe de Snowy Shaw, Carnival In Coal aussi dont on a fait partie d’ailleurs pour certains, donc voilà, c’est cette influence de tout ça, c’est à la confluence de tout ça, une espèce de doom-goth-avantgarde-metal-chanson française. J’aime pas trop le terme chanson française, ça donne tout de suite un côté un peu barbant, mais on chante en français donc oui, mais voilà Gainsbourg est une grande influence, les Rita Mitsouko aussi, Ange etc. C’est ce mélange de tout ça qui donne un truc un peu étrange, voire franchement étrange, qui s’appelle Wormfood.

Dans cet album, les titres sont quand même particulièrement longs, ce sont des histoires en fait ?

Emmanuel : Ca donne l’impression d’être des histoires oui. En fait, ça donne le temps de planter une scène, de raconter vraiment une histoire sur la durée donc c’est pour ça aussi que je te disais que je m’étais arraché les cheveux sur l’écriture des textes, parce que écrire un texte sur dix minutes en jouant différents personnages avec toutes les variations musicales qui peut y avoir dans l’album, c’était un challenge. Donc oui, on raconte des histoires. Après il y aussi le côté où peut être qu’on arrive pas à faire des morceaux courts, on a déjà essayé mais ça ne marche pas quoi. Et c’est peut-être ça. Mais c’est vrai aussi qu’on aime la musique lente.

Thomas : Il y a le morceau « Gone On The Hoist » qui fait un peu parenthèse avec le chant en anglais et qui est un peu court lui par contre, au départ c’était l’outro d’un des morceaux, il est relié à un autre morceau mais c’était tellement long qu’on l’a séparé.

Emmanuel : Oui en fait les morceaux « Mangevers » et « Gone On The Hoist » (qui est le seul morceau en anglais de l’album) se suivent. A l’origine, ils avaient été écrits pour se suivre totalement. C’était un même ensemble. Mais on s’est dit, aller on va couper tout ça, ça permettra de faire un clip sur « Mangevers » et puis de valoriser aussi le morceau « Gone On The Hoist » sur lequel on a Paul Bento de Carnivore et Type O Negative en invité, et à qui on donne vraiment l’occasion de s’exprimer car j’avais un peu ce regret sur Posthume, j’avais envie de le valoriser encore plus sur ce disque.

Mais et justement « Gone On The Hoist » est quand même particulièrement joyeux par rapport au reste non ? Pourquoi cet élan de gaité soudain ?

Thomas : C’est pour te faire mieux redescendre après ! (rires diaboliques).

Emmanuel : Oui voilà c’est le principe du roller-coaster, on te sort la tête de l’eau pour te replonger dans quelque chose d’encore plus noir derrière. Puis ce morceau n’est pas complètement déconnecté d’ailleurs, c’est vraiment un morceau qui parle d’une relation avec Paul Bento justement, de ce que j’ai vécu quand je suis allé à Brooklyn, des moments qu’on a vécus ensemble, cette espèce de pèlerinage sur le chemin de Type O Negative de tous ces groupes, de Life Of Agony etc. C’est cette envie aussi de « ressusciter » pendant quelques minutes cet univers, cette ambiance. C’est pas de l’imitation, mais plutôt de l’image. C’est surprenant ce fantôme de Type O Negative qui flotte au-dessus de nous !

Et dans « Serviteurs Du Roi », qui est le Roi Cauchemar ? Il m’a marquée !

Emmanuel : Je sais pas il va arriver normalement, il est très très prit, très demandé le Roi Cauchemar ! (rires). Le Roi Cauchemar c’est ce souverain qui règne sur ce Versailles imaginaire, ce Versailles de cauchemar, sur tous ces sujets, tous ces personnages, tous ces marquis et duchesses enfouis, voilà. Alors est-ce que c’est le diable, est-ce que c’est un spectre, est-ce que c’est moi, est-ce que c’est une partie de Thomas, je ne sais pas ! (rires). Voilà c’est un personnage qui chapeaute un peu l’ensemble comme cette idée de Versailles, de cauchemar qui est le cadre de tout l’album finalement, qui donne la cohérence à l’ensemble des choses.

Et d’où ça te vient tout ça ? C’est quand même très particulier !

Thomas : La drogue …

Je le savais !

Emmanuel : La drogue et puis, je sais pas. Non j’ai vraiment beaucoup de goût pour le XVIIème siècle voilà. Bon après, quand on y pense, ce n’est pas vraiment un morceau sur le vrai XVIIème siècle au sens historique du terme, c’est plus une vision, un imaginaire, une espèce de XVIIème siècle bizarre … Voilà, ça vient de là, je ne pourrai pas l’expliquer davantage. C’est vrai qu’à l’origine il y avait ce morceau sur France « TEGBM » dans lequel on entendait Molière, mais bon c’était traité de façon plus humoristique et moins cauchemardesque.

De quoi parle le morceau « Collectionneur de Poupées » exactement ?

Emmanuel : Alors en fait ça vient d’un fait divers mais c’est quand même aussi relié à un questionnement … Donc le fait divers est le suivant : en Russie il y a quelques années de ça, un homme a été arrêté. C’était quelqu’un de tout à fait normal c’était un historien, et on a retrouvé chez ce monsieur en apparence normale des dizaines et des dizaines de corps d’enfants qui avaient été soigneusement emmaillotés dans du tissu avec des masques et des moufles, et habillés en poupée et dont certains, fait encore plus macabre, avaient été transformés en véritables boîtes à musique, avec une boîte à musique donc dans le thorax. Le fait divers est déjà assez frappant, il m’avait marqué à l’époque et je m’étais dit qu’il y avait quelque chose à faire avec ça. Et il faut voir aussi quelque chose c’est que c’est pas une histoire de pédophilie ni de nécrophilie c’est-à-dire que le type qui a fait ça, et je trouve que c’est encore plus dérangeant que si c’était une histoire de pédophilie ou de nécrophilie d’ailleurs, était authentiquement et sincèrement persuadé que ces cadavres d’enfants qui étaient là étaient des enfants abandonnés par leur parents et qu’ils étaient seuls sous terre à sangloter et qu’il fallait aller les chercher. Dans son esprit c’était ça et donc l’idée était surprenante, assez dérangeante, ça dit quelque chose sur le rapport avec la mort, ça dit quelque chose sur le monde de l’enfance, l’imaginaire des jouets des adultes qui ne veulent pas grandir et ça je trouve que c’est une idée intéressante. On est pas du tout dans le truc gras et thrash d’un type qui va baiser des morts, c’est pas du tout ça, et cette idée m’intéressait justement par rapport à tout ça. Tu vois je trouve que Alice Au Pays Des Merveilles par exemple ou tous les films de Burton en général ou d’autres de ce type, moi ça me touche beaucoup parce que on voit bien que le monde des enfants, de leur croyances, de leurs rêves, de leurs cauchemars est extrêmement angoissant aussi. Et c’est quelque chose, quand tu grandis on te dit de perdre ça, de perdre cette capacité à rêver à croire aux monstres sous le lit ou à faire tomber son portable en pleine interview n’est-ce pas Renaud ! (rires). (Ndlr : Renaud arrivait à ce moment-là). Voilà mais donc ça posait cette question-là, cette question vraiment du monde de l’enfance du coté à la fois effrayant mais tendre, tout ça est très bizarre. Donc c’est du Alice Au Pays Des Merveilles aussi. Voilà un exemple de comment on prend un fait divers sordide puis on l’enjolive, on se l’approprie, on en fait quelque chose de très bizarre et de très sordide aussi mais différemment.

Et quel est le message de « Ordre de Mobilisation Générale » ?

Emmanuel : C’est un morceau sur l’horreur de la guerre. C’est un message qui vise tout le monde, on est une génération qui a la chance de ne pas connaitre de conflits. Alors oui on a une certaine insécurité de l’actualité avec les actes terroristes mais l’histoire d’Ordre de Mobilisation Générale c’est sur nos grands-parents qui ont fait la guerre, qui étaient des gens charmants et des gens de bien mais qui ont malgré tout à un moment de leur vie eu du sang sur les mains. C’est quand même assez perturbant de te dire que ton grand père ou ton arrière-grand-père, tout bienveillant et charmant qu’il soit, a été meurtrier quand même malgré tout ou en tout cas a tué en temps de guerre. Et je voulais aussi casser un peu le cou au côté glamour qu’on a souvent dans le metal de « la guerre c’est super c’est cool oh ouais la guerre, this is war ! » tu vois ? En réalité non, c’est juste abominable ! Tu vois il y a le côté grand guignol de la guerre c’est trop bien machin mais quand on reprend les choses vraiment, à leur échelle réelle, on se pose vraiment la question de savoir comment on réagirait face à ça. Donc c’est la question que pose ce morceau. Et le but aussi était de redonner tout son sens au mot « guerre », de dire ce que ça signifiait vraiment. Voilà ce qu’on essaye de faire passer. En plus c’est l’histoire d’un jeune vétéran de guerre qui finit défiguré, gueule cassée, dont la vie est foutue, c’est aussi avec ça avec ce désespoir là que je voulais faire quelque chose, quelque chose d’un peu différent sur la guerre. Alors je ne suis pas en train de te dire que tous les gens qui ont fait la guerre, tous les gens qui ont combattu sont des monstres sanguinaires, meurtriers, ce n’est pas le sens de ce que je veux dire. C’est vraiment la question de comment on réagit quand on est dans cette position.

Thomas : Et je n’ai pas l’impression qu’on vise vraiment quelqu’un ou quelque chose quand on fait de la musique, on essaye juste d’exprimer vraiment des choses, on ne vise personne en particulier, aucune « catégorie » de gens.

Emmanuel : Oui voilà c’est pas notre optique, on dit les choses sincèrement et avec conviction et du moment que y a ces deux choses, ça s’adresse à tout le monde.

Black_Bomb_A-logo

Salut ! Comment vous allez ?

Snake : Ben ça va plutôt bien et toi ?

Hervé : Ca va bien ! On est content de jouer à Paris, on vient pas trop souvent donc ça fait du bien !

Ça va très bien ! Bon déjà sur la pochette du nouveau DVD, qui est le petit garçon ?

Hervé : Alors c’est le fils de quelqu’un qu’on connaît depuis longtemps, on ne peut pas vraiment dire que c’est un ami, mais c’est une relation de concert qui vient régulièrement dans les concerts de l’est, puis on l’a croisé plein de fois et le petit en fait il vient toujours sur scène. C’était pas prémédité en fait hein, mais en voyant les photos on s’est tous dit que c’était une bonne idée.

Snake : Gabin il s’appelle et on a vraiment bien aimé cette image, ça représente bien aussi le truc, on a trouvé ça cool, donc on s’est dit « ouais bah tiens pourquoi pas ». Puis en plus il a accepté avec plaisir, il était super content, donc c’était cool.

Et tout simplement, pourquoi avoir choisi de faire un DVD ?

Snake : Ça tangue hein ?

Hervé : Hein ?

Snake : Ça tangue non ?

Hervé : Ouais ça bouge un peu !

Snake : Ouais putain ça tangue ! C’est quand t’es rentré ça Arno !

Arno : De quoi ?

Snake : Bah ça tangue !

Arno : Ouais c’est normal c’est mon poids ! (ndlr : l’interview a eu lieu dans une loge du Petit Bain, petite salle parisienne sur une péniche, dont les loges ont tendance à tanguer un peu).

Snake : (rires) Pourquoi avoir voulu faire un DVD ?

Hervé : Ben il y avait douze ans qu’on avait pas fait de DVD, on voulait avoir une petite actu supplémentaire et puis on était contents du premier DVD mais on trouvait qu’il ne reflétait pas vraiment ce qu’était Black Bomb sur scène. Alors que là je pense qu’on a réussi ce qu’on voulait, quand je le regarde moi personnellement je vois ce que j’imagine être Black Bomb sur scène, je dis j’imagine parce que évidemment vu qu’on est sur scène on ne se rend pas compte réellement de ce que c’est dans le public. Donc voilà ça donne un peu cette idée-là. On voulait faire le truc le plus réactif possible et c’est pour ça qu’on a mis des go-pros, tu verras dans le DVD dans le public il y a des gens qui ont des go-pros, t’as des slams, fin tu vois vraiment tout en direct. T’es au cœur du concert.

Arno : T’es au cœur de l’action !!!

Et pour les questions plus générales, d’où vient le nom du groupe ?

Snake : Alors le nom du groupe ! Bah écoute il y a plusieurs significations, tu peux le prendre de différentes manières. Bah bien souvent bah Black Bomb A c’est du hachich …

Arno : C’est du shiiiiit !!!

Snake : (rires) Donc à la base c’est ça, après il y a aussi le truc du « black », le côté sombre, puis « bomb » parce que ça pète et le « A » un peu anarchie tu vois. Donc on trouvait ça cool en fait à l’époque ce mélange de signification et on s’est dit « ouais aller Black Bomb A », pourquoi pas.

Quelle est votre source d’inspiration principale ?

Snake : La vie.

Hervé : Ouais ouais puis musicalement c’est un peu tout, on a tous des goûts variés, on n’écoute pas tous que du metal déjà, fin moi je suis peut-être celui qui écoute le plus de metal, ouais c’est moi le plus puriste (rires), après on a vraiment des goûts assez éclectiques.

Arno : Ça peut être de la pop ça peut être du rock, de l’électro, du metal, du hardcore, un peu tout quoi.

Hervé : Je pense qu’on a aussi, à nous tous dans le groupe, un large panel quoi.

Et il y a un groupe en particulier ?

Snake : Ouais bien sûr on écoute des trucs en commun effectivement, mais peut-être qu’après tout le monde a ses préférences et puis tout le monde a son groupe du moment, bon après c’est clair qu’il y a certainement des groupes incontournables tu vois qu’on a tous écouté en commun et qui nous ont marqués, comme Sepultura à l’époque.

Arno : Slayer, Pantera, Entombed, j’en passe et des meilleurs. Il y en a tellement.

Et selon vous tous, quel est le morceau qui représente le mieux le groupe ?

Snake, Arno et Hervé : Oulaaaaaaah putain c’est pas facile !

Snake : C’est vicieux comme question !

Hervé : Machinalement on dirait Mary mais ça ne reflète pas du tout le groupe en fait, même si ce morceau est devenu un peu l’emblème du groupe alors qu’à la base ce n’était pas du tout le but de cette chanson. Mais nous ah putain c’est difficile hein ! Peut-être, alors … peut-être Police Stopped Da Way, car on est un peu « anti-barrièrage ».

Arno : Anti-limites, anti-répression …

Hervé : Mais après musicalement c’est assez varié … Ah c’est une bonne question hein !

Arno : Ouais belle question !

Hervé : Moi je suis incapable d’y répondre.

Snake : Ouais c’est très compliqué. On a quand même pas mal d’albums donc je pense qu’on a tous un morceau préféré, chacun.

Hervé : Un morceau préféré ouais, mais de là à dire qu’il représente vraiment Black Bomb A …

Arno : Ouais non j’vois pas.

Snake : Peut-être On Fire dans le dernier album.

Arno : Ouais … Ouais je sais pas, c’est difficile !

Hervé : Belle question !

Et sinon, votre morceau préféré à tous ?

Snake : Mon morceau préféré, faut que je cherche. C’est compliqué en fait parce que quand tu es dans le truc ; c’est différent quand tu écoutes le morceau et quand tu le joues. T’as certainement un morceau préféré à jouer mais pas forcément à écouter, c’est un peu différent.

Arno : Mon préféré c’est Salvation.

Hervé : Et moi en ce moment, à jouer hein, celui qui est redevenu mon préféré c’est Double, qu’on ne jouait plus depuis longtemps …

Arno : Double ah ouais Double il est fat hein !

Hervé : Ouais on l’avait laissé tomber depuis quelques années, puis on l’a remis, et puis bah ça fait super plaisir. Autrement ouais, bah dans le dernier album il y a quand même des bons morceaux, on en joue trois sur scène d’ailleurs …

Arno : Quatre, on en joue quatre sur scène !

Snake : Land Of Bastard moi j’aime beaucoup … Fin en fait on les aime tous.

Arno : Oui ce serait difficile de faire un choix, on les aime vraiment tous !

Hervé : Ouais c’est comme avoir des enfants et te demander lequel tu préfères !

Arno et Snake : (rires) Ouais voilà c’est un peu ça !

Et sinon, qu’est-ce que vous voulez que les gens ressentent en écoutant votre musique ?

Snake : Bah du plaisir déjà, parce que voilà la musique c’est un partage de plaisir.

Hervé : Oui puis quand t’as pas le moral, bon même si nos textes ne sont pas forcément joyeux, quand t’écoutes de la musique c’est que t’as besoin de chercher des trucs plutôt qu’être devant la télé comme un con, tu mets de la musique, en général tu choisis un groupe en particulier, et c’est pour te faire du bien, donc si les gens choisissent Black Bomb A en platine, c’est qu’ils veulent se faire du bien, fin j’imagine, dans leur bagnole par exemple. Parce qu’apparemment c’est dans les voitures qu’on écoute le plus de musique maintenant, et puis dans … Dans les trucs des oreilles (rires), mais ouais bah écoute ceux qui choisissent Black Bomb A délibérément, ça veut dire qu’on a réussi notre coup, et je parle pas parce qu’on a vendu des disques on s’en bat les couilles, mais surtout parce qu’on les a interpellés quoi.

Et est-ce que vous voulez faire passer un message en particulier ?

Arno : Un message particulier …

Hervé : On est apolitiques …

Arno : Ouais fin apolitiques … Fin je sais pas j’aime pas dire des choses aux gens en fait.

Hervé : Ouais puis voilà après t’as la guerre c’est pas bien, tuer des enfants c’est mal, la pédophilie c’est super pas beau, manger des animaux c’est dégueulasse …

Arno : Ouais bougez-vous en concert, allez voir un maximum de groupes, de tous les genres de ce que vous voulez mais bougez-vous en concert quoi, voilà.

Et qu’est-ce qui vous a amenés à jouer ensemble ?

Snake : Oulaaaaaaah euh …

Hervé : Ben euh moi je suis arrivé en 2002, parce qu’on avait des amis en commun qui nous ont mis en rapport parce qu’ils cherchaient un batteur, donc je suis venu pour un remplacement et je suis resté. C’était en 2002 donc tu vois ça fait quand même treize ans, quinze ans, quatorze ans, j’sais plus, beaucoup (rires), et puis deux ans après Arno nous a rejoints, c’était une connaissance à moi depuis qu’on a une vingtaine d’années, on se connaissait aussi parce qu’il jouait dans un autre groupe avant qui s’appelait No Flag et tu sais, dans le milieu du metal français on se connait tous plus ou moins quoi, et voilà c’est comme ça que ça s’est passé.

Arno : J’pense que c’est la musique qui nous a fait nous connaître tout simplement.

Snake : Voilà, puis c’est quand même un cercle d’amis en fait, c’est pas notre genre de faire une audition, on n’a jamais fait ce genre de trucs, ça reste vraiment dans un cercle amical quoi. Et de toute façon, je pense que c’est un truc qui se suit, tu vois si on fait la musique qu’on fait aussi, c’est que c’est un truc de potes.

Comme ambiance, vous préférez les petites salles ou les fests ?

Arno : Oh les petites salles quand même.

Hervé : Oh les fests c’est kiffant parce que tu joues devant plein de monde, et tu te rends vraiment compte de la portée que tu as. Quand on a eu la chance de jouer au Hellfest il y a quatre ans, on savait pas comment on allait être bouffé parce qu’on jouait à 13h le vendredi. Et finalement il y a eu 30 000 personnes avec les bras levés, je revois encore les images, il y en a dans le DVD d’ailleurs, donc là tu te dis « d’accord, y a autant de monde qui est capable de venir en concert ». Après, jouer dans les salles comme ça, c’est génial parce que comme c’est de plus en plus difficile de remplir les salles, nous on ne peut plus remplir des salles de 600 personnes avec Black Bomb A, on n’y arrive plus, parce que déjà le marché a changé et on préfère faire des petites salles comme ça, en faire plus et jouer tous les jours (là on joue tous les jours jusqu’à dimanche), et au moins pour les pogos c’est génial.

Arno : Ouais t’es en réel contact ! Bien sûr c’est génial de jouer dans des gros fests, tu te prends des putains d’émotions c’est évident, on mentirait en disant le contraire. Mais ce que j’aime dans les concerts c’est quand t’es en contact avec les gens, que tu peux les toucher, c’est ça que j’aime.

Hervé : Bah puis c’est plus en adéquation avec notre musique.

Arno : Ouais voilà c’est carrément en correspondance avec notre musique.

Qu’est-ce qui vous a amenés à faire de la musique ?

Snake : Bah moi c’était soit la musique soit j’allais en prison.

Arno : Ouais on aurait mal fini je pense (rires).

Hervé : Ben quand tu écoutes du hard rock, bon fin nous on est tous plus âgés que toi, je ne sais pas comment toi tu t’es mise à écouter de la musique mais nous à notre époque on avait des amis ou de la famille plus âgés qui ont fait des trucs, et après bah c’est la recherche, c’est une musique de passionnés le hard-rock. Donc moi j’ai mis le pied dedans j’avais onze ans, quand je suis rentré en sixième, et puis depuis je n’ai jamais écouté rien d’autre. Fin j’écoute d’autres choses mais je n’ai jamais décroché, alors que j’ai plein d’amis qui disent « ah bah ouais quand j’étais jeune j’écoutais du hard-rock », non mais non, je ne suis pas jeune mais j’écoute toujours la même musique. Je pense aussi que c’est une musique de révoltés hein. Et moi j’étais assez révolté aussi et aller dans le reggae c’était pas un truc qui m’attirait. J’ai découvert le hard-rock avec AC/DC, et ça m’a parlé tout de suite. Parce que ça parlait de picole, ça parlait de gonzesses, ouais ça parlait de rêve quoi, du rêve d’être une rock star, même si on en sera jamais. Mais tu sais même AC/DC quand je les ai connus, ils étaient très gros en Australie mais en Europe ils étaient beaucoup moins connus, et d’ailleurs on n’a même pas le niveau qu’ils avaient quand ils étaient moins connus. Mais eux déjà ils ont commencé comme nous et d’autres groupes, et au départ, je jouais de la gratte dans ma piaule et je n’imaginais pas une seconde faire un groupe.

Arno : Ouais voilà, t’achètes les vinyles de Slayer, et tu scrutes le truc puis tu te dis « putain, c’est un fantasme », et quand ça t’arrive tu fais « what the fuck ». Il n’y a rien de calculé quoi. On ne s’est pas dit qu’on allait faire de la musique pour être connus, mais plutôt pour s’amuser entre potes. C’est ça qui nous a d’abord donné envie de faire de la musique je pense.

Et vous avez toujours été soutenus par votre entourage ?

Snake : Ben moi à la base je devais devenir rabbin, et je n’ai pas toujours personnellement été soutenu par mon entourage. Bon ça c’est moi, après je pense que chacun a son cas de figure tu vois.

Hervé : Moi c’était paradoxal parce que mon père m’a toujours encouragé à jouer de la musique, il me permettait de répéter et tout ça, par contre il ne supportait pas la musique que j’écoutais. Parce que moi j’écoutais Trust et tout ça, et mon père était gardien de prison, donc on avait un conflit permanent. Mais par contre, quand je lui demandais si je pouvais répéter dans le garage avec les copains et tout, il me disait « pas de problèmes, les voisins je m’en fous, tu arrêtes à telle heure » et voilà. Donc c’est là le paradoxe, même s’il n’aimait pas la musique que j’écoutais, il ne m’a jamais empêché d’en faire. Il a juste été déçu quand j’ai fait de la batterie au lieu de faire de la guitare.

Votre meilleure expérience en live ?

Snake : C’est difficile ! Y en a beaucoup … Pour moi personnellement, c’est peut-être la fois où on a joué au Bataclan. Je parle de ça parce que c’était avec les Lofo (ndlr : avec les Lofofora), ça devait être en 2002 quelque chose comme ça, moi c’est un de mes meilleurs souvenirs. Après il y en a plein hein tu vois effectivement il y a le Hellfest, on a joué aussi sur d’autres festivals, dans des autres pays aussi des fois, tu pars comme ça et tu kiffes quoi tout simplement, te retrouver devant des gens comme ça et tu te dis « putain, jamais je me serai imaginé pouvoir jouer devant ce public-là ». Par exemple quand on est parti à Moscou la première fois c’était un putain de souvenir.

Arno : Ouais voilà y a tellement de souvenir que moi je n’arriverai pas à t’en donner un en particulier, c’est impossible pour moi. J’en ai plein en fait. Après ce serait même pas un concert ou quoi, mais plutôt une expérience, partir en tournée en Allemagne ou dans les pays de l’est tu vois, c’est plein de trucs comme ça tu vois. Tu rencontres des nouvelles bouilles, tu vois des nouveaux endroits, y a tellement de bons moments, fin je veux dire, on est des gros privilégiés quoi. On vit tellement de super moments, rien que le fait que les gens se déplacent pour nous voir, pour moi c’est hallucinant. Moi ça me fait halluciner. Je trouve ça fou.

Une anecdote particulière à raconter ?

Arno : Bah une fois en Suisse, on a une amie qui nous ramène un gros sac de beuh, et nous comme des crevards on commence tous à taper dedans, à fumer des bédos …

Snake : Mais tu la racontes sans arrêt celle-là !

Arno : Mais pour moi c’est la meilleure ! Donc je disais. Et donc le soir même, pendant le concert, on suivait la setlist mais on a tous fait un morceau différent. On était tellement défoncés, que personne ne jouait le même morceau.

Hervé : Moi j’m’en souviens pas d’ce truc !

C’est te dire à quel point tu étais mort Hervé !

Hervé : (rires)

Snake : En fait t’étais peut-être le seul à avoir joué un truc différent ! (rires).

Hervé : Je vous emmerde ! Moi aussi j’ai une anecdote d’ailleurs ! On a joué au Val d’Ajol …

Arno : Oh bâtard !!!

Hervé : (rires) donc en général dans les concerts, après tu vas à l’hôtel, et ce jour-là, on était obligés de rentrer après le concert, et on était dans les Vosges, on jouait à 19h ou 20h un dimanche, 22h c’est fini, ils virent les gens, et ensuite tu manges. Donc on mange, et on devait prendre la route pour Lille, donc en gros, 600 bornes à 1h du matin. Et là-bas ils ont de la gnole, donc on a bu des grands verres de poire, et puis on est partis, allumés comme il fallait, et moi je m’endors dans le camion, lui (Arno) il s’endort à quatre pattes, moi je m’endors, et je me suis réveillé sur la route, ça ballottait, et j’ai vomi partout dans le camion. J’ai vomi dans mon camion, j’ai essayé d’ouvrir la fenêtre et j’ai pas réussi, et le lendemain ils m’ont déposé à la gare de Lille, j’étais plein de vomi, y en avait partout dans les cheveux.

Arno : Ah et moi cette fois-là, j’arrivais pas à rentrer chez moi, on m’a ramené chez moi, j’ai réussi à monter dans ma chambre au bout de je sais pas combien de temps, et je me suis endormi tout habillé, avec ma valise, et je me suis réveillé comme ça. Carnage de ouf.

Hervé : L’alcool c’est pas bien !

Snake : Mais faut en boire quand même.

Et toi ?

Snake : Bah écoute euh moi je ne vomis jamais, mais si tu veux une anecdote … Bah tu vois, ce soir on joue avec un groupe qui s’appelle Anonymous Tabernacle, parce que c’est des putains de québécois vraiment cool, c’est des mecs en or, d’ailleurs, merci les gars d’être venus hein ! Je leur dis à travers ton téléphone, je leur dirai pas en face parce que voilà, mais en fait la dernière fois qu’ils sont venus, ouais je crois que ça devait être la dernière fois, parce qu’ils sont déjà venus en France avec nous, et bah j’ai vomi sur Oscar, le chanteur. Mais c’était pas méchant. J’lui ai pas vraaaaaiment vomi dessus. Mais il le dit souvent en concert, du coup j’en profite, tu vois il fait sa promo avec ça. En fait c’était lors d’une soirée donc après un concert où j’étais sur le chemin des toilettes pour aller vomir normalement, sauf que Oscar s’est trouvé en travers de mon chemin, donc c’est sorti avant.

C’est beau !

Hervé : Et moi je peux te poser une question ?

Avec plaisir !

Hervé : T’es bien jeune pour avoir un t-shirt de Saxon ! T’aimes bien ce groupe ?

J’adore !!!

Hervé : Parce que moi je suis un fan absolu ! En plus j’ai un autre groupe qui s’appelle Loudblast (ndlr : j’te jure que je le savais Hervé !), et on a joué avec Saxon plein de fois, et j’suis fan à mort ! Et c’est quoi ce t-shirt ?

En fait c’est le t-shirt qu’ils ont fait juste après les attentats du 13 novembre, et tous les bénéfices ont été reversés à la famille de Nick Alexander, lâchement abattu au Bataclan, qui était leur responsable de merch, et également celui des Eagles.

Hervé : Ah putain c’est génial, c’est très beau ! Ouais moi j’adore Saxon, ça a changé ma vie ! Le premier album en vinyle que j’ai acheté c’est un album d’eux, c’est le tout premier album que j’ai acheté de ma vie, j’avais treize ans.

Arno : Moi mon premier vinyle c’était AC/DC, je l’avais trouvé à Auchan !

Hervé : Ah moi c’était à la nouvelle galerie.

Arno : Ah bâtard !

Hervé : (rires)

Merci à Arno, Snake et Hervé pour cette interview, je me suis rarement autant marrée de ma vie ! On s’est promis d’en refaire une, alors à bientôt !

Greg : merci pour tes deux questions également

332485-emp

  • Groupe : Amon Amarth
  • Album : Jomsviking
  • Sortie : Mars 2016
  • Label : Metal Blade Records
  • Style : Death Metal Mélodique
  • Site Web : www
  • Note : 17/20

« Show no fear. Never retreat. Defend your brothers, and when called upon, avenge their deaths. »

Presque trois ans après Deceiver Of The Gods, les suédois d’Amon Amarth reviennent en force avec Jomsviking. Comme chaque opus du groupe, ce dernier était très attendu. Étant tous habitués à Amon qui fait du Amon, au premier abord, l’illustration du nouvel album n’est pas sans rappeler celles des précédents. On retrouve les couleurs froides habituelles et un dessin à caractère hautement épique qui font tout le charme du groupe, et ce n’est pas déplaisant. L’illustration représente un Jomsviking tenant une hache ensanglantée surplombant un amas de cadavres ; et met en lumière la mentalité de cette « secte » de vikings mercenaires (voués à l’adoration de déités telles que Thor et Odin), c’est à dire la volonté de défendre ses frères d’arme et de venger leurs morts. La vision apocalyptique en arrière-plan témoigne de l’aspect héroïque et de l’importance majeure que le groupe attribue aux Jomsvikings (et aux vikings en règle générale naturellement).

Outre le fait que le groupe se soit projeté dans un univers de musiques de films, la différence majeure entre ce dernier album et les précédents est sans doute que Jomsviking est un concept album ; c’est à dire une histoire à suivre dans l’ordre et dont chaque chanson est un chapitre. C’est ainsi que l’album se compose d’une série de onze titres tous plus aboutis les uns que les autres et réserve bien des surprises. Je pense par exemple au morceau « A Dream That Cannot Be« , en collaboration avec la belle Doro Pesch, aka « The Metal Queen ». Comme le dit si bien Johan Hegg, « elle était faite pour ce morceau, il ne fallait personne d’autre qu’elle ».

Pour (nous) donner un avant-goût de Jomsviking, Amon a choisi le morceau initial de la tracklist comme premier clip, « First Kill« , qui a été mis en ligne tout pile deux mois avant la sortie de l’album. On retrouve dans ce clip tout l’univers du groupe, truffé de slow-motions qui renforcent l’aspect héroïque tant recherché. Et on le retrouve également très présent dans le second clip : « At Dawn’s First Light« , sorti dix jours avant l’album. La simple écoute de ces morceaux rend compte de l’incroyable travail fourni par Amon, et ne laisse aucun doute sur la qualité du reste de l’album.

Si des morceaux comme « Guardians Of Asgaard » ou encore « Twilight Of The Thunder God » (tous deux tirés de l’album Twilight Of The Thunder God) restent indétrônables dans leur genre, Jomsviking réserve une surprise, une véritable pépite du nom de « Raise Your Horns« , qui elle aussi prendra tout son sens en live et pourrait à l’avenir être digne des deux titres cités plus hauts.

Comme on le voit, pour cet album, Amon est resté fidèle à lui-même aussi bien dans le choix des noms des morceaux que dans l’écriture des paroles. On retrouve le même genre d’inspiration, avec par exemple les titres « One Against All » (« There he stands alone, one man against all, with a sword in each hand, soon he will fall … ») et « The Way Of Vikings » (« Full on fight in training, it’s the way of vikings, every muscle training, it’s the way of the Jomsvikings … ») qui prônent à eux deux la gloire des vikings et appuient sur le côté grandiloquent que le groupe a toujours fait ressortir dans ses albums. Toutefois, si cet album est du pur Amon, un titre selon moi est assez différent du reste : je pense bien sûr à « Vengeance Is My Name« , où l’on retrouve moins l’empreinte du groupe, c’est-à-dire cette ambiance épique et cet atmosphère propre au groupe qui le caractérise Amon.

Je pense personnellement que cet album est d’une richesse remarquable, mêlant énergie et innovation, il est aussi composé en partie de mélodies un peu plus lentes dans les morceaux « Wanderer » et « Thousand Burning Arrows« . Le côté « bourrin » est toujours présent dans la partie vocale, mais il est mis à part dans la partie instrumentale.

En bref, Jomsviking s’inscrit parfaitement dans la continuité de ce que produit Amon. Pionnier d’un genre à lui seul, le groupe a une fois de plus su toucher à plusieurs registres tout en restant excellent ; les vikings semblent décidément inatteignables et inépuisables. Je trouve cet album très abouti, il donne une très bonne représentation générale de ce qu’est Amon Amarth aujourd’hui, et témoigne de l’excellence sans faille des suédois. Trois ans, l’attente aura été longue, mais il faut reconnaître que le résultat en vaut la peine.

S’il me fallait donner une note personnellement, je n’hésiterai pas à aller jusqu’à 17/20 pour cette œuvre magistrale.

Salut ! Bon premièrement, comment tu vas ?

Ben écoute, ça va plutôt bien hein ! Bon il fait un temps un peu pourri, mais bon ça va faire une bonne soirée là, ça va être vraiment cool. Bonne ambiance. On est bien !

Faut voir le positif partout ! Bon, j’ai quelques questions à te poser. Déjà, tout simplement, pourquoi avoir choisi ce nom de groupe ?

Ben en fait c’est un parallèle sur l’inaccessibilité des uns et des autres, aujourd’hui on vit dans une ère où la technologie a pris tellement d’importance que si tu veux, les gens ne se rencontrent plus, ils se parlent sur Facebook, bon en soit c’est bien hein c’est pas ça le problème, mais c’est vrai que ça créer une certaine distance entre les uns et les autres. Donc c’est une sorte de petit slogan, c’est un petit message au monde : parlez-vous, communiquez, essayez de vous entendre les uns les autres, peut être ça sera mieux. Mais l’aspect positif dans tout ça se serait finalement le fait de prendre de la distance par exemple par rapport aux évènements, qu’ils soient tragiques ou non, on est tous englobés, et c’est important de pouvoir prendre de la distance. Donc voilà, du côté positif ça voudrait dire qu’il faut se préserver et constater le chemin parcouru jusqu’ici.

D’accord, bonne explication ! Et par rapport au nouvel album, d’où est venue l’idée de l’appeler Radio Bad Receiver ?

Ah alors bah ça tu vois, nous en fait on est très (socialement) dans les revendications. Et quand tu allumes ta radio, force est de constater que ce que tu entends bah c’est quand même pas génial donc Radio Bad Receiver c’est un peu l’onde néfaste qui arrive dans ta radio et qui vient foutre un petit peu la zone. En gros.

Et l’illustration de l’album, elle représente quoi exactement ?

Le cerf ? (rires)

Oui fin j’avais cerné que c’était un cerf (rires) mais est-ce qu’il y a un double sens ou un truc du genre ?

Oui ben … Ça aurait pu être une biche hein on sait pas ! (rires). En fait on a choisi cette pochette parce que déjà graphiquement on la trouvait très jolie, et ensuite parce que elle a un double sens que moi je trouve intéressant par rapport à l’album qu’on produit qui est un album qui est en même temps très cru, très agressif et en même temps très mélodique et très sensitif dans l’écoute globale, du début à la fin. Il a été pensé, composé dans cet état d’esprit et cette manière de faire. Et le choix de cet animal c’est simplement que le cerf, tu as envie de le voir parce qu’il est joli, mais il faut te lever tôt le matin pour le voir, et l’apprivoiser, le dompter, c’est pas forcément évident.

Et votre principale inspiration pour cet album ?

C’est une question vaste ! Alors déjà on nous dit souvent qu’on est inspirés par le rock des années 90, c’est le rock dans lequel personnellement on a tous grandis quoi. Donc c’est nos influences, mais bien qu’on ne le crie pas haut et fort, ça se retrouve assez naturellement dans notre musique. Sinon nos influences à nous c’est vraiment vaste, ça peut aller de Depeche Mode à Queen Of The Stone Age, et je dirai vraiment qu’en fait il n’y a pas de barrières donc tout ce qui sonne à peu près bien, on le met. Et c’est vrai que par rapport au premier album, on disait bon ben c’est Queen Of The Stone Age et Turbo Negro, Backyard Babies, mais avec ce deuxième album, nos influences ont été plus digérées, affirmées, et on ose un peu plus, on se rend compte que bah oui on peut très bien avoir par exemple une mélodie de voix à la Beatles comme dans Mesmerise avec un gros riff à la Nirvana derrière.

Et pour les paroles est-ce que vous avez été inspirés par des faits réels ? Des évènements qui vous ont marqués ?

Pour les paroles, étant donné que c’est Mike qui les écrits, je parlerai en son nom, mais en disant que Mike il n’y a jamais eu on va dire au niveau des paroles un sens profond, ça se découvrait généralement avec le temps et c’est des thèmes de la vie de tous les jours, par exemple la mort, le fait de se faire tromper par autrui, l’image qu’on peut avoir des autres. C’est vrai qu’on vit à une époque on va dire où il y a pas mal de codes qui ont tendance à sauter mais en même temps on est dans une société où on a de moins en moins le droit d’être soi-même. Donc c’est des constats on va dire de la vie de tous les jours, c’est très rock alternatif finalement mais sans être très revendicatif, les paroles parlent de sentiments de la vie de tous les jours.

D’accord, et est-ce qu’il y a un double sens ? Car des fois, on croit comprendre mais lorsqu’on demande aux artistes, on se rend compte qu’on avait tout faux !

Et ben le double sens finalement oui peut se trouver après relecture ; Mike c’est vrai qu’au niveau des paroles, de l’écriture, il a fait beaucoup d’efforts, mais au niveau du sens des paroles, tout ce qu’on peut dire c’est qu’il parle généralement comme ça lui vient quoi, donc assez spontanément.

Et c’est seulement lui qui écrit les paroles ?

Oui, enfin c’est lui qui est responsable de l’écriture des paroles à 99%.

Et vous avez travaillé combien de temps sur cet album ?

Alors de mémoire, on a vraiment commencé à travailler sur cet album après notre date en première partie de Razor Light à l’Olympia, ce qui nous amène à 2013, et c’est venu très très vite. Il y a eu une vingtaine de morceau composés en fait, donc douze qui ont été gardés, mais on a pas hésité à renverser la table quand les morceaux ne nous plaisaient pas. C’est-à-dire que les trames ont été faites de manière assez spontanée, mais après voilà il fallait rentrer dans le détail pour être vraiment dans le peaufinage. Mike comme je te l’ai dit a fait un travail aussi de chant monumental et bien que la trame des morceaux était là à 100%, c’est souvent au niveau du chant que lui s’est perfectionné pour que ça colle encore plus aux compos.

Est-ce que vous avez voulu faire quelque chose de différent sur cet album ?

Alors oui oui tout à fait, comme je te le disais, par rapport au premier album ce qui est différent c’est la maturité, vraiment on voulait montrer que nos influences ne s’arrêtaient pas qu’à Queen Of The Stone Age (qu’on adore hein !) et Backyard Babies, mais d’avoir un spectre plus large, un rock plus sensuel, plus sensitif, mais rageux, vraiment oui du rock alternatif au sens le plus strict.

Et qu’avez-vous voulu faire passer comme message ?

Ben déjà que le rock rageux n’était pas mort ! (rires). Enfin il y en a en tout cas qui l’écoutent. Et après bon, l’état d’esprit The Distance là c’est plus quelque chose qui va se découvrir avec le temps, comme par exemple l’affiche de ce soir, le fait de vraiment vouloir faire découvrir des groupes variés qui proposent un rock très intéressant qui peut être à la fois rageux et à la fois sensuel, et à côté de ça bon le message qu’on pourrait dire aux gens c’est simplement de prendre soin d’eux et des autres, ce serait une manière de dire bon, ok les temps qu’on vit sont durs, essayons de faire en sorte de pas les rendre plus durs, le bon rock ça a toujours justement permis d’expulser tout ça mais en même temps de garder les pieds sur terre. En dehors de ça, l’état d’esprit The Distance, pour en parler plus longuement, on représente cet état d’esprit des années 90, on vit véritablement en se disant que le rock contrairement au metal, qui fonctionne de manière communautaire par exemple, et c’est ça qui le rend fort, ne fonctionne pas comme cela, et on aimerait que ça marche de la même manière justement.

Et est-ce que pour toi il y a un morceau qui représente particulièrement bien le groupe ?

C’est dur comme question ! Un morceau qui représente le groupe … Honnêtement, je les adore vraiment tous. Peut-être Mesmerise, cette ligne de chant style Beatles qui se mélange à un riff à la Nirvana, cette manière de faire oui ça pourrait marquer véritablement l’identité The Distance, comme Thank You For Nothing la représenterait tout autant d’ailleurs. Mais honnêtement je les aime tous hein, après on serait obligés de faire morceau par morceau ! (rires).

Je vois, donc pas la peine de te demander quel est ton morceau préféré !

Ah bah mon morceau préféré, ben personnellement j’adore Thank You For Nothing, j’adore Mesmerise, Trouble End également, Insomnia aussi il est très très fort, et en fait je trouve qu’ils ont tous quelque chose de particulier.

Et en quelques mots, comment décrirais-tu Radio Bad Receiver ?

Je dirai que c’est un bon album de rock alternatif pour ceux qui ont aimé en tout cas les années 90 et pour ceux qui ne connaissent pas, allez-y, dans cet album vous pourrez voir un groupe qui tire ses influences des années 70 à aujourd’hui et on espère avec les prochains albums aller encore un peu plus loin.

Qu’est-ce qu’il représente pour toi cet album ? Est-ce que c’est un aboutissement ? Ce que tu voulais faire depuis toujours ?

Oui cet album représente vraiment un aboutissement dans le sens où par rapport au premier, et ça c’est une évidence, on est toujours autoproduits, ça c’est la chose qui n’a pas changé, mais derrière on a Nota Bene et notre directeur artistique Hervé Lausanne qui a eu confiance en nous et qui a fait vraiment un gros boulot, qui croit véritablement en le groupe et qui nous a permis en tout cas d’avoir « la puissance de feu » pour toucher plus de monde, pour avoir une meilleure couverture presse, pour avoir toutes ces choses qui finalement nous manquaient cruellement en tant que groupe autoproduit. On est arrivé au premier album aux limites de ce que le groupe pouvait faire par lui-même hein en mode « do it yourself » et là bon bah on produit toujours mais derrière on a des gens dont c’est le métier on va dire véritablement pour nous amener au niveau supérieur, c’est vrai que c’est la chose qui a changé. On est beaucoup plus professionnels.

Dans quel genre classerais-tu le groupe ?

Je dirai rock alternatif, même rock alternatif post grunge (rires), ouais. J’ai pas d’idées après, c’est ce qui me semble le plus direct ! (rires).

Pour les questions un peu plus personnelles, est-ce que tu as une anecdote genre en studio ou sur scène ?

Alors une anecdote de studio bah quand on a commencé vraiment à enregistrer notamment les parties batterie et guitare, on enregistrait dans notre local, il faisait froid, c’était genre en décembre 2013 je crois, on commençait à faire des prises et il faisait très très froid alors on dormait dans le local pour être surs de se réveiller et d’être à fond (rires). Et c’était bien parce qu’en tout cas on était vraiment motivés pour faire tout par nous-mêmes, on s’est donné les moyens, puis non c’était vraiment cool de pouvoir se dire qu’on fait tout comme à la maison mais en tournant la page du premier album en essayant de refaire quelque chose de vraiment neuf, toujours en étant produits. En anecdote de tournée il y en aurait tellement mais la tournée avec Life Of Agony c’est vrai que ça a été vraiment génial, et moi en plus qui personnellement adore Life Of Agony c’était vraiment génial, et sinon la date avec Razor Light à l’Olympia forcément, très bonne anecdote, bon surtout qu’à la fin du concert, n’ayant pas eu la possibilité d’avoir notre stand de merch, on a pris nos t-shirts et CDs qu’on a jeté dans la foule, ça c’était pas mal (rires). Après en autre anecdote il y a la tournée en Angleterre notamment sur la route, des fois au niveau des chambres d’hôtels bah c’était pas prévu pour quatre alors il a fallu qu’on fasse rentrer un membre généralement en cachette (rires). Donc voilà des petites emmerdes qui arrivent mais qui finalement renforcent le groupe. De toute façon, c’est les enregistrements et les tournées qui permettent vraiment de se rendre compte de la véritable force d’un groupe, c’est généralement dans ces moments que tu vois si c’est réellement fort. Donc voilà, il y aurait sûrement des centaines d’autres anecdotes, mais celles-ci sont les premières qui me viennent.

Eh bah ! […] Qu’est-ce qui t’as donné envie de faire de la musique toi sinon ?

Ben moi déjà le fait de voir les clips de Guns’n’Roses quand t’as onze ou douze ans, déjà ça fait son petit effet et pour moi personnellement à la batterie je dirai quand même que c’est Lars Ulrich de Metallica qui m’a donné envie de faire de la musique. Puis d’un point de vue personnel, mon père étant pasteur, c’est vrai qu’il n’y avait pas de culture rock chez moi, donc je suis vraiment venu par hasard et resté par amour, tout ce qui avait un blouson noir ou qui s’approchait de près ou de loin à un rockeur je l’abordais et puis ça se faisait comme ça.

Mais ton père ne l’a pas mal pris ? C’était pas dur au début ?

On peut quand même dire que ça a été une source de conflit pendant longtemps (rires). Mais maintenant voilà, sans comprendre en tout cas, il m’encourage un peu plus, ça c’est évident.

Il a vu que ça te collait à la peau !

Oui puis je dirai, c’est peut-être même tu sais le milieu dans lequel j’ai vécu qui a fait que par extension et par opposition j’en suis venu au rock, plutôt qu’au hip-hop, voilà.

Est-ce que tu penses qu’il y a une ambiance propre au groupe ? Une ambiance qu’on ne retrouve pas ailleurs ?

Oui, dans cette manière de pouvoir mélanger on va dire des mélodies très identifiables et cristallines sur des riffs très plombés, voilà comme sur un morceau genre Thank You For Nothing, cette manière d’avoir tout le temps une mélodie de la guitare lead qui reste en tête et derrière un gros riff, voilà, ça c’est vraiment notre truc.

Bon je change complètement de sujet, mais comment tu as vécu les attentats de Paris ?

Bah les attentats de Paris ça a été comme pour la scène rock et metal ça a été une épreuve, on a tous perdu quelqu’un de proche, plus ou moins, donc ça nous a sonnés pendant pas mal de temps, on s’est véritablement posé la question « comment en faisant la musique qu’on aime on peut en arriver là », en tant que musicien tu te poses de vraies questions et franchement oui au bout d’un moment tu peux vraiment te mettre à douter, quand on fait du rock maintenant on ne le fera plus comme avant, ça aura vraiment une signification. Sans pour autant être dans la revendication en mode « allons tous péter la gueule à ces terroristes » (bien qu’on en pense pas moins). Et ces attentats ont vraiment marqué un tournant dans la manière de faire du rock. Et je pense parler au nom des autres en disant ça. C’est vrai qu’en France on jouit quand même d’une grande liberté d’expression (pour combien de temps …) en tout cas sur la musique par rapport à d’autres pays, et qu’on puisse en arriver là, à être ciblés à cause de la musique qu’on écoute, ça nous fait se poser de vraies questions.

Bon aller, petite dernière pour la route, as-tu un message pour les fans ?

Ben je dirai, prenez soin de vous, prenez soin des autres, et bien qu’on écoute du rock et du metal, restez vrais, restez hostiles comme disait Phil Anselmo (ndlr : Pride and hostile), voilà on est pas là pour faire joli mais on est pas là non plus pour faire chier les gens, donc voilà, écoutez de la bonne musique, mettez-vous-en plein dans les oreilles, c’est le meilleur moyen de ne pas avoir envie d’en mettre plein sur la gueule aux autres.

Salut ! Vous allez bien ? J’ai quelques petites questions à vous poser, pour faire un petit portrait du groupe. Déjà, tout simplement, d’où vient le nom Kursed ?

Hugo : Très bien ! Alors Kursed c’est très vieux en fait, c’est quand j’ai commencé la musique avec Thomas à la basse, on voulait faire notre groupe et on avait un vieux délire, on disait qu’on était tout le temps maudit, et du coup on a gardé ce truc-là, je trouvais que le nom sonnait bien en anglais et on a mis un « k » pour pas que d’autres groupes s’appellent comme nous et voilà en fait ça nous a suivi et on en rigole encore aujourd’hui. Par exemple ce soir l’ampli nous a lâchés et du coup on va dire on allait peut-être changer de nom mais en fait non on ne va pas changer, on aime bien se mettre des bâtons dans les roues.

Et vous vous êtes formés il y a combien de temps ?

Hugo : Alors là aussi c’est compliqué, j’ai formé le groupe quand j’avais treize ans et en fait il a beaucoup évolué, c’était pas du tout ce que c’est aujourd’hui, aujourd’hui il a juste gardé le même nom.

Ari : La formation actuelle a quelque chose comme deux-trois ans.

Et à la base c’était l’idée de qui ? De toi Hugo j’imagine ?

Hugo : Oui voilà de moi, en fait à la base Ari n’était pas dans le groupe au départ, les seuls membres du départ il y a le bassiste et moi-même, on était un trio et on est devenu un quatuor, et on a changé de batteur.

Comment vous vous êtes formés ? Vous étiez des amis d’enfance ?

Ari : C’est un peu compliqué, Hugo et Thomas se sont rencontrés quand ils étaient gamins, vraiment à deux-trois ans je crois, et après le groupe s’est formé de par des relations principalement amicales, nous deux, Hugo et moi, on s’est rencontrés dans une école de lutherie, où on construisait des instruments, et ensuite Hugo a rencontré Romain, le batteur, dans une école de jazz, donc c’est quelque chose de très musical et très amical en même temps.

Hugo : C’est la scolarité finalement que mes parents m’ont poussé à faire qui m’a fait connaitre les membres de mon groupe actuel aujourd’hui tu vois (rires).

Et votre principale source d’inspiration ?

Ari : Si tu parles d’influences d’autres groupes ce serait trop réducteur de n’en citer qu’un seul, car on écoute beaucoup de choses, on écoute évidemment beaucoup de rock’n’roll, mais également beaucoup de choses principalement vintage, des choses comme le blues, le jazz, des choses qui nous inspirent aussi, évidemment notre principal truc c’est le rock’n’roll, on a des groupes phares comme Queen Of The Stone Age.

Hugo : Le fil rouge c’est le rock’n’roll, après on écoute beaucoup de choses même tu vois, chez moi je n’écoute pas forcément que du rock, quand on est en tournée on écoute pas que du rock. Tout ce qui est souvent en relation avec des choses assez vintage, mais pas des synthés dégueulasses ou des boîtes à rythme de merde, ce sera plutôt de l’orgue ou de la batterie, des trucs vraiment vivants, voilà. Les ordinateurs non, c’est pas notre truc. Pour ça on est des vieux cons ahah !

Et pour les thèmes, qu’est-ce qui vous attirent le plus ?

Hugo : Alors les thèmes c’est très variable en fait, en gros je m’inspire de mes relations, de ma vie en général tu vois, mais j’essaye vraiment à chaque fois de pas parler que de moi, mais plutôt d’être assez ouvert. En tout cas ce que je peux dire par rapport à l’EP qui va sortir, il parle beaucoup de Dieu et de relations humaines notamment la tentation et l’interdit, et c’est pour ça que je l’ai appelé Apple, parce qu’après j’ai lu la Bible et je trouvais que c’était la première des fictions qui étaient très bien écrite, et je dis fiction parce que je suis complètement athée, mais je trouvais que c’était super bien écrit et ça peut être complètement actuel en fait et donc voilà ça évoque pas mal de choses par rapport à ça. Après la tentation ça peut être comme tu l’entends, tu peux être tentée par plein de choses, moi je parlais beaucoup de sexe en général, voilà.

Et quel message vous voulez faire passer ?

Hugo : Sois libre, fais ce que tu veux, écoute toi et n’ai pas peur de foncer, on est pas du tout politisés, moi j’ai toujours dit que j’aimais divertir les gens tu vois et justement aujourd’hui on dit que la culture n’est pas obligatoire, mais on ferait quoi sans ? Donc voilà gardons ça authentique et profitons-en et surtout voilà si tu as une idée en tête et que tu y crois, ne te laisse pas abattre par les autres, parce que putain si tu y crois, tu vas y arriver, même si ça doit prendre du temps.

Et dans quel genre vous vous classeriez ?

Hugo : Ça aussi c’est difficile parce que avec internet on écoute de tout et c’est le bordel depuis les années 90 … On dirait rock hindi, mais grunge quoi.

Que voulez-vous que les gens ressentent quand ils vous écoutent ?

Hugo : Qu’ils aient envie de se frapper la tête contre le mur et de s’amuser, je sais pas, de se foutre à poil et de picoler …

Ari : Je sais que sur scène on se donne à 2000%, on en ressort complètement lessivés et on aimerait bien que ce soit transmis au public évidemment, donc si ça peut bouger dans le public c’est encore mieux.

Hugo : Ouais la transe, le fait de se lâcher complètement et de s’en branler du voisin quoi, c’est un peu l’idée quoi.

Et sinon vous deux ça fait combien de temps que vous faites de la musique ?

Ari : Moi j’ai commencé à l’âge de treize ans je crois, j’ai eu ma première guitare et je ne me suis jamais arrêté depuis.

Hugo : Et moi treize ans, pareil.

Et qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?

Hugo : Alors moi c’est vraiment du jour au lendemain, j’ai regardé un clip d’un artiste dont je ne me rappelle même plus du nom, et je me suis dit « je veux faire ça absolument », et en fait je sais pas si le fait d’être borné, tu sais quand tu es adolescent tu dis à ta mère que tu veux une guitare électrique et elle va te dire « ouais la semaine dernière tu voulais ce truc là et t’as laissé tomber ». Et là j’y croyais fort et je sais pas pourquoi, là c’est la seule chose que j’ai réellement réussi à faire (par exemple j’ai fait du foot et j’étais nul à chier), c’était le seul moyen de pouvoir m’exprimer de pouvoir faire du bruit, je me suis vraiment mis dans ce truc-là, du jour au lendemain. Et le premier groupe qui m’a vraiment donné envie de faire de la musique c’est Nirvana.

Ari : Moi il y a toujours eu de la musique à la maison, il y a des trucs que mes parents écoutaient et que j’approuve complètement encore aujourd’hui, et je pense que c’est venu de là principalement, au bout d’un moment j’ai décidé que j’avais envie d’essayer d’en faire, de reproduire ce que j’entendais, et voilà ça c’est plus ou moins fait naturellement comme ça.

Est-ce que vous auriez une petite anecdote ?

Hugo : Alors, moi l’anecdote que j’ai en studio, c’est Lionel, qui nous a enregistré pour l’album, sa femme était enceinte et j’ai eu la peur de ma vie parce qu’en fait en pleine prise pour une chanson elle est rentrée dans le studio en criant « eh Lionel j’vais accoucher », du coup moi j’étais blanc je me suis mis contre le mur, je savais pas quoi faire, et du coup je me rappelle que la session était encore en train d’enregistrer, et en fait je ne sais même pas si il a gardé cet enregistrement, même si putain ce serait génial de réécouter ce truc la quoi ! Et du coup je me rappelle qu’il m’avait dit de rentrer chez moi ce jour-là, donc moi je suis allé chez ma mère qui n’habite pas trop loin du studio dans le sud de la France, et j’attendais, j’attendais, et je me disais « voilà qu’est-ce que je fais », et j’étais en bade, j’attendais son appel, j’osais pas écrire de texto parce que bon c’était le bordel quoi, mais c’était cool, stressant mais rigolo.

Eh ben ! Ça c’est de l’anecdote ! […] Et sinon, pour finir, un petit message pour les fans ?

Ari : Ben ce qu’on dit souvent c’est tout simplement, soyez curieux, sortez, écoutez de la musique, il y a beaucoup beaucoup de choses de très bien, surtout en France, nous on dit ça parce qu’on est dedans et on a écouté beaucoup de groupes français et il y a vraiment énormément de choses donc soyez curieux, allez dans les salles de concert et écoutez de la musique.

Hugo : Ouais voilà en gros c’est ça, on les croise sur la route, on les croise en concert, café-concert, télé-concert pour cinq euros, et t’as des très bons groupes, et voilà puis après ouais, tape Kursed, regarde les clips et si t’aimes bien, viens nous voir, on joue à peu près partout.

 

Affiche-Symphony-X

C’est avec le cœur rempli de joie que je me suis rendue au CCO de Lyon ce vendredi 4 mars dès 9h du matin ; Même si l’attente promettait d’être longue et difficile. Mais à la vue d’une si belle affiche, toutes larmes de douleur et cris de souffrance ne sauraient être tolérés : Symphony X avec Myrath et Melted Space en première partie : du jamais vu. Un beau mélange se préparait entre les maîtres du metal progressif américains, les très talentueux tunisiens et le groupe français.

10 heures interminables enfin passées, l’entrée dans la salle approche à grands pas. Barrières en place, tout le monde se tient prêt pour entrer. L’impatience se fait sentir, est-ce la pluie battante ou tout simplement l’envie de se déchaîner ? Sûrement les deux. Avec un petit penchant pour la pluie, la moitié de la foule ayant été arrosée une bonne heure durant.

Tout ça fût très vite oublié une fois tout le monde installé dans la salle. Une demie-heure passe, et voilà le moment d’accueillir Melted Space. Loin de moi la volonté de prendre mon cas pour une généralité, mais je me suis dit qu’il allait être délicat de chauffer ce public venu en grande partie pour Symphony X.

Les premiers musiciens arrivent ; Une entrée sans prétention et plutôt agréable. L’envie de découvrir ce groupe pointait le bout de son nez. Grande fut la surprise lorsque j’ai découvert que les chanteurs n’étaient pas moins de quatre. Un manque cruel de place s’est alors rapidement fait sentir, ce qui explique sans doute le défilé sans fin de tous ces chanteurs, dont j’essaye encore de chiffrer les allées et venues. En même temps, quand on n’a pas le choix, on fait avec les moyens du bord. Et il serait tout de même illégitime de ne pas reconnaître que le show était très bien ficelé, et que la présence des musiciens est assez remarquable. Force est de constater leur envie de partager cette passion commune qui est la raison de la présence de chacun ce soir la : le metal.

Bien que je sois très réticente aux voix claires féminines dans le metal, la touche de féminité qu’apportaient les deux chanteuses du groupe m’a touchée, sans parler de leurs attitudes. Un charme que je ne saurais apprécier, mais qui fait son effet. Les atouts de Melted Space sont pour moi les deux chanteurs masculins. Le growl de l’un complète bien le chant clair de l’autre et je n’aurai définitivement pas apprécié le show sans le growleur, qui semble vivre pleinement sa musique.

Après une trentaine de minutes de show, l’heure est venue pour Melted Space de céder la place aux beaux tunisiens de Myrath. Mon attachement singulier et mon amour inconditionnel pour ce groupe rendent l’attente difficilement supportable : l’arrivée de mes petits protégés n’a jamais été si proche. Les premières notes de Jasmin, instru qui introduit Legacy, retentissent et ce cher Morgan fait son apparition à la batterie, suivi de Malek à la guitare. Arrivent ensuite Anis à la basse, Elyes au clavier et Zaher au chant. Le show commence sur le puissant « Storm Of Lies« , morceau final de Legacy. Myrath ayant gagné en notoriété surtout depuis l’excellent « Tales Of The Sands« , sorti il y déjà quatre ans et depuis la tournée avec les israéliens d’Orphaned Land, c’est un public assez réceptif qui accueille les tunisiens ce soir là. Le groupe enchaîne sur « Get Your Freedom Back » et « Believer« , tout en énergie et avec une présence exceptionnelle de la part de chacun des musiciens, ainsi qu’une bonne participation du public qui connait les classiques (aussi frais soient-ils) du groupe. Après cette moitié de concert composée uniquement de morceaux de Legacy, il est temps de faire un retour en arrière avec « Wide Shut« , tiré de Tales Of The Sands. Myrath s’est bel et bien fait une place dans le cœur des français. Les tunisiens concluent leur show sur « Nobody’s Lives » et « Merciless Times« , deux morceaux marquants de leur histoire. C’est un show très pensé du début à la fin et exécute à merveille qui nous a été offert ce soir là. Myrath va maintenant laisser le devant de la scène à ses idoles : les américains de Symphony X.

Quelques minutes d’attente, les lumières s’éteignent et les premières notes de l’Ouverture résonnent dans la salle. Jason Rullo arrive en premier, suivi de Michael Pinnella, Michael Lepond, Michael Romeo et enfin Russell Allen. L’excitation dans la salle atteint son paroxysme et le public devient fou lorsque Nevermore débute : le show peut alors commencer. A la vue des setlists des concerts précédents, il fallait s’attendre à entendre Underworld dans son intégralité. C’est donc sans surprise que l’album défile dans l’ordre, avec une petite exception pour le morceau « Legend« , joué en dernier après les quatre seuls titres tirés de précédents albums : « The Dance Of Balance« , « Lacrymosa« , « Out Of The Ashes« , « Sea Of Lies » et « Set The World On Fire » (The Lie Of Lies). Le public, très réceptif, connait déjà parfaitement le dernier opus du groupe, mais l’ambiance est encore plus électrique lors des retours en arrière, dans les précédents albums, où l’on constate vite que les classiques sont parfaitement connus des fans. Moment d’émotion également lors des titres « Without You » et en particulier « Swan Song » (introduit par un beau discours de Russell) qui parviennent à faire baisser l’effervescence dans la salle pendant un petit moment. J’insiste sur le « petit moment ». Comme d’habitude, le groupe est très proche de son public. Cette présence est d’ailleurs bien récompensée : c’est un public très réceptif qui accompagne le groupe durant tout le show.

Emmené par le showman inépuisable qu’est Russell Allen, Symphony X ne saurait être meilleur ce soir. Tous les membres sont d’une énergie inqualifiable, et tiennent parfaitement le public en haleine, du début à la fin du concert. L’heure et demie de show est passée bien vite … Mais la fin de cette performance réservait tout de même une belle petite surprise, pour le public en général mais surtout pour un petit garçon présent dans la salle ce soir la, qui ne s’attendait sûrement pas à être appelé sur scène par Russell. Ce moment m’a personnellement beaucoup émue, c’était très beau de voir ce petit garçon portant un t-shirt Symphony X dix fois trop grand pour lui (je soupçonne papa de ne pas être loin …) parler à Russell, et être si fier d’aimer le metal. « La relève est assurée« , comme dirait Russell !

De suite après le concert, il était temps de partir, à la demande personnelle des américains … En espérant les revoir bientôt ! Je pense parler au nom de tous les fans présents ce soir là : des concerts comme ça, il en faudrait à outrance !

Hei Alex ! Ca va ?

Hey ! Ca va et toi ?

On ne peut mieux ! Alors on est là pour parler de Barton’s Odyssey, le nouvel album d’Atlantis Chronicles. Bon, déjà, commençons par le commencement : pourquoi avoir choisi de vous appeller Atlantis Chronicles ?

Ah ben alors déjà à la base on s’appelait Abyss en fait, on ne s’appelait pas Atlantis Chronicles. Il y a plusieurs raisons à ce changement, déjà on a voulu évoluer musicalement, à la base c’était moi qui chantait dans Abyss, j’étais chanteur guitariste, puis on voulait aussi un nom un peu moins commun, parce que des groupes qui s’appellent Abyss il y en a sûrement énormément, donc on s’est dit qu’il nous fallait un nom qui nous colle à la peau en mode « identité aquatique » mais tout en pouvant exploiter les concepts qu’on voulait développer. Et pour ça, on avait une chanson qui s’appelait Atlantis Chronicles dans notre album Tales Of Atlantis, donc en fait on a inversé en gros (rires) et on a choisit Atlantis Chronicles, l’Atlantide en fait c’est un mythe que tout le monde connait mais ignore l’existence, le lieu. Donc nous voilà on peut faire un peu ce qu’on veut en fait, on s’est dit que c’était un bon nom en fait.

Et que représente l’illustration de l’album ?

Alors l’illustration de l’album c’est la statue du roi Atlas qui est sous l’eau, effondrée avec dans la main la bathysphère du premier album, qui est celle d’un explorateur, William Beebe, qui est descendu sous l’eau et qui est décédé, du moins dans notre fiction à nous. Et ensuite c’est l’Odysseus, qui aurait été conçu par Otis Barton, (toujours dans notre fiction bien sur) qui découvre en fait tout ça, ce paysage avec une faune aquatique en effervescence.

D’accord. Et pour le nom de l’album maintenant, d’où ça vient en fait ?

Ben c’est simplement l’odyssée de Barton, en fait l’album il décrit un récit et donc c’est le récit d’Otis Barton et surtout de la fin du monde, un monde ravagé par les eaux du notre actuellement. Mais c’est une histoire qui est racontée des millénaires après, à une nouvelle génération d’Atlante car à la fin de l’album en fait, l’Atlantide remonte à la surface alors que toute la terre est submergée. En gros (rires). Mais donc en fait dans notre récit on raconte comment Barton à découvert que ça allait être la fin du monde, ce qu’il a découvert dans son exploration et du coup ce qu’il a trouvé, comme je l’ai dis, c’est raconté des millénaires plus tard. A travers ça on voulait véhiculer (bon je te raconte un peu la thématique en même temps hein ! (rires)) une image de cycle en fait, le cycle de la vie ; c’est pas parce que demain on va tous mourir que la suite ne va pas être harmonieuse en fait. C’est une continuité, c’est la vie en fait.

Peux-tu me dire quelle est la plus grosse différence entre Barton’s Odyssey et ce que le groupe a fait précédemment ?

Alors, l’univers est toujours un peu le même, à part cette idée de fin du monde, mais la plus grosse différence, selon moi, c’est que cet album est beaucoup plus abouti, beaucoup plus mature. Sur le premier album, on était pas déçus mais disons qu’il y avait certaines choses qu’on avait pas pu faire jusqu’au bout. Alors que la je suis vraiment très fier de cet album, on a vraiment pu aller jusqu’au bout, on a plus de vécu, donc je n’ai trop rien à redire sur cet album, je pense seulement au prochain.

Et pendant combien de temps vous avez travaillé dessus ?

Alors, euh c’est à dire que moi j’ai commencé à composer l’album quand on commençait à enregistrer les batteries du premier. Donc ça remonte à peut être 2012, 2011, je ne sais plus exactement, je n’ai plus la date exacte. En tout cas, j’ai commencé personnellement à bosser dessus à ce moment la, et les gars m’ont rejoins bien plus tard, et du moment où ils m’ont rejoint sur tout ce que j’avais fait pour cet album la, on a eu deux ans, ça s’est fait assez rapidement. Le premier album tu vois on a eu tout le temps de dire « ah bah tiens on va le faire comme ça » et tout, alors que la ça a été un peu plus rapide, et du coup tout s’est fait en deux ans, du moins, à partir du moment où ils m’ont rejoint.

Mmh et du coup, quelle a été la principale inspiration pour cet album finalement ? Je ne parle pas forcément du thème !

Alors bah déjà moi personnellement, je bosse beaucoup avec des images, j’aime bien avoir en tête une image et me dire « ah ouais ça va parler de ça ça va être cool » (alors oui ça fait un peu le mec dans son délire …) et du coup bah cette image tu as dû le comprendre, c’est la fin du monde « par les eaux ». Et sinon, musicalement, j’ai toujours un peu les mêmes références, c’est à dire The Human Abstract, Protest The Hero … Après, il n’y a pas que moi, je sais que y a d’autres membres du groupe comme Sydney qui adore The Black Dahlia Murder par exemple (j’aime aussi assez d’ailleurs). Voilà, il y en a forcément d’autres mais là ils ne me viennent pas à l’esprit.

Pas de problèmes ! Et selon toi, quel-est le morceau qui représente le mieux le groupe ?

C’est compliqué ça ! Mmh … Je dirai que c’est Back To Hadatopia, ou encore Upwelling Part I aussi, qui sera d’ailleurs peut être l’avenir d’Atlantis (pas pour le chant clair hein !), mais par rapport à la façon dont le morceau est travaillé.

D’accord ! Et quel message avez-vous voulu faire passer à travers cet album ?

Alors Antoine déjà a vraiment voulu insister sur cette histoire du cycle de la vie, pour bien montrer que la vie est faite de changements et que nous ne sommes pas éternels ; comme je l’ai dis tout à l’heure, peut être que demain la race humaine aura disparue mais sera remplacée par quelque chose de plus harmonieux, donc voilà c’est vraiment cette image de cycle qu’on a voulu faire ressortir dans cet album.

Et quel est ton morceau préféré dans cet album ? Mon préféré est Back To Hadatopia !

Je pense que c’est aussi Back To Hadatopia ou Upwelling Part I, voilà moi c’est vraiment ces deux-là, c’est mes deux p’tits bébés (rires).

Bon et du coup cette question est un peu bête mais, que représente cet album pour toi ?

Pour moi c’est vraiment l’aboutissement. Fin « aboutissement » c’est un peu gros, mais oui en gros c’est une sorte d’aboutissement du travail que j’ai fourni depuis et pendant un bon moment. Donc maintenant je me dis « bon bah ça je l’ai fais, maintenant je m’attaque à quelque chose de différent ». Enfin, pas quelque chose de complètement différent bien sur, mais évoluer.

Prévoyez-vous d’autres clips pour Barton’s Odyssey ?

Ben la on en a tourné un, qui va sortir prochainement, début avril je te dirai. Et c’est un clip dans lequel on utilise les arts numériques donc on fait du performing, on joue, mais il y a autre chose en plus de ça, et là je vais me taire, je ne t’en dis pas plus, tu découvriras ! On en fera peut être un autre plus tard, mais pour l’instant on en sait rien en tout cas, on verra où on en sera à ce moment la.

D’accord […] Et sinon, par rapport à cet univers sous-marin présent dans tout ce que vous faites, je voulais savoir d’où venait cet intérêt pour ce monde la ? C’est très sombre !

Oui c’est très sombre ! Et en fait bah depuis qu’on a commencé la musique avec Sydney et qu’on a commencé à jouer ensemble (on est amis depuis l’âge de sept ans déjà) on a toujours été passionnés par le milieu aquatique, le milieu marin tout ça et on trouvait ça super de l’allier avec la musique que l’on jouait, même si c’était à l’époque d’Abyss, ça remonte énormément mais on a gardé ça. Et ensuite, quand Antoine a intégré le groupe en 2010 en tant que chanteur, il a vraiment apporté une thématique plus solide : il a gardé ce qu’on avait fait, ce avec quoi on avait évolué et il a taillé ça vraiment pour que ce soit encore plus conséquent j’ai envie de dire.

Et bah du coup c’est quoi qui vous a amenés à jouer ensemble ? Vous aviez la même passion depuis le début ?

Ben comme je t’ai dis, Sydney et moi on se connait depuis l’âge de sept ans, donc ça veut dire que déjà à cette époque la on jouait avec nos figurines Batman, nos playmobils et tout ça (rires), ensuite on a commencé la musique une dizaine d’années plus tard, donc vers 17 ans, moi je commençais la guitare et Sydney la batterie, après y a eu Jérôme qui nous a rejoints et ensuite Mikael (qui est notre ancien bassiste) est arrivé puis voilà après c’est venu comme ça ! Juste Antoine a répondu à notre appel lorsque nous recherchions un chanteur, et ça a tout de suite bien collé, donc oui tout c’est fait spontanément.

Mais vous aviez toujours les mêmes influences ? Même en étant amis d’enfance, ce sont des choses qui peuvent varier !

Ben Sydney a toujours été un peu plus extrême que moi par exemple, Antoine lui il aime bien beaucoup tout ce qui est deathcore, en fait on aime tous un peu tout, on a chacun nos petits trucs tu vois. Jérôme par exemple il n’écoute quasiment pas de metal !

Ca je ne peux pas le croire !

Ah mais je t’assure ! Il adore Queen tout ça mais n’écoute vraiment quasiment pas de metal. Bon, il aime bien Black Dahlia Murder et il adore Gojira, voilà ça c’est quelque chose qu’il adore !

Avec la musique que vous faites … ça paraît invraisemblable !

C’est clair ! Mais vraiment, il aime beaucoup tout ce qui est électro, mais aussi des trucs comme Born Of Osiris tu vois. Mais oui, en gros, on a vraiment tous nos petits trucs.

Et si tu devais décrire l’album en quelques mots, que dirais-tu ?

Aaaaaahh c’est compliqué ça aussi ! Mais le premier adjectif qui me vient déjà, c’est « coloré ». Et … En fait j’ai que ça (rires). Fin bon, « coloré », « brutal » aussi évidemment. D’ailleurs, quand je composais, je disais à Sydney, « j’ai peur que ce ne soit pas assez brutal quand même … » et il m’a répondu « mec, quand je vais m’occuper de la batterie, t’inquiète ça va envoyer ». Je me suis dit « on verra ». Puis quand j’ai écouté la batterie, je trouvais ça même trop brutal !!!

Ahah oui ne t’en fais pas pour le côté brutal : il est là ! Bon, maintenant, j’ai quelques questions un peu plus personnelles. Tout d’abord, qu’est-ce qui t’as donné envie de faire de la musique ? Est-ce que un jour tu as vu un musicien et ça a été la révélation, genre tu voulais absolument faire ça aussi ?

Ahah ah bah tu vas rigoler ! En fait, bon je te raconte ma vie hein désolé ! Mais en fait, j’allais chez l’orthophoniste quand j’étais petit. Et avec Sydney et d’autres copains on voulait monter un groupe et tout, j’écoutais Slipknot à cette époque la et je leur disais « tiens vas-y moi je vais faire des percussions comme dans Slipknot et tout ça va être trop bien », donc je sors de chez l’orthophoniste et je savais qu’il y avait une sorte de magasin de musique pas loin. Je rentre dans le magasin, je vois une nana qui donne des cours de piano, je lui dis que j’aimerai acheter des grosses percussions tout ça (le genre de gars qui y connais absolument rien) alors que la nana n’avait rien à voir avec ça (rires), mais elle m’a tout de même conseillé de me rendre dans le magasin d’à côté, tout en me disant que je ne trouverai pas ce que je recherchais. Bon ok, je commence à partir et j’vois une petite cabine au fond, avec un mec qui jouait de la guitare. C’était la première fois que j’en voyais une, j’me disais « ah c’est ça une guitare électrique c’est si petit et tout ! », puis j’étais intrigué, et à l’époque j’étais pas du genre à parler direct, mais je lui demande quand même comment ça se passe pour les cours de guitare, et il m’a redirigé vers un gars plus loin. Je demande donc au gars, et c’est lui qui est devenu mon prof de guitare durant les cinq années qui ont suivi. C’est quelqu’un de vraiment super qui ne m’a jamais bloqué et a toujours fait en fonction de ce que je voulais jouer comme musique. Donc c’est vraiment lui qui m’a donné envie de faire de la musique. Et Sydney était dans la même école de musique donc il a eu un très bon prof de batterie aussi, Jérôme a eu le même prof de gratte que moi et Mikael était aussi dans cette école, avec un prof de basse, du coup on a pu tout commencer et c’était bien cool tu vois !

Quelle histoire ! […] Je change un peu de sujet mais, est-ce que tu as un groupe de prédilection ?

Ah ouais ! J’aime particulièrement The Human Abstract, Protest The Hero … Bon ok c’est plus d’un groupe je suis d’accord, mais ces deux groupes la sont vraiment très importants pour moi et m’ont beaucoup apporté, par exemple au niveau de l’inspiration. Bon la j’évolue vers quelque chose d’un peu différent maintenant, je ne peux pas te dire quoi car je décortique encore pas mal de groupes, comme Leprous par exemple, je ne sais pas si tu connais ?

Si si je connais, mention spéciale à Monic !

Ahah bien !!! Je devais aller les voir mais malheureusement j’ai pas pu … tristesse !

Une prochaine fois ! Bon … J’ai une question un peu moins drôle maintenant … Comment as-tu vécu les attentats de Paris ? Est-ce que ça t’as touché personnellement ?

Ca m’a vraiment touché, d’ailleurs je rentrais de Paris à ce moment la, puis j’ai énormément d’amis sur Paris, donc je me suis demandé ce qu’il se passait, mais je n’étais pas surpris et je sais que d’autres choses comme ça arriveront par la suite malheureusement … Ce qui m’a touché, aussi c’est la peur de mes amis suite à ces évènements, ils ne voulaient plus aller sur Paris et tout ça, alors que je me suis toujours dit qu’il faut justement continuer de vivre pleinement sa vie tout en gardant les yeux ouverts. Mais oui ce n’était vraiment pas une bonne période, on en a beaucoup parlé avec le groupe d’ailleurs, car ça a touché le milieu de la musique, donc oui, c’était très éprouvant. Mais il faut en ressortir plus fort !

Je vois … Mais du coup, tu n’as pas un peu peur de jouer à Paris la ?

Alors honnêtement non, je n’ai pas d’appréhension, je n’ai pas peur, tout simplement car je n’ai pas choisi de vivre ma vie dans la peur. On va le faire à fond !

T’as bien raison ! Et enfin, est-ce que tu as quelque chose à rajouter ? Un petit message pour les fans ?

Tout simplement : continuez à venir nous voir en concert ! On s’est rendus compte en démarchant les salles de concerts que les petites assos avaient de moins en moins de subventions, et le seul moyen de palier à ça c’est d’aller en concert. Donc, continuez d’aller en concert !

Petite piqure de rappel, Atlantis Chronicles sera en concert à ces dates :

31/03/2016 à l’AmpéRage, Grenoble.

01/04/2016 au TBC, Valence.

02/04/2016 à Jas Rod, Marseille.

05/04/2016 au Backstage O Sulivan, Paris.

20/05/2016 à Les Runes, Bordeaux.

27/05/2016 au Mondo Bizarro, Rennes.

28/05/2016 à La Scène Michelet, Nantes.

03/06/2016 au Pub ADK, Roissy En Brie.

11/06/2016 au Barock L’Horloge, Boulogne Sur Mer.

18/06/2016 au Bunk’Air Fest, Tavannes (Suisse).

13/08/2016 au Why Not Fest, Nevers.

24/09/2016 au WildPig Fest #3, Cesson.

12/11/20016 au TBA !, Etampes.

myrath album

  • Groupe : Myrath
  • Album : Legacy
  • Sortie : Février 2016
  • Label : Verycords
  • Style : Metal Progressif
  • Site Web : www
  • Note : 18/20

 

« This album pays tribute to all the victims throughout the world and to all those who fight against all shapes of violence and discrimination. »

Après le merveilleux souffle chaud apporté par Tales Of The Sands, il allait être difficile pour Myrath de faire mieux. Mais c’était sans compter sur la persévérance du groupe. C’est avec l’album Legacy que Myrath revient sur le devant de la scène en 2016. En apparence très sobre, l’illustration de l’album est un renouveau : je fais bien sur référence aux multiples symboles présents sur les couvertures ainsi qu’aux nombreuses couleurs des précédents opus du groupe. Legacy est le parfait opposé de tout ça : fond blanc, main de Fatma dorée au centre … Il n’en faut pas plus. Le ton est donné. Si l’illustration de l’album est une renaissance pour le groupe et ne tombe plus dans les « clichés orientaux » comme dit Malek (Ben Arbia), Myrath reste tout de même fidèle à lui-même dans la composition des morceaux et l’écriture des paroles. Je n’insinue pas que le groupe fait ce qu’il a toujours fait : Legacy est simplement dans la continuité de Tales Of The Sands et apparaît comme la parfaite suite. Le metal progressif est mélangé aux influences et ambiances orientales, et le résultat est excellent, comme toujours. Sans parler des prouesses vocales de Zaher, dont la voix surmonterait toute épreuve ; et Malek, Anis, Morgan et Elyes qui la complètent à merveille. En bref, sans ces hommes, Myrath ne serait pas ce qu’il est : pas besoin de plus, ni de moins, il y a ce qu’il faut.

Legacy sonne comme un hymne à la liberté et réchauffe les coeurs : les onze morceaux qui le composent nous offrent un merveilleux voyage dans un monde oriental et fantastique créé de toutes pièces par le groupe. Pour en revenir à l’album lui-même, il est introduit par Jasmin, un morceau instrumental qui nous plonge de suite dans l’ambiance arabisante de Myrath. Cette ambiance est d’ailleurs très bien représentée dans le premier clip vidéo de l’album : « Believer ». Ce clip aux allures de court-métrage est un véritable périple auquel on prend vite goût. « Believer » est le morceau ou l’on retrouve le plus d’influences power avec « Get Your Freedom Back » à mon sens.
Vient ensuite « Nobody’s Lives », le second single phare de Legacy, pour lequel Myrath a d’ailleurs réalisé une lyric-video. Ce choix n’est pas étonnant ; Malek Ben Arbia ayant déclaré que ce titre est celui qui représente le mieux Myrath.

Le reste de l’album a pour moi deux facettes : la facette mélancolique avec les morceaux « Through Your Eyes », « I Want To Die » et « Duat », dont les paroles sont de potentielles illustrations des propos du groupe quant à leur inspiration principale pour Legacy, c’est à dire la mort de leur manager (père de Malek). « Through Your Eyes » est très complet je trouve, car il mêle cette mélancolie à une ambiance beaucoup plus metal et progressive que « I Want To Die » et « Duat ».
La deuxième facette est beaucoup plus progressive et axée metal bien évidemment (comme tout le reste vous allez me dire), je pense bien sur aux titres comme « Storm Of Lies » ou encore « The Unburnt », qui est à mon sens le point culminant de ce magnifique album.

En bref, Myrath a encore fait des miracles et a su revenir sur le devant de la scène en mettant la barre encore plus haut avec Legacy, qui est toujours basé sur le metal, le metal et le metal, mais truffé d’innovations et d’influences multiples. Il résume parfaitement ce qu’est Myrath aujourd’hui, et est une des innombrables preuves de la montée méritée du groupe.


 

Tracklist:
01. Jasmin
02. Believer
03. Get Your Freedom Back
04. Nobody’s Lives
05. The Needle
06. Through Your Eyes
07. The Unburnt
08. I Want To Die
09. Duat
10. Endure The Silence
11. Storm Of Lies