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  • Groupe : Sidilarsen
  • Album : Dancefloor Bastards
  • Sortie : Avril 2016
  • Label : Verycords
  • Style : Electro Rock
  • Site Web : www
  • Note : 17.5/20

 


Dancefloor Bastards est le 6ème album des Toulousains de Sidilarsen que j’ai découvert avec l’album Machine Rouge, auquel j’avais de suite accroché (j’ai depuis approché mes oreilles des albums antérieurs). Je peux aussi avouer que je n’ai pas chroniqué Chatterbox qui n’a pas quitté ma voiture depuis sa sortie. Il faudrait… Oui il faudrait…

 

Pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de croiser ce groupe et de l’intégrer à leur culture musicale, on peut préciser qu’il s’agit d’un groupe engagé qui propose des paroles rentre-dedans in French, of course, mais aussi en Anglais, s’il vous plait !!  Que du bon sur des touches Electro, rock, indus… Et ouais !

Dancefloor Bastards, est un album qui dégomme avec des titres prenants et pénétrants, qui font réfléchir… Qui a dit que les musiciens n’étaient pas de grands philosophes de la vie et qu’ils n’arrivaient pas à porter de regards critique sur le monde ? Car, au contraire de nos grands politiciens, ils ont du vécu et une vision de l’humanité plus proche de la notre que celle de ces grands hommes. On arrive à reconnaitre nos idées dans les leurs. Merci les gars.

Et au delà des paroles ? Et bien au delà, Sidilarsen balance, Sidilarsen envoi du lourd musicalement et navigue d’un style à un autre avec fluidité et ne sera pas surpris de dansoter, de jumper ou de s’attendrir… tout en chantant, criant, hurlant les paroles des 13 titres… Et ouais, Sidilarsen nous amène à faire tout ça.

 

Chacun sera attiré par un titre ou un autre. Perso, je pourrais écouter « Religare » en boucle. J’aime le sens des paroles et la mélodie proposée. Je suis sure qu’en live ça doit être bon. J’imagine le public répondre au groupe (« Everywhere, everyone, everybody…« ). « Le jour Médian » est un autre coup de cœur qui porte un œil critique sur notre société où on est tous hyper speedés… Pas le temps de rien… « Go Fast » retient l’attention de par son originalité. Écoutez bien les paroles de « Guerres à Vendre« .

Il n’y a rien à jeter ici. Sidilarsen arrive à nous emmener dans son monde empli de revendications, mais bordel que c’est bon. Ils ont tout compris, ils savent…

Sidilarsen a su s’inscrire et laisser son empreinte, non pas sur le « Wall of Shame« , sur la scène française. C’est un excellent groupe qui sait retenir l’attention. A découvrir d’urgence et pour les axonais, sachez qu’ils seront aux Vers Solidaires en Aout à St Gobain !

 


Tracklist :

  1. Spread It
  2. Dancefloor Bastards
  3. Frapper la terre
  4. Go Fast
  5. Guerres à vendre
  6. Le jour médian
  7. Walls Of Shame
  8. Méditerranée damnée
  9. Religare
  10. Sois mon rêve
  11. Au maximum
  12. I Feel Fine
  13. 1976

Salut, comment tu vas ?

Ca va et toi ?

Ça va bien ! On va parler du dernier album, nommé Chapitre VI ; premièrement, pourquoi l’illustration de cet album est-elle si sobre en comparaison aux précédentes ?

C’était une volonté de notre part. Quand tu livres un contenu imagé, c’est souvent représentatif du contenu de l’album. Musicalement il y a un fil conducteur et l’image est souvent représentative de tout ça, de ce que tu donnes musicalement ou dans les textes. Et là on avait envie de revenir avec quelque chose de très sobre, tout simplement parce que l’album n’est pas conceptuel comme certains des précédents qui l’étaient. Là c’était quelque chose de plus neutre en fait, ça se ressentait plus comme un constat d’urgence, c’était plus impulsif. Nous dans le groupe on se dit souvent que l’album qu’on préfère c’est Chapitre II Révérence qui était aussi sobre, la pochette noire et EDC en blanc, c’était voulu comme ça. Et ensuite on développe dans le livret. Et là c’est clairement dans ce sens-là pour le dernier album, on a voulu quelque chose de très sobre avec notre nom encadré et des petites dorures, ce n’est vraiment pas par manque d’inspiration ; c’était vraiment dans le but de faire ressortir le contenu, la musique avant tout. On ne voulait pas être influencé ou que les gens soient influencés par une image, là y a pas un mec mort dans la rue comme on a pu faire ou un bateau dans une tempête, voilà c’est L’esprit Du Clan, c’est juste nous. Et après y a plus qu’à écouter la musique quoi !

Je trouve les titres des morceaux vraiment très recherchés et même très beaux, d’où viennent-ils ?

Le chanteur serait plus à même de répondre mais moi ce que je sais, c’est qu’on s’est toujours creusés pour les titres. Il y a toujours eu beaucoup de sens, et une certaine réflexion à cela. Selon le ton général de nos albums, ça dépend de si tu parles à la première personne ou à la troisième, ça dépend du ton donné, et là justement on voulait quelque chose de beaucoup plus imagé pour le coup, quelque chose de métaphorique. Comme des poèmes en fait tu vois. Il y a eu une grosse période poète ces dernières années et ça se ressent dans les titres je pense.

Quelles ont été vos principales sources d’inspiration pour ce Chapitre VI ? Vous avez été influencés par des groupes en particulier ?

Non non pas spécialement parce que Chamka et moi qui composons beaucoup, on a vraiment lâché le metal pendant les quatre ans où on s’est arrêté, on est vraiment passé à autre chose musicalement parlant – bon on a toujours écouté beaucoup de styles différents évidemment – mais quand tu es dedans et que tu joues souvent, forcément tu te tiens un peu à la page tu vois. Et moi j’ai toujours été amateur de metal, j’aime bien voir l’évolution du style en général, mais je t’avoue que j’ai complètement lâché. Et donc, je suis revenu avec aucune influence directe. Et c’était ça qui était intéressant, le fait d’arriver un peu neutre là-dedans. Et c’est un peu lié avec la pochette, entre autres. Je crois que ce qui a parlé c’est plus ce qu’on avait envie de donner, ce qu’on avait à l’intérieur, peut être plutôt un ressenti de chanteur pour le coup, en tant que musicien que clairement influencé inconsciemment par des trucs que tu écoutes régulièrement.

Est-ce que certaines causes vous ont tenues à cœur pour l’écriture de cet album ?

C’est compliqué, ça peut varier d’un mec à l’autre du groupe, mais en général même si c’est métaphorique et dit différemment, on est toujours dans le même constat d’échec finalement. Par rapport à la nature humaine évidemment, ce n’est pas joyeux, on reste dans le message sombre qu’on a toujours véhiculé. Bon quand t’as 20 ans tu as envie de tout changer, de tout niquer et tu le cris à tort et à travers, alors quelque part il faut passer par là, mais après avec les années qui passent, la vie qui évolue et la maturité, je pense que tu gardes un peu plus ça pour toi. Enfin en tout cas, tu essayes de le faire passer différemment. Mais finalement le constat est toujours le même, l’âge nous sert de force d’une certaine manière. Après je pense que ça se ressent différemment suivant le vécu de chacun et les influences de chacun. Et si notre message parle et touche du monde pour différents sujets, c’est que quelque part on a gagné, d’une certaine manière ça fait de nous un haut-parleur pour tout le monde. Et que ce soit pour quelqu’un qui politiquement a énormément d’idées ou quelqu’un qui a perdu son chien, ça peut toucher tout le monde, peut être simplement d’une manière différente.

Pendant combien de temps avez-vous travaillé sur cet album ?

Alors ça a été très rapide. On a commencé en septembre et les maquettes étaient terminées fin novembre. On a été vraiment à l’essentiel, c’est-à-dire qu’on se voyait une fois par semaine avec Chamka et Arsène, on enregistrait sur ordinateur comme on a souvent fait mais on le faisait à trois et pas chacun de notre côté, et du coup ça a été très vite. On avait vraiment la volonté de garder ce qui venait tu vois. Dans un souci d’intégrité encore plus renforcé par le fait qu’on s’était arrêté, le but était de garder l’impulsion, le constat d’urgence. Ça a bien roulé et on a rien jeté finalement. On faisait un morceau, on en était fiers, Arsène commençait à écrire les paroles directement et voilà, ça s’est fait comme ça. La question par rapport à la globalité de l’album était plus de savoir si on devait en enlever ou en rajouter. Mais il n’y a pas eu d’éternelle discussion sur tel ou tel passage comme ça a pu être le cas par le passé, mais ça c’est parce que c’est nous qui le voulions aussi. En bref, ça a été rapide.

Pourquoi est-ce important pour EDC que les textes soient en français ?

En fait ça a toujours été comme ça, et après c’est devenu notre marque de fabrique en fait quelque part, on ne peut pas se mentir, après t’es tributaire de ça, ça colle à ton image. Si le prochain album on le fait en anglais ça passera pas. Je veux dire, on ne peut pas maintenant. Ce ne serait même pas prit comme une volonté artistique, là on perd direct 95% des gens qui nous suivent. Pour revenir à ta question, en fait au début il n’y avait même pas une envie de faire autre chose, on voulait de suite le français. On voulait aussi créer un style d’une certaine manière. On empruntait au hardcore, mais dans nos méthodes de promotion dans les débuts on voulait vraiment se différencier. On était vraiment marginaux dans le hardcore si tu veux, on voulait avoir notre propre pâte. Nous on vient vraiment d’un milieu urbain, on adore la culture urbaine, ça fait partie de notre ADN, et tout ça, toutes ces envies passaient par le chant en français, et c’est resté. Je ne sais pas si c’est par souci d’intégrité ou autre chose, mais c’est simplement le groupe quoi, EDC sans le chant en français ça marche pas, peu importe les messages qui ont été délivrés dans les albums, c’est notre truc et ça nous rend unique. Après dans certains albums il y a eu quelques passages en anglais aussi, mais c’est plus comme un essai de style. Il y a eu un peu d’espagnol aussi, c’était histoire d’arrondir les angles car ces deux langues sont moins tranchantes que le français je trouve. Moi je défends le français à mort, d’une part car c’est ce qui a créé notre fan-base et c’est ce qui nous unit, et d’autres part pour les sonorités, le français est comme je le disais très tranchant, ça a beaucoup d’impact je trouve, ça marche bien avec le metal.

Dans le morceau « Céleste », vous parlez d’avenir, de suivre son chemin, est-ce que le message est ciblé ?

Non en fait je pense que c’est assez généraliste. Bien sûr c’est ciblé pour une certaine génération car tu ne peux pas parler d’avenir à quelqu’un qui a 80 ans et qui a déjà bien vécu. Non pas parce que c’est mort ou qu’il n’a pas d’ambition attention, car je pars du principe que tant que la santé le permet on peut tout faire à tout âge. Et je crois que ce serait limite prétentieux de notre part à 35 – 40 ans de venir parler de ça a des gens qui ont beaucoup plus vécu que nous. Je pense pour le coup que le message de ce morceau se fait un peu porte-parole de certaines générations plus jeunes que nous. Il y a un message d’espoir, de simplicité pour une génération qui peut peut-être être un peu noyée en ce moment. Tu ne grandis pas avec les mêmes éléments quand tu nais en 2000 que quand tu nais en 1980, il y a beaucoup de progrès mais ce progrès n’est en même temps pas forcément synonyme de réussite. Tu peux progresser en bien ou en mal, évoluer en bien ou en mal, ce n’est pas que du positif.

Dans « Hymne Au Silence », quand vous dites « il est urgent de se taire, la foule est meurtrière », qu’est-ce que ça signifie ? Ce n’est plus vraiment le même message d’espoir on dirait !

Ah là oui ce n’est pas pareil. Je pense que tu constates un petit peu la banalisation et même l’instrumentalisation de la violence, l’abondance de celle-ci aussi d’ailleurs … Voilà, quand je te parlais d’évolution ou de progrès négatif, c’est à ce genre de choses que je pensais ! C’est un problème majeur de notre époque. La facilité, c’est que tout le monde ait accès aux médias, que tout le monde puisse faire son propre constat, c’est une forme de progrès. Mais en même temps comme je le disais, il y a aussi une instrumentalisation de tout ça. Certes il y a toujours eu de la violence et des conflits, mais aujourd’hui c’est différent car quand quelque chose comme ça se produit, tu le sais tout de suite et tu n’es pas préservé. Je crois que la violence appelle la violence, sous n’importe quelle forme, c’est vieux comme le monde. Et quand tu prends un peu de recul, tu te dis que quelque part il vaut peut-être mieux être berné … Donc oui, il est urgent de se taire ça résume bien la situation.

Paris est mis en lumière dans « Rat Des Villes », y-a-t-il une raison particulière à ce choix de thème ?

C’est de là qu’on vient, on est Parisiens on a grandi là, c’est là qu’on a évolué, et on a toujours plus ou moins rendu hommage à Paris dans nos titres en fait. C’est vrai qu’on en faisait pas une chanson, mais il y a toujours eu une petite phrase par-ci par-là sur Paris dans d’autres titres. Puis nos clips ont été tournés dans cette ville aussi. On est très attachés à notre ville, au patrimoine de notre ville, et ça nous rappelle aussi des rencontres qu’on a pu faire également. On était bons fêtards dont on sortait beaucoup, on a souvent arpenté les rues de Paris à toute heure, on trouvait ça marrant de voir Paris sous tous ses aspects. C’était notre manière de rendre hommage à cette belle ville. Alors il ne faut pas y voir du chauvinisme ou quoi que ce soit, c’est vrai en province on est souvent mal vu car il y a un certain élitisme à Paris qui existe réellement, mais ce qui est paradoxal c’est que la plupart des gens qui sont à Paris, bobos, hipsters ou ce que tu veux, sont des gens qui viennent de province. Et non tout simplement on a choisi ce thème parce que cette ville est belle, j’aime cette ville, j’aime son architecture, voilà c’est comme ça.

Et pourquoi l’avoir appelée « Rat Des Villes » alors ?

Ça c’est un peu comme dans le hip-hop on va dire, c’est le côté punchline. C’est très imagé, ça représente les mecs qui traînent un peu tard dans les rues tu vois ! On a souvent des espèces de comparaisons avec le hip-hop, non pas dans notre musique mais surtout dans nos attitudes, et c’est vrai que ça s’en est une clairement. J’adore la provoc, enfin on adore, on aime tout ce qui est punchline aussi. C’était une espèce de métaphore en fait, il y a des rats dans les villes, on est des rats dans Paris.

Comment décrirais-tu l’album en quelques mots ?

Je pense que c’est un album essentiel dans notre parcours déjà. J’en suis très fier et ça me fait du bien de ressentir ça après plusieurs années d’absence. Je trouve qu’il est revendicatif de par sa complexité lyrique, et c’est une nouvelle approche si tu veux, c’est moins franc du collier, il y a eu beaucoup de recherche dans les textes. Et cet aspect métaphorique est intéressant parce que cet album est réaliste je crois. Pour donner des adjectifs en tout cas, je dirai oui qu’il est réaliste, qu’il n’est ni prétentieux ni présomptueux, il est terre à terre et il est propre à notre époque, revendicatif, et aussi sombre, comme d’habitude. Et surtout, il est très représentatif de EDC, les chapitres tu vois ce n’est pas pour rien, parce que ça reflète nos vies à chaque fois, selon les déceptions qu’on a eu ou les joies. Il est assez représentatif de ce qu’on a ressenti au moment où on a voulu le faire. Après ce qui est difficile c’est qu’il vient de sortir donc on a des retours, mais on en a encore que trop peu, et on n’a pas encore assez défendu l’album sur scène pour pouvoir trouver une espèce de fil conducteur. Et nous on avait la tête dans le guidon car comme je t’ai dit tout à l’heure tout est allé très vite, donc c’est difficile d’en parler. Mais en tout cas je suis en totale adéquation avec l’album, honnêtement. Je suis en accord avec. Pour te donner un exemple, à titre personnel, ça n’a pas été le cas avec le précédent. Tout simplement parce que pour moi c’était l’album qui annonçait notre pause, et c’était quelque part l’album deadline en fait, l’album compte à rebours. Donc je le vois un peu comme la bête noire l’album précédent. Et pour moi c’est un peu mon album maudit car même à partir de la composition c’était particulier. Par contre là non je ne peux pas te dire mieux qu’il me fait penser vraiment que ce soit le climat de notre groupe, les titres, les chants, le contenu de l’album etc. on ressent ce qu’on a ressenti sur Révérence en 2005.

Quels sont les prochains objectifs d’EDC ? Si l’album est si excellent, qu’est-ce que vous comptez faire après ?

Là déjà l’objectif c’est de tourner, on espère aller dans des pays dans lesquels on n’a encore jamais joué comme le Japon par exemple. On a eu la chance déjà pour un groupe français qui chante en français d’aller pas mal à l’étranger dans des pays qui ne sont absolument pas francophones, ce qui est plutôt rare. Mais bon, l’objectif premier là c’est de profiter avant tout, de profiter de notre album, de tourner un maximum. Puis comme je t’ai dit, on est très intéressé par le Japon. Tu vois on a fait pas mal de pays, il y en a qu’on aimerait refaire comme les pays de l’Est notamment la Pologne, c’était très cool, mais le Japon serait une vraie étape pour le groupe je crois. Surtout quand on sait à quel point ils aiment ce qui vient de l’occident.