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  • Groupe : Amon Amarth
  • Album : Jomsviking
  • Sortie : Mars 2016
  • Label : Metal Blade Records
  • Style : Death Metal Mélodique
  • Site Web : www
  • Note : 17/20

« Show no fear. Never retreat. Defend your brothers, and when called upon, avenge their deaths. »

Presque trois ans après Deceiver Of The Gods, les suédois d’Amon Amarth reviennent en force avec Jomsviking. Comme chaque opus du groupe, ce dernier était très attendu. Étant tous habitués à Amon qui fait du Amon, au premier abord, l’illustration du nouvel album n’est pas sans rappeler celles des précédents. On retrouve les couleurs froides habituelles et un dessin à caractère hautement épique qui font tout le charme du groupe, et ce n’est pas déplaisant. L’illustration représente un Jomsviking tenant une hache ensanglantée surplombant un amas de cadavres ; et met en lumière la mentalité de cette « secte » de vikings mercenaires (voués à l’adoration de déités telles que Thor et Odin), c’est à dire la volonté de défendre ses frères d’arme et de venger leurs morts. La vision apocalyptique en arrière-plan témoigne de l’aspect héroïque et de l’importance majeure que le groupe attribue aux Jomsvikings (et aux vikings en règle générale naturellement).

Outre le fait que le groupe se soit projeté dans un univers de musiques de films, la différence majeure entre ce dernier album et les précédents est sans doute que Jomsviking est un concept album ; c’est à dire une histoire à suivre dans l’ordre et dont chaque chanson est un chapitre. C’est ainsi que l’album se compose d’une série de onze titres tous plus aboutis les uns que les autres et réserve bien des surprises. Je pense par exemple au morceau « A Dream That Cannot Be« , en collaboration avec la belle Doro Pesch, aka « The Metal Queen ». Comme le dit si bien Johan Hegg, « elle était faite pour ce morceau, il ne fallait personne d’autre qu’elle ».

Pour (nous) donner un avant-goût de Jomsviking, Amon a choisi le morceau initial de la tracklist comme premier clip, « First Kill« , qui a été mis en ligne tout pile deux mois avant la sortie de l’album. On retrouve dans ce clip tout l’univers du groupe, truffé de slow-motions qui renforcent l’aspect héroïque tant recherché. Et on le retrouve également très présent dans le second clip : « At Dawn’s First Light« , sorti dix jours avant l’album. La simple écoute de ces morceaux rend compte de l’incroyable travail fourni par Amon, et ne laisse aucun doute sur la qualité du reste de l’album.

Si des morceaux comme « Guardians Of Asgaard » ou encore « Twilight Of The Thunder God » (tous deux tirés de l’album Twilight Of The Thunder God) restent indétrônables dans leur genre, Jomsviking réserve une surprise, une véritable pépite du nom de « Raise Your Horns« , qui elle aussi prendra tout son sens en live et pourrait à l’avenir être digne des deux titres cités plus hauts.

Comme on le voit, pour cet album, Amon est resté fidèle à lui-même aussi bien dans le choix des noms des morceaux que dans l’écriture des paroles. On retrouve le même genre d’inspiration, avec par exemple les titres « One Against All » (« There he stands alone, one man against all, with a sword in each hand, soon he will fall … ») et « The Way Of Vikings » (« Full on fight in training, it’s the way of vikings, every muscle training, it’s the way of the Jomsvikings … ») qui prônent à eux deux la gloire des vikings et appuient sur le côté grandiloquent que le groupe a toujours fait ressortir dans ses albums. Toutefois, si cet album est du pur Amon, un titre selon moi est assez différent du reste : je pense bien sûr à « Vengeance Is My Name« , où l’on retrouve moins l’empreinte du groupe, c’est-à-dire cette ambiance épique et cet atmosphère propre au groupe qui le caractérise Amon.

Je pense personnellement que cet album est d’une richesse remarquable, mêlant énergie et innovation, il est aussi composé en partie de mélodies un peu plus lentes dans les morceaux « Wanderer » et « Thousand Burning Arrows« . Le côté « bourrin » est toujours présent dans la partie vocale, mais il est mis à part dans la partie instrumentale.

En bref, Jomsviking s’inscrit parfaitement dans la continuité de ce que produit Amon. Pionnier d’un genre à lui seul, le groupe a une fois de plus su toucher à plusieurs registres tout en restant excellent ; les vikings semblent décidément inatteignables et inépuisables. Je trouve cet album très abouti, il donne une très bonne représentation générale de ce qu’est Amon Amarth aujourd’hui, et témoigne de l’excellence sans faille des suédois. Trois ans, l’attente aura été longue, mais il faut reconnaître que le résultat en vaut la peine.

S’il me fallait donner une note personnellement, je n’hésiterai pas à aller jusqu’à 17/20 pour cette œuvre magistrale.

Salut ! Bon premièrement, comment tu vas ?

Ben écoute, ça va plutôt bien hein ! Bon il fait un temps un peu pourri, mais bon ça va faire une bonne soirée là, ça va être vraiment cool. Bonne ambiance. On est bien !

Faut voir le positif partout ! Bon, j’ai quelques questions à te poser. Déjà, tout simplement, pourquoi avoir choisi ce nom de groupe ?

Ben en fait c’est un parallèle sur l’inaccessibilité des uns et des autres, aujourd’hui on vit dans une ère où la technologie a pris tellement d’importance que si tu veux, les gens ne se rencontrent plus, ils se parlent sur Facebook, bon en soit c’est bien hein c’est pas ça le problème, mais c’est vrai que ça créer une certaine distance entre les uns et les autres. Donc c’est une sorte de petit slogan, c’est un petit message au monde : parlez-vous, communiquez, essayez de vous entendre les uns les autres, peut être ça sera mieux. Mais l’aspect positif dans tout ça se serait finalement le fait de prendre de la distance par exemple par rapport aux évènements, qu’ils soient tragiques ou non, on est tous englobés, et c’est important de pouvoir prendre de la distance. Donc voilà, du côté positif ça voudrait dire qu’il faut se préserver et constater le chemin parcouru jusqu’ici.

D’accord, bonne explication ! Et par rapport au nouvel album, d’où est venue l’idée de l’appeler Radio Bad Receiver ?

Ah alors bah ça tu vois, nous en fait on est très (socialement) dans les revendications. Et quand tu allumes ta radio, force est de constater que ce que tu entends bah c’est quand même pas génial donc Radio Bad Receiver c’est un peu l’onde néfaste qui arrive dans ta radio et qui vient foutre un petit peu la zone. En gros.

Et l’illustration de l’album, elle représente quoi exactement ?

Le cerf ? (rires)

Oui fin j’avais cerné que c’était un cerf (rires) mais est-ce qu’il y a un double sens ou un truc du genre ?

Oui ben … Ça aurait pu être une biche hein on sait pas ! (rires). En fait on a choisi cette pochette parce que déjà graphiquement on la trouvait très jolie, et ensuite parce que elle a un double sens que moi je trouve intéressant par rapport à l’album qu’on produit qui est un album qui est en même temps très cru, très agressif et en même temps très mélodique et très sensitif dans l’écoute globale, du début à la fin. Il a été pensé, composé dans cet état d’esprit et cette manière de faire. Et le choix de cet animal c’est simplement que le cerf, tu as envie de le voir parce qu’il est joli, mais il faut te lever tôt le matin pour le voir, et l’apprivoiser, le dompter, c’est pas forcément évident.

Et votre principale inspiration pour cet album ?

C’est une question vaste ! Alors déjà on nous dit souvent qu’on est inspirés par le rock des années 90, c’est le rock dans lequel personnellement on a tous grandis quoi. Donc c’est nos influences, mais bien qu’on ne le crie pas haut et fort, ça se retrouve assez naturellement dans notre musique. Sinon nos influences à nous c’est vraiment vaste, ça peut aller de Depeche Mode à Queen Of The Stone Age, et je dirai vraiment qu’en fait il n’y a pas de barrières donc tout ce qui sonne à peu près bien, on le met. Et c’est vrai que par rapport au premier album, on disait bon ben c’est Queen Of The Stone Age et Turbo Negro, Backyard Babies, mais avec ce deuxième album, nos influences ont été plus digérées, affirmées, et on ose un peu plus, on se rend compte que bah oui on peut très bien avoir par exemple une mélodie de voix à la Beatles comme dans Mesmerise avec un gros riff à la Nirvana derrière.

Et pour les paroles est-ce que vous avez été inspirés par des faits réels ? Des évènements qui vous ont marqués ?

Pour les paroles, étant donné que c’est Mike qui les écrits, je parlerai en son nom, mais en disant que Mike il n’y a jamais eu on va dire au niveau des paroles un sens profond, ça se découvrait généralement avec le temps et c’est des thèmes de la vie de tous les jours, par exemple la mort, le fait de se faire tromper par autrui, l’image qu’on peut avoir des autres. C’est vrai qu’on vit à une époque on va dire où il y a pas mal de codes qui ont tendance à sauter mais en même temps on est dans une société où on a de moins en moins le droit d’être soi-même. Donc c’est des constats on va dire de la vie de tous les jours, c’est très rock alternatif finalement mais sans être très revendicatif, les paroles parlent de sentiments de la vie de tous les jours.

D’accord, et est-ce qu’il y a un double sens ? Car des fois, on croit comprendre mais lorsqu’on demande aux artistes, on se rend compte qu’on avait tout faux !

Et ben le double sens finalement oui peut se trouver après relecture ; Mike c’est vrai qu’au niveau des paroles, de l’écriture, il a fait beaucoup d’efforts, mais au niveau du sens des paroles, tout ce qu’on peut dire c’est qu’il parle généralement comme ça lui vient quoi, donc assez spontanément.

Et c’est seulement lui qui écrit les paroles ?

Oui, enfin c’est lui qui est responsable de l’écriture des paroles à 99%.

Et vous avez travaillé combien de temps sur cet album ?

Alors de mémoire, on a vraiment commencé à travailler sur cet album après notre date en première partie de Razor Light à l’Olympia, ce qui nous amène à 2013, et c’est venu très très vite. Il y a eu une vingtaine de morceau composés en fait, donc douze qui ont été gardés, mais on a pas hésité à renverser la table quand les morceaux ne nous plaisaient pas. C’est-à-dire que les trames ont été faites de manière assez spontanée, mais après voilà il fallait rentrer dans le détail pour être vraiment dans le peaufinage. Mike comme je te l’ai dit a fait un travail aussi de chant monumental et bien que la trame des morceaux était là à 100%, c’est souvent au niveau du chant que lui s’est perfectionné pour que ça colle encore plus aux compos.

Est-ce que vous avez voulu faire quelque chose de différent sur cet album ?

Alors oui oui tout à fait, comme je te le disais, par rapport au premier album ce qui est différent c’est la maturité, vraiment on voulait montrer que nos influences ne s’arrêtaient pas qu’à Queen Of The Stone Age (qu’on adore hein !) et Backyard Babies, mais d’avoir un spectre plus large, un rock plus sensuel, plus sensitif, mais rageux, vraiment oui du rock alternatif au sens le plus strict.

Et qu’avez-vous voulu faire passer comme message ?

Ben déjà que le rock rageux n’était pas mort ! (rires). Enfin il y en a en tout cas qui l’écoutent. Et après bon, l’état d’esprit The Distance là c’est plus quelque chose qui va se découvrir avec le temps, comme par exemple l’affiche de ce soir, le fait de vraiment vouloir faire découvrir des groupes variés qui proposent un rock très intéressant qui peut être à la fois rageux et à la fois sensuel, et à côté de ça bon le message qu’on pourrait dire aux gens c’est simplement de prendre soin d’eux et des autres, ce serait une manière de dire bon, ok les temps qu’on vit sont durs, essayons de faire en sorte de pas les rendre plus durs, le bon rock ça a toujours justement permis d’expulser tout ça mais en même temps de garder les pieds sur terre. En dehors de ça, l’état d’esprit The Distance, pour en parler plus longuement, on représente cet état d’esprit des années 90, on vit véritablement en se disant que le rock contrairement au metal, qui fonctionne de manière communautaire par exemple, et c’est ça qui le rend fort, ne fonctionne pas comme cela, et on aimerait que ça marche de la même manière justement.

Et est-ce que pour toi il y a un morceau qui représente particulièrement bien le groupe ?

C’est dur comme question ! Un morceau qui représente le groupe … Honnêtement, je les adore vraiment tous. Peut-être Mesmerise, cette ligne de chant style Beatles qui se mélange à un riff à la Nirvana, cette manière de faire oui ça pourrait marquer véritablement l’identité The Distance, comme Thank You For Nothing la représenterait tout autant d’ailleurs. Mais honnêtement je les aime tous hein, après on serait obligés de faire morceau par morceau ! (rires).

Je vois, donc pas la peine de te demander quel est ton morceau préféré !

Ah bah mon morceau préféré, ben personnellement j’adore Thank You For Nothing, j’adore Mesmerise, Trouble End également, Insomnia aussi il est très très fort, et en fait je trouve qu’ils ont tous quelque chose de particulier.

Et en quelques mots, comment décrirais-tu Radio Bad Receiver ?

Je dirai que c’est un bon album de rock alternatif pour ceux qui ont aimé en tout cas les années 90 et pour ceux qui ne connaissent pas, allez-y, dans cet album vous pourrez voir un groupe qui tire ses influences des années 70 à aujourd’hui et on espère avec les prochains albums aller encore un peu plus loin.

Qu’est-ce qu’il représente pour toi cet album ? Est-ce que c’est un aboutissement ? Ce que tu voulais faire depuis toujours ?

Oui cet album représente vraiment un aboutissement dans le sens où par rapport au premier, et ça c’est une évidence, on est toujours autoproduits, ça c’est la chose qui n’a pas changé, mais derrière on a Nota Bene et notre directeur artistique Hervé Lausanne qui a eu confiance en nous et qui a fait vraiment un gros boulot, qui croit véritablement en le groupe et qui nous a permis en tout cas d’avoir « la puissance de feu » pour toucher plus de monde, pour avoir une meilleure couverture presse, pour avoir toutes ces choses qui finalement nous manquaient cruellement en tant que groupe autoproduit. On est arrivé au premier album aux limites de ce que le groupe pouvait faire par lui-même hein en mode « do it yourself » et là bon bah on produit toujours mais derrière on a des gens dont c’est le métier on va dire véritablement pour nous amener au niveau supérieur, c’est vrai que c’est la chose qui a changé. On est beaucoup plus professionnels.

Dans quel genre classerais-tu le groupe ?

Je dirai rock alternatif, même rock alternatif post grunge (rires), ouais. J’ai pas d’idées après, c’est ce qui me semble le plus direct ! (rires).

Pour les questions un peu plus personnelles, est-ce que tu as une anecdote genre en studio ou sur scène ?

Alors une anecdote de studio bah quand on a commencé vraiment à enregistrer notamment les parties batterie et guitare, on enregistrait dans notre local, il faisait froid, c’était genre en décembre 2013 je crois, on commençait à faire des prises et il faisait très très froid alors on dormait dans le local pour être surs de se réveiller et d’être à fond (rires). Et c’était bien parce qu’en tout cas on était vraiment motivés pour faire tout par nous-mêmes, on s’est donné les moyens, puis non c’était vraiment cool de pouvoir se dire qu’on fait tout comme à la maison mais en tournant la page du premier album en essayant de refaire quelque chose de vraiment neuf, toujours en étant produits. En anecdote de tournée il y en aurait tellement mais la tournée avec Life Of Agony c’est vrai que ça a été vraiment génial, et moi en plus qui personnellement adore Life Of Agony c’était vraiment génial, et sinon la date avec Razor Light à l’Olympia forcément, très bonne anecdote, bon surtout qu’à la fin du concert, n’ayant pas eu la possibilité d’avoir notre stand de merch, on a pris nos t-shirts et CDs qu’on a jeté dans la foule, ça c’était pas mal (rires). Après en autre anecdote il y a la tournée en Angleterre notamment sur la route, des fois au niveau des chambres d’hôtels bah c’était pas prévu pour quatre alors il a fallu qu’on fasse rentrer un membre généralement en cachette (rires). Donc voilà des petites emmerdes qui arrivent mais qui finalement renforcent le groupe. De toute façon, c’est les enregistrements et les tournées qui permettent vraiment de se rendre compte de la véritable force d’un groupe, c’est généralement dans ces moments que tu vois si c’est réellement fort. Donc voilà, il y aurait sûrement des centaines d’autres anecdotes, mais celles-ci sont les premières qui me viennent.

Eh bah ! […] Qu’est-ce qui t’as donné envie de faire de la musique toi sinon ?

Ben moi déjà le fait de voir les clips de Guns’n’Roses quand t’as onze ou douze ans, déjà ça fait son petit effet et pour moi personnellement à la batterie je dirai quand même que c’est Lars Ulrich de Metallica qui m’a donné envie de faire de la musique. Puis d’un point de vue personnel, mon père étant pasteur, c’est vrai qu’il n’y avait pas de culture rock chez moi, donc je suis vraiment venu par hasard et resté par amour, tout ce qui avait un blouson noir ou qui s’approchait de près ou de loin à un rockeur je l’abordais et puis ça se faisait comme ça.

Mais ton père ne l’a pas mal pris ? C’était pas dur au début ?

On peut quand même dire que ça a été une source de conflit pendant longtemps (rires). Mais maintenant voilà, sans comprendre en tout cas, il m’encourage un peu plus, ça c’est évident.

Il a vu que ça te collait à la peau !

Oui puis je dirai, c’est peut-être même tu sais le milieu dans lequel j’ai vécu qui a fait que par extension et par opposition j’en suis venu au rock, plutôt qu’au hip-hop, voilà.

Est-ce que tu penses qu’il y a une ambiance propre au groupe ? Une ambiance qu’on ne retrouve pas ailleurs ?

Oui, dans cette manière de pouvoir mélanger on va dire des mélodies très identifiables et cristallines sur des riffs très plombés, voilà comme sur un morceau genre Thank You For Nothing, cette manière d’avoir tout le temps une mélodie de la guitare lead qui reste en tête et derrière un gros riff, voilà, ça c’est vraiment notre truc.

Bon je change complètement de sujet, mais comment tu as vécu les attentats de Paris ?

Bah les attentats de Paris ça a été comme pour la scène rock et metal ça a été une épreuve, on a tous perdu quelqu’un de proche, plus ou moins, donc ça nous a sonnés pendant pas mal de temps, on s’est véritablement posé la question « comment en faisant la musique qu’on aime on peut en arriver là », en tant que musicien tu te poses de vraies questions et franchement oui au bout d’un moment tu peux vraiment te mettre à douter, quand on fait du rock maintenant on ne le fera plus comme avant, ça aura vraiment une signification. Sans pour autant être dans la revendication en mode « allons tous péter la gueule à ces terroristes » (bien qu’on en pense pas moins). Et ces attentats ont vraiment marqué un tournant dans la manière de faire du rock. Et je pense parler au nom des autres en disant ça. C’est vrai qu’en France on jouit quand même d’une grande liberté d’expression (pour combien de temps …) en tout cas sur la musique par rapport à d’autres pays, et qu’on puisse en arriver là, à être ciblés à cause de la musique qu’on écoute, ça nous fait se poser de vraies questions.

Bon aller, petite dernière pour la route, as-tu un message pour les fans ?

Ben je dirai, prenez soin de vous, prenez soin des autres, et bien qu’on écoute du rock et du metal, restez vrais, restez hostiles comme disait Phil Anselmo (ndlr : Pride and hostile), voilà on est pas là pour faire joli mais on est pas là non plus pour faire chier les gens, donc voilà, écoutez de la bonne musique, mettez-vous-en plein dans les oreilles, c’est le meilleur moyen de ne pas avoir envie d’en mettre plein sur la gueule aux autres.

Salut ! Vous allez bien ? J’ai quelques petites questions à vous poser, pour faire un petit portrait du groupe. Déjà, tout simplement, d’où vient le nom Kursed ?

Hugo : Très bien ! Alors Kursed c’est très vieux en fait, c’est quand j’ai commencé la musique avec Thomas à la basse, on voulait faire notre groupe et on avait un vieux délire, on disait qu’on était tout le temps maudit, et du coup on a gardé ce truc-là, je trouvais que le nom sonnait bien en anglais et on a mis un « k » pour pas que d’autres groupes s’appellent comme nous et voilà en fait ça nous a suivi et on en rigole encore aujourd’hui. Par exemple ce soir l’ampli nous a lâchés et du coup on va dire on allait peut-être changer de nom mais en fait non on ne va pas changer, on aime bien se mettre des bâtons dans les roues.

Et vous vous êtes formés il y a combien de temps ?

Hugo : Alors là aussi c’est compliqué, j’ai formé le groupe quand j’avais treize ans et en fait il a beaucoup évolué, c’était pas du tout ce que c’est aujourd’hui, aujourd’hui il a juste gardé le même nom.

Ari : La formation actuelle a quelque chose comme deux-trois ans.

Et à la base c’était l’idée de qui ? De toi Hugo j’imagine ?

Hugo : Oui voilà de moi, en fait à la base Ari n’était pas dans le groupe au départ, les seuls membres du départ il y a le bassiste et moi-même, on était un trio et on est devenu un quatuor, et on a changé de batteur.

Comment vous vous êtes formés ? Vous étiez des amis d’enfance ?

Ari : C’est un peu compliqué, Hugo et Thomas se sont rencontrés quand ils étaient gamins, vraiment à deux-trois ans je crois, et après le groupe s’est formé de par des relations principalement amicales, nous deux, Hugo et moi, on s’est rencontrés dans une école de lutherie, où on construisait des instruments, et ensuite Hugo a rencontré Romain, le batteur, dans une école de jazz, donc c’est quelque chose de très musical et très amical en même temps.

Hugo : C’est la scolarité finalement que mes parents m’ont poussé à faire qui m’a fait connaitre les membres de mon groupe actuel aujourd’hui tu vois (rires).

Et votre principale source d’inspiration ?

Ari : Si tu parles d’influences d’autres groupes ce serait trop réducteur de n’en citer qu’un seul, car on écoute beaucoup de choses, on écoute évidemment beaucoup de rock’n’roll, mais également beaucoup de choses principalement vintage, des choses comme le blues, le jazz, des choses qui nous inspirent aussi, évidemment notre principal truc c’est le rock’n’roll, on a des groupes phares comme Queen Of The Stone Age.

Hugo : Le fil rouge c’est le rock’n’roll, après on écoute beaucoup de choses même tu vois, chez moi je n’écoute pas forcément que du rock, quand on est en tournée on écoute pas que du rock. Tout ce qui est souvent en relation avec des choses assez vintage, mais pas des synthés dégueulasses ou des boîtes à rythme de merde, ce sera plutôt de l’orgue ou de la batterie, des trucs vraiment vivants, voilà. Les ordinateurs non, c’est pas notre truc. Pour ça on est des vieux cons ahah !

Et pour les thèmes, qu’est-ce qui vous attirent le plus ?

Hugo : Alors les thèmes c’est très variable en fait, en gros je m’inspire de mes relations, de ma vie en général tu vois, mais j’essaye vraiment à chaque fois de pas parler que de moi, mais plutôt d’être assez ouvert. En tout cas ce que je peux dire par rapport à l’EP qui va sortir, il parle beaucoup de Dieu et de relations humaines notamment la tentation et l’interdit, et c’est pour ça que je l’ai appelé Apple, parce qu’après j’ai lu la Bible et je trouvais que c’était la première des fictions qui étaient très bien écrite, et je dis fiction parce que je suis complètement athée, mais je trouvais que c’était super bien écrit et ça peut être complètement actuel en fait et donc voilà ça évoque pas mal de choses par rapport à ça. Après la tentation ça peut être comme tu l’entends, tu peux être tentée par plein de choses, moi je parlais beaucoup de sexe en général, voilà.

Et quel message vous voulez faire passer ?

Hugo : Sois libre, fais ce que tu veux, écoute toi et n’ai pas peur de foncer, on est pas du tout politisés, moi j’ai toujours dit que j’aimais divertir les gens tu vois et justement aujourd’hui on dit que la culture n’est pas obligatoire, mais on ferait quoi sans ? Donc voilà gardons ça authentique et profitons-en et surtout voilà si tu as une idée en tête et que tu y crois, ne te laisse pas abattre par les autres, parce que putain si tu y crois, tu vas y arriver, même si ça doit prendre du temps.

Et dans quel genre vous vous classeriez ?

Hugo : Ça aussi c’est difficile parce que avec internet on écoute de tout et c’est le bordel depuis les années 90 … On dirait rock hindi, mais grunge quoi.

Que voulez-vous que les gens ressentent quand ils vous écoutent ?

Hugo : Qu’ils aient envie de se frapper la tête contre le mur et de s’amuser, je sais pas, de se foutre à poil et de picoler …

Ari : Je sais que sur scène on se donne à 2000%, on en ressort complètement lessivés et on aimerait bien que ce soit transmis au public évidemment, donc si ça peut bouger dans le public c’est encore mieux.

Hugo : Ouais la transe, le fait de se lâcher complètement et de s’en branler du voisin quoi, c’est un peu l’idée quoi.

Et sinon vous deux ça fait combien de temps que vous faites de la musique ?

Ari : Moi j’ai commencé à l’âge de treize ans je crois, j’ai eu ma première guitare et je ne me suis jamais arrêté depuis.

Hugo : Et moi treize ans, pareil.

Et qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique ?

Hugo : Alors moi c’est vraiment du jour au lendemain, j’ai regardé un clip d’un artiste dont je ne me rappelle même plus du nom, et je me suis dit « je veux faire ça absolument », et en fait je sais pas si le fait d’être borné, tu sais quand tu es adolescent tu dis à ta mère que tu veux une guitare électrique et elle va te dire « ouais la semaine dernière tu voulais ce truc là et t’as laissé tomber ». Et là j’y croyais fort et je sais pas pourquoi, là c’est la seule chose que j’ai réellement réussi à faire (par exemple j’ai fait du foot et j’étais nul à chier), c’était le seul moyen de pouvoir m’exprimer de pouvoir faire du bruit, je me suis vraiment mis dans ce truc-là, du jour au lendemain. Et le premier groupe qui m’a vraiment donné envie de faire de la musique c’est Nirvana.

Ari : Moi il y a toujours eu de la musique à la maison, il y a des trucs que mes parents écoutaient et que j’approuve complètement encore aujourd’hui, et je pense que c’est venu de là principalement, au bout d’un moment j’ai décidé que j’avais envie d’essayer d’en faire, de reproduire ce que j’entendais, et voilà ça c’est plus ou moins fait naturellement comme ça.

Est-ce que vous auriez une petite anecdote ?

Hugo : Alors, moi l’anecdote que j’ai en studio, c’est Lionel, qui nous a enregistré pour l’album, sa femme était enceinte et j’ai eu la peur de ma vie parce qu’en fait en pleine prise pour une chanson elle est rentrée dans le studio en criant « eh Lionel j’vais accoucher », du coup moi j’étais blanc je me suis mis contre le mur, je savais pas quoi faire, et du coup je me rappelle que la session était encore en train d’enregistrer, et en fait je ne sais même pas si il a gardé cet enregistrement, même si putain ce serait génial de réécouter ce truc la quoi ! Et du coup je me rappelle qu’il m’avait dit de rentrer chez moi ce jour-là, donc moi je suis allé chez ma mère qui n’habite pas trop loin du studio dans le sud de la France, et j’attendais, j’attendais, et je me disais « voilà qu’est-ce que je fais », et j’étais en bade, j’attendais son appel, j’osais pas écrire de texto parce que bon c’était le bordel quoi, mais c’était cool, stressant mais rigolo.

Eh ben ! Ça c’est de l’anecdote ! […] Et sinon, pour finir, un petit message pour les fans ?

Ari : Ben ce qu’on dit souvent c’est tout simplement, soyez curieux, sortez, écoutez de la musique, il y a beaucoup beaucoup de choses de très bien, surtout en France, nous on dit ça parce qu’on est dedans et on a écouté beaucoup de groupes français et il y a vraiment énormément de choses donc soyez curieux, allez dans les salles de concert et écoutez de la musique.

Hugo : Ouais voilà en gros c’est ça, on les croise sur la route, on les croise en concert, café-concert, télé-concert pour cinq euros, et t’as des très bons groupes, et voilà puis après ouais, tape Kursed, regarde les clips et si t’aimes bien, viens nous voir, on joue à peu près partout.