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PROLOGUE : Si t’as pas envie de lire, regarde les photos de Frédéric, qui nous les a prêté gracieusement pour illustrer cette soirée, et va regarder ta télé juste après… sinon, bon courage.

Les lacets sont bien faits, la porte est bien fermée… Vêtu de la manière la plus sobre possible, point de boots de l’espace ou de salopette anachronique pour ne pas se faire remarquer, il est donc temps de s’aventurer dans la jungle urbaine bordelaise car ce soir les corbeaux sont de sortis, noircissant le ciel déjà plus que sombre, les fossoyeurs sont dans les rues, munis de leurs pelles et de leurs pioches usées par les auto-inhumations et les auto-exhumations multiples, avançant comme des zombies vampirisés et guidés par un désir insatiable de musique noire fusse-t-elle celtique, pagan ou juste « ritualistiquement » traditionnelle mais malgré tout black metal.

Le blizzard froid et opaque n’est pas venu, sans doute ne voyons nous cela que dans les films aux clichés les plus inspirés, la pluie elle-même qui nous gèle les os depuis des semaines n’a pas osé non plus nous faire l’audace, que dis-je l’affront, de nous vider son trop plein de haine sur la tronche en déversant des trombes d’eau sur les cheveux tellement bien lavés des plus « capillairement » fournis.

Oui, la blackosphère est de sortie, les cercueils ont été vidés (le cliché c’est ce qui fait vivre la boutique, alors on en place quand on veut….) En effet le Bootleg grâce à Troll Prod et The Insane Legions, reçoit ce soir dans le cadre de la Burdigala Black Night, trois groupes à l’identité bien trempée et à la notoriété relative pour certains mais pourtant ô combien intéressants.

The Insane Legions association devenue aujourd’hui incontournable dans l’horizon girondin et plus précisément bordelais qui arrive à faire jouer des groupes originaux comme bientôt Negura Bunget le 18 avril à l’Estran ou encore Pulmonary Fibrosis etFleshdoll le 7 juin prochain à l’Heretic, nous offre en co-production une affiche excellente, pour ne pas dire…excellente.

En plus de ça, le plus chanceux gagnera, son pass vip, et son dorénavant non moins légendaire et incontournable pack apéro avec le kit de survie du bon festivalier qui se respecte, de quoi se sustenter aux frais de la princesse à condition d’avoir réussi à lire son numéro de tombola dans la pénombre haha !

Donc en grand « saigneurs » Troll Prod et The Insane Legions nous ont ouvert les portes de l’univers black-pagan-trad,-black-trad-pagan-celtic-trad-black-pagan-celtic-trad-true (c’était pour mettre une étiquette commerciale, un repère fléché, un peu comme chez IKEA, être sûr que tu saches de quoi on parle…) black metal, et ça fonctionne, car le public est venu en conséquence dans ce Bootleg puisque ce sera au moins plus de 130 personnes selon la police et plus de 150 personnes selon les manifestants qui auront été « badgés » pour assister à cette déferlante musicale ce soir.

Un public venu tout de même en masse avec des personnes de tous horizons Oliv de Mind Whispers (Bergerac) grand amateur de black devant l’éternel était là, rappelant le concert de Loudblast, Benighted et Mind Whispers le 7 mars prochain au Lembarzique à Bergerac, La team Heboidophrenie avec Abyss (qui rime…) et Rémy ont également fait le déplacement même s’il n’était pas prévu que ça découpe de la bidoche, Thomas (Asmodee) et Cyriex (Asmodee, Seth, Offending…) toujours présents dans ce type de concerts étaient également là…(c’est toujours marrant de balancer des noms : vu !!!!)

Un bootleg rempli. C’était mon dépucelage du Bootleg, endroit bien situé stratégiquement parlant puisque non loin de la place Pey-Berland et quasi en face de la bibliothèque au cas où la musique te ferais chier tu vas lire un livre, et juste à côté de la caserne des pompiers si les groupes mettent vraiment le feu sur scène…..

Un bootleg efficace avec un service qui rappelle à l’ordre sympathiquement tout oubli malencontreux du règlement non encore connu puisque c’était « ma première fois » dans cet endroit.

Une salle plutôt pas trop mal foutue, à l’ancienne avec son charme d’antan, des verres consignés ce qui reste pertinent en matière de propreté, et puisqu’on en est à parler de propreté, des toilettes au moins aussi nettes que celles du blackroom, et de l’Heretic, il ne faut pas casser les traditions, ne soyons pas iconoclastes…

En tous les cas, endroit bien placé, et un public qui a fait ce déplacement, c’était les ingrédients manquants puisque Troll Prod et The Insane Legions avaient fait le reste. Avec une ouverture de porte anticipée d’une demi-heure, la soirée a commencé à 20H30 avecAequinoctium Sanguinis.


AEQUINOCTIUM SANGUINIS

AEQUINOCTIUM SANGUINIS

L’ouverture de l’univers environnant de ce soir ne pouvait pas mieux être. Loin des elfes, mais plus proches des trolls hargneux, sans pour autant tomber dans le festif à la Finntroll et autre Korpiklaani, AEQUINOCTIUM SANGUINIS, groupe bordelais fort d’un premier Ep « Les runes de sang » et en préparation d’un album qui s’annonce grandiose, nous a offert un spectacle digne des titres qu’ils ont joué sur scène et qui laissent de plus en plus apparaître cet attrait pour l’esprit celtique et druidique.

En effet, toujours dans la simplicité avec ce fameux lierre discret mais qui décore totalement la scène, AEQUINOCTIUM SANGUINIS (nom de groupe détestable au regard simplement de sa prononciation !!) a pris en confiance. On sent véritablement une assurance qui s’est affinée au fur et à mesure du déroulement du set, aussi dû à cet accent mis beaucoup plus sur leur côté celtique affirmé, vécu, et fondé qui a donné aux spectateurs le dépaysement dont ils avaient besoin pour sortir de leur torpeur et de cette catatonie hivernale aux couleurs pourtant plus automnales…

Le duo mythique Andrasta/Ogmios, les Sigfried et Roy de la musique pagan black, fonctionne toujours aussi bien, même si le chant d’Andrasta aurait mérité un peu plus de puissance dans la balance car il arrivait par moment que nous ayons quelques difficultés à en saisir la totale pertinence sur certaines violentes accélérations. L’osmose était parfaite cependant, on sentait que le groupe avait envie d’offrir, d’être généreux, Ulfhednar (le Christian Bale bordelais) a débordé d’énergie et de rage comme à son habitude, demandant au public sur les titres de fin de set (qui bien que captivé par la musique pagan du groupe,avait adopté la position du poulpe de manière grégaire), de montrer sa flamme en organisant un petit pit sabbatique devant la scène pour les dernières minutes.

AEQUINOCTIUM SANGUINIS

Baptême du feu sur scène, pour le bassiste Ibar (n’y voyez aucune similitude avec la rivière de Mitrovisca au nord du Kosovo), qui faisait son premier saut de l’ange avec le groupe, pour montrer qu’un bassiste ça sert à quelque chose finalement….et plongeon en hauteur réussi puisque le triste sire (étiquette due à l’instrument qu’il a choisi) s’est senti comme un poisson dans l’eau, un poisson rouge, faisant le tour de son bocal vu que les autres ne lui laissaient que peu de place sur scène par peur qu’il ne tire la couverture à lui seul!! (non ce n’est pas vrai du tout… mais pour la taille de la scène un petit peu quand même !!)

Les titres les plus révélateurs de leur orientation, tirés du Ep ont été joués comme Rite, Les runes de sang ou encore Forgotten Gods, mais la surprise étaient surtout les autres, des chansons qui donnent l’eau à la bouche, qui donnent envie de découvrir le groupe et leur environnement celtique et que ce futur premier album prévu pour cette année, arrive enfin dans les bacs.

SETLIST : Les Runes de sang/Rebirth of pagan time/Stone warriors/The revenge of a pagan priestess/Epona’s wrath/Rite/Forgotten gods

STRYNN

STRYNN

Après une courte pause, et avant que la froideur mortuaire de STRYNN n’envahisse la salle, que la rigidité cadavérique ne s’empare de nouveau du public, qui ne laisse circuler son sang que dans la jugulaire pour que la tête puisse discrètement faire un mouvement vertical et naturel afin de manifester sa joie légendaire de blackeux, on peut s’apercevoir qu’aujourd’hui le public black metal est très éclectique. Exit les clichés vestimentaires, les codes de l’élite ont été détruits, réduits au néant, Dark Throne en réécrirait des albums de Black si c’était possible et Behemoth dirait que le sataniste est un vieux trendy en mal de sensations fortes, car le lambda de base aujourd’hui peut assister à un concert de black , avec sa coupe de méchu ou son caban tendance: Le black metal c’est dans la tête monsieur et puis c’est tout!

Tant mieux ? Pas tant mieux ? En fait on s’en branle le pistil complètement…..

Après tout l’abattage médiatique qu’il y a eu lors de la sortie du premier album deSTRYNN “Decadence” l’année dernière, sorti chez en co-prod chez Mortis Humanae Productions et Le crépuscule du soir ,la multitude d’interviews sur la presse mainstream, les chroniques dithyrambiques faisant de l’ombre à toute autre sortie d’album, où des milliers de fans se sont jetés comme la misère sur le bas peuple sur les albums, à enrichir les caisses du groupe, ils ont pu avoir enfin les moyens d’acheter….une basse; Le black metal traditionnel ça paye, au point même que STRYNN touche même les plus jeunes d’entre nous qui viennent jusqu’à leur concert acheter leur album (sans doute la faute à bamby, comprenne qui saura), et ça c’est une marque repère monsieur et même Leclerc n’aurait pas dit mieux.

STRYNN, les maîtres incontestés de la négation, de l’autodérision, les surfeurs de la non-comm, les Charlie Chaplin de la rhétorique, l’infection pulmonaire qui fait fumer, la logorrhée du muet, les dieux du paradoxe, de l’antagonisme humoristique et du non-sens farfelus, ceux qui font la promotion des canapés quand il faut sortir écouter leur bouillie infâme, ont réussi leur prestation ce soir également. Pour ne pas changer et rester dans le mouvement contestataire “poil à gratter”, il fallait bien que dans leur setlist on ne retrouve qu’un titre de “Decadence” à savoir “Anguish”. Du coup en fait : découverte personnelle totale, déjà en prestation live, mais également des nouveaux morceaux.

STRYNN ayant au départ une forte propension à jouer un black metal traditionnel à tendance “norvégiennement” old school, point de vue staturation des guitares, et eut égard au son global de la salle, il n’a pas été très évident de découvrir toutes les subtilités guitaristiques des nouveaux morceaux. Mais ce qui était intéressant c’est que ces titres ont peut-être pris beaucoup plus en amplitude, sachant déjà sur scène savoir capter l’audimat grâce à une atmosphère vraiment plus intense, moins violente que certains morceaux de l’album, mais plus profonde. On a senti dans l’ensemble que le groupe avait trouvé une voie toujours peut-être globalement malsaine encore aujourd’hui mais plus atmosphérique pas dans le sens planant, mais plus dans le sens envoûtant en fait où la musique entoure formidablement bien celui qui écoute à lui faire plisser la bouche d’une manière mauvaise.

STRYNN

On sentait sur scène que le duo de gratteurs hurleurs prenait un énorme plaisir à jouer quoiqu’il y paraisse, et c’est totalement détendus et heureux que Dwi et Anad se donnaient la répartie dans une “euphorie” (oui le terme est disproportionné) harmonieusement blackeuse, absolument pas tendus comme une ficelle de Strynn (jeu de mots de merde, mais en même temps c’est pour rester au niveau).

Les ambiances parfois presque à la manière d’un Burzum (j’ai dit presque, ta gueule) sur certains titres de ce que j’ai pu en retenir, donnent à la musique de STRYNN une vision différente de ce qu’ils ont déjà écrit tout en restant fidèles à leurs apophtegmes musicaux.

Et si Dwi et Anad semblaient avoir chaud en jouant leurs trois accords, le seul qui bossait vraiment dans le groupe, le plus courageux, l’homme orchestre, le robocop de la batterie qui s’était déjà pris dans les bras et les jambes le set de AEQUINOCTIUM SANGUINISpuisque batteur des deux groupes (STRYNN n’ayant pas encore vendu assez d’albums pour se payer un batteur pour eux seuls): c’était Guilhem.

STRYNN a capté l’attention poulpeuse (j’ai pas dit pulpeuse) du public qui a communié le temps de sept chansons dans un black metal moins sorti des sentier battus, mais en même temps vu la flotte qui tombe en ce moment, les chemins de terres sont boueux, il était tout aussi bon de rester sur la terre ferme.

SETLIST : Plague / Sadistic / Desolation / Anguish / Anamnesis / Jailed / Scourge

BELENOS

BELENOS

La pause tombola, je crois que c’est là qu’elle a été placée, le pipi, le “pas le droit de sortir avec une goutte dans le gobelet”, Abyss….toujours là…les “salut à toi, tu vas bien, ah oui, toi aussi aaaaaaah….bisous bisous, trop bon la soirée, Rhaaaaaa t’es là toi!!!!!????” par dizaine dans la bouche de tout le monde, et voici que reprend le show de la burdigala black night. Et oui, ça rigole,mais derrière tout ça il y a une technique stratégique: on mélange un terme gaulois, “Burdigala” avec une langue anglo-saxonne “Black night” pour annoncer la soirée et on se retrouve avec un groupe mythique, messieurs dames… BELENOS. Personne n’y avait pensé à ça, mais The Insane Legions et Troll Prod ce sont des pros qui pensent à tout.

Facebook dit “l’oracle”, unique référence d’informations “avérées vraies” et de recueils d’hoax et de rumeurs en tout genre nous l’a dit: BELENOS n’était pas revenu dans le coin depuis plus de onze ans, il ne fallait pas rater l’événement car oui, si la populace bordelaise est venue ce soir, c’était tout de même en grande partie pour les bretons. Et ça s’est senti, les bonnes effluves du mâle qui a fait la guerre accompagné de la femelle négligée sont remontées à la surface, entre ceux qui se sont trompés de verre, ceux qui n’ont pas lavé leurs mains après la petite miction due au breuvage issu de la cultivation céréalière…pas besoin de musique le folklore était là. Le Bootleg contenait pas mal de monde, on se croyait au Sonisphere 2011, au moment du big four, les grands gênaient les petits, et le premier qui lâchait un renard tuait les dix personnes autour sans qu’elles puissent s’échapper… Bref… BELENOS… Un groupe aujourd’hui culte, avec six albums à son actif, sans compter “L’ancien temps”, et en préparation de son prochain, est venu nous rendre une visite de courtoisie. Pour le coup il était prévu de jouer de tous les albums permettant ainsi de voir à quel point le celtic black pagan de M Loïc Cellier mérite son statut culte et le respect des amateurs. Lorsque BELENOS est entré en matière, la première pensée qui m’est venue à l’esprit était : Le sanctuaire.

Oui, le sanctuaire car on avait l’impression, même plus que l’impression,que tous étaient en lieu saint; le constat était édifiant; il n’y avait plus de place pour le profane, cela tenait du sacré, BELENOS jouait, les fidèles écoutaient.

BELENOS

Les connaisseurs étaient venus en pèlerinage voir le monstre sacré BELENOS qui nous gratifie depuis 1995 de sa musique. Les mains se sont levées par dizaine faisant ce sempiternel signe du “horns up” devenu tellement insignifiant et insipide aujourd’hui, celui-là même qui réunissait certaines tribus d’ours citadins metalleux à l’époque et qui aujourd’hui rassemble quasiment toute la population, mangé à toutes les sauces. Durant le set, les têtes se sont secouées, la foule a adoré les passages pagan alternés aux passages plus black, violents, prenants, où aucun temps mort n’a pointé ne serait-ce que l’ombre d’un poil de nez, BELENOS était le maître des lieux. Les morceaux défilaient, titres choisis méticuleusement, un “Tal Ifern” de “Spicilege” ou encore “Gorsedd” de “Yen sonn gardis”…. Pour la première fois de la soirée les plus proches de la scène se sont lancés dans des petit pits festifs rendant honneur au plaisir que BELENOS leur procurait, plus puissant que l’ocytocine, plus efficace que l’endorphine, la musique de BELENOSétait l’espace de cette soirée le souffle de vie, celui qui dominait la pensée unique, tous les esprits étaient dirigés vers la scène, à scruter les mouvements des musiciens, à observer la manière de chanter de Loïc et de son bassiste.

Grognant, bestiaux et pourtant toujours soumis, les spectateurs ont accueilli la venue deBELENOS comme il se doit. Tout ceci n’est bien sûr que métaphorique, mais c’est l’idée de comprendre à quel point musicalement ce projet est complet, à quel point les gens ont exulté, qu’il faut retenir. Jusqu’à un petit rappel, jusqu’à 23h30, BELENOS a tenu en haleine ce public bordelais, ces amateurs de celtic pagan venus nombreux pour découvrir ou redécouvrir cette entité musicale. Belle soirée, belle affiche, rien à dire de plus. Après…départ en voiture, petit passage aux runes, nounours, un groupe spécial qui jouait, Overcharger,des mecs bourrés, exploration du sac à dos,lecteur cd qui ne marche pas, mais ceci est une autre histoire….

Alors encore merci à Frédéric pour ces photographies,les groupes pouvant se servir, merci à Troll Prod et The Insane Legions pour ce Burdigala Black Night, merci aux trois groupes pour leur prestation, cette soirée il fallait y être pour en connaitre la saveur, et si t’as raté, c’est tant pis pour toi…

SETLIST : intro « ode » (chants de bataille)/l’ombre du chaos (chants de bataille)/ le déchirement (chemins de souffrance)/ le déluge (l’ancien temps)/ fureur celtique (chants de bataille)/ tal ifern (spicilège)/ gorsedd (yen sonn gardis)/ dernière rencontre (l’ancien temps)/morfondu (errances oniriques)/ l’enfer froid (chemins de souffrance)/par belenos (spicilège) 

BELENOS


THE INSANE LEGIONS:
theinsanelegions@gmail.com

TROLL PROD
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BOOTLEG:
4-6 rue Lacornée 33 000 Bordeaux info@lebootleg.com

PHOTOGRAPHIES:
Frédéric Soussotte
https://www.facebook.com/frederic.soussotte