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– « Oui, c’était il y a un mois…mais certains lisent encore la bible…et ça date. »(et en plus il est court)Tout le monde part en tournée (certains ne font que la tournée des bars ce qui est déjà pas mal, à condition de ne pas prendre de shooter bleus, mais ceci est une autre histoire…), Européenne, mondiale, française, locale, tout dépend de tes ailes, de comment elles sont déployées, de comment tu prends de la hauteur, de ton envergure tel le vultur gryphus (bien sûr que je suis allé le chercher ce terme, je n’y connais rien en ornithologie). Tu peux parcourir la Terre entière en ne faisant escale que sur les pics les plus élevés, en n’effleurant que les cimes les plus hautes et avoir ce sentiment de liberté . Mais ce sentiment, tu peux l’avoir aussi en écumant des salles plus humbles qu’un Zenith, des salles plus sombres que les « corps caverneux » qui font le fond de commerce des proctologues, des salles plus lugubres que les catacombes… de véritables caves en sous-sol quoi…

C’est exactement là où nous avons eu l’occasion d’aller profiter d’un excellent concert eu égard aux groupes de l’affiche organisée par The Insane Legions, eut égard à leur black metal, et ce sera tout car les conditions n’étaient pas des meilleures c’est sûr.

Tout d’abord, effectivement il était difficile ce soir là de se scinder en deux car l’association Iras Militias avait également organisé sa petite sauterie au Blackroom avec MANZER, NECROCULT et CULT OF THE HORNS. Et réaliser une affiche le même soir, à connotation blackeuse de surcroît c’était dommage et surtout risqué car cela divise les troupes, ce qui forcément a eu une certaine incidence sur l’affluence pour les deux affiches, bien que modestement les légions noires se soient malgré tout embarquées sur les courants du Styx pour accoster soit sur une rive, soit sur l’autre et profiter d’un samedi blasphématoire.
Alors mon cœur avait balancé pour THE NEGATION, car non content d’avoir pris un retour de phalanges avec leur premier album « Paths of obedience » sorti chez Mortis Humanae Productions, l’envie de voir comment cela se passe sur scène était plus forte que tout, à mon grand dam puisque je n’ai pas pu voir le grogneur de GUT-ROT qui pour le coup avait fait le déplacement pour ses potes de NECROCULT et pour tenir le merch…
Mais la vie est faite de choix et d’opportunités, c’est à nous d’en faire ce que l’on veut.( cogite sur ça tu verras, si la vérité est ailleurs la réponse est au bout du chemin…)

Sur ces bonnes paroles, il faut reconnaître que le temps était agréable à Bordeaux ce soir là, car juste profitant de prendre un café sur la place de la Victoire dans une brasserie où le prix de la boisson a fait peur à mon porte monnaie, ayant eu l’appréhension que le serveur ne me propose un paiement en trois fois sans frais, tellement c’était élevé question tarif, j’ai aperçu de manière fugace, Mr Mow Mow.
Mr Mow Mow, l’homme de tous les concerts, celui que l’on voit partout avec son long manteau à la Ken le survivant, le « Charlie » du concert de death et de black. Il était bien là encore cette fois, tel le renard embusqué dans l’attente qu’un lapin de six semaines lui passe sous le nez en quête d’un burger aux trois milles fromages….
Après ces quelques instants à siroter un café à 30 centimes le millilitre, il était donc temps de se rapprocher de la batcave qu’est l’antidote.
L’avantage certain de cette « salle » qui n’est pas sans rappeler le Barclay à la grande époque bordelaise, où Hypnosis et même Godzilla si je ne dis pas de bêtise, y ont fait leurs premières armes, c’est qu’elle n’est pas loin du centre ville, donc pas besoin de beaucoup marcher, de beaucoup chercher, entre les Capucins et la place des étudiants du jeudi soir, l’Antidote est accessible à tous.
Quelques temps auparavant MARBLE CHARIOT et SILVER MACHINE y avaient laissé quelques notes sur lesquelles il m’avait été impossible d’y danser en raison de cours de piscine, et certainement que si j’avais su « j’aurai pas venu »(dixit la guerre des boutons bien sûr)
L’arrivée discrète dans cette antre du mal pour une soirée s’est faite entre les effluves du graillon et du tripailloux car bien que cela soit plaisant pour beaucoup, les tripes ne sont pas comme les huîtres, le caviar et autres subtilités de la cuisine, le genre de mets qui me font vibrer le palais et encore moins les papilles.
Et dans ce fumet corsé et épicé, on a pu constater qu’il y avait un peu de monde pour venir assister à la déferlante parisienne, même si en changement de dernière minute, c’est APOKALYPTIC SKY d’Arcachon qui sont venus prendre la place des suisses de PRAETORIANS.
Les amateurs de black étaient là : la STRYNN family, la AEQUINOCTIUM SANGUINIS family, mais aussi les Bleath brothers (mélange de black et de death), je veux bien sûr parler de John (DEMENTED/OTARGOS) et de son frère Jim (LIFESTREAM), Magouille, Matth, Oliv de MIND WHISPERS (grand amateur de black metal devant l’éternel satanique ou luciferien peut-être, on ne le dira jamais assez….) les gorrifiques d’HEBOIDOPHRENIE Abyss, Sylv, Remi,Crush…étaient même venus se perdre dans cette mélasse black metal…Wookie étant le maître de Cérémonie, l’intéressé n’est rangé dans aucun tiroir ni death, ni black, plutôt dans Star Wars en fait…(enculés d’Ewoks, on croit qu’ils sont cool, mais ils ont fait du mal à la réputation des wookie, boules de poils…mon cul oui.)

Bref,c’est donc en apnée que les bas-fonds de l’Antidote se sont ouverts sous mes pieds, dans cet escalier casse gueule qu’il ne faut surtout pas emprunter passé soixante ans sous peine de se fracturer le col du fémur au mieux, en faisant attention notamment pour Abyss et John le chanteur golgoth de APOKALYPTIC SKY de ne pas se fracasser l’occiput (les plus de 1,73 l’ont dans le cul)
Après avoir tenté de ne pas toucher au mur, un virage serré, voici la salle, voici le lieu « mal-saint », là où toute la haine noire allait se déverser l’espace de deux heures presque trois dans l’underground bordelais…

APOKALYPTIC SKY

Il n’est jamais simple pour un jeune groupe d’ouvrir pour des mecs qui ont un album derrière, l’expérience en sus, mais il faut dire que malgré leur jeunesse et le fait que ce n’était que leur troisième concert APOKALYPTIC SKY a fourni une bonne prestation scénique.
Alors oui, n’oublions pas que nous sommes face à un groupe de black metal, et donc comme le veut la tradition folklorique qui perdure depuis quelques années, même si certains ont tendance à le renier aujourd’hui les arcachonnais vêtus (pour leur golgoth de vocaliste notamment) d’artifices scéniques propre au style et de corpse paints ont mangé le public comme il le fallait pour poser le linceul sur les oreilles des profanes.
Avec un chant percutant et surtout des ambiances guerrières, APOKALYPTIC SKY a proposé un black metal traditionnel qui va pourtant parfois chercher des choses plus mélodiques c’est le cas pour le morceau « The end of the world » si je ne m’abuse.

Les premiers rangs (c’est assez difficile de dire ça vu la capacité de la salle enfin…de la cave à vins ne soyons pas bégueule) ont pris du plaisir visuel et auditif.
Tandis qu’à l’arrière, acculés contre le mur (j’ai bien dit acculés, restons corrects, je t’ai senti partir en vrille direct dans la pensée sexuelle là….) il fallait avoir amené son masque à gaz, parce que il y en avait un (je ne dirai pas qui c’est) qui avait la bonne idée de fumer ses clopes dans cet espace confiné sans la moindre once de bienséance à l’égard des convives…et vu que la salle faisait 30 hectares, ça n’avait pas l’air de lui poser trop de problèmes d’éthique.
Enfin l’avantage c’est que le chanteur d’APOKALYPTIC SKY qui chuchotait entre les morceaux pour conserver l’atmosphère lugubre, était bien épaulé par l’autre puisqu’il s’occupait avec sa fumée de faire office de brouillard….
Bref, hormis cela le son était correct pour l’acoustique de la pièce et cela donne envie d’en savoir plus sur ce groupe d’arcachon qui s’en est sorti avec les honneurs et qui nous a mis en appétit pour la suite…

SETLIST : The thief of soul /Apokalyptic Sky/necro madness/the big center red/the genesis/the last word/the end of the world

THE NEGATION

Le temps de se faire payer à boire (la technique de l’enculé de pauvre, ça marche un peu mais pas trop souvent), et de tailler le bout de gras avec un peu tout le monde venu se farcir du très bon black metal, on replonge dans les abysses (non pas celui-là car ce soir là, en grand fan de death metal il est resté plus à discuter dehors avec ses potes qu’à venir écouter comment on fait de la musique avec des accords plus aigus) pour le groupe excellentissime qu’est THE NEGATION.
Avec un seul album les parisiens forts de leur passé ont réussi à se forger une bonne réputation au milieu de l’underground français et aussi puissant que leurs compères de AZZIARD, THE NEGATION dans le cadre de leur tournée promotionnelle nous ont fait l’honneur de passer par Bordeaux. Il ne fallait donc pas rater ça, sauf « coinçage » de testicules dans un tiroir avec urgences à la clé ou prépuce fendu dans une braguette qui n’est pas la tienne, vous l’aurez compris, sauf cas de force majeure.

En attendant c’est, enchainés à leurs entraves d’acier que les négativistes ont débuté ce show froid, glacial mais pour autant tellement envoûtant.
THE NEGATION n’a rien perdu de sa splendeur sur scène cette splendeur même qui m’avait séduit sur album, avec un son malgré tout puissant en dépit du fait que nous soyions dans un igloo de pierre. Les parisiens ont créé la « putréfaction », ils ont matérialisé la mort avec leurs titres. « Erased » brillait de mille feux en fin de show, « One god » s’imposait en prêtresse de la nuit, tandis que « Last rites » et « The garden of extasy » faisaient office de litanies attractives pour nous emmener sur le bûcher.

Oui, la scène n’était pas très grande pour pouvoir se permettre les extravagances les plus capricieuses, mais THE NEGATION n’avait pas besoin de ça pour séduire son auditoire. En effet l’ambiance était là, les morceaux défilaient, reprenant l’âme du public pour la mener aux confins des limbes les plus ténébreuses , point de choses farfelues sur scène, juste la volonté de jouer les titres de ce « Paths of obedience » avec la fermeté, la haine et la force la plus complète, impactant ainsi les spectacteurs au plus profond de leur être. Il suffisait juste de fermer les yeux et d’écouter, car lorsque puissance devient l’égale de magnificence, il n’y a qu’un pas et THE NEGATION c’est la non matière dans son état le plus absolu.
Si la concentration auditive était adaptée à la qualité des morceaux, celui qui a bien écouté le show est entré dans le trou noir et s’est perdu dans les viscères du mal…

SETLIST : intro / red wrath / one god / garden of extasy / last rites / end of cycle / sacrifice the weak / erased / outro

MOONREICH

On recommence : boisson aux céréales, multi-céréales d’ailleurs, et bavardages intempestifs, le temps que la tête d’affiche se mette en place.
MOONREICH était la seconde découverte pour moi, bien que ces parisiens là aussi soient connus et reconnus dans l’underground black metal hexagonal avec deux albums produits, dont le dernier date d’il y a un an.
MOONREICH étaient venus en seigneurs de la guerre également, avec des bandages sur les bouches telles des momies revenues d’outre tombe pour conquérir et envahir la capitale du vin, le quatuor a su offrir tout une artillerie de riffs bulldozer, comme la plupart de la grosse scène française black d’aujourd’hui . MOONREICH dirigeait les esprits, les menant vers un échafaud musical prêt à décapiter des têtes virtuelles grâce à des morceaux qui bien que parfois un petit peu redondants avait une saveur morbide et macabre qui aurait mérité de s’épanouir sur une scène plus conséquente.
Cependant découvrant ces titres au fur et à mesure où finalement on a pu savourer quelques morceaux plus aériens dans l’atmosphère comme « And a star fell at the fifth sound », on se rend compte que MOONREICH est un groupe imposant, un groupe qui offre un black metal violent mais absolument pas dénué d’ambiances terrifiques. Un peu à la manière de THE NEGATION la foule, conquise a rendu les hommages qui étaient dûs à MOONREICH.

Ici aussi point de grandes folies sur scène, juste un étalage de bons morceaux joués avec stoïcisme, sans fioriture parce que le black metal de MOONREICH se suffit à lui même et il n’est point besoin d’artefacts comme chez Lady Gaga and co….Non. La musique, l’écoute et l’ambiance noire, voilà ce que MOONREICH avait à concéder…

SETLIST : terribilis est locus iste / le regard du pendu / nos conspuere in vobis / l’aube de crystal / curse the day hailed the night / curse them / du sang sur les mains / and a star fell at the fifth sound

Oui, la description scénique des trois groupes de cette soirée là est assez succincte, j’en conviens, mais en vérité tous étaient similaires dans la prestation par peu de mouvements et surtout ceci résidant dans le fait qu’ils ont peu bougé pour laisser la place à la musique afin d’oeuvrer comme il le fallait pour placer l’atmosphère dans ces catacombes vampiriques. Et c’est dans une soirée déroulée dans un calme relativement olympien mais infernal (voyez le paradoxe) que les trois groupes ont présenté une prestation scénique de qualité, avec également un black metal maîtrisé et totalement prenant.
Trois groupes à la personnalité différente mais au feeling complémentaire qui ont fait de cette ode à la musique sombre quelque chose de plutôt réussi…

L’antidote à Bordeaux
13 bis rue Elie Gintrac 33000 Bordeaux

Contact : The insane Legions
https://www.facebook.com/TheInsaneLegions

Photographies : Emeline