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ethsankaacd

  • Groupe : Eths
  • Album : Ankaa
  • Sortie : Avril 2016
  • Label : Season Of Mist
  • Style : Metal alternatif, Death mélodique, Groove
  • Site Web : www
  • Note : 15/20

 


Oh surprise, nous n’avons jamais chroniqué de Eths sur Magic Fire Music… Faut dire qu’au MFM castle on est pas vraiment fan… on était… Car en effet, l’arrivée de Rachel en 2013 a apporté un souffle nouveau. Je trouve que le groupe s’est modernisé et a gagné en maturité. La puissance est toujours présente avec en sus une grande richesse musicale et vocale…

Le Phoenix renait de ses cendres, plus éclatant et plus fort… En effet, Ankaa, est l’étoile la plus brillante de la constellation du Phoenix. Un retour musical fracassant qui retient l’attention et fait comprendre aux détracteurs annonçant la mort du groupe avec le départ de Candice (qui avait je dois en convenir une vraie signature vocale), que non, Eths est de retour plus ardent que jamais.

Je vais pas blablater sur les riffs et les soli. On le fait bien assez tout le temps et cela n’apporte pas grand chose si l’on a pas écouté l’album. On peut parler du mélange des genres qui est ici très présent. On se complait à passer d’un style à un autre et on s’étonne que tout s’imbrique aussi joliment, et on oscille dans des contrées électro, orientale (avec la participation de Sarah Layssac), groove… Côté chant, c’est tantôt lourd et gras, tantôt léger et aérien. Une opposition que l’on ne peut que apprécier. Musicalement on est aussi un peu dans le même trip, « Seditio » en est un bon exemple. Les lignes de piano y sont magnifiques et se marient superbement avec les passages plus mordants.

Ankaa, est un bon album. Dès les premières notes on entre dans une ambiance sibylline, mystérieuse, un peu ésotérique parfois, on laisse le malaise s’installer avec plaisir. L’atmosphère est parfois pesante, mais c’est un délice que de se laisse happer par les notes qui défilent et s’enchainent, tantôt violentes, tantôt doucereuses comme sur l’excellent « Nixi Dii« . J’adore le passage en chant clair, semi parlé, et très éthéré. C’est de toute beauté. « HAR1 » offre une nouvelle vision avec un chant plus masculin. C’est un titre excellent à côté duquel il ne faut pas passer.

Ankaa, est un album monstrueux mais très accessible. L’alternance de passages extrêmes et caressants est délicieux. Même le côté un peu plus hardcore n’est pas réellement dérangeant, même si je ne suis pas fan du genre. Le reste nous le fait vite oublier et on ne peut que se repaître de cet album écoutes après écoutes.

Pour sur je verrais Eths d’un autre œil désormais et je vais enfin pouvoir m’intéresser à leur avenir…


Tracklist :

01. Nefas
02. Nihil Sine Causa
03. Amaterasu
04. Seditio
05. Nixi Dii
06. Vae Victis
07. HAR1
08. Sekhet Aaru
09. Kumari Kandam
10. Alnitak
11. Alnilam
12. Mintaka

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  • Groupe : Sixx A.M.
  • Album : Prayers for the Damned Vol 1
  • Sortie : Avril 2016
  • Label : Eleven Seven Music
  • Style : Hard Rock
  • Site Web : www
  • Note : 19/20

Vous l’avez sans doute aussi vécu, c’est certain même. Vous écoutez des groupes et leurs albums, ils sont, vous prenez du plaisir à les écouter. Et puis il y a des groupes qui ne vous parlent pas plus que ça, mais qui vous titillent tout de même les esgourdes parce que tout le monde n’en dit que du bien. Et arrive le jour où tu te lance et … Où tu prends ta claque et tu regrettes de n’avoir jamais posé une seule oreille sur un seul de ses albums. J’avoue cela m’arrive assez souvent, faute de temps, je dois malheureusement esquiver pas mal de sortie, faire des choix. Et voilà que je découvre Sixx A.M. et son putain d’album Prayers for the Damned !

Forcement je connais le père Nikki Sixx et sa formation, son histoire aussi avec Motley Crue, mais je n’avais encore jamais tenté l’aventure Sixx A.M..
Il faut bien se lancer d’autant que l’album est à chroniquer !

Prayers for the Damned est certainement l’un de mes disques de l’année. En matière de Hard Rock en tout cas. C’est un missile plus puissant encore que Nordic Union pourtant déjà dévastateur. D’ailleurs le Hard rock que propose Sixx A.M. n’est pas sans rappeler la verve et le tonus d’un disque signé Erik Mårtensson en occurrence Eclipse.
Le titre d’ouverture « Rise » m’a convaincu immédiatement. Une telle puissance, une telle maîtrise, quelle claque ! Le trio sait comment s’adresser au public pour qu’il accroche dès les premières secondes. Sincèrement il n’y a rien à critiquer de façon négative, c’est absolument parfait. De plus la production bodybuildé renforce l’impact du morceau. Au passage je découvre le talent vocal de James Michael, une véritable pépite. Les claques continueront tout le long de l’album.
En passant rapidement sur la plus part d’entre-elles je citerai le deuxième morceau, « You Have Come to the Right Place » une composition puissante au refrain entêtant, vraiment entêtant… « I’m Sick » une tuerie Hard/Metal finissant par un solo de feu, le titre éponyme ensuite, à la mélodie lancinante dont on tombe amoureux en 2 secondes chrono. Le chant de James est lui aussi incroyable, telle une caresse douce et chaude. Le titre est musclé, mais la mélodie apaise le tout et rend au passage la composition une véritable bombe radiophonique. Ce n’est pas terminé ! Puisqu’arrive ensuite « Better Man » qui je dois l’avouer me pourri mes journées depuis un petit moment étant donné que je n’arrive pas à effacer le refrain de ma tête. Un titre à la fois hypnotique, lancinant, percutant, admirable. C’est un joyau, une power ballade comme les groupes années 80 savaient en faire et qui malheureusement se fait de plus en plus rare.
« Can’t Stop » surprendra par sa rythmique martiale et par ses petits effets façon violon du plus bel effet. Un peu plus, on remet ça avec un trio d’enfer pour le final. « Everything Want Hell » et son refrain puissant, « The Last Time » -monstrueux en tout point ensuite et enfin, « Rise of the Melancholy Empire ». Ce que l’on croit être une ballade n’en est bien évidemment pas une et le début cache bien son jeu pour une composition dans un style proche de Muse en version V12. James est admirable de justesse. La mélodie très aérienne confère encore au titre une mélancolie unique alors que le riff est pourtant massif sur le refrain. C’est un énième joyaux.

L’album est terminé, enfin, pas tout à fait, puisque je le réécoute en boucle depuis 2-3 semaines environ, sans rien découvrir ou écouter d’autre… Pathétique ? Pas sur, car vous n’avez qu’à vous aussi y jeter une oreille (les deux même) et puis on verra bien si vous arrivez à vous en séparer !
En tout cas, j’attends avec grande impatience le vol 2 qui si tout va bien devrait paraître lui aussi en 2016.

Ok, il n’a pas 20/20 pourtant il le mérite, mais certains me critiqueront sur le fait que la perfection n’existe pas. Alors je leur répondrai…
Pourtant une note c’est tellement subjectif et personnelle, donnée à un Instant T. De plus le 10/10 ou le 20/20 ne signifient pas forcement que le disque soit sans faute ! Cela signifie juste qu’on reparlera dans 20 ans ou même plus. Et je crois personnellement que ce vol 1 de Prayers for the Damned sera l’un d’eux. 


Tracklist:
01. « Rise »
02. « You Have Come to the Right Place »
03. « I’m Sick »
04. « Prayers for the Damned »
05. « Better Man »
06. « Can’t Stop »
07. « When We Were Gods »
08. « Belly of the Beast »
09. « Everything Went to Hell »
10. « The Last Time (My Heart Will Hit the Ground) »
11. « Rise of the Melancholy Empire »

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  • Groupe : Eldritch
  • Album : Underlying Issues
  • Sortie : Mai 2015
  • Label : Scarlet Records
  • Style : Heavy / Metal Progressif
  • Site Web : www
  • Note : 15.5/20

 


Chaque sortie d’album du combo Italien est toujours très attendue par Groleg et moi-même. Ce Underlying Issues n’échappe évidemment pas à la règle. Testing the Tears avait été de très bonne facture, comme de coutume pourrait-on dire et donc il y avait très peu de chance que l’équipe de Terence Holler se loupe.
Résultat Underlying Issues s’avère être simplement l’un des meilleurs albums de cette première moitié d’année 2015. Rien d’original en provenance de ces nouvelles compositions, puisque les amateurs du groupe seront en terrain connu, mais il est bon tout de même de remarquer qu’elles sont toutes d’un très haut niveau. Je trouve que la plupart des morceaux sont parmi les meilleurs jamais composés par Terence et sa bande. Déjà lorsque l’on se prend « Changing Blood » dans les esgourdes on sait que l’on va passer un bon moment. Aussi faut-il apprécier le chant très particulier de Terence. Le titre est très Heavy, mais les mélodies sont très présentes de part la voix mais aussi par le clavier et la guitare. Eugene Simone et Rudj Ginanneschi sont carrément inspirés, comme sur le reste de l’album d’ailleurs. « Danger Zone » est une deuxième claque dans la gueule. Le truc c’est qu’il y en a beaucoup sur Underlying Issues et au final, on ne va pas s’en plaindre. Quel solo !!!

Comme je le disais plus haut, Eldritch propose un disque de Eldritch sans aucune surprise, mais fait ce qu’il sait faire et à l’écoute d’un tube tel que « Broken » personne ne pourra reprocher aux Italiens de continuer avec un style qui fonctionne. Riffs massifs, percussions puissantes, refrain efficace et solo une fois de plus bien ciselé. Pourquoi changer une recette qui marche ? Je vous le demande. Eldritch est le seul à fait ça et temps qu’il le fera bien, personne n’ira bloquer des raffineries de pétrole.
« The Light » accélère le tempo, le rythme se fait plus rentre dedans, avec toujours ces riffs hachés mais puissants. Simple mais efficace. On flirte avec le Heavy/Thrash par moment. Les samples sont presque électro, ils sont discrets, peut-être un peu trop, mais c’est juste histoire de trouver un cheveu dans la mayonnaise. Terence est un fin compositeur et ce titre le prouve, avec ce break inattendu pour placer le solo.
Enfin, l’album se termine sur un titre réellement Thrash en provenance directe d’un album de Annihilator. Que diable ont-ils mangé pour proposer un tel titre ? S’il n’y a pas la noirceur de Neigbourhell il y a au moins la rage.

A ce titre, il semble que Terence voit désormais la vie de façon moins sombre que ces dernière années. L’album n’a pas cette ambiance malsaine que pouvait proposer des album comme Neigbourhell que l’on vient de citer, Blackenday ou bien encore Taisting the Tears.

Underlying Issues est donc un excellent album de Eldritch, on s’en doutait un petit peu il faut bien l’avouer.
Dans la droite ligné des précédents, il ne pouvait en être autrement.
Sur ce, bonne continuation !


Tracklist:
01. Changing Blood
02. Danger Zone
03. Broken
04. All And More
05. The Face I Wear
06.To The Moon And Back
07. Bringers Of Hate
08. The Light
09. Piece Of Clarity
10. Before I Die
11. Slowmotion K Us

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  • Groupe : Sidilarsen
  • Album : Dancefloor Bastards
  • Sortie : Avril 2016
  • Label : Verycords
  • Style : Electro Rock
  • Site Web : www
  • Note : 17.5/20

 


Dancefloor Bastards est le 6ème album des Toulousains de Sidilarsen que j’ai découvert avec l’album Machine Rouge, auquel j’avais de suite accroché (j’ai depuis approché mes oreilles des albums antérieurs). Je peux aussi avouer que je n’ai pas chroniqué Chatterbox qui n’a pas quitté ma voiture depuis sa sortie. Il faudrait… Oui il faudrait…

 

Pour ceux qui n’ont pas encore eu la chance de croiser ce groupe et de l’intégrer à leur culture musicale, on peut préciser qu’il s’agit d’un groupe engagé qui propose des paroles rentre-dedans in French, of course, mais aussi en Anglais, s’il vous plait !!  Que du bon sur des touches Electro, rock, indus… Et ouais !

Dancefloor Bastards, est un album qui dégomme avec des titres prenants et pénétrants, qui font réfléchir… Qui a dit que les musiciens n’étaient pas de grands philosophes de la vie et qu’ils n’arrivaient pas à porter de regards critique sur le monde ? Car, au contraire de nos grands politiciens, ils ont du vécu et une vision de l’humanité plus proche de la notre que celle de ces grands hommes. On arrive à reconnaitre nos idées dans les leurs. Merci les gars.

Et au delà des paroles ? Et bien au delà, Sidilarsen balance, Sidilarsen envoi du lourd musicalement et navigue d’un style à un autre avec fluidité et ne sera pas surpris de dansoter, de jumper ou de s’attendrir… tout en chantant, criant, hurlant les paroles des 13 titres… Et ouais, Sidilarsen nous amène à faire tout ça.

 

Chacun sera attiré par un titre ou un autre. Perso, je pourrais écouter « Religare » en boucle. J’aime le sens des paroles et la mélodie proposée. Je suis sure qu’en live ça doit être bon. J’imagine le public répondre au groupe (« Everywhere, everyone, everybody…« ). « Le jour Médian » est un autre coup de cœur qui porte un œil critique sur notre société où on est tous hyper speedés… Pas le temps de rien… « Go Fast » retient l’attention de par son originalité. Écoutez bien les paroles de « Guerres à Vendre« .

Il n’y a rien à jeter ici. Sidilarsen arrive à nous emmener dans son monde empli de revendications, mais bordel que c’est bon. Ils ont tout compris, ils savent…

Sidilarsen a su s’inscrire et laisser son empreinte, non pas sur le « Wall of Shame« , sur la scène française. C’est un excellent groupe qui sait retenir l’attention. A découvrir d’urgence et pour les axonais, sachez qu’ils seront aux Vers Solidaires en Aout à St Gobain !

 


Tracklist :

  1. Spread It
  2. Dancefloor Bastards
  3. Frapper la terre
  4. Go Fast
  5. Guerres à vendre
  6. Le jour médian
  7. Walls Of Shame
  8. Méditerranée damnée
  9. Religare
  10. Sois mon rêve
  11. Au maximum
  12. I Feel Fine
  13. 1976

Salut, comment tu vas ?

Ca va et toi ?

Ça va bien ! On va parler du dernier album, nommé Chapitre VI ; premièrement, pourquoi l’illustration de cet album est-elle si sobre en comparaison aux précédentes ?

C’était une volonté de notre part. Quand tu livres un contenu imagé, c’est souvent représentatif du contenu de l’album. Musicalement il y a un fil conducteur et l’image est souvent représentative de tout ça, de ce que tu donnes musicalement ou dans les textes. Et là on avait envie de revenir avec quelque chose de très sobre, tout simplement parce que l’album n’est pas conceptuel comme certains des précédents qui l’étaient. Là c’était quelque chose de plus neutre en fait, ça se ressentait plus comme un constat d’urgence, c’était plus impulsif. Nous dans le groupe on se dit souvent que l’album qu’on préfère c’est Chapitre II Révérence qui était aussi sobre, la pochette noire et EDC en blanc, c’était voulu comme ça. Et ensuite on développe dans le livret. Et là c’est clairement dans ce sens-là pour le dernier album, on a voulu quelque chose de très sobre avec notre nom encadré et des petites dorures, ce n’est vraiment pas par manque d’inspiration ; c’était vraiment dans le but de faire ressortir le contenu, la musique avant tout. On ne voulait pas être influencé ou que les gens soient influencés par une image, là y a pas un mec mort dans la rue comme on a pu faire ou un bateau dans une tempête, voilà c’est L’esprit Du Clan, c’est juste nous. Et après y a plus qu’à écouter la musique quoi !

Je trouve les titres des morceaux vraiment très recherchés et même très beaux, d’où viennent-ils ?

Le chanteur serait plus à même de répondre mais moi ce que je sais, c’est qu’on s’est toujours creusés pour les titres. Il y a toujours eu beaucoup de sens, et une certaine réflexion à cela. Selon le ton général de nos albums, ça dépend de si tu parles à la première personne ou à la troisième, ça dépend du ton donné, et là justement on voulait quelque chose de beaucoup plus imagé pour le coup, quelque chose de métaphorique. Comme des poèmes en fait tu vois. Il y a eu une grosse période poète ces dernières années et ça se ressent dans les titres je pense.

Quelles ont été vos principales sources d’inspiration pour ce Chapitre VI ? Vous avez été influencés par des groupes en particulier ?

Non non pas spécialement parce que Chamka et moi qui composons beaucoup, on a vraiment lâché le metal pendant les quatre ans où on s’est arrêté, on est vraiment passé à autre chose musicalement parlant – bon on a toujours écouté beaucoup de styles différents évidemment – mais quand tu es dedans et que tu joues souvent, forcément tu te tiens un peu à la page tu vois. Et moi j’ai toujours été amateur de metal, j’aime bien voir l’évolution du style en général, mais je t’avoue que j’ai complètement lâché. Et donc, je suis revenu avec aucune influence directe. Et c’était ça qui était intéressant, le fait d’arriver un peu neutre là-dedans. Et c’est un peu lié avec la pochette, entre autres. Je crois que ce qui a parlé c’est plus ce qu’on avait envie de donner, ce qu’on avait à l’intérieur, peut être plutôt un ressenti de chanteur pour le coup, en tant que musicien que clairement influencé inconsciemment par des trucs que tu écoutes régulièrement.

Est-ce que certaines causes vous ont tenues à cœur pour l’écriture de cet album ?

C’est compliqué, ça peut varier d’un mec à l’autre du groupe, mais en général même si c’est métaphorique et dit différemment, on est toujours dans le même constat d’échec finalement. Par rapport à la nature humaine évidemment, ce n’est pas joyeux, on reste dans le message sombre qu’on a toujours véhiculé. Bon quand t’as 20 ans tu as envie de tout changer, de tout niquer et tu le cris à tort et à travers, alors quelque part il faut passer par là, mais après avec les années qui passent, la vie qui évolue et la maturité, je pense que tu gardes un peu plus ça pour toi. Enfin en tout cas, tu essayes de le faire passer différemment. Mais finalement le constat est toujours le même, l’âge nous sert de force d’une certaine manière. Après je pense que ça se ressent différemment suivant le vécu de chacun et les influences de chacun. Et si notre message parle et touche du monde pour différents sujets, c’est que quelque part on a gagné, d’une certaine manière ça fait de nous un haut-parleur pour tout le monde. Et que ce soit pour quelqu’un qui politiquement a énormément d’idées ou quelqu’un qui a perdu son chien, ça peut toucher tout le monde, peut être simplement d’une manière différente.

Pendant combien de temps avez-vous travaillé sur cet album ?

Alors ça a été très rapide. On a commencé en septembre et les maquettes étaient terminées fin novembre. On a été vraiment à l’essentiel, c’est-à-dire qu’on se voyait une fois par semaine avec Chamka et Arsène, on enregistrait sur ordinateur comme on a souvent fait mais on le faisait à trois et pas chacun de notre côté, et du coup ça a été très vite. On avait vraiment la volonté de garder ce qui venait tu vois. Dans un souci d’intégrité encore plus renforcé par le fait qu’on s’était arrêté, le but était de garder l’impulsion, le constat d’urgence. Ça a bien roulé et on a rien jeté finalement. On faisait un morceau, on en était fiers, Arsène commençait à écrire les paroles directement et voilà, ça s’est fait comme ça. La question par rapport à la globalité de l’album était plus de savoir si on devait en enlever ou en rajouter. Mais il n’y a pas eu d’éternelle discussion sur tel ou tel passage comme ça a pu être le cas par le passé, mais ça c’est parce que c’est nous qui le voulions aussi. En bref, ça a été rapide.

Pourquoi est-ce important pour EDC que les textes soient en français ?

En fait ça a toujours été comme ça, et après c’est devenu notre marque de fabrique en fait quelque part, on ne peut pas se mentir, après t’es tributaire de ça, ça colle à ton image. Si le prochain album on le fait en anglais ça passera pas. Je veux dire, on ne peut pas maintenant. Ce ne serait même pas prit comme une volonté artistique, là on perd direct 95% des gens qui nous suivent. Pour revenir à ta question, en fait au début il n’y avait même pas une envie de faire autre chose, on voulait de suite le français. On voulait aussi créer un style d’une certaine manière. On empruntait au hardcore, mais dans nos méthodes de promotion dans les débuts on voulait vraiment se différencier. On était vraiment marginaux dans le hardcore si tu veux, on voulait avoir notre propre pâte. Nous on vient vraiment d’un milieu urbain, on adore la culture urbaine, ça fait partie de notre ADN, et tout ça, toutes ces envies passaient par le chant en français, et c’est resté. Je ne sais pas si c’est par souci d’intégrité ou autre chose, mais c’est simplement le groupe quoi, EDC sans le chant en français ça marche pas, peu importe les messages qui ont été délivrés dans les albums, c’est notre truc et ça nous rend unique. Après dans certains albums il y a eu quelques passages en anglais aussi, mais c’est plus comme un essai de style. Il y a eu un peu d’espagnol aussi, c’était histoire d’arrondir les angles car ces deux langues sont moins tranchantes que le français je trouve. Moi je défends le français à mort, d’une part car c’est ce qui a créé notre fan-base et c’est ce qui nous unit, et d’autres part pour les sonorités, le français est comme je le disais très tranchant, ça a beaucoup d’impact je trouve, ça marche bien avec le metal.

Dans le morceau « Céleste », vous parlez d’avenir, de suivre son chemin, est-ce que le message est ciblé ?

Non en fait je pense que c’est assez généraliste. Bien sûr c’est ciblé pour une certaine génération car tu ne peux pas parler d’avenir à quelqu’un qui a 80 ans et qui a déjà bien vécu. Non pas parce que c’est mort ou qu’il n’a pas d’ambition attention, car je pars du principe que tant que la santé le permet on peut tout faire à tout âge. Et je crois que ce serait limite prétentieux de notre part à 35 – 40 ans de venir parler de ça a des gens qui ont beaucoup plus vécu que nous. Je pense pour le coup que le message de ce morceau se fait un peu porte-parole de certaines générations plus jeunes que nous. Il y a un message d’espoir, de simplicité pour une génération qui peut peut-être être un peu noyée en ce moment. Tu ne grandis pas avec les mêmes éléments quand tu nais en 2000 que quand tu nais en 1980, il y a beaucoup de progrès mais ce progrès n’est en même temps pas forcément synonyme de réussite. Tu peux progresser en bien ou en mal, évoluer en bien ou en mal, ce n’est pas que du positif.

Dans « Hymne Au Silence », quand vous dites « il est urgent de se taire, la foule est meurtrière », qu’est-ce que ça signifie ? Ce n’est plus vraiment le même message d’espoir on dirait !

Ah là oui ce n’est pas pareil. Je pense que tu constates un petit peu la banalisation et même l’instrumentalisation de la violence, l’abondance de celle-ci aussi d’ailleurs … Voilà, quand je te parlais d’évolution ou de progrès négatif, c’est à ce genre de choses que je pensais ! C’est un problème majeur de notre époque. La facilité, c’est que tout le monde ait accès aux médias, que tout le monde puisse faire son propre constat, c’est une forme de progrès. Mais en même temps comme je le disais, il y a aussi une instrumentalisation de tout ça. Certes il y a toujours eu de la violence et des conflits, mais aujourd’hui c’est différent car quand quelque chose comme ça se produit, tu le sais tout de suite et tu n’es pas préservé. Je crois que la violence appelle la violence, sous n’importe quelle forme, c’est vieux comme le monde. Et quand tu prends un peu de recul, tu te dis que quelque part il vaut peut-être mieux être berné … Donc oui, il est urgent de se taire ça résume bien la situation.

Paris est mis en lumière dans « Rat Des Villes », y-a-t-il une raison particulière à ce choix de thème ?

C’est de là qu’on vient, on est Parisiens on a grandi là, c’est là qu’on a évolué, et on a toujours plus ou moins rendu hommage à Paris dans nos titres en fait. C’est vrai qu’on en faisait pas une chanson, mais il y a toujours eu une petite phrase par-ci par-là sur Paris dans d’autres titres. Puis nos clips ont été tournés dans cette ville aussi. On est très attachés à notre ville, au patrimoine de notre ville, et ça nous rappelle aussi des rencontres qu’on a pu faire également. On était bons fêtards dont on sortait beaucoup, on a souvent arpenté les rues de Paris à toute heure, on trouvait ça marrant de voir Paris sous tous ses aspects. C’était notre manière de rendre hommage à cette belle ville. Alors il ne faut pas y voir du chauvinisme ou quoi que ce soit, c’est vrai en province on est souvent mal vu car il y a un certain élitisme à Paris qui existe réellement, mais ce qui est paradoxal c’est que la plupart des gens qui sont à Paris, bobos, hipsters ou ce que tu veux, sont des gens qui viennent de province. Et non tout simplement on a choisi ce thème parce que cette ville est belle, j’aime cette ville, j’aime son architecture, voilà c’est comme ça.

Et pourquoi l’avoir appelée « Rat Des Villes » alors ?

Ça c’est un peu comme dans le hip-hop on va dire, c’est le côté punchline. C’est très imagé, ça représente les mecs qui traînent un peu tard dans les rues tu vois ! On a souvent des espèces de comparaisons avec le hip-hop, non pas dans notre musique mais surtout dans nos attitudes, et c’est vrai que ça s’en est une clairement. J’adore la provoc, enfin on adore, on aime tout ce qui est punchline aussi. C’était une espèce de métaphore en fait, il y a des rats dans les villes, on est des rats dans Paris.

Comment décrirais-tu l’album en quelques mots ?

Je pense que c’est un album essentiel dans notre parcours déjà. J’en suis très fier et ça me fait du bien de ressentir ça après plusieurs années d’absence. Je trouve qu’il est revendicatif de par sa complexité lyrique, et c’est une nouvelle approche si tu veux, c’est moins franc du collier, il y a eu beaucoup de recherche dans les textes. Et cet aspect métaphorique est intéressant parce que cet album est réaliste je crois. Pour donner des adjectifs en tout cas, je dirai oui qu’il est réaliste, qu’il n’est ni prétentieux ni présomptueux, il est terre à terre et il est propre à notre époque, revendicatif, et aussi sombre, comme d’habitude. Et surtout, il est très représentatif de EDC, les chapitres tu vois ce n’est pas pour rien, parce que ça reflète nos vies à chaque fois, selon les déceptions qu’on a eu ou les joies. Il est assez représentatif de ce qu’on a ressenti au moment où on a voulu le faire. Après ce qui est difficile c’est qu’il vient de sortir donc on a des retours, mais on en a encore que trop peu, et on n’a pas encore assez défendu l’album sur scène pour pouvoir trouver une espèce de fil conducteur. Et nous on avait la tête dans le guidon car comme je t’ai dit tout à l’heure tout est allé très vite, donc c’est difficile d’en parler. Mais en tout cas je suis en totale adéquation avec l’album, honnêtement. Je suis en accord avec. Pour te donner un exemple, à titre personnel, ça n’a pas été le cas avec le précédent. Tout simplement parce que pour moi c’était l’album qui annonçait notre pause, et c’était quelque part l’album deadline en fait, l’album compte à rebours. Donc je le vois un peu comme la bête noire l’album précédent. Et pour moi c’est un peu mon album maudit car même à partir de la composition c’était particulier. Par contre là non je ne peux pas te dire mieux qu’il me fait penser vraiment que ce soit le climat de notre groupe, les titres, les chants, le contenu de l’album etc. on ressent ce qu’on a ressenti sur Révérence en 2005.

Quels sont les prochains objectifs d’EDC ? Si l’album est si excellent, qu’est-ce que vous comptez faire après ?

Là déjà l’objectif c’est de tourner, on espère aller dans des pays dans lesquels on n’a encore jamais joué comme le Japon par exemple. On a eu la chance déjà pour un groupe français qui chante en français d’aller pas mal à l’étranger dans des pays qui ne sont absolument pas francophones, ce qui est plutôt rare. Mais bon, l’objectif premier là c’est de profiter avant tout, de profiter de notre album, de tourner un maximum. Puis comme je t’ai dit, on est très intéressé par le Japon. Tu vois on a fait pas mal de pays, il y en a qu’on aimerait refaire comme les pays de l’Est notamment la Pologne, c’était très cool, mais le Japon serait une vraie étape pour le groupe je crois. Surtout quand on sait à quel point ils aiment ce qui vient de l’occident.

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  • Groupe : Entropy O.A.C.
  • Album : Dark Clouds And Clarity
  • Sortie : 2015
  • Label : Pavement Music
  • Style : Rock/ Metal
  • Site Web : www
  • Note : 15/20

Petit passage aux Etats Unis, dans le Wisconsin avec cet EP de trois titres d’un Metal/Rock proposé par Entropy O.A.C.

Dès « Failure To Thrive », on trouve un esprit très groovy et assez Metal de la fin des 90’s avec ce chant clair très rock et ses variantes plus hurlées. Les rythmes varient, sachant s’accorder aux riffs bien liés et le chant puis les choeurs fusionnent bien ensemble. Les riffs accrochent bigrement l’écoute.

« Endless Fire » arrive ensuite plus calme, avec ce début lancinant auquel s’en suit un passage plus brut où les guitares se font plus lourdes et le chant, plus appuyé.

L’alternance entre les deux passages se fait aisément. Une certaine mélancolie se dégage du titre et le groove toujours présent, permet ici et là quelques automatiques balancements de tête.

Les larsens démarrent le ton brut et Hardcore de « Realm Of Grey » et le démarrage au chant est bien patate, puis le retour se fait d’un passage au chant clair toujours vaillamment exécuté mais aussi plus burné que sur les titres précédents.

De bons breaks lourds pour moshpit viennent lester l’ambiance et imposer une tarte au ciment. La superposition des deux chants sur le final colle bien au rythme et les riffs poursuivent leur ligne groovy.

Un EP sympathique de Rock/Metal ou Metal/Rock, c’est vous qui voyez, qui pèse son poids en matière d’accroche.


Tracklist:

 01. Failure To Thrive
02. Endless Fire
03. Realm Of Grey

 

21-05-2016-rotngoon

Retour à Dunkerque, à peine un peu plus d’une semaine après le Noise Dreamer Zone Vol.3, Rise of The Northstar fais son come-back à Dunkerque dans une salle un peu plus modeste après une prestation au Môle 4X4 qui avait marqué les esprits, les sayajins reviennent toujours plus furieux presque pile une année plus tard en compagnie des Dunkerquois de GOON.


Après une annulation de dernière minute alors qu’ils auraient du joués en première partie d’Unearth, (et Iron Reagan qui avait annulé en raison de santé) GOON ouvre donc les hostilités avec un public présent, qui ouvrira les premiers pogos de la soirée en milieu de set.

Malgré un show un peu linéaire sans réelle surprise, le groupe envoie ce qu’il a sous le coude et c’est d’ailleurs l’occasion de présenter son nouveau guitariste. Quoi qu’un peu timide et statique, le bougre envoie et ajoute un chouïa de puissance à la guitare que GOON pouvait avoir, même si ce n’était pas spécialement nécessaire, on apprécie fortement, tout comme l’ajout de nouveaux titres.

Seul reproche que l’on pourra noter, c’est la quasi-absence de front-light, mais ça c’est une autre histoire.

Setlist : Colors of Pain, Mirror, Protocol A.D., Shamanic Governance, Call of Dirty, Dark Side, Fed’ Up, News 3, Speed, Big Drone.

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Rise of The Northstar, un groupe qui offusque autant qu’il déchaîne les passions, avec un premier album signé chez Nuclear Blast, mais bon, ça on commence à le savoir, le groupe se démarque de par son univers manga (Rookie, DBZ, GTO, etc…) et par une énergie hors-norme.

Mené de main de fer par Vithia, le groupe vient avec le défi de faire le même effet sismique qu’au Môle 4X4 (qui était visiblement aux normes l’an passé, n’est-ce pas) et dans une salle qui m’a laissé un souvenir intarissable sur Napalm Death (mention du groupe qui a le plus retourné la salle depuis que j’ai l’occasion d’y aller) est-ce que les French Furyo allaient me faire le même effet ?

Ben ouais. Clairement, et sans fioritures, le groupe a carrément démonter la salle, y’a pas à tortiller du cul et y’a pas à argumenter plus que ça, Rise of The Northstar a donné un show cosmique ce soir, plus en forme que jamais.

Donc oui, on pourra toujours critiquer sur le fait que niveau de l’inspiration est pas énorme dû aux trop fortes ressemblances avec des groupes tels que Biohazard ou Body Count (voir même empruntant carrément à SlipKnot son « je veux voir tout le monde à genou et quand je le dirais vous sauterez ») mais les Parisiens ont laissés d’énormes traces ce soir pour leur deuxième passage en un peu plus d’un an à Dunkerque et font bouger le public comme peu de groupes savent le faire. Hormis le son (chant) dont Vithia demandera à plusieurs occasions de monter, le groupe a laissé aux 4Ecluses un des meilleurs concerts qu’elle ait pu accueillir.

Setlist : What The Fuck, Welcame (Furyo State Of Mind), Bosozoku, Bejita’s Revenge, Sound of Wolves, Dressed All In Black, Again and Again, Protect Ya Chest, The New Path, Demonstrating My Saiya Style, Samurai Spirit

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Merci à Fred pour la setlist de ROTNS et à Aurélien des 4Ecluses pour l’accréditation.

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  • Groupe : Everto Signum
  • Album : Synergy
  • Sortie : 2014
  • Label : Satanath Records
  • Style : Black Metal
  • Site Web : www
  • Note : 15/20

Encore une production proposée par Satanath Records arrivant dans nos pages avec ce Ep d’ Everto Signum sorti en 2014, et il s’agit du fruit d’une collaboration musicale Portugal-Autriche.

Quatre titres de black atmosphérique sont proposés et « Cold Inception » fait guise d’intro sur une ambiance très planante entièrement au clavier qui pourra rappeler Mythological Cold Towers avec ce côté épique et mélancolique.

« Stirred Ambiance » démarre ensuite sur un black metal mid tempo variant également sur certains passages plus doom. Rythmique lancinante, voix sombre et mélodies dissonantes, l’atmosphère dans son ensemble s’avère très obscure. Le break qui suit est plus brut et la batterie impose son jeu plus énergique. Les claviers bien présents contribuent à cet esprit plus atmosphérique. On se remémorera ici quelques groupes dark metal des 90’s comme Aeternus, Bloodthorn, ou encore les hongrois de Sear Bliss.

« Elemental Synergy » continue l’offrande musicale à base de riffs très accrocheurs et cette mélodie diaboliquement entraînante. Le style évolue par rapport au précédent titre dans la mesure où le côté atmosphérique se fait moins présent, en revanche le côté épique, lui, est bien focalisé. Un excellent break sur le final reprend les guitares lourdes, la double pédale bien carrée et impose sérieusement un côté guerrier.

Pour terminer, une reprise de Lux Ferre : « Atrae Materia Monumentum ». La face atmosphérique moins en avant et l’épique plus appuyé, le batteur rythme toujours lourdement le mouvement à adopter. On trouve un bon break intriguant en milieu de parcours et l’ambiance oppresse à foison. Le black metal qui nous est délivré ici plaira également aux adorateurs des norvégiens de Gehenna (old).

Cette contribution internationale se fait bien sympathique donc de la part d’ Everto Signum qui base le thème de son black metal sur la nature, et la curiosité de jeter une oreille sur la suite se fait sentir.


Tracklist:

01. Cold Inception
02. Stirred Ambiance
03. Elemental Sinergy
04. Atrae Materiae Monumentum (Lux Ferre Cover)

Le 28 avril de cette année 2016 marquait le grand retour d’Helloween en France, à Paris plus exactement. Après trois ans « d’absence » et l’excellent show à l’Olympia avec Gamma Ray, initialement, c’est la salle du Bataclan qui était sensée accueillir le groupe le 2 février dernier. Mais suite aux évènements, c’est au Trianon que les allemands ont finalement choisi de s’installer, le temps d’une soirée. Arrivée à 8h30 ce matin-là, j’ai été agréablement surprise de voir des fans présents tôt. Nous attendions avec impatience l’arrivée du tourbus. 9h45, le bus arrive, et le premier à mettre un pied dehors est ce cher Markus. Fidèle à lui-même, il n’attend pas une seconde pour venir parler et témoigner encore une fois de sa gentillesse inconditionnelle. Les Pumpkins sortiront de leur maison roulante les uns après les autres, tôt ou tard (plutôt tard que tôt d’ailleurs), n’hésitant pas à venir voir les fans déjà présents. Nous les avions vus fidèles à eux-mêmes, et qu’est-ce que c’était bon !

L’impatience était encore plus rude après avoir eu la chance d’échanger quelques mots avec les musiciens et après avoir jeté un œil sur la setlist, qui promettait un show inoubliable.

18h30, l’heure fatidique approche, tout le monde commence à se rassembler.

A 19h00, les portes s’ouvrent enfin. Après une petite demie heure d’attente, il était temps d’accueillir le trio de Rage. De par leur énergie sans faille et leur talent, les allemands ont réussi à chauffer la salle sans trop attendre. Comme à son habitude, Carlos Rodriguez était déchaîné et vivait son show, accompagné de Peavy (Peter Wagner) et Lucky (Vassilios Maniatopoulos). Le trio de choc avait ficelé un show à la perfection, on en oubliait presque qu’ils étaient en première partie. Si la performance était réussie de A à Z, il y avait quand même quelques temps forts comme « Back In Time », « Until I Die » ou encore le final « Higher Than The Sky », qui n’est pas sans avoir marqué les esprits. Bref, Rage, ça valait le coup, même si c’était vraiment trop court. En effet, après une toute petite heure de show, le trio cède la place aux citrouilles.

Après quelques minutes d’attente, les lumières s’éteignent, sur un fond de « Walls Of Jericho ». Nous découvrons une mise en scène magnifique aux couleurs froides du dernier album. La pression monte … Dani fait son apparition, suivi des autres membres ; entrée en scène majestueuse et pleine d’émotions. Qu’est-ce que c’est plaisant de les voir prendre du plaisir et être heureux de jouer ce soir !

Histoire de démarrer en beauté, Helloween entame son show avec le cultissime « Eagle Fly Free », de quoi nous mettre de suite dans le bain. Markus et sa bonne humeur éternelle étaient au rendez-vous, dès le mini solo de basse du morceau.

Ce qui allait suivre n’était pas une mince affaire : c’est au tour du célèbre « Dr. Stein » d’entrer dans la danse. Entrée des plus remarquables d’ailleurs, ce début de concert témoignait parfaitement de la place plus que singulière que le groupe a.

« Préchauffé » par Rage, le public est littéralement en transe. S’en suit le premier morceau du set issu du dernier album, « My God-Given Right », pour lequel le groupe avait d’ailleurs réalisé un clip. Andi semble être sous son meilleur jour, sa performance scénique et sa voix sont irréprochables ce soir-là.

Le retour au bon vieux temps ne se fait pas attendre, avec les morceaux « Steel Tormentor », « Mr. Torture » et « Waiting For The Thunder ». Le public connaît ses classiques ! L’ambiance est à son beau fixe, et la chaleur dans la salle est semblable au véritable sauna finlandais.

Revenons aux morceaux plus récents, avec comme bel enchaînement « Straight Out Of Hell » et « Heroes », deuxième morceau issu du dernier album.

Que serait un show d’Helloween sans un solo de batterie ? Il est temps pour Dani de montrer ce qu’il sait faire. Ce solo digne des plus grands confirme la technique pointue de Dani, et le place au rang des meilleurs. Loin de moi la volonté de prendre mon cas pour une généralité, mais je pense que ce soir-là je n’étais pas la seule à penser ça.

Le point négatif de ce solo est qu’il annonce que le set est déjà très bien entamé. Pas de transition, petit flashback avec « Where The Rain Grows », tout en énergie, ça fait plaisir. Arrivent ensuite « Lost In America » et « Power » ; joués à la perfection. Le grand Sascha est toujours aussi proche du public, contrairement à Weiki, fidèle à lui-même, champion des grimaces, et plus rien à prouver. C’est comme ça qu’on l’aime après tout.

Le morceau suivant est un classique du groupe en termes de ballades, il s’agit de « Forever And One » ; c’était la séquence émotion du concert. Mais l’occasion de « souffler » fut vite envolée, le mélange « Halloween / Sole Survivor / I Can / Are You Metal ? / Keeper Of The Seven Keys » était là pour nous faire revenir à la réalité. Mais cette fois-ci, la fin approchait pour de bon. Après « Before The War », c’était au tour du célébrissime « Future World » de nous en mettre plein la vue. Si Weiki n’a pas fait de solo avec sa bouche, ce morceau n’en reste pas moins inscrit dans les plus marquants de l’histoire d’Helloween sur scène notamment. Après plus de cinq Future World, il était temps de terminer le morceau. Et, last but not least, pour terminer en beauté, il ne fallait autre que « I Want Out » ; le moment de se déchaîner et de participer une dernière fois était arrivé.

Ce concert allait sans doute rester dans les annales. Les citrouilles nous avaient offert une setlist extrêmement variée, permettant de nous replonger dans les différentes ambiances et époques du groupe. La présence et la performance du groupe restaient inchangées, pour notre plus grand bonheur. C’est avec de magnifiques souvenirs en tête que je suis sortie de la salle, avec seule l’impatience de revoir Helloween.

Cette soirée est à saluer jusque dans son organisation.

Je remercie infiniment Helloween et Rage pour leur gentillesse et leur dévouement sur scène ; et je remercie bien sur également Roger de Replica Promotion et Base Production pour l’accréditation.

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  • Groupe : Crest Of Darkness
  • Album : Evil Messiah
  • Sortie : 2015
  • Label : My Kingdom Music
  • Style : Black Metal
  • Site Web : www
  • Note : 16/20

 


Crest Of Darkness. Le nom de ces norvégiens pas nés de la dernière pluie acide ne vous sera sans doute pas inconnu. Formés en 1993, le groupe a déjà sorti pas moins de six albums et un EP. On se souvient d’ailleurs de l’excellent et original « The Ogress » sorti à l’époque chez Listenable Records.

Avec cet Ep donc sorti en 2015, les norvégiens côtoient toujours autant le lugubre mais l’on peut constater que le black metal teinté de death se fait beaucoup plus brut avec une touche assez rock par moment que ne renieront pas les amateurs d’un groupe comme Carpathian Forest.

De très bonnes variations sont toujours au rendez vous comme sur l’oppressante « Abandoned By God » avec également ces nappes de claviers qui viennent imposer un côté assez inquiétant.

Les vocaux s’allient entre voix black purement diabolique, gargarismes plus death et murmures. Le titre en question possède un bon gros passage décalé progressif.

Ce Ep suinte la hargne avec le titre éponyme « Evil Messiah ».

Nous évoquions plus haut le côté rock et nous en avons ici une bonne dose avec cette rythmique bien lourde, ces mélodies infernales et ces vocaux qui en appellent au Malin.

Les démons se déchaînent également sur « Armageddon » et son agressivité sans mesure. Le refrain est destructeur mais aussi fortement accrocheur. Sombre et violent, le morceau balance à tout va et incluse des passages plus thrash. On saluera aussi le groove pachydermique qui démarre le final dudit titre.

Les sombres comparses s’approprient également une reprise d’ Alice Cooper , « Sick Thing » sur un aspect progressif, avec cette basse bien en avant histoire d’alourdir l’atmosphère, ce clavier qui participe à la montée en puissance, ajoutant même quelques dissonances ici et là, et les guitares qui viennent ensuite se mêler à cette sombre messe.

Nous tenons ici un agréable et obscur Ep de Crest Of Darkness (et d’ailleurs à titre personnel, n’ayant pas suivi leur parcours depuis « The Ogress », je vais bien vite rattraper le retard accumulé).

Un black metal bien burné, toujours malsain et envoûtant qu’apprécieront les amateurs du genre.


Tracklist:

01. Evil Messiah
02. Armageddon
03. Abandoned By God
04. Sick Things (Alice Cooper)