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Axelle Kotipelto

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Magic Fire Music : Joakim !!! Comment tu vas ?
Joakim : 😀 Très bien merci ! Et toi ?

Magic Fire Music : Je ne pourrai pas aller mieux ! J’ai quelques questions à te poser sur le dernier album de Sabaton …
Joakim : Je t’en prie !

Magic Fire Music : La première est un peu particulière, mais je me la suis toujours posée … D’où vient le nom du groupe ?
Joakim : Il me semble que c’est un mot français en réalité. C’est une des pièces de l’armure médiévale. Si tu penses aux armures classiques des chevaliers du Moyen Age, il s’agit en fait de la pièce qui protège leurs pieds. D’ailleurs, cette pièce est représentée sur le dessus du « S » de Sabaton, dans le logo. C’est un Sabaton.

Magic Fire Music : Merci d’avoir éclairé ma lanterne ! […] Passons aux choses sérieuses … Quel est ce « bataillon perdu » (ndlr : « The Lost Battalion » est le titre du premier single de l’album The Last Stand) ?
Joakim : Alors c’est notre nouveau single et son histoire se déroule en 1918, lors de la bataille d’Argonne. Ce morceau est un peu particulier car il n’y a pas de batterie dedans. Il y a un rythme mais qui ne comporte que de la grosse caisse, donc c’est une chanson très différente des autres en matière d’arrangement. Il y a des parties orchestrales, des parties rythmiques faites avec des sons de la guerre, et la basse ainsi que les guitares ne sont pas très utilisées non plus d’ailleurs … Ce qui ne correspond pas vraiment à Sabaton. Ce n’est pas nous. Musicalement bien sûr ! Car les paroles, la mélodie de la voix, les couplets et les refrains sont eux typiquement Sabaton ! « So it makes it a very non-Sabaton-Sabaton-song ! » (rires).

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Magic Fire Music : Je sais qu’il est très incohérent de demander l’identité d’une personne inconnue mais, qui est ce soldat inconnu présent dans l’album ?
Joakim : (rires). En fait, il ne s’agit pas de quelqu’un en particulier. Celui qui lit le texte, la voix dans le morceau est celle de Jon Schaffer de Iced Earth. Ce court morceau, cette introduction a pour thème la division 77 américaine (The American 77th Liberty Division). Et nous voulions que ce soit un américain qui lise cette intro. Et cette intro n’est d’ailleurs pas un journal, c’est un texte que nous avons écrit pour introduire les sons. Nous voulions planter le décor, en quelques sortes.

Magic Fire Music : Et vous avez été inspirés par un soldat réel ou était-ce uniquement le fruit de votre imagination ?
Joakim : Mmmhh non je ne pense pas que nous nous soyons inspirés d’un soldat réel ; en réalité, je pense que pour plusieurs nations, il existe la tradition du soldat inconnu, et il existe une tombe pour ce soldat. C’est une manière d’honorer tous ceux qui sont tombés et qui ont été oubliés.

Magic Fire Music : Est-ce que l’idée de lire le texte a de suite enthousiasmé Jon ?
Joakim : Oui ! Mais maintenant il nous déteste (rires). Il nous a dit qu’il avait eu l’idée de faire quelque chose de similaire auparavant, mais qu’il n’avait encore jamais eu l’occasion de le faire. Il nous hait donc de l’avoir fait avant lui ! (rires).

Magic Fire Music : Et pourquoi l’avoir choisi lui tout particulièrement ?
Joakim : Premièrement, pour moi il a vraiment une excellente voix pour la narration, pour raconter des histoires. Deuxièmement, il est américain, et le texte parle de soldats américains. Et troisièmement, il a beaucoup d’intérêt pour l’Histoire. Iced Earth a fait un album sur la guerre civile américaine d’ailleurs, il se nomme The Glorious Burden. On a fait une tournée avec eux en 2014 et on a énormément parlé de l’Histoire tous les deux. Donc c’était un choix très naturel en réalité pour nous.

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Magic Fire Music : Pendant combien de temps avez-vous travaillé sur cet album ?
Joakim : L’écriture des paroles n’est jamais terminée et avance toujours mais, le vrai travail, cette décision de faire un nouvel album est partie d’août dernier il me semble. Ensuite on a travaillé jusqu’à janvier, on a peut-être fait seulement six ou sept concerts pendant ce temps-là, on restait concentrés sur l’album. Ensuite en février / mars on est partis en tournée et on a été en France d’ailleurs. Ensuite après la tournée on avait seulement dix jours et on a commencé à enregistrer.

Magic Fire Music : Y-a-t-il une ou plusieurs grosses différence(s) entre Heroes et The Last Stand ?
Joakim : Oui parfaitement et je dirai que la plus grosse différence est que The Last Stand est plus diversifié que Heroes, au niveau de la musique déjà, et je pense qu’il est plus épique aussi. Il est aussi plus libre dans le temps, on a parlé de beaucoup de périodes différentes de l’Histoire. On a aussi exploité beaucoup plus de lieux comme l’Afrique et le Japon par exemple.

Magic Fire Music : Toi qui écris la plupart des paroles, as-tu déjà été inspiré par autre chose que l’Histoire, les guerres et batailles en particulier ?
Joakim : Oui, je peux être inspiré par tout et n’importe quoi en réalité, mais nous jouons du Metal, et on ne peut pas parler de choses … Trop gnangnan tu vois ! (rires). Non j’adore l’Histoire, et je ne suis pas seulement intéressé de manière morbide par les guerres, ce n’est pas ça. Simplement, ça colle parfaitement à notre musique. En guerre il y aurait des soldats avec des émotions comme la dépression, la fierté, la joie, la tristesse aussi évidemment, et toutes ces choses sont représentées dans notre musique. Et personnellement, je préfère les faits à la fiction. Car il y a tellement de bonnes histoires, alors pourquoi en faire de nouvelles ? Nous avons des gens géniaux qui font des choses géniales mais qui ont malheureusement été oubliés, alors que parfois la réalité est même beaucoup plus fascinante que la fiction.

Magic Fire Music : The Last Stand liste différentes batailles … Pourquoi avoir choisi celles-là plutôt que d’autres ? Ont-elles quelque chose de particulier ?
Joakim : Il y a plusieurs raisons. Déjà, elles doivent nous intéresser. C’est un des critères principaux, on doit se dire « oh je veux raconter cette histoire ! ». Et si on a ce sentiment, c’est bon signe. Mais elles doivent également coller à la musique. Alors que ce soit sur Heroes ou The Last Stand, il y avait certaines choses qu’on voulait dire mais on n’avait pas la musique qui allait avec …

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Magic Fire Music : Va-t-il y avoir des clips vidéo pour l’album ?
Joakim : J’espère ! Je ne suis pas sûr mais si on a le temps et la possibilité et si on veut, on le fera. Mais si on fait un clip, on veut qu’il soit excellent. Alors plutôt que de bâcler un clip vidéo, autant réaliser des lyrics vidéo pour chaque titre, étant donné qu’on a énormément travaillé sur l’écriture des paroles. C’est aussi une possibilité.

Magic Fire Music : La chanson « The Battle Of Bannockburn » a-t-elle été une inspiration pour le morceau « Blood Of Bannockburn » ?
Joakim : Ah la chanson de Grave Digger ! On l’a écoutée, on la connaissait et c’est une très bonne chanson d’ailleurs. Mais je pense que l’inspiration viendrait davantage du film Braveheart, car ce film se termine quand ça commence, entre 6 et 9 ans après la mort de William Wallace. Dans le film il est exécuté et ensuite il va dans la bataille, dans les champs de Bannockburn. Mais on raconte l’histoire de Bannockburn un peu différemment de la manière de Grave Digger. Notre façon de la raconter est peut-être un peu plus joyeuse et plus glorifiante je pense.

Magic Fire Music : Peux-tu décrire l’album en quelques mots ?
Joakim : Mmmhh … Heavy metal suédois sur l’histoire militaire.


Magic Fire Music : Avec qui Sabaton aimerait travailler la prochaine fois ?
Joakim : Je ne sais pas, j’ai l’impression qu’on travaille avec les gens avec qui on a envie de travailler. Je veux dire, bien sûr j’aimerai faire un duo avec Freddie Mercury mais ça n’arrivera jamais (rires). En réalité, si on fait un clip vidéo, j’aimerai vraiment qu’il soit fait par Quentin Tarantino ou Steven Spielberg, de façon à ce qu’ils mettent de l’émotion dans l’histoire qu’on raconte. Ce sont les seules personnes avec qui j’aimerai travailler auxquelles je pense là.

Magic Fire Music : Quels sont les prochains objectifs du groupe ?
Joakim : « Bigger, better ». Quand on dit qu’on va faire un nouvel album les gens nous demandent si ça va être plus hard ou plus rapide, comment va être la prochaine tournée, où nous allons aller … Mais, non je ne sais pas, je ne peux pas répondre à ça. Je me dis juste que si on se concentre sur ce « bigger, better », tout le reste va couler de source. Tout va être automatique. Si on se concentre uniquement sur la composition de notre nouvel album et qu’on le fait du mieux qu’on peut, alors ce sera gagné. A chaque fois qu’on monte sur scène, si on essaye de faire quelque chose d’encore plus grand, de faire un show encore meilleur, tout le reste va, comme je l’ai dit, couler de source. C’est les principes du groupe : notre musique, et nos performances scéniques. Tout le reste dépend de ces deux choses. Et si nous n’avons pas ces deux choses, alors nous n’avons rien. Alors pourquoi devrions-nous nous concentrer sur autre chose ?

Magic Fire Music : Toutefois, tu as une petite idée quant au prochain album ? Pars-tu d’une idée de base ? quand même ?
Joakim : Oui, j’ai plusieurs idées, nous avons plusieurs idées. Certaines chansons sont déjà en train d’être écrites et composées. En fait, nous n’arrêtons jamais d’écrire, de composer de la musique. Et pour les thèmes, nous avons beaucoup d’idées différentes. Je ne peux pas dire lesquelles nous allons utiliser car je ne le sais pas en réalité. Mais nous avons cinq ou six idées différentes, environ. Nous ne savons jamais réellement ce que nous allons faire en fait, par exemple, on pensait faire quelque chose de tout à fait différent pour The Last Stand … Mais on a changé d’avis en mars dernier (rires).

Magic Fire Music : Pour conclure cette interview, aurais-tu un message pour les fans ?
Joakim : Oui ! Merci, merci et encore merci pour tout votre soutien au Download ! Avec cette pluie, je ne sais même pas si je serai resté si je n’avais pas été sur scène ! Je ne pouvais pas y croire ! J’adore la Suède et le public suédois, mais là je dois avouer que c’était encore plus énorme au Download !

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Salut Josh ! Comment tu vas ?

Très bien et toi ?

Très bien aussi ! J’ai quelques questions à te poser concernant le dernier album de Cattle, le bien nommé The Anthropocene Extinction, et le premier passage du groupe au Hellfest.

Je suis a toi !

Tu m’en vois ravie ! Tout d’abord, es-tu heureux d’être ici au Hellfest ?

Tout à fait ! Nous voulions jouer au Hellfest depuis très longtemps, et après tant de temps, je suis très heureux de pouvoir enfin réaliser cette expérience !

On attendait Cattle au Hellfest depuis un sacré bout de temps aussi ! […] Par rapport au dernier album en date, sorti en août 2015, que représente son illustration ?

Elle représente un peu, en quelque sorte, la post-humanité, comme certaines de nos précédentes illustrations. Cette image représente la conséquence qu’ont les actes des hommes sur les océans, l’environnement, ainsi que leurs répercussions sur l’humanité. On voulait mettre toutes les mauvaises choses en une seule image : la pollution, le non-respect de la nature, la bouffe artificielle faite de plastique, etc. Après, libre à tout le monde de se faire sa propre interprétation de l’illustration !

Pourquoi avoir choisi de nommer l’album The Anthropocene Extinction ?

L’anthropocène est un concept qui je crois n’a pas réellement été reconnu aujourd’hui, et je ne sais pas s’il le sera un jour d’ailleurs. Ce concept est la totalité des effets que l’humanité a eu sur l’écosphère, c’est donc en grande partie un terme négatif. Elle décrit l’extinction de l’humanité dû aux conséquences de notre attitude. D’où le nom The Anthropocene Extinction.

Avez-vous eu de bons retours concernant l’album ?

Oui ! On en est d’ailleurs très reconnaissants. On a fait ce qu’on aime et on est très heureux que ça plaise aux gens. On entend beaucoup de gens dire que cet album n’est pas leur préféré mais qu’il n’en reste pas moins excellent et incroyable. On a vraiment atteint le niveau que l’on voulait atteindre. Beaucoup de gens se disaient que cet album allait être bien mais pas autant que les précédents, et en réalité ils le trouvent tout aussi bon que les autres, et ça, ça fait plaisir. On est ravis qu’ils pensent ça.

Quelle était votre principale inspiration pour ce petit dernier ?

Au niveau musical, je pense qu’on voulait avant tout faire les choses qu’on fait bien, en faisant ressortir le côté extrême évidemment. Pour ce qui est des paroles, on a fait beaucoup de recherches, notamment sur les océans et l’environnement. L’album est essentiellement axé là-dessus mais ce ne sont pas les seuls thèmes.

Comment avez-vous été remarqués par Metal Blade Records ?

On avait un ami qui travaillait chez Metal Blade il y a déjà pas mal d’années en arrière, et il leur a demandé d’écouter un peu ce qu’on faisait. Ils n’étaient pas très emballés au début puis ils ont finalement écouté, et quand ils nous ont vu jouer ils ont trouvé ce qu’on faisait très cool. Ils ont donc demandé à voir telle et telle chose, on a accepté, et on a signé. On risque d’être chez eux pendant un bon moment encore ! (rires).

Cattle est connu entre autres pour avoir sa propre idéologie concernant l’environnement, la défense animale et beaucoup d’autres grandes causes … Cette idéologie est-elle toujours aussi présente dans la composition des albums et l’écriture des paroles qu’elle l’était au début ?

Je pense que quand le groupe a commencé cette idéologie était l’élément majeur, elle est toujours là mais je pense que maintenant on se concentre sur beaucoup d’autres choses, comme … les erreurs de l’humanité par exemple (rires). La défense animale est toujours là mais n’est plus au premier plan par exemple. Tout ça reste la base de Cattle, mais on essaye de se concentrer sur plusieurs choses différentes.

Tu aimerais dire quelque chose par rapport au Hellfest ou tout simplement adresser un message aux fans ?

Oh oui ! Tout d’abord, je tiens à dire que je ne comprendrai pas que quelqu’un n’aime pas cet évènement si particulier et incroyable qu’est le Hellfest. Et pour les fans : faites-vous une faveur, venez au Hellfest ! (rires).

 

MassHysteria

Salut ! Après trois ans d’absence, tu es content de revenir au Hellfest ?
Raph : Ah oui ! Bon moi quoi qu’il arrive je viens tous les ans, mais c’est vrai que jouer ici à nouveau ça fait trop plaisir ! C’était bien énorme !

Par rapport à Matière Noire, que signifie ce titre ?
Raph : Je ne sais plus comment c’est venu … En fait Yann avait cette idée de pochette avec cette matière noire qui coulait sur un visage, et Mouss avait un texte ou il y avait « matière noire » dedans, donc ça collait, tout simplement. Je n’ai pas du tout envie de parler de politique ce matin, après une nuit blanche, mais l’idée c’était la masse manquante dans le débat. Tous les gens qui ne sont pas représentés actuellement par nos chers hommes politique, voilà.

Et pour toi c’est quoi cette matière noire ?
Raph : Alors pour moi … Je parle pour moi hein, rien que pour moi. Pour moi c’est tout ce qu’on nous rabâche à longueur de temps, tous ces trucs négatifs, la peur, on est gouvernés par la peur en fait, ça fait flipper tout le monde alors que certes le monde va mal, mais il ne va peut-être pas non plus si mal que ça.

Quelle a été la principale inspiration pour cet album ? Au niveau musical comme au niveau du reste.
Raph : Comme d’habitude, tout ce qui nous passe par la tête. Il n’y a pas de plan précis, c’est comme ça vient. Bon on savait que cet album-là serait plus metal, on voulait ça. Mais encore une fois, on le dit à chaque album mais on « affine notre recette » au fur et à mesure. On voulait un truc encore plus taillé pour le live, car c’est ça notre truc de toute façon. On voulait faire des grosses ambiances avec des parties bien lourdes, tu vois le genre. Des parties bien dansantes, bien heavy, c’était ça le truc. Mais bon, c’est selon ce que Yann ramène comme riff en fait. On ne se dit pas « on va faire ça comme ça ».

Pourquoi avoir décidé de sortir un DVD live pendant la promo de l’album ?
Raph : Le concert du Trianon était bien mortel et il y avait ce soir-là une équipe de L’Enorme TV qui filmait pour diffuser le live à la télé, et quand on a vu les images, la folie que c’était, l’accueil du public, on s’est dit que ce serait bien de le sortir. Il y avait de la demande en plus. Là d’ailleurs, pour l’instant il est en édition limité, mais il y a énormément de demandes là. Je ne sais pas encore comment on va faire ! (rires).

Comment avez-vous choisi votre nouveau bassiste ?
Raph : Vince est partie vraiment dans la première partie de la tournée et il nous a annoncé ça de manière un peu brutale, donc il a fallu faire vite. Yann connaissait Thomas, il savait qu’il irait vite et que ça le ferait avec lui, donc voilà. En fait on n’a essayé personne d’autre, on a vu avec lui et ça a collé tout de suite. Il est arrivé il connaissait déjà tous les morceaux, il joue dans un autre groupe, c’est un super zicos … Au début on se demandait s’il resterait ou s’il allait juste nous dépanner, il disait « je peux rester jusqu’au mois de mars / avril mais c’est tout », et il est toujours là, donc je crois qu’il va rester un peu. Parce que ça se passe vraiment trop bien.

Que signifie le pseudo Atom Mass ? Est-ce une combinaison de Mass et Thomas ?
Raph : Exactement. Ça veut dire Thomas. Il n’y a rien de mystique ! (rires).

Comment s’est faite l’intégration de Fred ?
Raph : Bah tu sais Fred on le connait depuis 20 ans, donc ça s’est fait tout seul. Ça fait quatre albums qu’on fait avec lui, il nous connait par cœur, on le connait aussi … C’est pareil, quand Nico nous a dit qu’il arrêtait, on a appelé qu’une seule personne en fait. Déjà en 2007 on lui avait proposé mais il ne pouvait pas à l’époque, du coup c’était Nico qui était venu, donc là on lui a dit « bon, tu fais quoi ce coup-ci ? » et il nous a répondu « bah j’arrive ». Donc ça se passe très très bien.

Vous avez une constante à un album tous les deux trois ans … Peut-on en espérer un autre dans deux ans ?
Raph : Oh oui je pense ! Ouais c’est bien parti pour en tout cas. On commence à en parler. Je ne sais pas quand est-ce qu’on va commencer à composer, mais je pense dès début de l’année prochaine. On sera quoi 2017, oui je pense que peut-être 2018 ça devrait le faire.

Où est-ce que vous aimeriez jouer ? On n’a encore jamais vu Mass aux USA !
Raph : Ah bah ça c’est compliqué, notamment à cause du fait de chanter en français. Mais oui effectivement, j’aimerai bien y faire un tour. Après, il y a plein d’endroits où on aimerait aller, le Japon par exemple. Même la Chine aussi. Il y a plein d’endroits où la scène metal se développe. Mais moi de toute façon j’ai envie d’aller partout (rires).

Mass est programmé pour le Main Square, il y a quand même un sacré décalage avec les autres groupes … Comment en êtes-vous arrivés à jouer là ? Et qu’est-ce que ça te fait ?
Raph : Ils nous ont invités, et moi je trouve ça très cool justement d’avoir fait le Download et le Hellfest où tu ne peux pas faire plus metal, et après d’être invités sur des fests plus généralistes. Ça fait longtemps que ce n’est pas arrivé pour nous, donc je trouve ça très bien. Je suis très content de jouer que ce soit avec Louise Attack ou Nekfeu et j’en passe. Nous on fera ce qu’on a à faire, après ça plaît ou pas, mais je pense qu’on peut gagner encore du public. Il ne faut pas se brider.

masshysteria trianon
Quel était ton ressenti lors du passage de Mass à la première édition du Download Festival français ?
Raph : C’était d’enfer. C’était vraiment génial. Je ne m’attendais pas, on ne s’attendait pas à un tel accueil. Pareil, ça s’est fait petit à petit. Les gens sont arrivés doucement et à la fin c’était plein, ça gueulait Mass Hysteria dans tous les sens. Il y avait une pure ambiance quoi, c’était très cool.

T’as eu le temps de voir des groupes là-bas ?
Raph : J’ai vu seulement Rammstein, Megadeth et Korn un peu, mais sinon tu sais quand tu es sur les fests tu connais 50 personnes, tu croises du monde tout le temps donc même quand tu veux aller voir un truc tu parles tout le long puis paf, c’est fini … Donc voilà. En plus, j’ai tendance à préférer voir les concerts en salle. Là il y a vraiment beaucoup de monde et ce n’est pas évident d’accéder aux scènes. Hier soir pour Rammstein c’était l’enfer !

Je te le fais pas dire !
Raph : Ouais c’était insupportable ! Je pense que ça va être plus cool ce soir et demain. Encore que demain non parce qu’entre Slayer, Ghost, Gojira, Megadeth et Black Sabbath, ça va être un beau bordel.

Une des raisons pour lesquelles je plante ma tente à la Altar et à la Temple !
Raph : Ah pour te dire je ne suis même pas encore allé voir ces deux scènes. Pareil pour la Warzone, il paraît qu’elle est refaite et qu’elle est super belle et je n’ai même pas encore vu le résultat.

Et qu’as-tu pensé de l’initiative du Wall Of Death lancée sur Facebook ?
Raph : C’était carrément génial ! J’ai adoré l’idée ! Surtout que c’est les gens qui ont fait ça quoi. Des fois à la fin des concerts on disait « rendez-vous au Hellfest » tout ça, et ils nous ont écouté, et franchement il était réussi le Wall Of Death. Ça allait loin ! (rires).

Bon en tout cas l’album est excellent, le show d’hier l’était aussi … Je te laisse le mot de la fin pour conclure cette interview en beauté.
Raph : Ben merci, merci d’être là, et que ça continue comme ça !

NoOne

Salut Kemar ! Comment tu vas ?
Kemar : Pas mal et toi ?

Très bien ! Contente d’être ici avec toi, c’est cool ! No One vient de sortir un excellent DVD live du concert à la Cigale qui a marqué les esprits (ndlr : le concert avait eu lieu très peu de temps après les attentats du 13 novembre).
Je ne suis pas étonnée par le choix de la salle, connaissant ton amour et celui du groupe pour la Cigale …
Kemar : La Cigale c’est notre jardin, comme je le dis dans le live, cette salle elle nous a vu grandir. On y a joué 8 ou 9 fois je crois, donc voilà, quand on joue à Paris, c’est à la Cigale quoi qu’il arrive. Et je pense que même si on pouvait faire plus gros, on ne changerait pas, c’est la Cigale qu’on veut. On a l’impression que quand on joue là on est à la maison. Puis tu as 1300 personnes en face de toi mais tu as l’impression d’être dans un grand club. Et il y a aussi les gens de la Cigale qu’on aime beaucoup ! Les gens qui s’en occupent, notamment Corinne.

La date du show étant programmée à l’avance, les évènements tragiques du 13 novembre se sont donc imposés le jour du concert … Comment as-tu vécu ça ? Le groupe avait-il pensé à annuler le concert ?
Kemar : Oui, ta date est programmée le 30 novembre, tu ne t’attends pas à ce que 15 jours avant tout cela arrive. Et pour l’annulation, nous ou n’avait pas pensé à annuler et on ne voulait pas. Mais il y a des gens qui eux y ont pensé oui. Notamment la préfecture, et tout ce genre de chose. Tout simplement parce que ce n’était pas Francis Cabrel qui était programmé. C’était nous. Un groupe engagé et revendicatif qui dit des choses, qui a des textes sur Charlie Hebdo, sur le Djihad, qui a aussi l’intention d’inviter les gens de Charlie Hebdo sur scène … Enfin si tu veux, on accumulait les trucs. Donc on a eu très peur que le concert soit annulé. En plus on était en pleine tournée donc pour le reporter ça allait être la merde. Et finalement, grâce à notre label, à Corinne de la Cigale, à notre tourneur, les choses se sont un petit peu apaisées. Bien évidemment on a toujours eu l’inquiétude que les gens ne viennent pas. Mais je pense en réalité que les gens avaient besoin de ce concert autant que nous. Nous déjà on avait besoin de jouer chez nous. Et malgré tout, dans nos têtes le jour du 13 novembre, ce concert s’est inscrit comme un concert de résistance pour la liberté d’expression, pour la laïcité.

C’était une de vos manières parmi tant d’autres de vous révolter en quelques sortes.
Kemar : Oui voilà, c’était une manière de se révolter. Mais déjà la tournée en elle-même était une manière de se révolter aussi, sur plein de choses. Si tu veux c’était un concert particulier par rapport à ce qui s’est passé, mais ce concert est surtout marqué par la résistance, sa symbolique est la résistance. Et c’est aussi ça l’ADN de ce groupe depuis 20 ans. Il fallait également que les gens de Charlie Hebdo montent sur scène, ils ont tellement été absents dans le monde de la musique. Le monde de la musique a tellement été lâche je trouve … Et notamment les artistes populaires, lâche de ne pas les avoir soutenus comme ils auraient dû … Ou alors de ne pas avoir organisé un grand concert ou même plusieurs concerts en France pour les défendre, pour défendre ce qu’ils ont fait et apporté, ce qu’ils ont vécu … Je trouve que nous à notre niveau, c’était le seul truc qu’on pouvait faire. Et d’ailleurs on s’est dit, si on ne les invite pas à La Cigale, c’est une faute professionnelle.

J’imagine que la réaction de Charlie a été très positive quand No One l’a invité sur scène.
Kemar : Tout à fait, eux ils ont répondu très positivement. Mais leur agent de sécurité c’était le contraire. C’est normal, tu vois les mecs deux semaines après les attentats du 13 novembre, c’est comme une sorte de boomerang quoi pour Charlie. Donc pour eux non ce n’était pas une bonne nouvelle. Mais ils ont tellement insisté, et avec toutes les mesures et questions de sécurité qui ont été abordées, ça a été accepté. Pour te dire, l’armée dehors, des flics à l’intérieur etc., La Cigale était peut-être l’endroit le plus sécurisé de Paris ce soir-là.

Et toi, comment as-tu vécu les attentats ? Et le groupe ? Que ce soit Charlie, le 13 novembre, et tout le reste dont on parle moins mais qui existe tout autant …
Kemar : Dans notre documentaire c’est notre régisseur qui en parle, on était en concert, en plein dans le rappel et à ce moment-là il y avait « Djihad Propaganda » et « Charlie », et juste à la fin de « Djihad Propaganda » bam, notre régisseur est sur le bord de scène et reçoit un message qui dit qu’il y a eu des attentats à Paris. Il ouvre son ordi, il regarde les chaînes d’info et en même temps nous on attaque « Charlie », et le télescopage tu vois de ce que nous on est en train de jouer et de ce que lui apprend, d’ailleurs lui il avait compris que ça allait être à lui de nous annoncer tout ça, on vit tout simplement un moment tragique. Voilà toi tu sors de scène, tu es encore en transe, tu vis encore ce qui vient de se passer, et là quand on a su ça on était tous K.O quoi.

Ce n’est pas facile …
Kemar : Non ce n’est pas facile. Je ne suis pas en train de te dire qu’il y a un évènement plus important qu’un autre bien sûr. Mais là, c’est dix, quinze fois plus l’horreur, et puis … C’est des gens à des terrasses de café qui ont été touchés, c’est toi, c’est moi, c’est une salle de concert, un groupe de rock, la culture … Ça fait beaucoup. C’est trop.

Ce n’est même pas ciblé, n’importe qui peut y passer …
Kemar : C’est ça, c’est ça ! C’est des mecs qui sont dans la rue, et boum. Et là c’est très flippant.

Tu devais avoir une petite appréhension avant de jouer alors … Enfin, qu’est-ce que tu ressentais ?
Kemar : Ben si tu veux, on avait complètement occulté le fait qu’on faisait une captation. Heureusement qu’on avait notre réalisateur, notre pote qui lui gérait tout ce qui se passait, car nous on était archi-concentrés sur le fait qu’il fallait qu’on donne un concert de dingue aux gens qui ont eu le mérite de venir nous voir ce soir-là. Nous on ne pensait qu’à ça. On se disait, « putain tu te rends compte les gens qui sont en train de faire la queue, le mérite qu’ils ont de venir à ce concert … ». Et puis surtout de faire en sorte que les gens de Charlie Hebdo soient dans la bienveillance, qu’ils se sentent en sécurité … Parce que quand même, on voyait sur leurs visages que ce n’était pas facile pour eux. On voulait que tous nos potes qu’on a invités soient dans les meilleures conditions. C’était ça qui était important pour nous. On était carrément au-delà du DVD, de sa sortie, de la façon dont ça va être filmé, voilà, on était ailleurs nous.

Je pense que tout le monde était ailleurs. Ça se voyait dans le DVD, l’ambiance et l’atmosphère étaient réellement particulières, et uniques.
Kemar : Exactement. Et quand tu vois nous sur scène à aucun moment on joue avec telle ou telle caméra, à part Gaël qui a une caméra scotchée devant lui. Mais sinon, comme je l’ai dit, on occulte complètement tout ça.

Ça se voit. Et sinon, pourquoi avoir appelé le live Barricades ?
Kemar : Parce que au-delà du fait que ce soit un titre de Propaganda, c’est un morceau qui résume parfaitement ce qu’est No One. Et on a toujours monté les barricades avec notre musique. On a toujours essayé de contrer là où on nous disait que tout allait bien. Dans nos textes, que le sujet soit le gouvernement, la religion, les problèmes sociaux, les réfugiés etc., l’idée de monter des barricades c’est un peu les étudiants de 68 qui montent les barricades contre le gouvernement. Voilà, symboliquement et dans l’image, c’est quelque chose qui nous ressemble.

Est-ce que les évènements et le contexte dans lequel se déroulait le concert ont influencés le choix de la setlist ? A moins que vous ayez déjà les titres en tête avant tout ça ?
Kemar : Non pas forcément, on avait vraiment une grosse sature de notre setlist depuis qu’on avait démarré la tournée. Simplement il y a des choses qui ont un petit peu bougé. Par exemple le morceau « Charlie » qui était au milieu du set s’est retrouvé à la fin, pour des raisons de sécurité pour les gens de Charlie Hebdo justement. Il ne fallait pas qu’on sache qu’ils étaient là.

Du coup, c’est une bonne chose finalement de terminer par ça, c’est symbolique.
Kemar : Et bah finalement, en fait c’est Marika et Coco de Charlie Hebdo qui nous ont demandé de jouer ce morceau et nous on était en pleine tournée à ce moment-là. Et elles nous ont demandé de le jouer à la fin. Elles nous ont donc expliqué pour les raisons de sécurité, on s’est posé des questions, on a essayé et on s’est dit « putain mais c’est énorme ! ». Et donc du coup maintenant à chaque fois qu’on fait une setlist on appelle Charlie Hebdo (rires).

J’imagine que toi et le groupe êtes particulièrement fiers de ce live.
Kemar : Ah oui c’est clair, on est carrément fiers de ce live. On est fiers parce qu’il est vrai, il est authentique, il est en phase avec les gens, il nous ressemble, il est rageur, engagé … Tu vois, il y a des moments où tu te dis, voilà t’as fait le Stade de France avec AC/DC, t’as fait des purs concerts au début de ta tournée, et tu ne sais pas pourquoi là t’es dans un état de grâce, parce que aussi je pense que pendant ce live, on était tous dans la même humeur, dans le même état d’esprit. C’est incroyable quand même. Ce n’était pas un mood classique de on va vous donner de l’amour, on va en recevoir … Alors oui, quand les gens de Charlie sont montés sur scène, on voulait qu’ils prennent une dose d’affection et une dose d’amour. Mais nous ce n’est pas ça qu’on attend, c’est surtout est-ce qu’on est sur la même longueur d’onde, dans un concert de résistance, on est là pour défendre la liberté d’expression, la laïcité, et on a tous le même but, la même envie. En plus c’était à La Cigale … Tout était réuni pour qu’on soit dans un état de grâce.

C’était très émouvant.
Kemar : Oui … Tu vois moi, jamais j’aurai pensé que j’allais chialer sur scène comme un gamin. Mais c’était trop fort quoi. C’était trop fort mais pas pour n’importe quoi. Ouais quand j’entends Marika qui parle de tout ça, tout d’un coup j’ai toutes ces images qui me reviennent dans la tête, j’ai tout ce qu’on joue et ce qu’on défend depuis des années qui s’accumule dans mon esprit, et j’ai craqué quoi … C’est trop intense. Et en plus ça t’arrive à la fin du concert, c’est-à-dire t’as joué tous ces titres … Et en même temps il faut se reprendre parce qu’il reste un morceau très très important à jouer … Et surtout aussi parce que y a tous les invités qu’on a, tous ces potes qui sont là et qui ont participé à l’aventure Propaganda … Tous ces gens sont là sur scène pour jouer « Charlie », pour défendre des valeurs … On est tous là pour la musique, pour la défendre, on est tous là pour la même chose … Et aussi parce que ce n’est pas facile dans ce pays.

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Du coup j’imagine que vous avez eu que de bons retours de ce concert … Et je ne parle pas que de la part du public, mais de la part d’autres artistes … C’est arrivé à un moment où tout le monde avait besoin de ça et comme tu l’as dit, rien que pour Charlie, très peu de choses ont été faites finalement …
Kemar : Oui … En fait ce qui a de génial c’est que pour le moment les retours qu’on a du DVD c’est ce qu’on veut entendre. C’est-à-dire que les gens ont tout à fait compris ce qu’on a voulu dire et faire. Et ça c’est génial tu vois. On n’est pas dans l’incompréhension la plus totale, tout le monde a complètement compris le sens de ce concert.

Et quel est le message que vous avez voulu faire passer alors ?
Kemar : Un message de résistance avant tout, c’est un concert de résistance. C’est-à-dire qu’après que des millions de personnes aient gueulé « même pas peur ! » dans la rue ; même si certains l’ont gardé pour eux, on ne va pas faire les flics on s’en fout, la musique donne un acte de résistance.

Ça ne devait pas être simple de faire tout ça ce soir-là …
Kemar : C’était simple dans le sens où c’est notre métier … Encore plus ce soir-là, c’était comme un devoir. En plus on n’avait pas joué chez nous depuis au moins trois ans, putain y avait tout, on avait le cerveau en ébullition je te jure. Mais il faut vraiment savoir que nous c’est notre métier. Nous si on ne monte pas sur scène en plus en s’appelant No One, c’est une faute professionnelle quoi. Par contre que les gens viennent, qu’ils aient le mérite de venir à ce concert … Alors là …

Il y avait toutes les raisons du monde de ne pas venir !
Kemar : Mais exactement ! C’était un lundi, c’était un jour pourri, y avait l’armée dehors, enfin tu vois, tout était réuni pour dissuader. Limite tu vois ça, tu as beau avoir ton ticket, tu te casses quoi. Mais non putain les gens ils sont là …

C’est là qu’on voit la fidélité aussi, il y avait des fans de longue date …
Kemar : Ouais ouais il y avait des fans de longue date, et puis aussi il y a à un moment donné chez les gens je pense, cette conscience politique qui fait qu’ils savent pourquoi ils sont là. C’est-à-dire qu’à ce moment-là, on représente un petit truc pour eux, et ils nous le rendent, tout simplement.

En parlant de conscience politique, pourrais-tu dire un mot sur la situation actuelle en France et / ou dans le monde par rapport à ça et suivant toi ce que tu as vécu ? Comment vis-tu ce climat tendu ?
Kemar : Ecoute, par rapport à ce qui se passe, concrètement, tous les gens qui sont dehors contre la loi El Khomri et la sale résistance de la gauche à ne pas retirer cette loi, je trouve qu’il y a quelque chose de très grave. C’est le démantèlement total de la gauche. Et Hollande était déjà discrédité, mais là il l’est complètement par rapport à ça … Même si moi je te le dis honnêtement, c’est un mec que je respecte quand même, il nous a quand même sorti du Sarkosisme tout pourri, mais le problème, c’est qu’il n’a pas fait le job. Et qu’il a détruit en partie la gauche. Là-dessus je lui en veux beaucoup parce que, très bien il se passe ce qui est en train de se passer. Mais moi ce qui m’intéresse toujours c’est ce qui va se passer, qu’est-ce qui arrive. Et ce qui arrive, ce qui nous attend, ça va être très chaud pour nous. Très très chaud. Quand tu regardes le programme des mecs de droite, là c’est pas quinze jours dans la rue, c’est un an.

On a l’impression de se diriger de plus en plus vers la droite avec tout ce qui se passe.
Kemar : Bah ouais exactement, et quand tu vois leur programme …

J’aurai même du mal à croire que ça puisse passer, ça ne paraît tellement pas humain …
Kemar : Mais oui c’est ça !!! Ou alors il nous faudrait un écologiste, comme en Autriche. Mais tu vois ce qui est tragique finalement c’est que, bon il y a Mélenchon qui est là, mais pourquoi ces connards ne se réunissent pas entre eux pour agir maintenant putain ? C’est là où tu te dis que ces mecs-là n’ont pas la conscience de l’intérêt général et la conscience de vouloir vraiment défendre ce pays contre les sales idées. C’est dommage putain. Pour l’instant les mecs discutent. Il ne faudrait pas qu’ils discutent trop longtemps quoi. Il faudrait qu’à un moment donné ils arrivent et qu’ils aient un leader avec des revendications et feu quoi.

Pour revenir au groupe, quels sont ses prochains objectifs finalement ?
Kemar : Ecoute on tourne cet été, on va faire quelques fests, le Hellfest par exemple. Puis on s’est remis à composer, et en septembre on a à peu près dix ou douze dates. Mais voilà, on s’est remis à bosser, et on est chauds bouillants.

Bonne nouvelle, ça ne s’arrête pas ! No One semble remonté à bloc …
Kemar : Merci !!! Et oui exactement, on est très bien entre nous, et on a envie de continuer le rêve tout simplement.

En tout cas ce qu’on peut tirer comme conclusion de ce live, c’est qu’il représente vraiment le groupe. On voit que vous êtes tous en phase. Et j’ai pleuré en regardant ce concert !
Kemar : Merci infiniment ! Et oui mais je te comprends vraiment, moi aussi j’ai pleuré. Moi tu vois les deux trois fois où j’ai revu les images pendant le montage, je me suis mis à chialer comme une baleine quoi. Non je comprends vraiment. Mais voilà tu vois aussi pourquoi on continue à écrire des chansons, à faire des concerts, il faut qu’on continue à se surprendre nous-mêmes, à provoquer des choses, à être dans l’inattendu, dans l’impensable, dans l’accident … Voilà, tu vois, il faut rester là-dedans, dans ce côté un peu punk qu’il y a dans ce groupe. On n’est pas un groupe de punk mais il y a quelque chose de punk dans l’attitude, peut-être dans certains titres également. Voilà c’est pour ça qu’on fait ce groupe.

De toute façon on voit bien l’impact qu’a No One sur les gens, quand on voit le public, l’ambiance … Ca marque les esprits. Ça ne peut pas laisser indifférent.
Kemar : Mais oui voilà ils nous le rendent ! Merci beaucoup Axelle …

ADX2016

 

Salut ! Comment vas-tu en ce magnifique jour de pluie Parisien ?
Betov : Magnifiquement bien !

C’est parfait ! On va parler du petit dernier d’ADX, nommé Non Serviam. Premièrement, pourquoi avoir choisi ce nom ?
Betov : Alors ça s’est fait par rapport à l’idée du texte, puisque le texte du morceau « Non Serviam » parle d’un prêtre qui est tenté par beaucoup de choses autour de lui et finit par rendre sa veste, c’est-à-dire quitter la croyance et Dieu. D’où ce titre « Non Serviam » qui en latin signifie « je ne te servirai pas », « je ne te servirai plus ». On a choisi ce titre par rapport à l’album tout simplement parce qu’il est facilement compréhensible, aussi bien en France qu’à l’étranger. On est un petit peu habitués aux titres en latin, on en a déjà fait, Ultimatum la dernière fois par exemple, et d’autres encore avant. Et après coup, avec le recul on se rend compte que c’est peut-être un petit peu d’actualité, bien qu’on ne veuille faire aucun rapprochement avec une idéologie, ce n’est pas du tout notre but ni notre style. Mais par rapport à ce qui se passe actuellement avec les religions et autres, ce n’est pas si bête que ça. Je n’écris pas vraiment les paroles dans le groupe, je suis plutôt sur la musique, mais le batteur et le chanteur eux sont vraiment spécialistes depuis 30 ans, ils écrivent tout, et donc ils sont partis sur cette idée-là. Après l’actualité malheureusement nous a rattrapés. Mais voilà, c’est un titre simple que tout le monde peut comprendre, c’est percutant, et la seule petite idée qu’on pourrait garder c’est que nous, on ne veut pas être au service de qui que ce soit et de quelque idéologie que ce soit. On reste indépendants.

Je trouve l’illustration différente des précédentes, et elle ne fait pas de clin d’œil à d’autres albums, contrairement à celle d’Ultimatum qui n’était pas sans rappeler Exécution … Qui en est l’auteur ?
Betov : En 2014 on a travaillé avec Stan Decker qui réalise beaucoup d’illustrations pour beaucoup de monde, et on était partis vraiment sur une idée de retrouver la jeunesse du groupe. Tout comme au niveau musical d’ailleurs, car on s’est vraiment attachés à nos premières années. Donc on a ressorti cette fameuse guillotine, qui pour nous est avant tout un symbole historique, plus que politique bien entendu, car on est quand même contre la peine de mort soit dit en passant (rires). Et Stan nous a vraiment scotchés en nous proposant cette pochette, donc ça nous a paru évident de bosser à nouveau avec lui, on a beaucoup échangé avec lui. On était partis sur une pochette très flamboyante comme ça, avec un petit peu d’orange et tout ça, un peu incandescente. Mais par rapport à Non Serviam et au lieu où on voit le prêtre, c’est-à-dire dans une église ou une cathédrale, c’est beaucoup plus feutré, c’est une ambiance beaucoup plus noire et blanc. C’est pour ça qu’on est reparti dans l’idée de faire une illustration peut être beaucoup plus sombre, limite inquiétante, et même glauque je dirai. La seule petite touche humoristique qu’on a rajoutée c’est ces deux petits démons qui étaient sur la pochette de l’album d’avant et qui sont là pour faire la fête en gros (rires). On les aimait bien, donc on les a rajoutés comme ça, c’est un petit rappel.

Pendant combien de temps avez-vous travaillé sur cet album ?
Betov : Une année quasiment complète en pré-production chez nous, dans nos petits studios à la maison, et on était vraiment fin prêts vers décembre. C’était un peu compliqué en 2015 parce qu’on était sur une tournée pour fêter les 30 ans du premier album qu’on jouait intégralement sur scène d’ailleurs. Bon, ça ne nous a pas pris non plus tout l’année, on a fait d’autres petits concerts par ci par là, et surtout pas mal de festivals car on adore ça. Donc on a beaucoup travaillé en pré-prod et on est rentrés en studio début février. C’est vrai que ça va très vite parce qu’on a eu le mastering en fin février et l’album sort au mois de juin, donc on n’a pas de temps à perdre. Mais on adore ça nous, on speed, un peu comme notre musique (rires).

Comment le groupe a-t-il appréhendé l’enregistrement ?
Betov : D’une manière assez sereine dans un sens. Bon il y a toujours des appréhensions … Le problème c’est les timings dans les studios. Tout le monde connaît ça, on a un deadline à la fin, une journée fatidique où il faut que tout soit fini, et on est toujours en train de courir après le temps. Maintenant, avec la petite expérience qu’on a, on sait que ce qui est important. C’est peut-être un message pour les groupes qui débutent, il faut avant tout préparer en amont quand tu vas en studio. Ça c’est quelque chose qu’on a compris il y a longtemps. Les dernières démos qu’on a faites sont très proches de l’album, et évidemment on a pu travailler le son en studio, ce qui était réellement le plus important. L’appréhension elle est toujours délicate parce qu’on ne peut pas prévoir le résultat. On a une idée et là franchement avec Francis c’était royal parce qu’il est adorable humainement parlant déjà, il écoute, il a compris ce qu’on voulait, et ceux qui nous connaissent savent qu’il faut que ça colle avant tout. Il nous a emmenés vers ce qu’on voulait et le résultat est là, pour nous c’est parfait.

Comme tu disais tout à l’heure, il y a un retour aux sources, une volonté de retour en arrière pour rappeler les premiers albums, et ça se ressent dans certains morceaux heavy bien racé je trouve …
Betov : Je vais peut-être t’étonner en te disant que les morceaux qui ressemblent le plus à ce qu’on faisait au début ont été composés par les membres les plus jeunes du groupe. On a un bassiste, Julien, qui a une trentaine d’années. Il est né quand on a enregistré notre premier album donc c’est un peu notre bébé si tu vois ce que je veux dire (rires). Attention il n’y a aucun rapport à l’âge dans ADX ! On peut jouer avec quelqu’un de 70 ans ou de 11 ans, tant que ça colle, ça marche. Peu importe l’âge. De toute façon on a la même mentalité, on vit pour les mêmes choses. Mais oui donc les morceaux qui sonnent le plus ADX premier âge sont composés par Julien. Sur l’album Ultimatum c’est assez hallucinant, des morceaux comme « Red Cap » qui sonnent vraiment ADX pur et dur ont été composés presque intégralement, au niveau de la musique bien sûr, par lui. Et le pire dans tout ça c’est qu’il n connaissait pas forcément très bien ADX avant de jouer dans le groupe ! Il nous l’a avoué après. Il avait vu des patchs sur des vestes dans des festivals par ci par là, il jouait dans un groupe de death mélo donc qui n’avait rien à voir avec ADX, et en fin de compte le seul rapprochement qu’il y avait c’était qu’il aime des groupes comme Helloween.

ADX a eu pas mal de périodes difficiles, malgré tout il revient toujours en force. Comment appréhendes-tu la réception des albums ? Que ce soit le dernier ou les précédents, comment vis-tu tout ça ?
Betov : On est vraiment ouverts à tout, c’est à dire que … C’est bien cette question car je vais pouvoir aborder un sujet dont je n’ai pas encore parlé, c’est l’approche qu’ont les gens. Moi je suis prêt à entendre toutes les critiques, du moment qu’elles sont fondées. Quand on me dit par exemple en parlant d’un groupe X ou Y que c’est de la merde, ce n’est pas argumenté. Je veux dire, à la limite moi il y a des groupes, ce n’est pas du tout ma tasse de thé musicalement parlant, mais je reconnais le travail des musiciens, car ce travail, comme pour chaque groupe, reste énorme. C’est surtout ça qui me fait peur, à la limite c’est plus l’avis un petit peu dédaigneux qu’on pourrait avoir. Pour l’instant dieu merci les premiers échos qu’on a des professionnels ou autres concernant Non Serviam sont très positifs et très bons, donc on est très contents. Je ne veux pas jouer les égoïstes mais je crois que comme tout musicien, on se fait plaisir, donc on n’a pas vraiment d’appréhension j’ai envie de te dire. On se fait plaisir en composant, en jouant les morceaux et en étant sur scène, parce que s’il n’y avait pas de plaisir, ça ne servirait strictement à rien. Il n’y a pas vraiment d’appréhension à part ces critiques « méchantes » qui sont gratuites et peut-être dites par des gens jaloux. Je trouve ça ridicule, franchement, parce que tu connais le metal en France, ce n’est pas une situation vraiment mirobolante, donc autant se serrer les coudes comme nous on le fait maintenant avec d’autres groupes pour échanger plutôt que se tirer dans les pattes.
L’Histoire de France et l’Histoire en général sont des thèmes récurrents chez ADX. Etaient-ils aussi présents dans Non Serviam que dans les précédents ?
Betov : Alors je dirai oui, et comme tu l’as dit ce n’est d’ailleurs pas que l’Histoire de France puisque par exemple « L’Irlandaise » parle d’une journaliste qui s’est fait tuer par une mafia locale. Disons qu’on a marqué le coup avec l’Histoire de France et les gens nous gardent cette étiquette de par notre deuxième album qui parlait de la Terreur, qui est une époque bien précise de la Révolution Française pas si jolie que ça. On a également souvent parlé des guerres de religion, car on parle actuellement de guerre de religion. Je dirai presque qu’il faut connaître l’Histoire pour appréhender le futur. Et l’Histoire de France est intarissable, ceux qui écrivent les textes donc le batteur Didier et le chanteur Philippe sont vraiment des férus d’Histoire, ils adorent lire et trouver des trucs par rapport à ça. Moi dans l’album Non Serviam il y a des histoires comme celle de « La Complainte Du Demeter » où je me demandais même de quoi ils parlaient. Alors en fait c’est simple, c’est tout bêtement le bateau qui a emmené Dracula à Londres. Donc voilà, j’apprends énormément de choses. Alors par contre historique bien sûr, français parce qu’on revendique un peu ça, c’est surement la seule chose sur laquelle on est pointilleux. Et le fantastique est quelque chose qu’on adore aussi, que ce soit au cinéma ou en littérature.

Justement, pour ce qui est des textes en langue française ; c’est un peu la marque de fabrique d’ADX, pourquoi l’album Weird Visions était-il donc en anglais ?
Betov : Tout simplement parce qu’à cette époque-là on était en contrat avec un label qui s’appelle Noise International, qui produisait d’ailleurs aussi Kreator, Helloween et tout donc nous on était très fiers d’accéder à un label comme ça, c’était vraiment une marche pour nous. Mais par contre, la condition pour enregistrer dans leur studio à Berlin c’était de chanter en anglais. Donc on s’est retrouvés un petit peu le dos au mur. Un copain à nous à l’époque qui était prof d’anglais nous a fait des versions – et non pas des traductions – des textes, ce qui fait que c’est complètement compréhensible pour un anglais par exemple. Voilà ça a été une expérience, on y croyait honnêtement avant la sortie, par contre les fans français ont été très déçus parce qu’on avait quand même plusieurs albums avant avec des textes bien estampillés ADX. Bien que ce soit des textes au départ en français ! Et là on réserve peut-être une petite surprise à nos anciens fans et aux nouveaux, c’est qu’on a qu’une envie maintenant qu’on est autonomes, c’est de réenregistrer cet album entièrement avec les textes en français. Bon c’est pas mal de boulot, et il faut du temps, puis on a beaucoup de choses en prévision. Mais ce serait pour moi un super kiff parce que j’adore cet album, j’y ai vraiment mis tout mon cœur. Et y a des riffs que j’adore franchement, et puis ça représente une période de ma vie personnelle aussi qui était vraiment géniale. J’ai beaucoup de regrets par rapport à ça, surtout qu’on devait enregistrer à l’époque la version française, mais ça n’a finalement pas été fait.

L’arrivée de Nicolas en avril 2015 a-t-elle eu un impact sur le groupe ?
Betov : Bien sûr. Pour la petite histoire, quand on a recruté Julien, le bassiste actuel, en 2013, un deuxième bassiste nous avait bien tenté, et il s’appelait Nicolas. C’était déjà lui ! Car il est multi-instrumentiste, il joue de tout très bien, il a un studio chez lui, il produit d’autres groupes enfin bon, il est vraiment à fond dans la musique. Pour moi ce n’est vraiment pas un inconnu parce qu’on se connait depuis longtemps en plus. Et c’est donc pour ça qu’on a fait appel à lui, c’est un gage de qualité. Il m’avait dit « écoute Pascal, si un jour t’as besoin de moi, ça me ferait vraiment plaisir, j’aime bien le groupe appelle-moi si tu as besoin ». Et deux ans après on avait besoin d’un guitariste donc je l’ai appelé, on n’a même pas fait d’audition ni rien, il est venu direct, on a répété et une semaine et demie après on partait en tournée avec lui et il a appris les morceaux de l’album Execution en très peu de temps. Il est très doué pour ça. Puis c’est un super gars en dehors de tout ça aussi évidemment, il a un humour décapent mais que j’adore … J’en suis presque fan tu vois ! Et c’est un instrumentiste hors pair tout simplement qui nous a déjà fait des solis – puisqu’on dit plus solos – sur Non Serviam qui sont tout simplement dingues. Moi je me suis plus réservé sur les rythmiques car j’adore ça. Mais il nous a scotchés oui quand il nous a ramené ces bandes on a dit « putain, waouh ». On est content de l’avoir, on espère qu’on va le garder longtemps ! Et humainement avant tout, il est super. Comme tous les groupes, il faut que ça colle à tous les niveaux.
Que penses-tu de l’évolution de la scène metal française ?
Betov : Je vais parler un peu de mes goûts à moi, mais ce qui m’étonne le plus et ce qui me plaît dans la scène metal c’est le niveau des musiciens dans le metal quel qu’il soit. Actuellement, notamment en France, ça me scotche totalement, il y a des guitaristes qui arrivent qui ont 20 ans, des fois je les vois en concert et je me dis « mais à quel âge il a commencé à jouer pour jouer comme ça aujourd’hui ? ». C’est des monstres de technique, ils ont tout assimilé, c’est incroyable. Alors moi je ne cite jamais les styles que j’aime bien parce que de toute façon par rapport à mon âge, bien évidemment, j’aime bien tout ce qui est un peu ancien, même si certains styles modernes me plaisent également. Maintenant moi c’est plus la mélodie qui me plaît. Par contre, sans critiquer car ce n’est pas mon style de critiquer un genre musical, c’est surtout ça qui me plait dans la nouvelle scène, il y a des sacrés gratteux qui sont hors normes et je ne suis pas le seul à le dire. Maintenant qu’elle soit diverse à ce point ça peut être un avantage car ça propose un panel énorme de genres, mais pour moi qui suis plus attaché au hard rock et au heavy metal traditionnel, je suis un peu perdu. Il y a des sous-groupes de sous genres qui apparaissent alors des fois je m’y perds un petit peu. Par exemple, j’avais vu un truc de grind-death-symphonique. Je me suis dit mais comment ils arrivent à faire ça ? Alors évidemment ça t’intéresse tu te dis que tu vas écouter parce que c’est un peu original quoi voilà. Moi j’aime bien l’originalité donc ça peut être sympa. Mais bon voilà des fois on se perd un petit peu et c’est un peu dommage je trouve quand même.
Est-ce qu’il y a un groupe français ou un album d’un groupe français qui t’as marqué récemment ? Pas forcément français d’ailleurs …
Betov : Alors pour les français oui il y a des trucs que j’adore mais je ne peux rien citer, la liste va être trop longue. Le prochain ADX est pas mal je crois ! (rires). Non plus sérieusement on a vraiment trop d’amis et je ne veux pas froisser les uns en ne les citant pas. Par contre j’ai écouté dernièrement un album d’un groupe allemand dont j’avais entendu parler mais que je ne connaissais pas trop, ils s’appellent Paradox. Là comme je disais ils ont sorti un album de pur thrash et j’adore. Ça a la patate, tu écoutes ça le matin tu es de bonne humeur toute la journée ! Ça reste très moderne dans le son mais complètement traditionnel dans le thrash, vraiment agressif à la Kreator et tout ce genre de groupes de l’époque. Voilà c’est mon dernier coup de cœur de cette semaine. Sinon il y a beaucoup de choses que j’écoute bien sûr.

Pour revenir à ADX, aura-t-on une tournée pour Non Serviam ?
Betov : Oui. Oui, les tournées d’ADX ne sont pas des tournées où on part deux semaines sur la route en jouant tous les soirs, parce que déjà je ne sais pas si au fin fond de la Creuse un jeudi soir y aurait beaucoup de monde dans la salle. Donc déjà ça on a résolu le problème, on joue principalement les weekends, pour l’instant on nous a demandé, bien avant de connaître l’album puisque ça a été booké plus d’un an à l’avance sur certains festivals à partir de septembre auxquels on va participer, puis on va rajouter nous des dates. Mais principalement nous on jouera le weekend, parce qu’on préfère déjà, et puis pour respecter le public quoi, c’est plus sympa d’aller faire la fête un samedi soir et de pouvoir dormir le lendemain parce qu’on a bu quelques verres la veille. Voilà en gros c’est ça. Mais la tournée oui sur notre page Facebook on retrouve déjà les premières affiches auxquelles on va participer, il y en a certaines qu’on apprécie déjà à l’avance parce qu’on va se retrouver avec des groupes de super potes. Le metal c’est un peu une grande famille aussi donc on est contents de les retrouver bien sûr. Tous les ans bien souvent on se recroise et on se raconte un peu notre année, nos anecdotes, tout ça. Puis on rencontre également de nouveaux groupes, il y en a plein qui sont sympas. Je sais que dans les groupes français que j’attends avec impatience il y a des amis de Reims qui ne sont pas trop connus et c’est bien dommage car ils sont hyper dynamiques sur scène. C’est un hard rock assez traditionnel et inclassable ce qu’ils font, mais franchement ils ont la patate, le sourire sur scène, c’est la bonne humeur, tu passes un bon moment quoi. Moi quand je vais les voir je m’éclate totalement, et je sais que là leur album va sortir, et on va monter une petite date ensemble là aux alentours de Reims vers chez eux, ça fera plaisir. C’est un coup de cœur parmi tant d’autres à venir.

ADX a-t-il des projets comme un album live, un DVD ou même un coffret ?
Betov : Alors en 2015 on a eu la chance de pouvoir sortir des rééditions de notre deuxième et troisième album car le premier avait déjà été fait, et on a trouvé un label grec qui s’appelle No Remorse Records qui a accepté car il ne réédite que ce qui est sorti en vinyle à l’époque. Ils sont très sélectifs là-dessus. Et comme notre deuxième et troisième album étaient sortis en vinyles et commençaient à être un peu introuvables aussi bien en version CD qu’en vinyle, ils nous ont proposé deux super beaux coffrets en nous les faisant découvrir. D’ailleurs on a fait un concert à Athènes là où se trouve le label, et c’était un peu arrangé mais c’était le jour de la sortie officielles des rééditions. Donc le patron nous a apporté les coffrets, on était comme des gosses devant tellement c’était beau. En plus avec des pochettes en relief, enfin le truc magnifique quoi. Franchement c’est le top. Et là ça nous a vraiment donné des idées, comme par exemple faire deux rééditions séparées de la discographie complète d’ADX, donc en deux parties, deux fois cinq albums. Alors bon on réfléchit à ça en ce moment. Ça nous ferait plaisir de faire ça mais les rééditions, comme je disais tout à l’heure on a notre propre structure maintenant, on a créé notre label donc on peut faire ce qu’on veut et ressortir tout ce qu’on veut. Maintenant c’est une histoire de droits alors on travaille dessus pour récupérer notre patrimoine comme on dit et notre catalogue, mais bon tout ça c’est en cours. Mais des coffrets c’est génial, ça fait plaisir aux fans et puis nous on peut rajouter des trucs et ça c’est un petit peu l’exclu. Je ne l’ai pas dit encore depuis le début des interviews, mais on a des trucs inédits qu’on n’a jamais montré à personne. Et tu parlais de Weird Visions alors je vais te mettre l’eau à la bouche car tu me disais que tu adorais, moi j’ai quatre heures de making-of qui datent de l’époque où on nous voit enregistrer. Ce n’est pas un secret ça mais le groupe Rage allait commencer son album en studio quand nous on le finissait donc du coup on s’est croisés en studio, donc y a des photos avec eux et c’est super sympa. Ce sont des gens adorables franchement. Alors on demandera la permission mais ce serait vraiment super sympa de montrer tout ça, de montrer comment on a enregistré. Après il y a le chant en anglais et ça c’est pas vraiment la spécialité de notre chanteur (rires). En fin de compte, on a essayé tout simplement et avec le recul on se rend compte que ce n’était pas pour nous. Trust a essayé aussi, Sortilège également, tout le monde a plus ou moins essayé dans cette période-là. Par contre les anglais eux n’ont pas trop aimé, mais uniquement parce qu’on était des « froggies » et c’était par principe. J’espère qu’on y retournera en Angleterre ! (rires).

Quels sont les prochains objectifs d’ADX ?
Betov : Prendre du plaisir. Voilà. La réponse qui tue ! (rires). Non plus sérieusement, continuer ce qu’on est en train de faire, que l’album marche bien, qu’on puisse en faire d’autres, on a déjà commencé à composer pour la suite, on va vous faire des belles rééditions avant la fin de l’année, c’est tout récent je l’ai appris en début de semaine là mais on travaille dessus, notamment sur l’album Ultimatum puisqu’on a récupéré les droits dernièrement donc on va pouvoir enfin le sortir en vinyle, le rééditer avec des bonus, enfin bon on va faire plaisir aux gens. Il est quasiment introuvable car il n’a jamais été réédité par notre ancien label. Donc voilà il y a ça, puis comme tu disais tout à l’heure le live, je n’avais pas vraiment répondu à ta question mais on a largement de quoi faire un live car on a enregistré tous les concerts depuis deux ans. On a tout en stock, donc on a largement de quoi sortir un live audio et un DVD on aimerait vraiment aussi. On avait eu l’occasion d’en faire mais bon du coup ça n’a pas pu sortir, c’est dommage. Mais bon, on espère vraiment faire un truc, surtout avec le line-up actuel, ça peut être vraiment cool. Surtout au niveau des grimaces sur scènes et des petits clins d’œil (rires).

Je te laisse le mot de la fin pour conclure cette interview.
Betov : Merci à toi déjà, c’est le plus important pour nous de t’intéresser à ADX, c’est gentil comme tout. Merci à toi, merci à MagicFireMusic, et on donne rendez-vous à tout le monde sur scène car c’est là qu’on rencontre les gens. A part dans la rue, chez Carrefour et tout mais ça c’est le hasard (rires).  

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Idem ! Le nouvel album d’Acyl s’intitule Aftermath, pourquoi avoir choisi ce titre ?
Abder’Rahman : Ah c’est une longue histoire !
Amine : En fait ce nom d’album c’est un peu la conséquence, à travers l’album on voulait parler un petit peu d’où nous on vient, d’où le groupe vient. Nous sommes la conséquence de quelque chose. Donc on a développé tout au long de l’histoire neuf ou dix personnages qui ont existé avec leur façon d’être, pourquoi ils se sont battus, comment ils se sont battus pour leurs idéaux, pour expliquer un petit peu d’où nous on vient. C’est un peu la relation entre le présent actuel qui est Acyl et ses origines.
Abder’Rahman : Et puis il y a aussi un clin d’œil avec le titre de l’album précédent, on vous laissera essayer de trouver.

Pendant combien de temps avez-vous travaillé dessus ?
Abder’Rahman : Depuis 1938, je crois.

Restons sérieux ! (rires)
Abder’Rahman : (rires)
Amine : En fait, on ne va pas se dire qu’on veut faire un album là maintenant tout de suite et on le fait. La préparation se fait vraiment avant. Quand on a décidé de lancer le groupe, une grande partie de cet album était déjà préparée. Pas forcément peut-être dans le sens artistique, mais plus en termes de conception. En 2009 on savait déjà où est-ce qu’on allait aller jusqu’au troisième ou quatrième album. On peut dire qu’on a commencé à réfléchir au thème de l’album et à l’orientation artistique déjà en 2009, avant la sortie du premier Maxi en 2010, mais par contre, le travail, le vrai travail de l’album a commencé en 2011, vu qu’on avait déjà fini Algebra en 2010, on avait commencé à bosser dessus en 2011, on a accéléré en 2013, ça a pris un petit peu de temps et l’année dernière on a donné un petit coup d’accélérateur. Parce que le processus est un petit peu compliqué, du coup on a vraiment besoin de temps car on se déplace beaucoup. Comme c’est une musique qui traverse la Méditerranée, on est obligés nous aussi de traverser la Méditerranée pour trouver certaines spécificités et sonorités de notre musique.
Abder’Rahman : Sur le fond oui ça fait longtemps que l’idée est là, bien avant que j’arrive dans le groupe d’ailleurs, et concrètement effectivement lorsqu’il s’agit de mettre sur le papier et enregistrer il y a un long travail de réflexion. Et Acyl a cette particularité de sortir beaucoup de choses, d’avoir beaucoup d’idées et de les emmagasiner et les ressortir petit à petit. D’ailleurs, Amine te le confirmera mais on a déjà les idées du prochain album. Après pour ce qui est du concret effectivement, ça se fait lors des derniers mois de travail avant la sortie de l’album.

Quelles ont été vos influences sur cet album ?
Amine : Déjà à l’origine les influences c’est les musiques traditionnelles. On part de la musique traditionnelle algérienne ou nord-africaine, pour arriver à la structurer dans un truc assez universel genre rock / metal. Chaque titre qui parle de chaque personnage vient d’une région. Cette région-là a ses particularités en termes de musique traditionnelle. Donc je dirai que c’est très diversifié. Ce style traditionnel va influencer le style metal en termes de rythme, de tempo, ou encore en termes de temps. Il va se rapprocher d’un certain type de metal connu, donc nous s’oriente comme ça naturellement. Arrivé au niveau du style metal en général on a tendance à adapter ça à des influences qu’on aime bien, ça va de Tool en passant par Nevermore en arrivant à Meshuggah (?).

Donc c’est très diversifié en effet.
Abder’Rahman : Oui c’est exactement ça, c’est que les musiques traditionnelles algériennes, comme disait Amine, c’est très diversifié et chaque style et chaque région va orienter vers un style particulier. C’est pour ça que dans le metal et dans le rock on va piocher aussi bien dans du death que du core, avec du prog aussi par moment, donc c’est un petit peu mélangé, on n’a pas de limites côté metal.

Qui est l’auteur des paroles ?
Amine : C’est moi !

A quoi penses-tu quand tu écris ?
Amine : J’essaye toujours de travailler sur des faits historiques, du moins pour cet album, et même pour les autre d’ailleurs, les faits sont là, donc du coup j’ai vraiment besoin de beaucoup de lecture pour avoir des idées bien précises sur le personnage, qu’est-ce qu’il a fait, comment il a évolué, comment est-ce qu’il est mort etc. Du coup c’est plus une recherche historique qu’une écriture poétique. Bon derrière bien sûr il faudra la mettre dans un cadre bien artistique et bien musical, mais sinon c’est vraiment des faits historiques qui sont cités dans les paroles.

Que signifie « Numidia » ? C’est mon préféré et j’étais un peu intriguée !
Amine : Ah c’est cool qu’il soit ton préféré !

Pourquoi donc ?
Amine : Il me fait peur ! C’est le titre qui m’a toujours fait peur ! Et d’ailleurs c’est lui qui a fait le forcing pour qu’il soit en premier. Il est un petit peu spécial ce titre.
Abder’Rahman : Amine avait peur qu’il ne soit pas le plus représentatif de ce qu’est la musique d’Acyl. Mais il y a pourtant tous les ingrédients dans ce titre je trouve, personnellement. Il est assez direct, et pour commencer un album, un titre aussi direct moi je trouve ça parfait. Donc voilà « Numidia » en fait c’est la naissance de ce qu’est aujourd’hui l’Algérie, ça s’appelait la Numidie avant et justement ce titre parle de Massinissa, un roi berbère qui a réunifié les différentes tribus qui ont fondé ensuite la Numidie, qui est devenu ensuite l’Algérie, pour justement résister à l’occupation romaine à l’époque.

Je trouve ça audacieux de mélanger ce côté « brutal » avec la musique traditionnelle …
Amine : En fait je ne crois pas qu’on mélange. Nous à l’origine on compose en musique traditionnelle, c’est ce que nous sommes. Mais derrière on est vraiment des métalleux, donc on aime cette manière de s’exprimer. Le mélange se fait tout seul en fait. J’ai envie de dire qu’on a aucun mérité à le faire parce que ça vient comme ça.
Je pense quand même que vous avez du mérite, dans le sens où ce n’est pas courant dans le metal, c’est risqué et ça peut vite ne pas être apprécié. Personnellement j’adore ça, mais ça n’est pas forcément apprécié donc je trouve ça bien de sortir un peu des « codes » du genre.
Abder’Rahman : On fait de la musique essentiellement pour se faire plaisir déjà, pour transmettre des messages, pour montrer qui nous sommes et d’où nous venons. Après comme on t’a dit on n’a pas de mérite parce que c’est naturel pour nous de composer de cette manière-là, et j’ai oublié ce que je voulais dire … (rires).
Amine : (rires). Après, c’est comme tout travail artistique. On aurait très bien pu ne pas prendre de risques, et faire un metal tout simple, tout bête, il aurait plu comme il aurait pu ne pas plaire à des gens d’ailleurs. C’est ça un travail artistique.
Abder’Rahman : Ah oui j’allais dire ! Excuse-moi je t’ai coupé (rires). Il y a un désir de faire quelque chose qui sort des sentiers battus. Quand tu produis un travail artistique tu essayes d’exprimer qui tu es essentiellement, mais aussi tu essayes d’explorer des contrées qu’on a pas encore exploré, tout simplement. Donc c’est quelque chose qui est naturel.
Amine : Comme je disais, ça peut plaire ou ne pas plaire, mais c’est à l’image de tout travail artistique. Après, vu la conjoncture actuelle, l’époque dans laquelle on vit, il y a peut-être une certaine appréhension par rapport à nos origines, qui nous sommes en face du monde occidental, mais justement, on veut montrer aux gens qu’on est tous pareils. On peut très bien faire la même chose, respecter les mêmes codes, et s’exprimer selon qui nous sommes et d’où nous venons.
Abder’Rahman : D’autant plus que, comme disait Amine, la musique c’est aussi fait pour transmettre des messages à notre humble niveau, on exprime ce qu’on est, et les valeurs qu’Acyl veut transmettre sont les valeurs universalistes qui incluent le maximum de gens dans une optique d’ouverture. On veut dire que notre culture est grande par ça aussi, par son ouverture et par son universalisme.

Et du coup, quel est le message que vous voulez faire passer ? Dans cet album et en général.
Amine : Bah déjà que vous allez tous mourir (rires).
Abder’Rahman : Ca c’est pas original ça, c’est très metal mais pas original ! (rires).
Amine : Oui mais venant d’un arabe c’est très très original (rires). Revenons aux choses sérieuses ! Notre message en fait c’est notre culture. On veut juste la transmettre car elle reste quand même méconnue dans le monde occidental. Toi qui aime la Finlande, quand tu écoutes des groupes qui viennent du sud, qui utilisent d’autres instruments, d’autres manières de chanter, d’autres manières de s’exprimer, de danser, ça te permet de découvrir une culture. Et dans l’absolu c’est vraiment notre but, de pouvoir exporter notre culture et la montrer aux gens comme le font les scandinaves avec les groupes comme In Flames ou Soilwork par exemple. Donc on s’est dit, pourquoi ne pas montrer notre culture à nous ? Qu’on touche 20 000 ou 2000 personnes on est de toute façon gagnants.
Abder’Rahman : Je pense qu’on a tous un ennemi commun, c’est l’ignorance. Et nous, étant des témoins de ce que nous sommes et de notre culture, on aimerait justement montrer ça aux gens pour éliminer cette ignorance, et pour pouvoir entrer en sympathie les uns avec les autres. On a vécu ça en live, on a fait un festival à Oslo en Norvège qui était une reconstitution de vie de vikings en fait. Ils étaient tous habillés traditionnellement, et même si c’était que sur une journée ça nous a permis d’en savoir un peu plus sur cette culture et cet état d’esprit. Ils jouaient vraiment le jeu à fond hein ils faisaient des barbecues à la sauvage, d’ailleurs c’était trop bon.
Amine : Oui c’était trop bon !
Abder’Rahman : Et du coup ça élimine un peu plus l’ignorance qu’on avait vis-à-vis du peuple viking, ça nous a fait entrer en sympathie, on a bien sympathisé avec eux et ça a bien collé avec notre but qui est, comme je l’ai dit, d’éliminer l’ignorance.

Y-a-t-il un ou plusieurs clips de prévu(s) pour cet album ?
Amine : Tout à fait. Le clip est prévu après la sortie de l’album. Ce sera sur le titre « Mercurial » qui est le titre le plus représentatif de l’album.
Abder’Rahman : La deux sur l’album (rires).
Amine : Sur ce titre là il n’y a pas de personnage bien précis, il parle plutôt d’un état d’esprit général depuis l’Antiquité jusqu’à l’époque moderne, de comment on est, qui nous sommes, du degré de cohérence qu’on va avoir, du degré de schizophrénie qu’on pourrait avoir à l’image de tout, des autres pays, des autres cultures.
Abder’Rahman : Dans Acyl on essaye de tout faire. La pochette c’est nous, les clips c’est nous qui les produisons, on fait ça avec nos petites mains car on trouve que c’est important de donner un aspect qui englobe tous ces points-là du travail artistique. C’est pour ça qu’on s’évertue à tout faire. Et les clips en font partie, on s’y attelle très sérieusement et on essaye de faire du mieux qu’on peut.

Qu’est-ce qui vous a amenés à faire cette musique ? Je parle aussi du metal. Vous avez commencé quand personnellement même avant Acyl ?
Amine : On ne fait pas que ça. On fait surtout ça oui, mais pas que. Du plus loin que je me rappelle, j’ai toujours fait de la musique. Pas forcément du metal, car à l’origine j’ai commencé en tant qu’enfant de cœur. C’est des chants religieux de paix de machin, puis plus tard en fonction de ta vie et de tes états d’âme tu évolues et tu t’orientes plus vers le hard rock et le metal.
Abder’Rahman : Je pense qu’on a tous les mêmes cheminements. A un moment donné de ta vie tu as un peu de curiosité qui te pousse vers quelque chose, c’est le metal, alors ça aurait pu être autre chose mais nous en l’occurrence ça a été le metal. C’était dans les années 90, c’est clair qu’à l’époque le climat était un petit peu tendu, je ne sais pas si c’est ça qui nous a poussés vers ça, mais bon …
Amine : Moi personnellement c’était parce que j’avais faim en fait (rires). Je me suis réveillé un matin j’ai écouté du Michael Jackson j’étais content et tout et j’ai commencé à avoir faim, il n’y avait pas à manger donc je me suis extrêmiser et voilà.

Pourquoi le terme « ethnique » est si important pour vous dans le genre dans lequel vous vous classez ?
Amine : C’est vrai c’est très important. On préfère le mot « ethnique » au mot « world musique » ou encore « folk ». Aujourd’hui tout est classé comme folk ou musique du monde et ça nous on refuse, parce que un gars qui est au fin fond de la Scandinavie et qui joue de la musique, sa musique appartient à une ethnie. Il est très important pour nous de dire que justement le mot « ethnique » doit être présent car il est représentatif de tous les types musicaux. Ça rend à César ce qui appartient à César.

Quels sont les prochains objectifs de Acyl ?
Amine : Moi je compte me marier et euh … Bon. Ecoute, prochain objectif, déjà, commencer à tourner pour la promotion de cet album. Puis commencer à bosser sur le suivant aussi, ce qui va nous demander beaucoup plus d’efforts et de déplacements, et surtout, se faire plaisir. Je pense que c’est une constante qui ne changera pas ça.
Abder’Rahman : Puis logiquement on est en train de réfléchir à une prochaine tournée. Lors de la dernière on a eu une très bonne expérience avec Dark Tranquility, ça s’est super bien passé, on a noué des liens d’amitié au-delà de ce qu’on pouvait espérer avant d’y aller, et ça nous encourage à retenter l’expérience, donc on y réfléchit pour la fin de cette année.

Hey there ! Comment tu vas ?

Très bien et toi ?

Super ! J’ai des petites questions sur le dernier album de Syr Daria … Premièrement, quelles sont ces voix ?

Si tu veux, cet album est plutôt penché sur la dualité, c’est quelque chose qui nous suit un peu depuis le début, par exemple faire des textes très sombres sur des chansons ou des mélodies peut être un peu plus joyeuses. C’est quelque chose qu’on aime vraiment mettre en valeur, tant sur le côté sombre de chacun que sur le côté positif. Ces voix en fait sont tirées d’un morceau, on s’est posé la question de savoir quel morceau représentait le plus l’album, et c’est celui-là. « Voices » parle d’un pauvre type qui est un petit peu enfermé dans sa tête de par les voix qui essayent de le guider vers telle ou telle chose.

Pourquoi avoir clôturé l’album par ce morceau ?

Ce morceau est un peu plus long que les autres, il est un peu plus complexe aussi, il y a plus de changements, donc c’est peut-être un peu moins indigeste en fin d’album.

Que représente l’illustration de l’album ?

De base c’est un ami du groupe qui a fait la pochette, et qui nous a lancé sur cette idée quand on lui a dit de quoi parlait l’album, les paroles, ce genre de choses. Et en fait il s’agit d’un clown, on trouvait ça intéressant de le faire en test de Rorschach, c’est ce qui illustre vraiment notre musique je pense. Le visuel divise pas mal, mais c’est un but qu’on voulait atteindre. C’est soit tu aimes, soit tu n’aimes pas du tout quoi. Je trouve ce côté tranché relativement intéressant.

Quels groupes vous ont vraiment influencés sur cet album ?

Il y a toujours des groupes qui nous influencent c’est indéniable ; je veux dire, il y a la pâte Metallica de par le chant car c’est quelque chose que j’ai connu depuis des années donc forcément ça influence, il y a du Iced Earth, du Iron Maiden et encore plein d’autres qui nous ont influencés. Je pense que c’est un melting pot de tout ce qu’on aime.

Comment le groupe appréhende-t-il la réception de l’album ?

Sortir un album de cette qualité a été un travail long, presque trop long je dirai, mais on voulait vraiment quelque chose de produit, un son qui claque, quelque chose qui nous représente vraiment. Ce qu’on en attend c’est déjà de pouvoir faire de la belle scène, continuer à faire de la belle scène d’ailleurs car on a déjà eu l’opportunité de faire de belles dates, notamment avec Paul Di’Anno, Scorpions, Tankard, Freedom Call, donc vraiment des groupes devant lesquels on est à genoux depuis qu’on est gamins, et c’est vrai que c’est super intéressant. C’est simplement une plus grande visibilité que ce qu’on a eu jusqu’à maintenant.

Pendant combien de temps avez-vous travaillé sur l’album ?

5 ans. C’était très long, et on a mis beaucoup de temps pour l’écriture car on n’avait pas mal de dates et on n’était pas forcément dans une démarche « pro ». Je prends l’exemple d’aujourd’hui, on a changé notre manière de travailler, on a déjà la moitié voire les trois-quarts d’un album qui est déjà prêt, et on espère avoir un rythme d’un album tous les un an / un an et demi.

Dans quel genre classerais-tu cet album ?

C’est toujours très compliqué de définir un genre … En général, je dis que c’est du metal, tout simplement. Parce qu’aujourd’hui il y a des nouveaux styles de metal qui sortent toutes les semaines, et moi j’ai du mal à m’y retrouver quoi (rires). Du coup ça devient très compliqué. Donc en général quand on me demande, je réponds que c’est du metal, voilà.

Le Syr-Daria est un fleuve d’Asie Centrale, est-ce que le nom du groupe en est une référence ?

Exactement, c’est un fleuve. Et en fait, on est très porté sur les symboles, c’est quelque chose qui nous plaît énormément travailler sur les symboles et tout ce qui est métaphorique. Et l’idée du fleuve, c’est un axe marchand pour les partages, ce genre de choses, après en même temps un fleuve ça peut être très calme, très zen, et en même temps ça peut être tellement destructeur et puissant, ça peut te montrer que tu es vraiment tout petit à côté. Et le Syr-Daria est une frontière naturelle entre l’Orient et l’Occident qui montre cette dualité, ces deux univers différents qui se rencontrent ; et cette idée nous plaît vraiment.

Le morceau « Back To The Circus » est-il une référence au premier album ?

Tout à fait. C’est le même principe oui.

C’est le même cirque ?

Oui c’est le même cirque. Ah j’aime bien l’expression tiens faudra que je la ressorte ! (rires). Mais oui disons que ce truc du cirque c’est venu sur un morceau en particulier du premier album, dans lequel métaphoriquement on comparait la société d’aujourd’hui où on est obligés de mettre un nez rouge, de se maquiller et faire semblant que tout va bien alors que finalement on n’est pas tous au top. Et je trouvais ça très intéressant, ce côté où on est tous soit des funambules soit des clowns, je trouvais ça très sympa.

C’est pour ça que c’est un thème récurrent ?

Tout à fait, on joue un peu sur ce truc-là. On a vu déjà d’une part que ça a bien pris, ça nous a bien plu, et ce côté mascotte en même temps c’est assez chouette il ne faut pas se le cacher, ça a un certain côté commercial aussi, forcément. C’est quelque chose qu’on reconnait. Et ensuite, c’est tellement vaste, tu peux t’amuser, et moi j’aime beaucoup m’amuser en écrivant. En fait moi j’écris en me disant « tiens ce serait marrant si », en gros c’est ça.

« Army Of Clowns » revient-il sur cette peur très courante des clowns ?

En fait si tu veux c’est toutes les peurs enfantines, et c’est comme si elles étaient imagées par toute une armée de clowns. C’est la peur de ce qu’il y a sous ton lit, ou c’est quand ton frangin te sort une connerie et que toi tu flippes pendant trois semaines parce que tu crois qu’il y a de araignées au plafond qui vont venir te bouffer la nuit, c’est ce genre de trucs. J’ai personnellement des enfants qui ont l’âge de se poser des questions par rapport aux terreurs nocturnes et ce genre de choses, et je trouve ça très intéressant comme sujet. Et au fond je pense qu’au final on ne grandit pas totalement. J’aime croire qu’on reste un peu tous des gamins, et qu’on a tous un petit peu des phobies, des flippes de certains trucs, je trouve ça assez intéressant.

Et justement, « Hannibal » parle de la peur des monstres non ?

« Hannibal » c’était justement le truc « ce serait marrant si » … C’est un film que j’avais beaucoup aimé à l’époque Le Silence Des Agneaux et je me suis dit « tiens, et si maintenant Clarice Starling et Hannibal Lecter prenaient un appart ensemble, comment ça se passerait ? ». Je trouvais ça super fun, c’est pour ça qu’il lui dit « bah attend, reste pour dîner ça va être marrant ! ». Je trouve que c’est un truc vraiment très large oui, il y a vraiment beaucoup de choses.

« Pornstar » raconte la vie d’une actrice X ?

Tu vois c’est assez drôle parce que, bon je n’aime pas ce mot là, mais c’est un peu le « hit » de l’album. C’est le morceau qui fout le feu quand on le joue en concert, ça parle de sexe donc bon de toute façon il y a trois trucs : le sexe, la guerre et le rock’n’roll. On va dire que c’est les trois trucs qui marcheront toujours je pense. Et en fait ce morceau est beaucoup plus sombre qu’il n’y paraît parce que si on va vraiment au fond des choses, le personnage qui parle dans la chanson c’est un producteur qui met des étoiles dans les yeux à une nana, qui lui fait croire qu’elle va devenir une star internationale, alors qu’au final il s’agit d’un pauvre film de cul dans un hôtel deux étoiles. Donc elle reçoit 300 euros et c’est terminé quoi. C’est vraiment axé sur la désillusion et les gens qui s’en servent.

Quels sont les thèmes qui te tiennent à cœur et qui t’inspirent le plus ? Et qui inspirent le plus le groupe aussi bien évidemment.

En fait si tu veux pour l’écriture des morceaux je dis « tiens ce morceau il me fait penser à ça », les gars me répondent « ouais ok » ou « non ça ne colle pas » … Bon en général ils disent « oui ça colle » ils osent pas (rires). Non moi je suis fan de presque trop de choses, j’aime énormément de choses, j’aime le monde de l’heroic-fantasy par exemple, mais j’aime aussi tout ce qui est historique, j’aime parler de faits actuels. Après la seule chose je dirai où on ne va pas trop c’est tout ce qui concerne les thèmes engagés. C’est toujours très compliqué de se mouiller dans un truc engagé parce que tout de suite on te colle une étiquette quoi. Et ce n’est vraiment pas le but recherché. Moi ce que j’aime c’est vraiment parler de la vie de tous les jours, de choses qui peuvent arriver tout le temps ou justement de thèmes plus historiques, ou de cinéma contemporain, de la littérature, je me sers beaucoup de ça, d’ailleurs j’ai un auteur que j’aime beaucoup c’est Stephen King.

J’adore Stephen King !!!

Bah Ca si tu veux c’est l’origine de toutes ces histoires de clowns, ça a été le premier vrai livre que j’ai lu quand j’étais gamin, c’était un pavé, un dictionnaire quoi et j’ai mis des semaines et des semaines à le lire, ça m’a ouvert les portes d’un monde phénoménale ! Par exemple encore aujourd’hui ça reste une de mes références littéraires avec La Tour Sombre aussi que j’ai tout simplement dévoré.

C’est pour cette raison que cette peur des clowns et tout simplement les clowns eux-mêmes reviennent souvent j’imagine.

Oui aussi oui ! Et je pense sur le nouvel album il y a le morceau « Gilead » qui parle justement de La Tour Sombre et tout ça, j’aime beaucoup vraiment. C’est un univers qui me plaît énormément.

Y-a-t-il des liens entre les morceaux de cet album ? Ou des points communs ?

Ben en fait si tu veux je pense que chaque titre est une photographie d’un instant T. Tu vois c’est assez drôle, on compose un morceau, on répète pour le jouer, on voit et puis d’un coup « ah tiens je parlerai bien de ça ». Et je pense que c’est un peu l’histoire de ce groupe, tout est très spontané. J’aime beaucoup, les choses viennent comme on les sent, je trouve ça vraiment classe quoi.

Il n’y a donc aucune inspiration particulière, ça vient comme ça.

Ouais exactement. Je pense que si je leur parlais de faire un morceau sur les vaches on va en discuter cinq minutes et puis voilà ! (rires). Enfin voilà, tout est très spontané, tout se fait sur le moment. Et puis surtout on est vraiment un groupe d’amis, on est potes avant tout.

Bon, j’attends le morceau sur les vaches hein !

Ah bah ouais ! On y travaille, on y travaille ! (rires). Ça va être compliqué, mais on y travaille !

Des concerts de prévu ?

Non alors justement là on est sur le travail de promotion de cet album-là dans un premier temps, on est en train de démarcher pour pouvoir le défendre avec le plus de dates possible où on pourrait vraiment montrer de façon optimale ce qu’on défend, tout simplement. Aujourd’hui on est à la recherche d’un tourneur, qui est quand même un métier à part. Nous on arrive à choper les dates qu’on peut, on en a notamment une à Grenoble, le 24 septembre, mais on essaye vraiment de s’exporter un maximum ne serait-ce qu’au niveau de la France, ce qui n’est pas facile, surtout avec la style de musique qu’on fait. Dans le Grand Est on a plus ou moins fait le taff tout simplement, on a pu faire de très belles scènes avec des groupes on aurait jamais imaginé jouer avant eux, et comme je l’ai dit avant, on reste encore de grands enfants, et c’est vrai que quand on joue avec nos idoles on est juste comme des fous, c’est juste énorme ! On a tapé des barbecues à 4h du matin avec Freedom Call quoi ! Je veux dire, c’est quand même dingue ! C’était merveilleux, ils sont extra. Si tu veux c’est assez drôle, le bassiste de Freedom Call je trouve que c’est une belle histoire, il est venu nous voir il nous a fait « vous savez les gars, c’est assez rare avec les groupes de support mais avec vous on se sent en famille », et quand on te sort ça t’es juste super content quoi ! Et oui niveau dates si tu veux maintenant on a une autre démarche. Quand on a un agenda qui n’est pas forcément super rempli, boum, on compose, on enregistre, on essaye d’optimiser au maximum le temps car on s’est rendu compte qu’on avait perdu pas mal de temps avec Voices, et on ne veut plus refaire ça quoi. On veut refaire la même qualité voire plus, mais en optimisant notre temps.

Du coup Voices est l’album le plus abouti pour toi …

Pour l’instant oui, c’est notre album le plus abouti.

Quel est ton morceau préféré de l’album ?

Ah c’est compliqué ! Espèce de sadique ! (rires).

(rires).

Mon morceau préféré … Je dirai « Voices ». A cause de l’intensité … Ou non ! « Walk With The Dead ». Selon moi il y a quelque chose qui se passe dans ce morceau, après c’est toujours très subjectif bien sûr. C’est toujours un peu prétentieux de dire qu’il se passe un super truc sur l’album, mais disons que quand moi je l’écoute, il se passe vraiment quelque chose. Quand toi tu écoutes ta propre musique et que tu as des frissons, tu te dis « waouh c’est excellent quoi » ! Et sur scène avec ce morceau là il se passe aussi quelque chose, c’est presque une communion. La seule fois où on l’a joué, la seule, ça a été un moment phénoménal. Puis bon après il y a « Back To The Circus », quand tu rentres bam tu envoies tout de suite la sauce, les gens tapent dans les mains, et je pense que c’est un peu la force du groupe. Déjà si je devais définir en deux mots, ce serait fun et énergique. Tu vois sur scène on reste fun, on s’éclate, on reste simples, et moi j’aime beaucoup l’échange avec les gens. C’est quelque chose qui est génial.

Quels sont les prochains objectifs du groupe ?

Conquérir le monde ! (rires). Déjà, continuer à faire des belles scènes comme on l’a fait auparavant, avoir une plus grande visibilité, ce serait vraiment classe, et puis bon … J’ai vu qu’on était déjà en téléchargement illégal, donc c’est que ça commence déjà, c’est cool ! (rires). Je veux dire, dans un monde où la consommation de la musique a vraiment changé, c’est compliqué de se fixer des objectifs. Il y a une expression que j’aime beaucoup c’est « viser le Soleil pour atteindre les étoiles ». Je pense qu’il ne faut pas qu’on se mette de barrières et qu’on essaye d’avoir le maximum de choses. Tout ce qu’on peut prendre on peut prendre. Au jour d’aujourd’hui on est dans l’attente de réponses pour pouvoir faire des dates, des tournées, donc voilà.

Je te laisse le mot de la fin pour conclure cette interview en beauté.

Ben écoute, déjà, merci à toi ! C’est super sympa, c’était bien cool, et non ce qu’on fait là aujourd’hui c’est chouette, vraiment. Je passe un super moment. En plus, je suis le seul qui n’est jamais venu à Paris donc j’étais comme un gosse ! A Notre-Dame « aaaahhh putain il est où Garou il est où ! », c’était assez drôle ! Bon on a des villes aussi chez nous hein on a l’eau et l’électricité (rires) mais si tu veux c’est un peu comme chez nous sauf que tout est démesuré, et c’est juste génial. Moi j’avais les yeux qui brillaient hier soir !

T’as pu visiter un peu ?

Oui mais vraiment un tout petit peu parce qu’on était rentré de voyage on était K.O. Mais c’est vrai que je suis allé voir Notre-Dame, et c’est chouette ! Comme je t’ai dit je cherchais Garou, j’l’ai pas trouvé …

Il n’est pas là en ce moment !

Dommage !!! (rires). Oui non mais c’est sympa de pouvoir partager avec des gens que je n’aurai peut-être jamais rencontré … Tu sais nous de là où on vient, je pense que ce qui nous caractérise aussi c’est que on n’a jamais eu le melon quoi, tu vois. On sait d’où on vient, on sait qui on est, et moi demain je vais aller bosser en usine tu vois par exemple. Je pense qu’il faut rester à sa place, mes enfants m’aident beaucoup à rester à ma place aussi d’ailleurs. De toute façon, on n’a rien de spécial. Le seul truc qu’on a je dirai que c’est depuis 2007, on a le même line-up. Ça n’a pas bougé. On est vraiment très soudés, il y a des petites engueulades, on se cherche un peu, on rigole, on connaît chacun nos vies par cœur. Je pense qu’un des meilleurs compliments qu’on nous ait fait c’est « les gars, on voit que vous êtes potes sur scène ». Voilà quand le guitariste est en plein solo et que je vais lui chanter Petit Papa Noël dans l’oreille c’est compliqué hein ! (rires)

Salut, comment tu vas ?

Ca va et toi ?

Ça va bien ! On va parler du dernier album, nommé Chapitre VI ; premièrement, pourquoi l’illustration de cet album est-elle si sobre en comparaison aux précédentes ?

C’était une volonté de notre part. Quand tu livres un contenu imagé, c’est souvent représentatif du contenu de l’album. Musicalement il y a un fil conducteur et l’image est souvent représentative de tout ça, de ce que tu donnes musicalement ou dans les textes. Et là on avait envie de revenir avec quelque chose de très sobre, tout simplement parce que l’album n’est pas conceptuel comme certains des précédents qui l’étaient. Là c’était quelque chose de plus neutre en fait, ça se ressentait plus comme un constat d’urgence, c’était plus impulsif. Nous dans le groupe on se dit souvent que l’album qu’on préfère c’est Chapitre II Révérence qui était aussi sobre, la pochette noire et EDC en blanc, c’était voulu comme ça. Et ensuite on développe dans le livret. Et là c’est clairement dans ce sens-là pour le dernier album, on a voulu quelque chose de très sobre avec notre nom encadré et des petites dorures, ce n’est vraiment pas par manque d’inspiration ; c’était vraiment dans le but de faire ressortir le contenu, la musique avant tout. On ne voulait pas être influencé ou que les gens soient influencés par une image, là y a pas un mec mort dans la rue comme on a pu faire ou un bateau dans une tempête, voilà c’est L’esprit Du Clan, c’est juste nous. Et après y a plus qu’à écouter la musique quoi !

Je trouve les titres des morceaux vraiment très recherchés et même très beaux, d’où viennent-ils ?

Le chanteur serait plus à même de répondre mais moi ce que je sais, c’est qu’on s’est toujours creusés pour les titres. Il y a toujours eu beaucoup de sens, et une certaine réflexion à cela. Selon le ton général de nos albums, ça dépend de si tu parles à la première personne ou à la troisième, ça dépend du ton donné, et là justement on voulait quelque chose de beaucoup plus imagé pour le coup, quelque chose de métaphorique. Comme des poèmes en fait tu vois. Il y a eu une grosse période poète ces dernières années et ça se ressent dans les titres je pense.

Quelles ont été vos principales sources d’inspiration pour ce Chapitre VI ? Vous avez été influencés par des groupes en particulier ?

Non non pas spécialement parce que Chamka et moi qui composons beaucoup, on a vraiment lâché le metal pendant les quatre ans où on s’est arrêté, on est vraiment passé à autre chose musicalement parlant – bon on a toujours écouté beaucoup de styles différents évidemment – mais quand tu es dedans et que tu joues souvent, forcément tu te tiens un peu à la page tu vois. Et moi j’ai toujours été amateur de metal, j’aime bien voir l’évolution du style en général, mais je t’avoue que j’ai complètement lâché. Et donc, je suis revenu avec aucune influence directe. Et c’était ça qui était intéressant, le fait d’arriver un peu neutre là-dedans. Et c’est un peu lié avec la pochette, entre autres. Je crois que ce qui a parlé c’est plus ce qu’on avait envie de donner, ce qu’on avait à l’intérieur, peut être plutôt un ressenti de chanteur pour le coup, en tant que musicien que clairement influencé inconsciemment par des trucs que tu écoutes régulièrement.

Est-ce que certaines causes vous ont tenues à cœur pour l’écriture de cet album ?

C’est compliqué, ça peut varier d’un mec à l’autre du groupe, mais en général même si c’est métaphorique et dit différemment, on est toujours dans le même constat d’échec finalement. Par rapport à la nature humaine évidemment, ce n’est pas joyeux, on reste dans le message sombre qu’on a toujours véhiculé. Bon quand t’as 20 ans tu as envie de tout changer, de tout niquer et tu le cris à tort et à travers, alors quelque part il faut passer par là, mais après avec les années qui passent, la vie qui évolue et la maturité, je pense que tu gardes un peu plus ça pour toi. Enfin en tout cas, tu essayes de le faire passer différemment. Mais finalement le constat est toujours le même, l’âge nous sert de force d’une certaine manière. Après je pense que ça se ressent différemment suivant le vécu de chacun et les influences de chacun. Et si notre message parle et touche du monde pour différents sujets, c’est que quelque part on a gagné, d’une certaine manière ça fait de nous un haut-parleur pour tout le monde. Et que ce soit pour quelqu’un qui politiquement a énormément d’idées ou quelqu’un qui a perdu son chien, ça peut toucher tout le monde, peut être simplement d’une manière différente.

Pendant combien de temps avez-vous travaillé sur cet album ?

Alors ça a été très rapide. On a commencé en septembre et les maquettes étaient terminées fin novembre. On a été vraiment à l’essentiel, c’est-à-dire qu’on se voyait une fois par semaine avec Chamka et Arsène, on enregistrait sur ordinateur comme on a souvent fait mais on le faisait à trois et pas chacun de notre côté, et du coup ça a été très vite. On avait vraiment la volonté de garder ce qui venait tu vois. Dans un souci d’intégrité encore plus renforcé par le fait qu’on s’était arrêté, le but était de garder l’impulsion, le constat d’urgence. Ça a bien roulé et on a rien jeté finalement. On faisait un morceau, on en était fiers, Arsène commençait à écrire les paroles directement et voilà, ça s’est fait comme ça. La question par rapport à la globalité de l’album était plus de savoir si on devait en enlever ou en rajouter. Mais il n’y a pas eu d’éternelle discussion sur tel ou tel passage comme ça a pu être le cas par le passé, mais ça c’est parce que c’est nous qui le voulions aussi. En bref, ça a été rapide.

Pourquoi est-ce important pour EDC que les textes soient en français ?

En fait ça a toujours été comme ça, et après c’est devenu notre marque de fabrique en fait quelque part, on ne peut pas se mentir, après t’es tributaire de ça, ça colle à ton image. Si le prochain album on le fait en anglais ça passera pas. Je veux dire, on ne peut pas maintenant. Ce ne serait même pas prit comme une volonté artistique, là on perd direct 95% des gens qui nous suivent. Pour revenir à ta question, en fait au début il n’y avait même pas une envie de faire autre chose, on voulait de suite le français. On voulait aussi créer un style d’une certaine manière. On empruntait au hardcore, mais dans nos méthodes de promotion dans les débuts on voulait vraiment se différencier. On était vraiment marginaux dans le hardcore si tu veux, on voulait avoir notre propre pâte. Nous on vient vraiment d’un milieu urbain, on adore la culture urbaine, ça fait partie de notre ADN, et tout ça, toutes ces envies passaient par le chant en français, et c’est resté. Je ne sais pas si c’est par souci d’intégrité ou autre chose, mais c’est simplement le groupe quoi, EDC sans le chant en français ça marche pas, peu importe les messages qui ont été délivrés dans les albums, c’est notre truc et ça nous rend unique. Après dans certains albums il y a eu quelques passages en anglais aussi, mais c’est plus comme un essai de style. Il y a eu un peu d’espagnol aussi, c’était histoire d’arrondir les angles car ces deux langues sont moins tranchantes que le français je trouve. Moi je défends le français à mort, d’une part car c’est ce qui a créé notre fan-base et c’est ce qui nous unit, et d’autres part pour les sonorités, le français est comme je le disais très tranchant, ça a beaucoup d’impact je trouve, ça marche bien avec le metal.

Dans le morceau « Céleste », vous parlez d’avenir, de suivre son chemin, est-ce que le message est ciblé ?

Non en fait je pense que c’est assez généraliste. Bien sûr c’est ciblé pour une certaine génération car tu ne peux pas parler d’avenir à quelqu’un qui a 80 ans et qui a déjà bien vécu. Non pas parce que c’est mort ou qu’il n’a pas d’ambition attention, car je pars du principe que tant que la santé le permet on peut tout faire à tout âge. Et je crois que ce serait limite prétentieux de notre part à 35 – 40 ans de venir parler de ça a des gens qui ont beaucoup plus vécu que nous. Je pense pour le coup que le message de ce morceau se fait un peu porte-parole de certaines générations plus jeunes que nous. Il y a un message d’espoir, de simplicité pour une génération qui peut peut-être être un peu noyée en ce moment. Tu ne grandis pas avec les mêmes éléments quand tu nais en 2000 que quand tu nais en 1980, il y a beaucoup de progrès mais ce progrès n’est en même temps pas forcément synonyme de réussite. Tu peux progresser en bien ou en mal, évoluer en bien ou en mal, ce n’est pas que du positif.

Dans « Hymne Au Silence », quand vous dites « il est urgent de se taire, la foule est meurtrière », qu’est-ce que ça signifie ? Ce n’est plus vraiment le même message d’espoir on dirait !

Ah là oui ce n’est pas pareil. Je pense que tu constates un petit peu la banalisation et même l’instrumentalisation de la violence, l’abondance de celle-ci aussi d’ailleurs … Voilà, quand je te parlais d’évolution ou de progrès négatif, c’est à ce genre de choses que je pensais ! C’est un problème majeur de notre époque. La facilité, c’est que tout le monde ait accès aux médias, que tout le monde puisse faire son propre constat, c’est une forme de progrès. Mais en même temps comme je le disais, il y a aussi une instrumentalisation de tout ça. Certes il y a toujours eu de la violence et des conflits, mais aujourd’hui c’est différent car quand quelque chose comme ça se produit, tu le sais tout de suite et tu n’es pas préservé. Je crois que la violence appelle la violence, sous n’importe quelle forme, c’est vieux comme le monde. Et quand tu prends un peu de recul, tu te dis que quelque part il vaut peut-être mieux être berné … Donc oui, il est urgent de se taire ça résume bien la situation.

Paris est mis en lumière dans « Rat Des Villes », y-a-t-il une raison particulière à ce choix de thème ?

C’est de là qu’on vient, on est Parisiens on a grandi là, c’est là qu’on a évolué, et on a toujours plus ou moins rendu hommage à Paris dans nos titres en fait. C’est vrai qu’on en faisait pas une chanson, mais il y a toujours eu une petite phrase par-ci par-là sur Paris dans d’autres titres. Puis nos clips ont été tournés dans cette ville aussi. On est très attachés à notre ville, au patrimoine de notre ville, et ça nous rappelle aussi des rencontres qu’on a pu faire également. On était bons fêtards dont on sortait beaucoup, on a souvent arpenté les rues de Paris à toute heure, on trouvait ça marrant de voir Paris sous tous ses aspects. C’était notre manière de rendre hommage à cette belle ville. Alors il ne faut pas y voir du chauvinisme ou quoi que ce soit, c’est vrai en province on est souvent mal vu car il y a un certain élitisme à Paris qui existe réellement, mais ce qui est paradoxal c’est que la plupart des gens qui sont à Paris, bobos, hipsters ou ce que tu veux, sont des gens qui viennent de province. Et non tout simplement on a choisi ce thème parce que cette ville est belle, j’aime cette ville, j’aime son architecture, voilà c’est comme ça.

Et pourquoi l’avoir appelée « Rat Des Villes » alors ?

Ça c’est un peu comme dans le hip-hop on va dire, c’est le côté punchline. C’est très imagé, ça représente les mecs qui traînent un peu tard dans les rues tu vois ! On a souvent des espèces de comparaisons avec le hip-hop, non pas dans notre musique mais surtout dans nos attitudes, et c’est vrai que ça s’en est une clairement. J’adore la provoc, enfin on adore, on aime tout ce qui est punchline aussi. C’était une espèce de métaphore en fait, il y a des rats dans les villes, on est des rats dans Paris.

Comment décrirais-tu l’album en quelques mots ?

Je pense que c’est un album essentiel dans notre parcours déjà. J’en suis très fier et ça me fait du bien de ressentir ça après plusieurs années d’absence. Je trouve qu’il est revendicatif de par sa complexité lyrique, et c’est une nouvelle approche si tu veux, c’est moins franc du collier, il y a eu beaucoup de recherche dans les textes. Et cet aspect métaphorique est intéressant parce que cet album est réaliste je crois. Pour donner des adjectifs en tout cas, je dirai oui qu’il est réaliste, qu’il n’est ni prétentieux ni présomptueux, il est terre à terre et il est propre à notre époque, revendicatif, et aussi sombre, comme d’habitude. Et surtout, il est très représentatif de EDC, les chapitres tu vois ce n’est pas pour rien, parce que ça reflète nos vies à chaque fois, selon les déceptions qu’on a eu ou les joies. Il est assez représentatif de ce qu’on a ressenti au moment où on a voulu le faire. Après ce qui est difficile c’est qu’il vient de sortir donc on a des retours, mais on en a encore que trop peu, et on n’a pas encore assez défendu l’album sur scène pour pouvoir trouver une espèce de fil conducteur. Et nous on avait la tête dans le guidon car comme je t’ai dit tout à l’heure tout est allé très vite, donc c’est difficile d’en parler. Mais en tout cas je suis en totale adéquation avec l’album, honnêtement. Je suis en accord avec. Pour te donner un exemple, à titre personnel, ça n’a pas été le cas avec le précédent. Tout simplement parce que pour moi c’était l’album qui annonçait notre pause, et c’était quelque part l’album deadline en fait, l’album compte à rebours. Donc je le vois un peu comme la bête noire l’album précédent. Et pour moi c’est un peu mon album maudit car même à partir de la composition c’était particulier. Par contre là non je ne peux pas te dire mieux qu’il me fait penser vraiment que ce soit le climat de notre groupe, les titres, les chants, le contenu de l’album etc. on ressent ce qu’on a ressenti sur Révérence en 2005.

Quels sont les prochains objectifs d’EDC ? Si l’album est si excellent, qu’est-ce que vous comptez faire après ?

Là déjà l’objectif c’est de tourner, on espère aller dans des pays dans lesquels on n’a encore jamais joué comme le Japon par exemple. On a eu la chance déjà pour un groupe français qui chante en français d’aller pas mal à l’étranger dans des pays qui ne sont absolument pas francophones, ce qui est plutôt rare. Mais bon, l’objectif premier là c’est de profiter avant tout, de profiter de notre album, de tourner un maximum. Puis comme je t’ai dit, on est très intéressé par le Japon. Tu vois on a fait pas mal de pays, il y en a qu’on aimerait refaire comme les pays de l’Est notamment la Pologne, c’était très cool, mais le Japon serait une vraie étape pour le groupe je crois. Surtout quand on sait à quel point ils aiment ce qui vient de l’occident.

Le 28 avril de cette année 2016 marquait le grand retour d’Helloween en France, à Paris plus exactement. Après trois ans « d’absence » et l’excellent show à l’Olympia avec Gamma Ray, initialement, c’est la salle du Bataclan qui était sensée accueillir le groupe le 2 février dernier. Mais suite aux évènements, c’est au Trianon que les allemands ont finalement choisi de s’installer, le temps d’une soirée. Arrivée à 8h30 ce matin-là, j’ai été agréablement surprise de voir des fans présents tôt. Nous attendions avec impatience l’arrivée du tourbus. 9h45, le bus arrive, et le premier à mettre un pied dehors est ce cher Markus. Fidèle à lui-même, il n’attend pas une seconde pour venir parler et témoigner encore une fois de sa gentillesse inconditionnelle. Les Pumpkins sortiront de leur maison roulante les uns après les autres, tôt ou tard (plutôt tard que tôt d’ailleurs), n’hésitant pas à venir voir les fans déjà présents. Nous les avions vus fidèles à eux-mêmes, et qu’est-ce que c’était bon !

L’impatience était encore plus rude après avoir eu la chance d’échanger quelques mots avec les musiciens et après avoir jeté un œil sur la setlist, qui promettait un show inoubliable.

18h30, l’heure fatidique approche, tout le monde commence à se rassembler.

A 19h00, les portes s’ouvrent enfin. Après une petite demie heure d’attente, il était temps d’accueillir le trio de Rage. De par leur énergie sans faille et leur talent, les allemands ont réussi à chauffer la salle sans trop attendre. Comme à son habitude, Carlos Rodriguez était déchaîné et vivait son show, accompagné de Peavy (Peter Wagner) et Lucky (Vassilios Maniatopoulos). Le trio de choc avait ficelé un show à la perfection, on en oubliait presque qu’ils étaient en première partie. Si la performance était réussie de A à Z, il y avait quand même quelques temps forts comme « Back In Time », « Until I Die » ou encore le final « Higher Than The Sky », qui n’est pas sans avoir marqué les esprits. Bref, Rage, ça valait le coup, même si c’était vraiment trop court. En effet, après une toute petite heure de show, le trio cède la place aux citrouilles.

Après quelques minutes d’attente, les lumières s’éteignent, sur un fond de « Walls Of Jericho ». Nous découvrons une mise en scène magnifique aux couleurs froides du dernier album. La pression monte … Dani fait son apparition, suivi des autres membres ; entrée en scène majestueuse et pleine d’émotions. Qu’est-ce que c’est plaisant de les voir prendre du plaisir et être heureux de jouer ce soir !

Histoire de démarrer en beauté, Helloween entame son show avec le cultissime « Eagle Fly Free », de quoi nous mettre de suite dans le bain. Markus et sa bonne humeur éternelle étaient au rendez-vous, dès le mini solo de basse du morceau.

Ce qui allait suivre n’était pas une mince affaire : c’est au tour du célèbre « Dr. Stein » d’entrer dans la danse. Entrée des plus remarquables d’ailleurs, ce début de concert témoignait parfaitement de la place plus que singulière que le groupe a.

« Préchauffé » par Rage, le public est littéralement en transe. S’en suit le premier morceau du set issu du dernier album, « My God-Given Right », pour lequel le groupe avait d’ailleurs réalisé un clip. Andi semble être sous son meilleur jour, sa performance scénique et sa voix sont irréprochables ce soir-là.

Le retour au bon vieux temps ne se fait pas attendre, avec les morceaux « Steel Tormentor », « Mr. Torture » et « Waiting For The Thunder ». Le public connaît ses classiques ! L’ambiance est à son beau fixe, et la chaleur dans la salle est semblable au véritable sauna finlandais.

Revenons aux morceaux plus récents, avec comme bel enchaînement « Straight Out Of Hell » et « Heroes », deuxième morceau issu du dernier album.

Que serait un show d’Helloween sans un solo de batterie ? Il est temps pour Dani de montrer ce qu’il sait faire. Ce solo digne des plus grands confirme la technique pointue de Dani, et le place au rang des meilleurs. Loin de moi la volonté de prendre mon cas pour une généralité, mais je pense que ce soir-là je n’étais pas la seule à penser ça.

Le point négatif de ce solo est qu’il annonce que le set est déjà très bien entamé. Pas de transition, petit flashback avec « Where The Rain Grows », tout en énergie, ça fait plaisir. Arrivent ensuite « Lost In America » et « Power » ; joués à la perfection. Le grand Sascha est toujours aussi proche du public, contrairement à Weiki, fidèle à lui-même, champion des grimaces, et plus rien à prouver. C’est comme ça qu’on l’aime après tout.

Le morceau suivant est un classique du groupe en termes de ballades, il s’agit de « Forever And One » ; c’était la séquence émotion du concert. Mais l’occasion de « souffler » fut vite envolée, le mélange « Halloween / Sole Survivor / I Can / Are You Metal ? / Keeper Of The Seven Keys » était là pour nous faire revenir à la réalité. Mais cette fois-ci, la fin approchait pour de bon. Après « Before The War », c’était au tour du célébrissime « Future World » de nous en mettre plein la vue. Si Weiki n’a pas fait de solo avec sa bouche, ce morceau n’en reste pas moins inscrit dans les plus marquants de l’histoire d’Helloween sur scène notamment. Après plus de cinq Future World, il était temps de terminer le morceau. Et, last but not least, pour terminer en beauté, il ne fallait autre que « I Want Out » ; le moment de se déchaîner et de participer une dernière fois était arrivé.

Ce concert allait sans doute rester dans les annales. Les citrouilles nous avaient offert une setlist extrêmement variée, permettant de nous replonger dans les différentes ambiances et époques du groupe. La présence et la performance du groupe restaient inchangées, pour notre plus grand bonheur. C’est avec de magnifiques souvenirs en tête que je suis sortie de la salle, avec seule l’impatience de revoir Helloween.

Cette soirée est à saluer jusque dans son organisation.

Je remercie infiniment Helloween et Rage pour leur gentillesse et leur dévouement sur scène ; et je remercie bien sur également Roger de Replica Promotion et Base Production pour l’accréditation.

Salut ! Tu vas bien ?

Bah très bien et toi ?

Très bien ! J’ai quelques questions sur ce nouvel album, Dancefloor Bastards. Tout d’abord, pourquoi avoir choisi ce titre-là, qui sont ces Dancefloor Bastards ?

Alors bah déjà simplement, on a choisi ce titre pour affirmer ce que l’on pense être avec le groupe. C’était un jour dans un camion, en fin de tournée en automne dernier on se disait « on est quoi nous les Sidi depuis tant d’années, qu’est-ce qu’on fait ? ». Et c’est venu en rigolant, avec un côté un peu provocateur, second degré, « on est des connards du dancefloor ».

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour cet album ?

Tout simplement nos vies personnelles, intimes, et ce qui se passe autour de nous, tout mélangé. Les évènements tragiques de 2015 nous ont également influencés, et ça se ressent sur cet album. Et en parallèle il y avait aussi nos évolutions personnelles, le fait qu’on s’approche de la quarantaine dans le groupe pour la plupart, ce sont des moments de la vie aussi où tu te remets en question. Et tout ça mélangé ça a généré Dancefloor Bastards.

Et quels sont les thèmes principaux abordés dans cet album ?

Alors déjà il y a pas mal de morceaux qui tournent autour de l’actualité. Notamment sur les réfugiés, des sujets comme ça, plutôt engagés. Il y en a qui font référence aussi aux attentats évidemment, puis il y aussi les morceaux un peu plus légers aussi comme « Dancefloor Bastards » qui se veut un peu plus fun. Il y a « Go Fast » aussi qui est un morceau qui parle de la vie sur la route tout simplement, avec ce fantasme d’aller plus vite, tout ça pour dire que la vie d’un groupe de musique c’est d’être sur la route. Après il y a aussi des titres plus introspectifs, plus imagés ou plus poétiques. Donc voilà, un peu de tout.

Avez-vous voulu innover avec cet album ?

Il y a toujours une envie d’innover, de renouveau, une envie d’évoluer, mais je pense qu’au final cet album ressemble à du Sidi, c’est du Sidi à 100%. Avec des nouveaux ingrédients, et peut-être une énergie un peu différente, parce qu’on a cherché à faire quelque chose de plus organique, de plus rock. Dans le choix du son et la façon d’enregistrer aussi. C’est une petite révolution interne. Après on ne va pas révolutionner la musique, mais on essaye de proposer quelque chose d’intéressant.

Pourquoi la langue française est-il si importante pour Sidi ?

Le français c’est notre langue maternelle, pour nous c’est naturel de choisir d’abord cette langue-là. Quand on a un parcours comme le nôtre, on n’a pas envie de mettre des bâches. Donc c’est un choix en fait, on a envie de vérité, on veut que les mots frappent fort. Le français sur du rock c’est un casse-tête à écrire, c’est la galère quand on écrit parce que trouver LE mot qui va bien sonner et coller, c’est très très dur. L’anglais est plus simple à utiliser et de temps en temps on l’utilise, tout simplement parce qu’on trouve que ça rend mieux à certains moments. Mais le français est plus intéressant pour nous, plus dangereux et on aime bien se mettre en danger. Des fois il y a des gens qui aiment pas, mais c’est pas grave.

Le titre « Le Jour Médian » m’a particulièrement marquée, quelle est la signification du titre exactement ?

Ben tu vois, c’est vraiment un parallèle entre une histoire intérieure dans ma vie personnelle liée au fait d’arriver à la quarantaine, il y a des grandes remises en question comme je te le disais qui sont très intimes, mais voilà d’énormes questions, par exemple je me demande qu’est-ce que j’ai envie de faire réellement au jour d’aujourd’hui. Moi un matin je me suis levé et j’avais une sensation d’être à ce fameux jour médian. Cette sensation est d’ailleurs aussi renforcée par l’actualité, parce que j’ai l’impression que dans le monde d’aujourd’hui il y a de très grandes mutations, il y a beaucoup de chaos, internet qui nous emmène vers je ne sais où, personne ne sait où on va, et il y a une sensation comme ça de tournant. Et en plus dans ta petite vie personnelle, alors c’est banal ce que je raconte, la crise de la quarantaine c’est très banal, mais quand les deux sont synchronisés, ça m’a fait un écho et c’est là qu’est venu cette idée du jour médian. Donc est-ce qu’on ira vers quelque chose de positif ? De sombre ? J’espère bien qu’on ira vers quelque chose de mieux. Voilà le jour médian c’est cet instant précis où tu as l’impression d’être à un tournant dans ta vie et une sensation que l’humanité elle-même est à un tournant.

Et d’où vient l’idée du titre « 1976 » ?

C’est très lié, tu rebondis bien ! 1976 c’est notre année de naissance au guitariste et moi-même, y en a d’autres qui sont de 1977, 1978 et 1981, on est un peu les aînés du groupe, donc tu fais le calcul hein de 1976 à 2016 ça fait 40 piges ! Et 1976 c’est aussi des souvenirs, c’est un morceau où y a un mélange de nostalgie, et un mélange de « aller maintenant on laisse tout ça derrière nous, et on avance » parce qu’on a déjà 40 piges, et qu’on veut propulser Sidi pour encore de nombreuses années. Voilà, c’est ça aussi l’idée.

Pendant combien de temps avez-vous travaillé sur cet album ?

Alors les compos ont pris environ 6 mois, de juin à décembre 2015, et l’enregistrement s’est étalé de janvier à début mars en incluant le mastering, le mix, tout. Avec quelques pauses au milieu quand même. Donc ça a été finalisé début mars, c’est tout frais.

Quel est le message que vous avez voulu faire passer à travers cet album ?

En réalité il y en a plusieurs de messages, il y a aussi plusieurs questionnements, et même quand on est parfois engagés sur des sujets qui nous touchent, on ne veut jamais donner de leçon, on veut toujours laisser le champ ouvert, que l’auditeur puisse aussi se questionner avec nous. Et pourquoi pas trouver des petits débuts de réponses. Mais il n’y a pas un sujet qui prédomine, même si je peux dire que l’actualité en 2015 a sacrément secoué l’écriture de cet album. Comme je t’ai dit on parle des réfugiés, des murs de la honte dans « Walls Of Shame », des attentats évidemment, donc oui on a été secoués par toute l’année 2015.

Prévoyez-vous des clips pour cet album ?

Alors oui, on prévoit de tourner un clip cet été pour une sortie début septembre, mais je ne peux pas en dire plus car on est encore en train de réfléchir aux idées. Et ce n’est pas impossible qu’il y en ait plusieurs, mais pour l’instant voilà on va en faire un cet été.

Avez-vous été influencés par des groupes en particulier ?

Oui mais il y en a tellement eu et il y en a encore tellement que c’est difficile à dire. En plus on s’intéresse à beaucoup d’univers différents, mais traditionnellement on cite Rammstein et Prodigy par exemple, qui sont très différents l’un de l’autre, mais qui ont aussi des points communs de par l’approche d’univers différents, électro, metal, punk etc. C’est des groupes qui nous ont touché par leurs ambitions artistiques et le fait qu’ils aient un son très propres. Et nous c’est ce qu’on a toujours cherché.

La suite de la Zombie Rockers Party, c’est en gestation ou c’est un one shot ?

Ah la Zombie Rockers Party c’est fini oui, c’était en 2013 – 2014 si ma mémoire est bonne, et non on en fera plus pour le moment mais il y aura sûrement d’autres concepts.

Je me demandais d’où venait l’engagement du groupe, ça vient de votre éducation à tous, ou d’autre chose ?

C’est très difficile à dire … Ça vient de loin ! Je pense qu’on a toujours été un peu comme ça. Honnêtement, je ne sais pas. Envie de d’être sincère et d’assumer un minimum le fait d’avoir un auditoire, de monter sur une scène, d’avoir un micro, on te donne un porte-voix et tu as des responsabilités. Nous on trouve que c’est un petit peu trop facile de toujours se cacher derrière le « moi j’fais juste de l’art j’fais de la musique », on pense qu’on est dans un monde aujourd’hui où il faut que les artistes se repositionnent et prennent la parole. Parce que quand tu regardes l’histoire, il y a toujours eu des artistes importants, que ce soit des écrivains, des peintres, des sculpteurs, des philosophes, il y a toujours eu des gens qui ont à un moment donné dit qu’il fallait réfléchir à ça, qui ont pointé du doigt les problèmes notamment avec les politiques. Les gens ont besoin de ça je pense. Alors nous on veut assumer notre part de responsabilité qui se fait parfois un peu cracher dessus par certains qui disent qu’on devrait se contenter de faire de la musique. On est des citoyens, comme toi, on a envie de dire des choses on les dit. Après ceux qui aiment pas c’est leur libre arbitres, y a pas de soucis.

Qu’est-ce qui t’as amené à jouer ce style de musique particulier ?

On a grandi dans la cambrousse, on a grandi au pied des Pyrénées, pas loin de Toulouse, on est arrivés sur Toulouse en tant qu’étudiants, et je pense qu’on a forgé notre son à la fin du lycée, juste avant de venir sur Toulouse et du coup on était pas influencés par les modes qu’il y a dans les grandes villes par exemple. Et nous on était tellement perdus dans notre cambrousse que on n’a pas cherché à faire un son qui collait aux modes mais plutôt qui nous excitait.

Qu’est-ce qui vous a amenés à jouer ensemble ?

On est des potes tout simplement. Pour certains d’entre nous on faisait du théâtre, et ça nous a donné le goût de la scène, je pense que ça nous a marqué à vie et de là est né petit à petit le délire de faire un groupe. Au début on ne savait pas jouer d’ailleurs. On voulait faire un groupe mais on ne savait pas jouer. Puis on a appris.

Un petit message pour les fans ?

On vous attend nombreux sur la route ! C’est très banal ce que je dis mais c’est très sincère, on est impatient de retrouver ce rapport au public parce que c’est ce qui fait qu’on est toujours là en fait.