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Interview  : Fleshdoll Avec Bastich (Chant)
Date : 24 Janvier 2014
Par : E-Mail
 
 
 
 
 
 

Pas besoin d’y aller en tortillant du cul, les Toulousains de FLESHDOLL ont sorti récemment leur meilleur et troisième album. Entre précision chirurgicale et arrière goût de death trad aux contours même presque grind par moments ce « Feeding the pigs » est d’autant plus bon que sa sortie s’est accompagnée d’un format vinyle de toute beauté…Après une tournée atypique mais asiatique, le combo armé pour l’instant du golgoth Samuel (ex-Gorod) à la batterie a de l’énergie à revendre, en pleine promo de ce petit bijou, Bastich (chant) a pris le temps de répondre à quelques questions….





Magic Fire Music : Salut à toi, merci de répondre présent à cette interview, pour commencer il est bien évident qu’on va parler un peu du line-up, car au départ Samuel était annoncé plus ou moins comme étant venu en aide au groupe pour les batteries et il s’avère qu’aujourd’hui il est membre à part entière du groupe…Alors bien sûr qu’il aurait été difficile de dire non eut égard à ses capacités et son « pedigree », qu’est-ce qui a motivé son intégration complète même provisoire,  dans Fleshdoll, et au delà de ça quel est votre relation amicale en fait finalement vu qu’il est de Toulouse ?

Bastich : Salut le barbare ! C’est parce qu’on s’inspire de Spinal Tap, tu sais la malédiction du batteur qui disparaît/meurt/se barre ou se fait virer ! D’ailleurs on devrait se faire un petit stone-edge en carton qui descendrait au milieu de notre set… à méditer !

Sam nous dépanne en attendant qu’on trouve quelqu’un qui fasse le job aussi bien, ce dépannage dure depuis 2011, et tant qu’il est dispo on est bien content de l’avoir avec nous. C’est un musicien exceptionnel par son jeu et par sa culture Metal. Humainement i l est insupportable et déprimant comme tout le monde le sait, mais on fait avec… haha ! Ça fait une dizaine d’années qu’on est amis, on se marre ensemble. Faut savoir que malgré les changements de line-up dans Fleshdoll, le point commun de ceux qui sont restés plus de 6 mois avec nous c’est une bonne dose d’humour et d’autodérision. C’est assez indispensable pour supporter les tempêtes d’excréments qui nous tombent régulièrement sur le museau et les conditions parfois rudes de tournées.


Magic Fire Music : Troisième album pour le groupe, on a la sensation que c’est un peu celui de la « consécration », tout en restant relatif car on parle de musique metal, death qui plus est, et par dessus tout, nous sommes en France, ce qui malgré tout laisse percevoir certaines difficultés à surmonter….Bref,on a l’impression que tout a été « complémentarisé » en plus d’être réfléchi, car la signature avec Great Dane qui aujourd’hui a une certaine respectabilité, Samuel à la batterie, El mobo qui vous a donné « un son », cette pochette vraiment personnelle très grind de surcroît, cette évolution musicale…Est-ce que vous aviez prévu d’une manière stratégique de conjuguer tout ça, ou ça s’est fait plus ou moins progressivement en fait ?
 
Bastich : Bien vu de ta part, et un début d’explication de cette confirmation (on garde la consécration pour le prochain peut être ? mouhaha !) vient de notre volonté d’enfoncer le clou pour Feeding The Pigs qui est donc le troisième album, après 10 ans d’existence. Donc chronologiquement, après le départ de notre excellent manager Loic Leymeregie qui a contribué à nous remettre sur les rails, on a commencé par créer notre asso Sweet Apocalypse pour gérer indépendamment ce que les labels ne peuvent nous fournir à notre niveau, puis nous avons souhaité une production impeccable et un visuel percutant. On cherche à jouer un maximum et si possible devant un public passionné et si possible connaisseur.
On n’est pas des rock stars, on fait du Death Metal sans se soucier des tendances ou de ce qu’il est de bon ton de faire ou pas, certains apprécient cette authenticité. Et d’autres nous reprochent de ne pas faire du Core quelque chose, ou de ne pas assez expérimenter, à ceux là je réponds : ne prenez même pas le temps d’écouter Fleshdoll, ni le nouveau ni le prochain !
Je n’analyse pas plus que ça, on a composé avec les mêmes intentions que sur Animal Factory (2010), poussés par la rage des  mésaventures rencontrées entre 2008 et 2012. La complicité des deux guitaristes et moi a suffit à créer une « logique » entre les chansons. Le talent de Sam et de Mobo a fait le reste, sans parler des fous rires qu’on a eu en travaillant avec eux. 
 

Magic Fire Music : Je poursuis sur cette évolution musicale, c’est vrai que vous avez affiné votre death metal, avec plus de technique plus d’intensité en fait…Tout d’abord, est-ce que l’arrivée de Samuel à changé la donne par rapport à ce que vous aviez pu déjà écrire avant qu’il ne soit là ?
Je veux dire que lorsqu’on écoute « Collateral murder » son style rappelle Gorod ce qui donne cette espèce de teinte similaire aussi à la chanson elle-même…Donc a-t-il retouché les bases des chansons au final pour participer dans une certaine mesure à l’évolution musicale du groupe ?

 
Bastich : Je ne vois pas d’évolution musicale de mon point de vue. On a vraiment essayé de coller au même « esprit Fleshdoll », sans volonté de transcender les précédentes chansons en dehors de la production.
Je crois que Collateral Murder ou The Wolf surprennent un peu parce qu’elles ont été entièrement composées par Pat (guitares) et qu’on les a très peu retouchées en répétition. Ce mec est un virtuose, la guitare prend beaucoup de place dans ce qu’il écrit, un peu comme dans Gorod peut être ?
Sam a été très occupé avec Gorod pendant qu’on écrivait l’album, il est arrivé directement en studio et certains morceaux n’avaient pas été répétés avec lui. Son jeu de batterie est unique et bien reconnaissable, d’où la comparaison ?  
On a commencé à travailler sur la suite, il me tarde de maquetter ça et voir ce que ça donne.
 

Magic Fire Music : A côté de ça tu vois, on sent bien que Fleshdoll est devenu plus technique en approfondissant des saveurs old school, très roots, et presque grind parfois…Le grind c’est un style qui vous parle ou pas ?  Parce que même dans cette pochette signé Mat-digital-art on peut se dire que vous avez voulu vous rapprocher de cet esprit plus libertaire que peuvent avoir certains groupes de grind…D’ailleurs ce mec en uniforme laissant penser à quelqu’un des forces de l’ordre et cette tête de cochon sont sensées représenter quoi objectivement dans votre idéologie première ?
 
Bastich : Pendant les sept premières années après notre premier concert, Fleshdoll jouait Greed Killing de Napalm Death en ouverture de certains concerts ou en rappel. C’est un groupe qui fait l’unanimité chez nous. On a aussi joué avec Blockheads, Mumakil, qu’on aime bien. On écoute aussi du Rotten Sound, Brutal Truth, Sayyadina, et j’en oublie.
Pour la pochette, je vois ce que tu veux dire, le fait de mettre un personnage central fait assez revendicatif par rapport à la tradition Death, de paysages morbides, ou d’ambiances sataniques.
Pig est synonyme de Flic en anglais, la vision libertaire de dénoncer l’officier avec une tête de cochon ne me déplait pas.
 

Magic Fire Music : Parce que même si souvent les auteurs aiment à ce que les auditeurs puissent faire leur propre interprétation des paroles, lorsque ces mêmes auteurs écrivent ils ont leur raison et ce qui m’intéresse de savoir…pas ce que peuvent en penser les gens, c’est pourquoi l’auteur a écrit cela, alors qui sont les porcs et qu’est-ce qu’on leur donne à manger pour toi ?
 
Bastich : Haha ! bien tenté mais je ne suis ni un poète ni un écrivain alors je préfère parler de mes textes en buvant des coups le coude au comptoir. On se fait ça quand tu viendras nous voir en concert ? 
Pour aller dans le sens de ta question, tu vois déjà que la pochette renferme assez de détails pour être perçue différemment. Par exemple, l’uniforme et la tête de porc t’ont marqués mais tu as moins relevé le brassard avec la croix sur la veste du personnage et le bestiaire au dos du digipack et du vinyle.
 

Magic Fire Music : Bon dernier abordage sur votre évolution, il y a des choses qui m’ont paru vraiment nouvelles dans ce « Feeding the pigs », ce sont les incursions presque jazzy comme sur « Ecstatic random carnage ». Ce genre de petits passages offrent à l’album cette fraicheur et cette différence des deux premiers albums, est-ce que ce sont vos propres écoutes qui vous ont fait insérer ces segments ou c’est plus une volonté de ne pas rester immobilisé, enfermé dans un style qui s’était étalé sur deux albums par crainte de ne pouvoir vraiment proposer autre chose sur le long terme ?
 
Bastich : Difficile de prendre assez de recul pour donner mon avis. De mon point de vue on a toujours glissé des éléments étrangers dans nos albums. Comme le titre lancinant Frag Song sur W.O.A.R.G (2005) ou l’épique Go Dig Your Grave In The Sand sur Animal Factory avec son sample orientalisant et sa fin hypnotique.
On a aussi toujours ponctué les albums d’instrumentaux courts, détonants et servant de respiration en milieu de parcours.
Je crois que le fait d’être mieux mis en valeur par la production de Mobo fait la différence et marque plus les esprits.
 
Magic Fire Music : Si on peut parler un peu de Sweet Apocalypse, qui est votre asso créée pour le groupe et qui a permis bien sûr la tournée au Japon sans doute appuyée par Samuel et le contact Mehdi qui est là-bas depuis un moment je suppose, mais aussi de la sortie en vinyle de l’album….
Le revival vinyle est quelque chose qui s’est accéléré ces derniers temps, certains en sont même à rependre le format cassette…Bref, qu’est-ce qui vous a poussé à sortir « Feeding the pigs » en vinyle ? Il est vrai que le choix de la couleur du Lp lui-même est divine, ça donne envie de l’avoir comme celui de IMPUREZA, c’est un marché qui vous semble florissant aujourd’hui ?

 
Bastich : Sweet Apocalypse nous a permis d’avoir une existence légale pour se faire plaisir et ne pas se suffire du Digipack sorti par Great Dane Records. Le vinyle est une édition limitée à 200 exemplaires qui nous a coûté cher mais qu’on voulait surtout pour notre collection personnelle. Ca se fait de plus en plus et tant mieux comme ça on peut trouver facilement des devis pour le réaliser. Par contre, je ne peux pas dire si c’est un marché florissant ou pas parce que je n’ai que l’exemple de Fleshdoll et nos ventes ne nous permettent pas de faire du profit, même pas du tout !
On ne se fait pas d’illusion sur la rentabilité d’un groupe de Death, on va continuer à avancer sans prétention, prenant un maximum de plaisir, et dépenser quitte à froisser parfois un peu la sensibilité de nos banquiers ou de nos familles, haha !
 

Magic Fire Music : Et donc cette tournée au Japon, ça a donné quoi, au delà du souvenir impérissable, comment avez-vous trouvé le public japonais, surtout pour ceux qui ne vous connaissaient pas ?

Bastich : Le public japonais a été emballé par nos concerts, on a joué devant des fans à fond et avec une culture Metal assez solide. En discutant avec eux on a vu que ceux qui faisaient le déplacement étaient bercés de groupes old-school qui nous influencent beaucoup. La présence de Vomitory sur l’affiche n’y est certainement pas pour rien.
On a pris du bon temps sur la tournée, avec la complicité des autres groupes comme Beyond Creation, des organisateurs et des gens rencontrées dans chaque ville.
Les salles étaient parfaitement bien équipées, ce qui nous a permis de jouer tous les soirs dans de bonnes conditions techniques, même dans les plus petits clubs de Sendai ou Shizuoka. Le final à Tokyo a été dantesque, concert complet, public déchaîné et en after  petite nuit blanche à Shibuya avec tournée des bars.



 

Magic Fire Music : Je reviens juste encore un fois sur le vinyle, pourquoi ne pas avoir inséré les paroles, un feuillet lorsqu’il n’est pas celui du rangement du 33t lui-même , en noir et blanc ne reviens pas plus cher qu’autre chose non ? Puisqu’elles sont dans le digipack….
 
Bastich : C’est pour une raison financière, on fait tout ce que notre budget nous permettait. C’est pour cela que lorsqu’on commande le vinyle sur notre bandcamp, on reçoit en plus les chansons en mp3 avec les paroles (aussi disponibles sur le lecteur bandcamp).
 

Magic Fire Music : Souvent, on peut lire El mobo pour le mastering, El mobo pour le mixage…vous avez fait appel à ses services pour l’intégralité du travail à effectuer, cette marque de confiance vient d’où ?
C’est la première fois qu’il faisait cela pour un vinyle également non, est-ce que ça change quelque chose ou pas ?

 
Bastich : Oui c’était son premier mixage spécial vinyle et il en était content !
On avait envie de faire appel à Mobo suite à ses productions précédentes comme Minushuman ou Eryn Non Dae. Loic (notre manager) le connaissant il nous a conforté dans ce choix.
Ça a été une expérience excellente, il a une bonne écoute, ses conseils sont perspicaces et il est drôle, what else ?
 

Magic Fire Music : Lorsque l’on voit l’engouement que peuvent avoir certains aujourd’hui concernant votre troisième album, qui est également pour moi le meilleur, je suppose que ça fait plaisir…Est-ce que vous vous disiez « il était temps, après dix ans de « travail », enfin on nous reconnaît » ?
 
Bastich : Je ne sais pas. Quand on a reçu l’album mixé, juste avant le mastering, on s’est bien dit que ça allait méchamment botter des culs quand même ! mouhaha !
Ces dix années ont été remplies de bonnes surprises et de très mauvaises. Ces dernières nous ont énormément ralenti mais le vent a bien l’air d’avoir tourné et ça nous va. On est bien accompagné et solidement conforté dans l’envie de persévérer.
 

Magic Fire Music : D’ailleurs qu’est-ce que tu, que vous attendez réellement de Fleshdoll,  2014 la scène est tellement dense, et même en qualité, les groupes sont legion….Je me doute bien que vous ne vous attendez pas à être les Morbid Angel du death français, mais en plus d’être un exutoire, aujourd’hui Fleshdoll c’est quoi ?
 
Bastich : Je n’ai jamais su pourquoi on ne se contentait pas de reprendre des morceaux connus, qui sait d’où vient l’inspiration et le besoin d’écrire de la musique et des paroles ? On crache ce que l’on a dans les tripes, et on essaie de prendre du plaisir. Et quoi de plus excitant que de partir sur la route, raconter un maximum de conneries, monter sur scène, faire la fête et des rencontres? I know it’s only rock’n’roll (but I like it).
 

Magic Fire Music : Je ne ferai pas de polémique mais en fin d’année le fait que votre album ait été dans le référendum du meilleur groupe français sur vs-webzine a suscité quelques vives réactions de la part de ceux qui ne vous connaissaient pas, de ceux qui dénonçaient du « copinage »…Je ne pense pas que cela vous soit passé à côté,car lorsqu’on parle du groupe dans lequel on joue, on s’intéresse un peu à ce qu’il se dit non ? A moins de s’appeler Metallica et donc qu’est-ce que vous en avez pensé de tout ça, de votre présence dans ce référendum, des avis donnés, positifs ou négatifs j’entends bien ?
 
Bastich : On faisait de la musique avant le développement d’internet, on sait qu’il faut trier ce qu’il se dit sur la toile car aujourd’hui n’importe qui peut donner son avis. Cette liberté permet au premier gland venu de parler de tout sans se soucier de se renseigner avant. Un mec non enregistré sur le Webzine nous insulte gratuitement, en quelques mots, sans argument, sans connaitre ni avoir écouté la musique… est-ce nécessaire de répondre? 
Nos fans se sont mobilisés aux deux tours pour qu’on soit finaliste, c’était une bonne surprise, merci à eux!
Certains ont critiqué le fonctionnement du référendum, d’autres anonymes nous ont craché dessus mais des membres enregistrés ont rectifié leurs propos incultes. Est-ce que les mecs qui se font plaisir derrière leurs claviers tiendraient les mêmes propos si on se croisait au bar? Non, ces mecs ne vont pas au bar… et vu leur connaissance du milieu underground français, peu de chance qu’ils aillent souvent aux concerts. Qu’ils viennent nous voir sur scène juste une fois pour bien botter leurs fions coincés!! Mouhahaha!
Du coup, il vaux mieux en rire et savoir qu’ils ne feront jamais la pluie et le beau temps. 


Magic Fire Music : Bon on peut voir aussi que la promo a l’air d’être pas mal, je pense notamment au fait que vous soyez placés sur des dates avec Loudblast et Benighted, c’est toujours intéressant de jouer devant plus de monde lorsque l’on suit des groupes qui ont une certaine notoriété, hormis ça, est-ce que l’année 2014 sera longue en déplacements ou pas ? Et est-ce qu’aussi vous arrivez depuis la sortie de « Feeding the pigs » à négocier des choses beaucoup plus intéressantes pour le groupe ?

Bastich : On attend avec impatience ces dates, on a déjà joué avec les Loudblast en 2011 et on connaît personnellement certains musiciens, puis Sam les a dépanné quand Hervé tournait avec BlackbombA. Ça promet une ambiance rock’n’roll parfaite pour Fleshdoll.
Actuellement nous avons plus de facilité à trouver des tournées à l’étranger plutôt que des concerts en France. Ici les orga sont encore frileuses avec nous mais les chroniques de Feeding The Pigs commencent à sortir et ça devrait changer la donne.
Pour l’étranger on étudie des possibilités en Russie, Suisse, en Algérie et en Asie. L’album sera aussi distribué aux États Unis et en Allemagne à partir d’avril, Feeding the Pigs marche déjà bien en distribution digital dans ces pays, ça enfoncera le clou!


Magic Fire Music : Cela signifiera-t-il aussi quelque part plus de sacrifices, plus d’efforts consentis pour le  groupe au détriment peut-être du cocon familial pour ceux qui sont en couple et qui ont des enfants je veux dire ? D’ailleurs cela pourrait changer pas mal ce que vous avez vécu depuis ces dix années finalement non ? Attendu que le nom de Fleshdoll n’était pas sur toutes les lèvres, cela limitait un peu les efforts à faire…

Bastich : On a déjà des vies un peu en marge par nos métiers. Je bosse pour un orchestre symphonique qui tourne beaucoup, Chili travaille pour l’aérospatial, Pat et Sam se consacrent à la musique.
Ça ne change pas beaucoup le quotidien de caler des tournées avec Fleshdoll.
Mais c’est vrai qu’avoir un groupe actif demande des compromis avec les métiers, les familles et il vaut mieux être entourés de gens compréhensifs!


Magic Fire Music : Je suis personnellement un grand fan des choix musicaux de Great Dane Records, donc forcément cette question était inévitable…sans faire de détours, ni de raccourcis, le choix qui s’est porté sur le label est bien sûr le fruit d’une réflexion mûrie qui , je n’en doute pas, qui conjugue beaucoup de choses…Mais qu’est-ce qui vous a attiré vraiment, le côté humain ? Le réseau de distribution du label ? La promotion ? Sincèrement, vous attendez quoi en fait d’un label, de ce label parce qu’après dix ans et une première autoprod, vous auriez pu en sortir une seconde, puisque Sweet Apocalypse a servi pour le vinyle ?
 
Bastich : Ce que l’auto-production ne fait pas aussi efficacement c’est la distribution. Le label obtient régulièrement de nouveaux contrats à l’étranger.
Great Dane records est une histoire de passionnés, le boss Raphael a voulu re-éditer les albums de Carcariass, qui étaient tombés dans l’oubli, il soutient Carnal Lust et No Return qui sont deux formations trop sous-estimées en France d’après-moi. On voit bien que ces choix sont authentiques et Fleshdoll trouve naturellement sa place dans le tableau. Je nous imagine une tournée avec No Return/Carcariass et Carnal Lust, ça ferait mal, non?


Magic Fire Music : Avant de nous séparer, j’ai une question spécifique : vous avez enfin trouvé le sens de la vie….Quel est-il pour vous ? Est-ce que votre séjour au pays du soleil levant y est pour quelque chose ?

Bastich : Justement oui, cette question tombe très bien parce qu’au détour d’un temple shintoïste nous avons enfin trouvé le sens de la vie et c’est tout simplemeaaaaaaaaaaaargh….. 


Magic Fire Music : Voilà, j’ai fini avec mes questions, merci d’y avoir répondu avec attention et de manière développée, je souhaite à Fleshdoll de  perdurer aussi longtemps qu’il sera permis de le souhaiter, et comme d’hab, c’est pas moi qui finit ce dernier paragraphe, à bientôt sur la route peut-être….
 
Bastich : Merci pour tes questions bien documentées. A bientôt oui, Fleshdoll a repris du poil de la bête et n’est pas prêt de se laisser abattre!
 
 
 
Interview : DustBowl
Date : 14 Janvier 2014
Par : E Mail
 
 
 
 
 

 

Magic Fire Music : Nous vous connaissons déjà, via les chroniques et un report, alors je me permets de passer les fameuses présentations. Que s’est-il passé pour vous entre In Recoil et Another Kind Black ?
Nico : Il s’est passé pas mal de choses ! Notre label a coulé à la sortie d’In Recoil, nous empêchant une vraie présence dans les bacs et nous plantant des revenus de nos ventes. Nous courrons encore après notre stock de CD ! Nous avons néanmoins fait une tournée dans toute la France, où nous avons fait de belles rencontres. Par la suite, Guillaume a monté avec succès Ommatidia avec Nicolas Chrevrollier de The Old Dead Tree. Notre ancien batteur a quitté le groupe. nous avons donc intégré Arnaud, le frère de Guillaume, au poste de batteur. Enfin, nous avons construit notre propre studio pour répéter et enregistrer ce 3ème album.

Magic Fire Music : In Recoil était déjà sombre, c’est encore le cas ici. Ce sont vos expériences qui rendent vos albums aussi … sombre?
Nico : En fait, nous sommes plutôt des gens heureux ! Justement, notre part sombre s’exprime dans la musique, de sorte qu’elle permet d’équilibrer nos vies. A l’inverse, je suis persuadé qu’un paquet de gens tristes dans leurs vies écoutent de la musique joyeuse pour s’échapper de leur quotidien.

Magic Fire Music : De quoi parle Another Kind Black ?
Julien : Quasiment tout le groupe a participé aux textes, mais en majorité c’est Guillaume et moi qui nous en sommes chargé. Les thèmes sont variés et pas si sombres : « Solar Soul System » est un croisement entre l’espace et l’orgasme, « Exponential Needs » évoque la tendance humaine à consommer sans retenue les ressources naturelles sans se soucier du lendemain, « C. Compressus » parle de la difficulté intrinsèque à faire cohabiter plusieurs religions monothéistes, « Exploded View » a été inspirée par le coté parfois obscène des sites comme Tumblr, ou Facebook, qui font que les gens, et nous les premiers, exposent des photos ou détails assez intimes de leur vie, avec pour résultat la possibilité de retracer la vie d’un inconnu à travers ce qu’il laisse sur le web. On essaye d’aborder des sujets sans trop de clichés et sans vouloir donner de leçons.

Magic Fire Music : Votre musique semble s’être durcie entre les deux albums. Il fallait faire une musique plus dure pour faire passer vos sentiments ?
Nico : On n’a pas cherché à durcir le ton volontairement, mais à aller plus loin. on a commencé par changer d’accordage et de matériel, augmenter les tempos, et ça a donné ce résultat. L’expérience du live nous a également poussé à limiter les passages atmosphériques. je me suis rendu compte qu’en tant qu’auditeur, j’aime beaucoup les morceaux pêchus, alors j’ai poussé cet aspect lors de la composition.

Magic Fire Music : J’ai carrément craqué sur “Silver” de quoi parle précisément ce morceau ?
Julien : « Silver » parle des victimes des guerres, dont on fait des statues pour glorifier le sacrifice. Finalement, ce sont les jeunes qui meurent et certains en retirent le mérite en bâtissant des monuments pour se donner bonne conscience. C’est un peu le même thème que « Disposable Heroes », mélangé avec le film « Blood Diamond ». Une phrase que j’aime beaucoup dans cette chanson et qui illustre bien le sens est : « Eternal flame is oblivion burning », en français « La flamme éternelle (sous entendu du soldat inconnu) est l’oubli qui brule ».

Magic Fire Music : Pour In Recoil vous aviez beaucoup tourné. Quels souvenirs gardez-vous de cette tournée ?
Nico : Plein de rencontres, dont Danny Cavanagh pour qui nous avons ouvert, beaucoup de route, des nuits à dormir n’importe où, des surprises (groupe en + sur une date, pas de sono, etc …), ce sont des expériences humaines uniques. Cela nous a forgé pour la tournée que nous venons d’achever.



Magic Fire Music : Cette fois-ci aussi vous avez fait pas mal de dates. De plus vous avez joué avec The Old Dead Tree et Melted Space. Des potes à vous je crois ? Comment ça s’est passé ?
Nico : Cela s’est passé simplement. Nous connaissons Les Old Dead Tree depuis quelques années. Lorsque la tournée anniversaire s’est préparé, ils ont pensé à nous pour les accompagner, sachant que nous assurerions sur scène et que nous étions plutôt faciles à vivre. J’ai croisé Manu au printemps au détour d’un McDo, il m’a proposé la tournée et nous avons accepté ! Cela a été un gros sacrifice pour Arnaud qui est devenu papa quelques jours avant de partir en tournée !!
Nous avons passé 10 jours incroyables en bus avec des personnes géniales, nous étions une vraie bande de potes semant la terreur dans toutes les stations d’autoroutes de France !

Magic Fire Music : Une question pour Guillaume, si tu étais repéré par l’émission The Voice, irais-tu ? Que penses-tu de cette émission ?
Guillaume : Justement, c’est marrant que tu parles de ça, car j’ai regardé la première émission 2014 samedi dernier. Cela évoque également la fameuse question de savoir si un chanteur « métal » a sa place dans ce genre d’émission de télé-réalité. Je ne suis pas un inconditionnel de ce type d’émission même si j’ai regardé/écouté attentivement les deux premières saisons de la nouvelle star par exemple. En toute honnêteté, je crois que oui, j’y participerai sans hésiter car c’est une expérience très enrichissante à mon avis. Les gens qui auditionnent ont pour la plupart beaucoup de talent, et les coachs ne sont pas les premiers venus non plus, à part peut-être Jennifer; là j’ai un doute 😉 … »au soleil tout ça.. ».Ca reste un sacré challenge de participer à une émission comme celle là, une sacrée pression aussi; mais j’y participerai car je suis animé par la passion de la musique en général (même si évidemment, mon truc c’est plus le rock dans sa globalité) et du chant en particulier. On verra si je regarde l’émission n°2.

Magic Fire Music : Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été musicien ?
Nico : En fait, nous ne sommes pas musiciens ! Pas pro en tout cas. Néanmoins, la musique a construit mes choix de vies, je pense que sans musique j’aurais donc surtout été malheureux !

Magic Fire Music : Un coup de gueule ou un coup de cœur ?
Nico : Coup de cœur : TriggerFinger, un groupe belge qui est excellent !
Guillaume : Coup de cœur aussi : Leprous, c’est number one autant sur album qu’en live.

Magic Fire Music : Le dernier mot pour terminer cette interview ?
Nico : Merci de nous soutenir, c’est pas original mais ça vient du cœur !

Vous le savez, ou si vous ne le savez pas vous devriez le savoir, en matière de renouvellement, le site que vous lisez actuellement est loin d’être un spécialiste du genre. Magic Fire Music n’a changé de robe qu’une seule fois depuis sa création et c’était en 2009 sous le coup de pinceau de Magus… Une éternité pour un site web qui se doit d’être toujours accueillant et le plus joli possible.

C’est pour cela qu’il y a déjà de nombreux mois nous avons prit la décision de changer de gueule. Mais rien n’est simple aujourd’hui et ceux qui semblaient motivé pour nous aider il y à plus de 6 mois sont aujourd’hui aux abonnés absents. Heureusement il y a des gens sur qui ont peut vraiment compter. Et à force de repartir sur une feuille blanche à chaque fois, on finit tout de même par y arriver.

Ainsi Magic Fire Music va donc faire enfin peau neuve. J’espère que cela nous fera du bien et à vous aussi. J’espère que cela redonnera du courage et de la motivation à nos chroniqueurs. Vous le savez, MFM n’est pas une machine à chronique, mais parfois un coup de boost est le bienvenu. Certes, nous prenons notre temps (trop diront certains -et ils ont sans doute raison) mais quantité n’est pas adage de qualité. Et puis un petit coup de jeune sur les murs ça redonne toujours envie de continuer de vivre dans la maison.

Et qu’allez vous retrouver sur le Magic Fire Music 3.0 ? Un nouveau design, une nouvelle police de caractère, plus moderne, mais respectant au mieux l’ancienne et puis plus de place pour vous chères et chers lectrices-lecteurs avec enfin la possibilité d’en placer une sans passer par un captcha capricieux ! Pour facilité la mise en place de ce nouveau site, nous avons cependant du faire un sacrifice. En effet, toutes les anciennes chroniques/interviews/reports ont du être supprimées ! … Je plaisante. Mais à défaut de les retrouver dans leurs pages attitrées, vous allez pouvoir tout retrouver dans nos Archives. Cela permettant au passage de donner comme un goût de renouveau à cette version 3.0 de MFM. Qui dit renouveau dit aussi nouvelle charte graphique. J’espère qu’elle vous plaira. Au pire, vous savez où écrire pour gueuler que c’est moche et pour nous dire ce qui ne va pas. Sachez cependant que lorsque le nouveau site sera mis en ligne, il y aura encore quelques modifications à terminer. Le monde ne s’est pas fait un jour…

Avant de terminer, je tiens à remercier Arch Gros Barbare pour son passage (même éclair) au sein de MFM. C’est sans doute grâce à toi que tout cela arrive aujourd’hui. Merci. Enfin, je tiens à remercier tous les chroniqueurs et chroniqueuses qui sont passés dans nos pages. Merci à vous, mais on continue même quand même. Quant à ceux qui nous/me suivent depuis le début de notre/mon aventure sur la toile avec SoilChronicles et maintenant sur Magic Fire Music, que grâce vous soit rendu mes amis ! Allez, soyez patient. Encore quelques jours à tenir et MFM nouvelle génération va arriver.

Un dernier mot enfin pour soutenir l’équipe de France de football durant ce mondial au Brésil.

 

  • Groupe : Brutality
  • Album : Ruins of Humans
  • Sortie : Février 2013
  • Label : Ceremonal Records
  • Style : Death Metal
  • Site Web : www
  • Note : 15/20

 


1993 « Screams of anguish » : Tuerie.
1994 « When the sky turns black » : Dépeçage intempestif
1996 « In Mourning » : Grosse biffle
1996-2012 : Branlage de couilles, disette, traversée du désert, Tour du monde à la voile, vente à la sauvette, compile pour bals musette…..

Et là 2012, grand retour des américains, le line-up de « Screams of anguish » qui se reforme et reprend le chemin de la composition, tel qu’ils l’avaient laissé à l’époque…
Quoi de mieux qu’une réunion d’anciens combattants pour re-balancer une purée death metal de tradition américaine avec les rythmiques et la production qui vont bien ?

En effet, une production qui va bien, parce que pour ne pas rompre avec la coutume floridienne, c’est évidemment vers Jim Morris et le Morrisound que BRUTALITY s’est tourné. Celui qui s’était occupé des trois albums avec le son de toute une époque. Celui qui a dirigé une bonne palanquée de groupes vers le firmament étoilé de la galaxie du death metal. C’est donc encore une fois vers l’homme de la situation pour un retour remarquable qu’il fallait se diriger et BRUTALITY n’a pas manqué son coup.
Couleurs sépia, avec des guitares noires où un voile de soie vient à peine feutrer le son, le tout sur un coulis de batterie chaude où trigs et autres surabondances d’effets ne viennent pas dégueulasser le travail de composition en remplaçant l’inspiration par la poudre aux yeux technique pour endormir un auditeur déjà zombifié par les centaines (de milliers?) de sorties insipides…

Alors que l’on se satisfait du travail réalisé par le Morrisound, il ne faut pas s’arrêter à cela uniquement. BRUTALITY renoue avec ses amours d’antan en revenant aujourd’hui ; parce que c’est le logo de « Screams of anguish » et de « When the sky turns black » qui est mis à l’honneur pour bien rappeler au fan que c’est cette époque là qui l’a marqué le plus.
Mais également parce qu’avec un artwork et un lay out signé Art Hammer (Death Hammer Graphix) qui a auparavant bossé avec Criminal Element entre autres, on sent bien que c’est pas pour ramasser les pâquerettes sur le bord de la route ou boire le thé à la maison de retraite que BRUTALITY s’est reformé.

Ça pue la mort, ça pue la crasse, ça pue la haine et c’est morbide. Du death metal en fait, avec l’étiquette d’origine, celle qui colle tellement au boîtier, noircie par les doigts graisseux, qui sent la clope et qu’on arrive plus à décoller.

Tradition sonore, tradition visuelle, ce Ep est bien trop court pour les connaisseurs, pour les amateurs de BRUTALITY, parce qu’il ne comblera pas toutes les années de silence…
En plus deux titres c’est vraiment très peu, mais si l’on considère que c’était pour tâter le terrain, la prise de risque est minime comme ça pour le groupe, démarche au final, intelligente.
En attendant, même si l’on peut profiter uniquement que de ces deux seuls titres, BRUTALITY ne s’est pas foutu de nous parce que le premier « Ruins of humans » fait durer le plaisir au delà des huit minutes, ce qui reste exceptionnel tout de même pour un titre de death metal.

Avec une introduction quelque peu classique , se voulant angoissante, on sent immédiatement que l’ambiance est plus tirée du côté de « When the sky turns black » que de leur premier album. Tout simplement parce que l’ensemble est plus posé et moins agressif que ce que l’on pouvait écouter sur « Screams… ». Sur ce premier morceau BRUTALITY joue d’entrée la carte du death metal floridien typique afin de s’assurer de la pérennité de la chose. Mais malgré tout c’est avec un brin de mélodies funèbres que BRUTALITY fait son grand retour : rythmiques lourdes ,avec plusieurs passages un peu plus mélodiques dans leur aspect death, afin de rendre l’ambiance encore plus oppressante. C’est sur des harmonies bestiales biseautées par des accélérations rappelant un peu les Deicide époque « Legion » par endroit, ainsi que l’atmosphère si cultissime d’un Cancer « Death Shall rise » que BRUTALITY a écrit ce premier titre. Les vocaux de Scott Riegel doublés comme le chant démoniaque d’un Lucifer en fin de règne, pénètrent dans nos oreilles comme de vraies litanies incantatoires en nous faisant éructer de satisfaction.
Le premier solo à 3’55 hyper speed fait son travail de grand frère pour que celui de fin de morceau à 7’00 harmonisé à la perfection et beaucoup plus mélodiquement classieux, vienne terminer le titre dans un fade out enivrant.
A ce moment là, à mi-parcours, on peut être plus que certain que ce Ep annonce quelque chose de grand à venir, et qu’il est une pierre indispensable à la discographie de BRUTALITY.
Le deuxième titre « Irreversible Broken » déjà plus court de deux minutes ressemble effectivement encore plus aux chansons qui se trouvaient sur « When the sky turns black », avec ce côté plus assuré de « In Mourning », et des riffs relativement plus basiques et coutumiers mais efficaces dans leur manière d’amener la rythmique principale. En revanche ce qui est énorme tout simplement, c’est la manière à 3’00 après le pont qui annonce ce changement justement, de repartir sur de nouvelles harmonies nettement plus rapides que ce que laissait présager le début de morceau. Des harmonies qui montrent un peu l’évolution de BRUTALITY ; le comment le groupe veut aborder maintenant son death metal tout en renouant avec le passé.
Et cette nouvelle approche entre les bagages qu’il possède déjà et ces espèces de solos harmonisés, mélodiques, et divinement inspirés, laisse apercevoir un BRUTALITY au plus haut de sa forme.

Alors effectivement on pourra dire « ouais bof c’est classique »….Mais oui c’est classique, mais lorsque l’on dit de quelque chose que c’est un « classique », cela sous-entend que c’est une valeur sûre, une référence, quelque chose de culte et de connu. « Ruins of Humans » c’est du BRUTALITY de papa et de maman, ça sent bon le mur porteur du death metal dans la maison metal extrême. Et même s’il ne dure que quatorze minutes, écouter du death metal écrit comme celui-ci c’est du bonheur en puissance…
Espérons seulement que ce n’est pas pour nous laisser en plan dans quelques mois et que c’est bien pour pondre un successeur à « In Mourning »…


 

 

Tracklist:
1.Ruins of Humans
2.Irreversibly Broken